• Amulettes (Véronique Ajarrag)

    Amulettes (Véronique Ajarrag)

    Auteur : Véronique Ajarrag 

    Paru aux : Editions du Chat Noir

    Date de parution : Mai 2013

    4ème page de couverture :

    Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d'imaginer qu'il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l'un de ses principaux acteurs.

    Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l'objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.

    Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n'avaient été qu'un seul et même couple?

    Amulettes (Véronique Ajarrag)

    J’avais envie de changer de registre en achetant ce livre, changer des éternels vampires et autres créatures, et j’avoue ne pas avoir été déçue. Ce que je peux dire, c’est qu’il ne faut pas se précipiter pour le lire d’une traite, c’est un livre qui se doit d’être lu tranquillement, d’une part à cause des informations qui sont données en nombre et d’autre part pour le faire durer, car une fois la page de fin terminé, il n’y à pas de suite possible, juste celle de votre imagination. L’histoire commence avec le passage du docteur Ian devant le conseil de l’ordre des médecins suite au suicide de l’un de ces patients peu de temps après qu’il soit sorti de son cabinet. Il va donc expliquer ce qui c’est produit depuis le rendez-vous avorté avec cet homme, à cause d’une jeune femme, Agrippine, jusqu’à ce jour. Et ainsi, savoir s’il est toujours apte à exercer son métier de psychanalyste. En somme, il s’agit d’un récit dans un récit, mais qui nous fait transporter dans le temps, mais pas que quelques jours en arrière. Il déclare que cette jeune femme lui demande de tout annuler afin qu’il l’analyse en quelque sorte durant une semaine entière.

    Comme l’indique la quatrième de couverture, Agrippine va raconter sa propre histoire, celle de sa vraie naissance, aux temps où elle fut prêtresse dans la Mésopotamie ancienne. Le fait qu’elle pense être la réincarnation de cette Ishtar va donner de quoi penser à notre docteur, surtout que la façon dont elle présente les choses n’est pas abrupte, elle sembla avoir du mal à lui parler alors que c’est elle qui insiste pour l’avoir pour elle durant ces quelques jours. Cet amour qu’elle ne cesse de parler, tels ces deux amants qui ont joués de malchance cette vie, elle semble connaitre beaucoup d’éléments de cette époque et pourtant si peu à la fois. Qui pourrait croire de telles paroles sans se demander si la folie n’aurait pas atteint ce qui lui reste d’esprit ? Elle-même le dit, elle à besoin d’aide pour y voir plus clair, une aide psychologique, peut-être même plus qu’une simple aide. Je me suis demandé si le docteur Jérémie Ian était ce fameux amour, nommé de divers noms, dont l’initial était Jandra. Entre le doute sur cette hypothétique réincarnation, le fait qu’il ne la connait pas, mais part tout de même à sa recherche lorsqu’elle disparait sans un mot, sans un bruit… Tout cela est bien étrange et le doute s’installe. Lequel des deux est le plus fou ou le plus à même de comprendre ce qui se passe ?

    J’ai beaucoup aimé avoir les différents points de vue, que se soit de Jérémie, d’Agrippine, ou même des autres personnages. Cela donne la vision de chacun, qui sait quoi, qui veut faire croire quoi, mais surtout le plus délectable, c’est de ne pas penser du tout à tel ou tel personnage qui serait le méchant de l’histoire et tomber bien bas en le découvrant dans les toutes dernières pages. L’intrigue est bien menée, une alternance entre le récit d’Agrippine et la réalité apporte des compléments d’informations, sans pour autant nous montrer qui est dans le vrai. Nous nous retrouvons sous différents traits sans pour autant savoir le vrai du faux, serait-ce une simple manipulation pour une raison obscure à l’encontre du docteur ou juste les prémices d’une pathologie qui s’avérerait grave dans le cas de cette chère Agrippine ?

    Dur de démêler tout cela et c’est ce qui nous fait avancer dans l’histoire, parce que nous avons envie de savoir ce qui va se passer. Jérémie va-t-il la retrouver ? Est-il celui qu’elle cherche où juste un élément de son passé, une pièce du puzzle qui viendrait se rajouter à d’autre déjà présente sans que nous le sachions ? Sans compter que des amulettes vont être utilisées, mais si elles tombent en de mauvaises mains, qui sait ce qui pourrait se produire ? J’avoue également mettre posé beaucoup de questions, plus j’avançais dans le récit de la jeune femme et plus je me perdais en conjonctures. Il faut se méfier de tout le monde et avoir confiance en certain, mais lesquels ? Une question que Ian n’arrive pas à mettre le doigt dessus, faisant partie intégrante d’un engrenage qui semble refermer ses mâchoires d’acier sur lui et tous ceux qu’il approche. De découvertes en découvertes, de la France au Maroc, traversant d’autres pays pour atterrir en Irak, le docteur Ian nous fait voyager dans le présent, tandis qu’Agrippine dans le passé et c’est magnifique ! La façon dont la jeune femme part dans ses souvenirs ne donne pas envie de lui couper la parole, j’ai littéralement bu tout ce qu’elle disait, imaginant les lieux, les décors, ressentant les émotions qu’elle laissait émaner. Mais le regard du docteur Ian sur le monde qui l’entoure afin de déceler la vérité, car il s’agit surtout de ce combat de vouloir la sauver à tout prix sans savoir qui est le fou de l’histoire.

    « Que fallait-il que je fasse ? J’étais déboussolé, littéralement vidé de toutes mes capacités de raisonnement. Que diable allais-je faire dans cette galère ? Pourquoi tout c’était combiné sans que je puisse avoir aucune prise sur les événements que je subissais depuis le début de la journée ?

    Retourner chez Agrippine. C’était la seule chose à faire de sensé. Je saisis mes clés de voiture et, avant de redescendre, mon regard fut happé malgré moi par l’endroit laissé vide sur l’étagère. L’amulette… »

    Parlons des autres personnages qui sont présents tout au long du livre en plus d’eau deux. Je vais commencer du coté de Jérémie, car il y à beaucoup moins de personnes dans son entourage. Son meilleur ami, Morti archéologue, qui est très précieux autant pour son savoir que sa culture graphologique. Du coté d’Agrippine, nous avons plus de choix dirai-je. Il y à son ami, Clara, qui semble vouloir l’aider, puis Catarina son ancienne patronne très présente et surtout très imbu d’elle-même, mais pour venir à son secours, elle use de tous les moyens à sa disposition. Jessim, diminutif Jo, un ami d’enfance qui connait les troubles d’Agrippine. Isthar, qui serait sa première vie, réincarné en un nombre certain afin qu’un jour, elle puisse casser la malédiction donné par sa belle-mère de l’époque, nommé Nin-Suna, qui n’était autre qu’une déesse, épouse d’un roi du nom de Lugalbanda, mais dont personne n’a jamais pu voir le visage. Jandra son amour bloqué dans cette malédiction ne pouvant pas la rejoindre tant qu’il n’a pas vu son regard. Chimère ou réalité, la surprise est de taille, véritablement sur la fin. Je me revois encore me dire que non, ce n’était pas possible, comment l’auteure à réussit ce tour de force ? Plus j’avançais dans l’histoire et plus je cherchais Jandra, me demandant où il pouvait être et qui était la fameuse déesse, sa mère donc. Dabib le prêtre qui selon des augures pourrait prédire ce qui va arriver. Un homme précieux pour qui sait l’écouter. Ekesh, un fidèle serviteur qui à son importance, une très grande importance dans le passé. Je pourrais citer encore deux ou trois autres, mais il vaut mieux le découvrir par soi-même.

    « Je vis alors son visage vieillir, ses traits s'accentuer, son visage s’allonger. Une barbe se mit à pousser sur son menton, taillée en pointe. Ses tempes se dégarnirent… Elle était devenue un homme sans pour autant perdre totalement ses traits originels. J’eus le souffle coupé. Je ne pouvais ni bouger, ni penser. C’était complètement indescriptible, insensé ! 

    - Je te présente Shashen, le trésorier du roi Lugalbanda, mon plus fidèle sujet. Dommage qu’il n’ait pas réussi à contrecarrer son plus redoutable adversaire…»

    L’auteure décrit sans alourdir, sans rajouter, sans broder, nous pouvons imaginer sans peine chaque lieu découvert. Un suspense est maintenu du début à la fin ne laissant pas l’esprit en paix. Réincarnation ou non, l’amour est au rendez-vous, pas forcément ceux que l’on croit, pas non plus ceux que l’on ne croyait pas, mais c’est une très belle histoire d’amour, où le rôle de la belle-mère à encore frappé et dont je ne me lasse pas. (Pourtant j’adore la mienne, si, je vous assure, elle est adorable !) La peine, la mort, la joie, le bonheur, la peur, l’envie et j’en oublie surement encore, sont des émotions qui parcourent le livre de manière ininterrompue. Seul bémol que je trouve, c’est qu’entre l’histoire d’Isthar et Jandra et celle de maintenant, nous n’avons que des petits morceaux, sautant d’une époque à une autre très rapidement, mais en même temps je me dit que plus aurait fait un livre plus gros et probablement une perte de vitesse de croisière qui ici est juste comme il faut. Dans tous les cas, pour voyager d’un pays à un autre et faire des découvertes de trésors matériels et humains, vous êtes dans le bon choix.

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