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    Focus Littérature

     

  • Une arme dans la tête (Claire Mazard)

     Résumé 

     

    «  « Depuis l’âge de onze ans, je suis la fierté de mes chefs. Le jour de mon quinzième anniversaire, j’ai été élevé au grade de capitaine.
    Je suis devenu le soldat Conan l’Effaceur. »

    Après avoir été enfant-soldat pendant quatre ans en Afrique, Apollinaire rejoint la France. Hanté par ses souvenirs, l’adolescent peine à prendre un nouveau départ. Comment peut-il se reconstruire alors qu’il a vécu l’enfer ? »
          
     

     Ma chronique 

     
    Je remercie la maison d'éditions Flammarion pour cet envoi dans le cadre de notre partenariat.
     
     
    Un récit poignant qui n'est pas que pour les jeunes, mais qui peut convenir aussi aux adultes afin de mieux comprendre certaines choses. Apollinaire a été appelé Conan l'Effaceur dans son pays. Rabattu avec son meilleur ami Wamba dans un groupe qui ne fais pas que jouer à la guerre. Ils ont 11 ans lorsqu'ils ne vont plus pouvoir voir leur famille et sont enrôlés dans une milice qui est prête à tout pour faire peur et bien plus encore dans les villages. 4 ans sont passés et il a fallu que Wamba soit tué pour que Apollinaire fuit son pays, coute que coute. Son arrivée en France ne l'empêche pas d'oublier ce qu'il a vécu durant ses années et sa "nouvelle" vie dans un pays inconnu ne peut pas se faire sans mal.
     
     
    Apollinaire est déjà un adulte dans sa tête lorsqu'il débarque en France. Les aides sociales vont l'aider à s'installer, prendre des cours pour apprendre un métier et ainsi réussir peut-être à s'en sortir. Si l'école n'est pas ce qu'il aime, il va y apprendre malgré tout à ressentir un soupçon de confiance envers l'un de ses professeurs qui le verra autrement. Un peu comme si ce dernier voyait réellement en lui ce qui le ronge. Car Apollinaire est rongé par le passé. Des cauchemars qui l'empêchent de dormir, des visions de tout ce qu'il a dû faire et ingurgiter pour supporter. Et puis il y a tous ses souvenirs avec son meilleur ami et le fait qu'il cherche pourquoi Wamba est mort et pas lui ? Pourquoi Conan a survécu ? La culpabilité le ronge, de tout ce qu'il a fait pour survivre, de tout ce qu'il a dû faire pour être le meilleur, monter en grade et effectuer des rondes de guerre sans cesse.
     
     
    La psychologie de ce personnage fait mal, il a grandi trop vite, trop dans le mal, trop dans un pays où la guerre est permanente et la peur omniprésente. Apollinaire va trouver sa voie dans ce métier qui lui fait oublier parfois que ses mains ont été meurtrières. Si petit et pourtant si dangereux. C'est également un combat contre lui-même, contre les drogues, l'alcool, ses peurs, les autres. Comment faire confiance à quelqu'un qui vous sourit quand le dernier en date l'a embarqué dans un monde de violence ? Les années passent et ses 18 ans arrivent. C'est un nouveau monde qui s'ouvre à lui. Plus de cours, plus d'assistant, il est entré dans le monde des adultes, celui où il doit se débrouiller seul. Sa fierté l’empêche de demander de l'aide et son voyage continue vers des terres qu'il espère moins hostiles que tout ce qu'il a déjà connu.
     
     
    Le récit nous touche forcément, parce que c'est un enfant qui a déjà un vécu d'adulte, parce qu'il va devoir "oublier" pour pouvoir avancer dans un monde inconnu. Arraché à ses parents, sa famille, il vit un enfer pour être emmené dans un pays qu'il ne connait pas qui va lui indiquer comment se comporter... Le livre est découpé en trois parties et la dernière est synonyme d'espoir avec les gens qu'il va rencontrer. Apollinaire a du mal à accepter ce qu'on lui offre, parce qu'il a cette sensation de ne pas avoir le droit : au bonheur, à l'amour, à l'amitié. Cette troisième partie va lui apprendre à ouvrir son coeur, a essayer d'avancer, de ne pas oublier non plus, mais à prendre les devants et passer par-dessus tout ce qui le hante. Les mots sont justes, entre la rage et la mélancolie, entre ce dégout de soi-même et cette hypothétique espoir d'avoir enfin le droit à un sentiment autre que la peur.
     
     
    En conclusion, un récit qui nous entraine dans les profondeurs de l'esprit d'un adolescent qui a déjà vécu l'enfer. Les changements radicaux de sa vie sont plus une fuite en avant plutôt qu'un vrai moyen de se reconstruire. Cette reconstruction est un chemin long et laborieux, mais avec quelques personnes autour et des moyens, Apollinaire aura peut-être une chance de surmonter son passé.
     
     
     

     Extrait choisi :   

     

    « Que deviendrais-je sinon ?

    Et notre amour saignait comme des groseilliers.
    Le vers est insinué en moi. Il résonne, retentit.

    Il est minuit. Je traîne, je tarde à aller me coucher. Je redoute de me retrouver avec moi-même. Je redoute les cauchemars. Inconsciemment, je m'interdis de m'endormir. L'insomnie : mon ennemie depuis que je suis en France.
    Je m'allonge.
    Je voudrais essayer de penser à autre chose... »

     

    Une arme dans la tête

     

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  •  Résumé 

     

    «  « Il ne se souvient de rien. Enfin…
    C’est pas tout à fait vrai.
    Il se souvient de loin.
    D’avant, il se souvient bien. »

    Madeleine a un grand-père dont elle est très proche.
    Mais depuis quelque temps, il change, il oublie les choses ; pour lui, passé et présent se confondent.
    Le temps d’un été, Madeleine et lui vont cheminer ensemble pour retrouver la trace de ses souvenirs. »
          
     

     Ma chronique 

     
    Je remercie la maison d'éditions Flammarion pour cet envoi et la découverte qui va avec.
     
     
    C'est une auteur que j'avais envie de découvrir depuis un bon moment et j'ai eu la chance de pouvoir découvrir sa plume dans ce récit.Madeleine est une adolescente qui aime passer du temps avec son grand-père qui vit dorénavant seul dans un appartement de la capitale. Il oublie de temps en temps de petites choses, comme un rendez-vous médical, mais qui n'oublie pas ? Cela peut arriver à tout le monde. Gramps, ou Grégoire adore sa petite fille Madeleine, du même prénom que sa grande sœur qu'il n'a pas revu depuis l'après guerre. Ils étaient petits et un jour, pouf, elle a disparu. est-ce que le fait que la petite fille porte le même prénom que la sœur pourrait perturber l'esprit du grand-père ? Ou alors il y a autre chose qui semble plus convenir à l'état général du papy. Madeleine s'en fiche, elle aime son grand-père, il l'autorise à faire beaucoup de choses et puis elle l'aide beaucoup.
     
     
    Madeleine ne comprend pas que son père ne vienne pas plus souvent que cela voir son propre père, ni même l'appeler. Il faut bien avouer que les parents de Madeleine ne sont plus ce qu'ils sont. L'auteur nous les dépeint comme heureux de faire ce qu'ils font, mettant de côté tout ce qui n'est pas leur propre personne. L'égoïsme de l'adulte qui passe avant les autres. Madeleine est petite, mais elle a une bonne vue et comprend très bien ce qui se passe : son grand-père n'intéresse plus son père et ça, elle lui en veut. Gramps est une véritable mine d'informations, il a toujours quelque chose à dire, à raconter, à faire et puis s'il radote, j'en connais des plus jeunes qui sont bien plus pire, alors un peu plus ou un peu moins, qu'importe tant que le bonheur de partager est là ? Les souvenirs, c'est ce qui restent dans le cœur et l'esprit de ce vieil homme qui en a vu des choses. La deuxième guerre mondiale alors qu'il était enfant, la perte de sa sœur sans savoir ce qui lui est arrivée, l'évolution dans tous les domaines.
     
     
    Grégoire est vieux, mais pas fou et encore moins sénile. Cette maladie porte un nom, mais ici nous restons dans le fait qu'il oublie des choses. Madeleine fait son possible pour l'aider et part à l'aventure avec lui, pour retrouver son passé, celui d'un petit enfant qui a besoin de revenir sur ses pas. C'est fameux pas perdus, cette salle qui le fait sourire. Un pas après l'autre, il dévoile un peu plus sa propre histoire à sa petite-fille, lui montrant des lieux où il a vécu, revoir des gens ou plutôt les descendants. Qu'importe, les jambes sont là, l'envie de revoir son ancienne ferme aussi. C'est un voyage qui va ouvrir les yeux aussi bien au grand-père qu'à la petite-fille. Lui qui n'a plus 20 ans, même s'il résiste et elle qui ne les a pas encore et qui tente d'être adulte avant l'âge, pour protéger celui qu'elle aime. L'ado devient celle qui va guider les pas de celui qui a besoin d'un peu plus que d'une aide et en échange, elle va se nourrir de ces images, celle qu'il lui donne, celles qu'il lui montrent.
     
     
    Le débarquement est mis en avant dans ce récit, avec les mots de Gramps pour sa Madeleine. Il revoit comme si c'était hier ce qui s'est passé, ce qui a été sa vie durant de longs mois. Les allemands, les américains, les alliés et l'ennemi qui se sont battus. La façon dont c'est présenté nous fait revivre ses moments à la fois douloureux et heureux. Il a beau ne pas se souvenir de ces fichus rendez-vous, Grégoire ne peut pas oublier cette fameuse nuit ! Cette aventure va devenir la sienne, qu'il transpose à sa descendance par le biais de Madeleine. C'est typiquement le type de livre qui va aider le lecteur à se poser des questions sur sa place auprès de sa famille, sur ce qu'il peut faire et surtout pour se souvenir qu'il doit demander de l'aide à un moment donné. Madeleine va aller jusqu'au bout de ce qu'elle peut, mais parfois un coup de fil est tout de même la solution dont elle ne voulait pas.
     
     
    Et puis les souvenirs sont la mémoire de cet homme qui a connu l'une des plus grandes guerres, les donnant à sa petite-fille, pour qu'elle n'oublie pas, contrairement à lui. Transmettre est important par les mots même ceux qui ne sont pas écrit. Il suffira d'une image, d'une odeur, de la sensation de la pluie sur sa chevelure pour que Madeleine se souvienne de ses moments partagés. Des moments qui vont se faire rares, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus que des souvenirs. Les sujets sont lourds de sens, entre la guerre, la mort, la maladie, mais il y a aussi l'espoir, l'envie de savoir, la connaissance, ne pas oublier que hier fera demain. C'est un chemin que nos deux personnages font ensemble et nous emmène en Normandie.  La fin n'est que suggérée, mais en tant qu'adulte nous comprenons très bien la suite des événements et je pense qu'un adolescent le comprendra aisément. Le petit plus, l'humour présent grâce à Madeleine qui même si elle comprend ce qui se passe préfère de loin utiliser l'humour pour voir les choses avec un peu plus de lumière.
     
     
    En conclusion, une histoire qui se lit vite (vu le nombre de pages) et ce qui est intéressant pour les lecteurs plus jeunes, c'est que les chapitres sont très courts, deux ou trois pages. Un récit intense sur de nombreux thèmes importants aux ages prévu par la maison d'édition : la famille, le lien avec les grands-parents, les souvenirs, la maladie. Des moments de vie qui sont transcris par le biais d'un voyage afin qu'ils ne soient pas oubliés. 

     

     Extrait choisi :   

     

    « Mais, même noté, il oublie... Il a perdu le papier, ne trouve plus le bouton, et comment on allume, et où il faut cliquer, et effacer, comment on fait ? Et les photos ont disparu, et la musique je l'entends plus...
    Qu'est-ce qu'il m'énerve !
    Mais je recommence très patiemment, très gentiment, parce que quand ça marche, qu'il surfe comme un pro, il est content et fier comme Artaban.
    Ça, c'est une expression typique de mon grand-père, je ne sais pas trop qui c'est, peut-être un des trois mousquetaires qu'il aime tant ? »

     

    L'été des pas perdus

     

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