• Benzos (Noël Boudou)

     

    Benzos (Noël Boudou)

    Disponible aux éditions Taurnada

     

    Benzos (Noël Boudou)

    Auteurs : Noël Boudou 

    222 pages papier

    Thème : Thriller

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    Résumé :

    «Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ? Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?
    Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?
    Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l'étrange et l'impensable.
    Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ? » 
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    Benzos (Noël Boudou)

     

    Merci Joël (et la maison d'éditions Taurnada) pour cette superbe découverte. Encore une très belle lecture (voire plus) pour cette maison d'éditions qui mérite qu'on s'y attarde.

     

    "Les benzodiazépines (BZD) sont une classe de composés organiques formés d'un cycle benzénique fusionné à un cycle diazépine. Ils forment une classe de médicaments psychotropes, familièrement appelés anxiolytiques, utilisés dans le traitement médical de l'anxiété, de l'insomnie, de l'agitation psychomotrice, des convulsions, des spasmes, ou dans le contexte d'un syndrome de sevrage alcoolique. Ils sont principalement utilisés comme anxiolytiques, moins pour leurs propriétés hypnotiques, où des molécules proches appelées nonbenzodiazépines leur sont préférées. Ils possèdent également trois autres effets : antiépileptiques, amnésiantes et myorelaxantes." Source Wikipédia. Benzos est cette petite pilule qui aide un certain temps à se sentir mieux, à oublier ses problèmes, à dormir, à voir la vie autrement. Oui, mais voilà, lorsque la dose prescrite est oubliée, que se passe-t-il réellement ?

     

    L'auteur indique en avant-propos son propre cas. Ce livre n'est pas son histoire, par contre il sait de quoi il parle pour certaines situations. Cela se ressent dans la manière de décrire certains actes, certaines pensées. L'auteur pousse loin sa vision, ses descriptions.

     

    Nick Power (s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer) se lève tranquillement un matin. Sa femme part pour plusieurs jours pour son travail (une promotion) un couple d'amis, Pierre et Cath, vient pour passer quelques jours chez eux. Un cachet, puis un autre, un peu de whisky, un joint par ici, un téléphone oublié, des visions bien étranges, des dialogues prenants... Nick ne sait plus où donner de la tête. Cette même tête, qui change du tout au tout. Les jours passent et les situations deviennent de plus en plus complexe. Que se passe-t-il réellement ? Les amis arrivent tous les jours, prévenant qu'ils seront en retard pour l'apéro. Chloé (sa femme) qui part, qui est présente, qui revient, qui est là au réveil ? Est-ce que Nick est en train de dormir ? Ou plutôt se retrouve en plein cauchemar.

     

    « Je me réveille dans mon lit, tout habillé. C'est devenu une habitude de ne pas me réveiller là où je m'endors. C'est très énervant et désagréable; mais je m'y adapte. Il fait encore nuit. Je sors mon téléphone de ma poche, 4 heures. Je descends boire de grandes gorgées de Coca et passe pisser un coup. Mes invités sont-ils à l'étage en train de dormir comme des bébés ou de s'envoyer en l'air ? aucune idée et là, maintenant, je m'en fous comme de mon premier somnifère. La honte que je me suis prise hier ! Enfin sur le coup pas vraiment la honte. Une des particularités de cet état est que notre cerveau refuse d'admettre qu'on est déchiré et nous pousse à nous comporter comme si tout était normal. »

     

    C'est une plongée en Enfer. Combien de médecins aiment prodiguer des ordonnances de somnifères ou autre substance chimiques capables selon eux de réduire l'anxiété, de donner un sommeil réparateur ? Combien de personnes ont abusé de ces produits sans s'en rendre compte ? Un cachet ne peut pas faire de mal, un de plus non plus. Lorsqu'au bout du compte il est impossible de déterminer le nombre exact la difficulté n'est pas de savoir combien, mais d'attendre les dégâts occasionnés. Qu'on le veuille ou non, ces substances ne sont pas bonnes à long terme pour l'organisme, pour le moral, pour la santé. Être heureux devient un simple brouillard. Combattre l'insomnie n'est pas une mince affaire et pour Nick encore plus. Il a commencé tôt et depuis la pilule est son quotidien.

     

    L'auteur plonge son personnage principal dans un cauchemar complet. Les jours se suivent, ne se ressemblent pas. L'incompréhension est sa vie permanente. L’inquiétude apparaît, comme n'importe quel sentiment. La peur devient son lot de tous les jours. La folie suit tranquillement son chemin. les Benzos aident à lâcher prise, un peu trop. Toucher le fond sans fin est une sacrée épreuve. Il n'y a pas que cela, la profusion d'alcool et la drogue est une autre étape que Nick a pris. Il est accro et en lisant ce récit nous comprenons parfaitement que son monde change totalement. La psychologie de ce qui reste de cet homme est décryptée minutieusement.

     

    L'écriture est fluide, les chapitres courts entraînants, le stress permanent d'imaginer qu'un proche est capable de remonter une telle noirceur fait peur. L'action est différente d'un livre d'aventures, ici il s'agit d'entrer dans la tête de Nick, de tenter de comprendre ce qui se passe en lui. Son entourage est destabilisant. Il m'a perturbé dans le sens où ce que nous voyons, ce que nous entendons ne suit aucune suite logique, si ce n'est la folie qui gagne du terrain. Le récit est addictif, nous avons envie de savoir le fin mot de l'histoire. Et quelle fin ! Je ne savais plus à quoi m'attendre, à force de voir les journées passer et les amis aller et venir, la réalité est faussée, à moins que ce ne soit notre regard qui est floutée.

     

    « Et tout le monde dans la pièce se fout de ma gueule, de la table de nuit aux cadres en passant par les descentes de lit. Tous semblent me dire "laisse tomber, mec, tu ne peux pas lutter". Réflexe de survie, un cacheton sous la langue. Je m'assois au bord du lit et me prends la tête entre les mains. Ça ne sert à rien, mais dans les films, quand les héros font ça, ils trouvent toujours la solution à leur problème. Pas moi. Et Pierre qui m'appelle en chantonnant, ne m'aide pas vraiment à réfléchir. »

     

    Il n'y a pas que ce qui se passe en Nick qui est présent, il y a également les voisins. Personne ne sait ce qui se passe chez les autres, nous vivons chez nous sans penser aux autres, ce qui est plutôt logique. Qui pourrait croire que la voisine n'a pas tous ses sens ? Que le mariage n'est pas aussi idyllique que prévu ? Si la vie de Nick semble belle et parfaite, en entrant dans sa tête nous constatons que c'est faux. Alors ce que nous montre le simple bonjour enjoué de la voisine n'est-il pas juste une façade ? J'ai beaucoup aimé ces petits détails qui nous en apprennent plus sur nous-même et ce qui nous entoure sans qu'on le sache.

     

    Je reviens au final de ce récit. Je n'aurais su dire ce qui s'est passé durant les chapitres précédents. Je me suis perdue, dans le bon sens du terme pour en arriver là, à ce point final. Celui qui dénoue le tout, celui nous donne toutes les explications. Le fameux pourquoi du comment qui est là. Tout était sous nos yeux, il ne manque rien. Le sourire se fait, la paix aussi. Est-ce que cela en valait la peine ? C'est une question qui aura une multitude de réponses. Prévoir les événements... Il vaut mieux prévenir que guérir est une étape importante. La complexité du récit tient en de nombreux points cruciaux en plus de tout ce que j'ai déjà pu laisser écrire.

     

    En conclusion, j'ai adoré suivre cette intrigue. Le thriller est parfait à mes yeux. Il y a du suspense, un manque de souffle évident en tournant les pages, une noirceur qui menace de nous engloutir. Pas de morale dans le sens strict du terme. Il n'y a pas de jugement, juste des faits qui peuvent déranger et un retour à la réalité en douceur pour nous, plus dure pour les personnages. En d'autres termes, j'ai passé un super moment de lecture, rien à redire !
     

     

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  • Commentaires

    10
    Dimanche 24 Novembre à 15:54

    J'ai déjà vu ce livre passé plusieurs fois, mais je ne suis pas du tout tentée ! 

      • Dimanche 24 Novembre à 16:47

        Tant pis, cela se fera avec un autre ;)

    9
    Mardi 19 Novembre à 07:59

    Il est trop noir pour moi je pense et la couv' n'invite pas à ouvrir le livre...

      • Mercredi 20 Novembre à 20:47

        Cela dépend des gouts, mais il est très sombre, c'est vrai, après il faut aimer pour pouvoir entrer dedans :)

        Merci d'être passée !

    8
    Lundi 18 Novembre à 18:40
    Sorbet-Kiwi

    Je pense que comme Vampilou, il serait trop dur pour moi actuellement. Je suis dans une période guimauve de ma vie ahah ^^

      • Lundi 18 Novembre à 20:18

        Alors que moi c'est tout le contraire xD

    7
    Samedi 16 Novembre à 09:17

    Je le vois partout, mais la couverture me fait un peu peur frown

      • Samedi 16 Novembre à 13:45

        C'est un homme qui se cherche, qui tente de s'en sortir et qui ne sait pas comment faire.

        à toi de voir :)

    6
    Vampilou
    Vendredi 15 Novembre à 21:28
    Pour le coup, je pense que c'est un peu trop hard pour moi...
      • Samedi 16 Novembre à 13:45

        Il est classé roman noir, cela va loin dans la psychologie, il est très intéressant, après il faut s'accrocher également, car il a un côté folie (mais vu que j'ai le même sans les cachets, cela me va très bien !)

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