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     Destins Obliques (Nicolas Wolters)

    Disponible sur Amazon

    Sasha Urban, tome 1 : la fille qui voit (Dima Zales)

    Auteur :  Nicolas Wolters

    378 pages papier

    Thème : Thriller

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    Résumé :

    « Cédric, 50 ans, est depuis plusieurs années le gérant belge d'une petite affaire de foresterie implantée au Brésil. Tout paraît se dérouler normalement jusqu'au jour où, à l'heure-même où ses associés arrivent afin de prospecter avec lui de nouvelles terres, il disparaît volontairement.
    S'il emporte une partie de la caisse, il prend soin de laisser sa femme...

    Roman librement inspiré de faits réels qui se sont principalement déroulés au Brésil entre 2014 et 2016. Certains de ces évènements ont eu des conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui. »
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    Je remercie Nicolas pour m'avoir envoyé son livre par le biais du site simplement. Le résumé est tentant, la couverture un peu moins.

     

    Disparaitre définitivement. C'est ce que Cédric fait au moment même où nous ouvrons le livre. Fuir avec de l'argent, se faire oublier, et ne plus exister pour tous ceux qui le connaissent. Vaste programme que voilà. Il est parti, laissant derrière lui femme, enfant, compagnons de travail et des dettes. Pourquoi est-il parti ? Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme pour prévoir son coup des mois à l'avance et faire sa valise sur un coup de tête. Illian et Nils, ses associés arrivent le jour même de sa disparition. Si rien ne pouvait prévoir cette fuite en avant, la suite des événements restent un véritable brouillard pour ceux qui restent.

     

    Cédric est un homme de 50 ans, pas un jeunot qui aurait pu partir avec une donzelle, quoi que cela pourrait être possible. Associé avec une entreprise belge, vivant au Brésil et travaillant la terre, il prépare le terrain. Dans tous les sens du terme. Les événements suite à son départ précipité amènent ses associés à se poser de nombreuses questions. Pourquoi ? Depuis quand ? Comment ? Qui était au courant ? C'est un combat qui risque de porter préjudice au Belge. Ils ne vivent pas là-bas, ne font que passer quelques jours tous les deux mois environ. Ils ne peuvent pas voir ce qui se passe, ni même comprendre réellement leur vie. Comment les suivre de cette façon, car nul n'est à l'abri d'un mauvais coup. Le Brésil est un pays de rêve pour les touristes, mais ceux qui y vivent ne sont pas de cet avis. L'inégalité est plus que présente, pour survivre il faut souvent magouiller et couper dans le tas.

     

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    Un pas après l'autre.

    Si au départ Maria, la femme de Cédric ne sait rien (et en plus est complètement abasourdie), la suite des événements nous montre qu'elle est futée, avide d'argent et totalement timbrée. C'est un personnage qui est fort, son passé dévoilé, nous comprenons ce qu'elle a déjà vécu. Au lieu de montrer un instinct maternel, elle répète les mêmes gestes pour Pedro, son petit-fils. (Pas de réel spoiler, nous l'apprenons très vite). Maria est présente pour ses intérêts, complètement bloquée dans ce qu'elle pense lui revenir de droit. La bataille juridique avec la firme Belge est dure, surtout que les certains hauts fonctionnaires peuvent être achetés.

     

    Illian et Nils vont devoir se battre. C'est une guerre des nerfs qui débute et qui prend de l'ampleur. Fourberies, cachotteries, coups bas, tout est bon pour récupérer de l'argent. Nos deux hommes vont avoir du fil à retordre pour se maintenir à flots. Trouver des hommes de valeurs, de principes devient difficile. Le Brésil est un rêve, pourtant il va devenir un cauchemar. Le manque d'argent, les personnages secondaires qui prennent de l'importance et montrent les crocs, c'est un tout qui va leur mettre des barrières. Je ne vous dis pas comment tout cela se termine. J'ai apprécié voir les moyens mis en œuvre pour contrer un système pareil. Rien n'est évident, si en France cela se serait déjà résolus en trois coups de cuillères à pot, là-bas, il faut des mois et des mois pour tenter d'aboutir à un objectif acceptable.

     

    L'intrigue reste focalisée sur ceux qui restent avec des flashbacks de la vie de Cédric, mais surtout de Maria et de Rosse. Des souvenirs pour les amis de Cédric lorsqu'ils ont découvert ce paysage où tout était possible. L'auteur nous apporte des éléments, des descriptions sur ce qui les entoure. Il est clair que la forêt est importante, tout comme la terre qui n'est pas forcément la meilleure pour les plantations. Les pensées de chacun nous montre la façon dont ils perçoivent ce destin tortueux. Il faut lire pour comprendre la manière dont ils fonctionnent tous. Si certains sont plutôt zen, attendant ce qui va se passer pour tenter de gérer, d'autres sont déjà sur les nerfs.

     

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    Être abandonné n'est pas anodin pour quiconque, surtout lorsque l'on est un enfant de 6 ans. Celle qui fait office de mère a la rage. Elle est capable de tout, d'aller chercher la moindre parcelle pour obtenir ce qu'elle désire, quitte à aller voir un puissant magouilleur. Elle veut garder ce qui ressemble à un ranch familial, la Fazenda laja. Ce lopin de terre, avec sa maison qu'elle n'entretient pas, ses animaux dont elle ne s'occupe pas, ce jardin où ne pousse que des herbes folles. Cette propriété qui est celle de la filiale Belge, qui devrait ne pas lui revenir, car ce n'est pas elle l'associée. Elle n'est rien, juste un détail dont il faut réussir à composer avec. Et pourtant, pourtant il n'y a pas de solution de facilité. Il y a l'Humain avec un grand H. Personne n'est vraiment bien avec sa conscience lorsqu'il faut mettre une femme dehors, surtout avec un enfant.

     

    L'écriture est assez froide et va parfaitement bien avec cette affaire. C'est objectif, il n'y a pas de moment où nous pourrions chouiner pour un oui ou un non. Nous avons les éléments bruts, tels qu'ils arrivent. Suivre les aléas sans prendre parti est un bon point également. C'est complexe comme affaire, imaginez un homme qui part avec la caisse et pouf, plus rien. Seuls quelques mails qui viennent sur sa boite dont ils n'auront jamais de réponses. Quelques mots de certains personnages, mais sont-ils vraiment les derniers échanges ? La trahison semble être de mise et cacher des choses prend le pas. Rosemeir laisse un gout étrange en bouche. Il sait, ne dit que ce qu'il veut et son franc-parler est froid, glacial. C'est un personnage très intéressant qui arrive à tirer les ficelles à sa façon et apporte un suspense supplémentaire.

     

    Défauts ? Quelques longueurs par endroit sur des points qui n'avancent pas vraiment l'histoire et à contrario, nous ne voyons que très peu Cédric. En d'autres termes, nous en savons pas réellement ce qu'il a fait, après sa fuite. Je pensais que l'histoire allait tourner autour de lui, et c'est différent (ce qui n'est pas un défaut, je précise même si c'est dans ce paragraphe) Au final, nous avons peu d'éléments sur ce personnage, le récit étant plus basé sur tous les autres. Nous avons tous les autres personnages et ce qu'ils pensent ou agissent. C'est dommage, même si la fin laisse prévoir une hypothétique suite. Il m'a manqué un peu (beaucoup) au sujet des cartels. Nous sommes au Brésil et au vu de certains personnages, il est évident qu'ils ont le nez fourré dans cette affaire d'une manière ou d'une autre. Surtout que nous avons des passages à la fin qui vont dans le sens de la vengeance froide.

     

    En conclusion, l'intrigue est complexe. Il y a beaucoup de choses autour de ce vol, car il s'agit bien d'un vol qualifié. Pas de violence, mais ce délit va changer la vie de tous ceux qui restent. L'auteur a fait ce choix de ne pas s'attarder sur celui qui part, mais ceux qui vont être dans la panade. Enquêter n'est pas forcément une seconde nature. Ce récit n'est pas de tout repos et montre ce que l'Homme est capable de faire, dans le bien comme le mal.


    « — C'est ce que je veux dire : tout porte à croire qu'il a disparu. Et si tout cela n'était qu'une apparence, un décor ? Et si nous étions les jouets de quelque chose de plus vaste plutôt que les victimes d'une simple disparition ? Et si tous ces gens étaient liés ? Et s'ils étaient en train de nous observer comme des rats dans une cage ? Et si nous étions dans un appartement dont le décor a été conçu par quelques-uns - Cédric, Maria, Rosemeir... et d'autres sans doute - Complotant pour nous plumer ?
    Comme absorbé par les mouvements extérieurs, Nils s'imprègne de l'interrogation de son associé.
    — Ce serait énorme - répond-il après un long silence - Maria avait l'air réellement choquée par la disparition de Cédric. Elle n'aurait pas pu jouer aussi bien, aussi fort si c'était une mise en scène. Ils n'auraient tout de même pas tant fait souffrir Pedro pour crédibiliser un tel scénario, si ?
    — Je n'en sais rien - Reprend Ilian - mais je pense que nous ne devons pas exclure cette hypothèse.  »

     

    Destins Obliques (Nicolas Wolters)

     

     

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    Ma douleur, mon regret (Amélia Varin)

    Disponible sur Amazon

    Sasha Urban, tome 1 : la fille qui voit (Dima Zales)

    Auteur :  Amélia Varin

    60 pages numériques (epub)

    Thème : nouvelles

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    Résumé :

    « Histoire, ou témoignage ? Fiction ou réalité ?
    Le harcèlement scolaire touche environ un enfant sur dix. Peut-être que vous êtes ou avez été cet enfant qui souffre de brimades, d'insultes et même de coups ?
    J'ai été cet enfant sur dix. J'ai été victime de harcèlement scolaire. Et à travers ce recueil, je vous livre mon histoire. La mienne et celles de bien d'autres.
    Avec un espoir. Aussi mince soit-il.
    Faire réagir ? Dénoncer ? Non, Crier qu'il est temps de regarder la réalité en face : Non, le harcèlement n'est pas une fiction.
    Parce que ça n'arrive pas qu'aux autres...
    » 
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    16/20

     

    Je remercie Amélia Varin pour sa proposition de lecture par le biais du site simplement. J'avoue que c'est un thème qui est malheureusement réel, que certains ont dû vivre et autant arracher le sparadrap d'un coup de la plaie, je suis passée par là aussi.

     

    Le harcèlement scolaire est un moyen de communication pour certains. Il est si facile de faire pleurer celui ou celle qu'on a pris en grippe devant les autres, pour le fun, parce qu'on s'ennuie, parce que la méchanceté et la bêtise sont combinées. Pour tout un tas de raison, le harcèlement devient une mode, le cap ou pas cap devient mauvais. Je travaille avec des enfants depuis pas mal d'années, que ce soit en tant qu'animatrice, directrice de séjour de vacances ou assistante d'éducation dans un collège. Je sais ce que cela fait que d'être harcelée. Avec du temps on oublie, surtout lorsque l'on a dépassé les 40 piges, mais avant, je sais ce que c'est que de se sentir mal. Être fille de patron et être en surpoids n'a pas aidé, comme s'il fallait une excuse. Les élèves dont j'ai la charge savent qu'ils peuvent venir me parler et que je suis la première à faire du rentre dans le lard de celui ou celle qui se croit meilleur en traitant les autres d'un mot ou d'un autre. Alors quand Amélia m'a proposé son recueil de nouvelles j'ai tout de même hésité une seconde ou deux.

     

    Un sujet qui n'est pas facile de traiter, c'est certain. Tomber dans le glauque et le malsain aurait été un mauvais point. Il s'agit de plusieurs nouvelles très courtes, parfois même juste deux pages, parfois un peu plus longues. Il n'y a pas que les harcelés qui laissent une trace, il y a aussi les harceleurs qui se rendent compte à temps, ou non de ce qu'ils ont fait. C'est comme si leurs voix étaient mises dans un seul et même livre, afin de se faire entendre. Des mots qui ne laissent pas de traces physiques, mais qui vont rester ancrées dans la mémoire, sous la peau de celui qui les reçoit. Ce que le corps ne reçoit pas, c'est l'esprit qui le décortique, qui le garde dans un tiroir pour ne plus quoi savoir en faire. Trop c'est trop, la facilité avec laquelle les mots, les gestes sont apportés sont ce qu'il y a de plus dur pour ceux qui restent.

     

    13 reasons why, une série importante - Mon jardin secret

     

    Qui n'a jamais entendu qu'ils vont arrêter ? Que ce n'était qu'un jeu ? Qu'ils en faisaient rien de mal ? Qu'il ou qu'elle est morte parce qu'il ou qu'elle l'a bien voulu ? Que ce n'est pas sa faute ? Qu'il faut bien s'amuser ? Tant de réponses si facilement faites pour se déculpabiliser ? Ou tout simplement parce qu'il n'en a rien à faire. Les personnages sont nombreux, Manon, Mina, Victoire, Mélanie, Lisa... Il n'est pas difficile de savoir que le harcèlement est un point commun. Celui de se rendre compte que cet acte est présent, qu'elles soient d'un côté ou de l'autre de la barrière. Comment en sont-elles arrivées là ? Certaines vont bien loin dans leur démarche.

     

    L'échelle de la violence existe belle et bien comme indiqué par l'auteur dans son recueil. Les agressions verbales, les regards meurtriers, les mots soufflés, les coups bas, les coups tout court. Cela va loin. Dans certaines de ces nouvelles, les parents ne voient pas ce qui se passe, pensent que tout va bien. Ce ne sont que des jeux d'enfants diront certains et pour d'autres il y aura toujours ces moments de flottements où ils se maudiront de ne pas avoir su. C'est difficile de voir, surtout si votre enfant ne parle pas. La communication est la base. Sauf que la honte retient la plupart du temps ceux qui sont harcelés. Pourquoi ? L'instinct peut-être, comme dans un viol où la victime se sent mal et honteuse. Le point de non-retour n'est pas toujours franchi et c'est tant mieux, mais pour tous ceux et celles qui malheureusement passent à l'acte c'est abominable.

     

    Et puis il y a ceux qui harcèlent et qui le font par peur, par peur de devenir celui ou celle qui va se faire frapper, qui va devenir une victime. Le cheminement est expliqué dans les grandes largeurs par l'auteur. La souffrance est parfois des deux cotés. Faire prendre conscience de ce qui se passe et des conséquences n'est pas évidente, mais il faut le faire. Le pardon aussi est un acte pour soi, pas pour l'autre. C'est difficile de pardonner le harceleur, d'ailleurs pourquoi le faire ? C'est souvent la question que nous nous posons. Même si on imagine pour certains le pourquoi, pour d'autres c'est flou. Les personnages racontent leurs histoires. Les premières sont dures à lire, parce qu'il y a l'émotion qui nous prend entièrement. Par la suite un peu moins, peut-être parce qu'à force on se blinde un peu ?

     

    Peur, harcèlement, stress... Quand la rentrée scolaire est une ...

     

    Les personnages sont multiples et montrent un nombre incalculable de sentiments. Le pourquoi ils sont arrivés à ce point, comment cela a pu basculer. Les situations vont très vite il suffit parfois d'une seule minute pour que tout bascule. Il suffit d'une méchanceté puérile et gratuite pour qu'une personne qui a toujours été gentille et prête à aider les autres qui se retrouve plus bas que terre. Je ne ferais pas de détails sur ce recueil, pour la simple et bonne raison qu'il vaut mieux le lire pour suivre les événements. Il n'y a pas d'évidence, ni même de raisonnement à suivre dans certains cas. L'auteur se débrouille pour que nous ressentions quelque chose, de bien ou de mal.

     

    Ces marques resteront gravées à vie, dans un recoin de sa mémoire. Si certains arriveront à surmonter ces étapes pour prendre leur revanche sans faire de mal, ce n'est pas toujours le cas. Se protéger devient vital d'une manière ou d'une autre. Avec cette lecture, je me suis souvenue de ce que j'ai vécu et je peux dire que je m'en suis sortie, grâce à ma mère qui était présente. C'est son amour qui a fait que je suis ce que je suis devenue (OK, casse-couille, mais ce n'est pas le plus important). Il faut savoir faire confiance et l'une des nouvelles nous le montre très bien. La souffrance est multiple. La technologie est également mise en avant. Depuis que les réseaux sociaux, que les téléphones portables existent, c'est de plus en plus facile pour les harceleurs de jeter la première pierre dans la mare.

     

    En conclusion, ce recueil de nouvelles présente différentes histoires qui parlent du harcèlement scolaire. Du plus petit au plus grand, les personnages montrent ce dont ils sont capables dans tous les sens du terme. Les mots sont bien utilisés. Comme l'auteur l'indique elle-même, le harcèlement est présent partout. Il faut savoir ouvrir les yeux et le bon pour aider ou trouver le moyen d'aider.

     


    « J’ai toujours pensé qu’un jour tout finirait bien. Qu’un jour, je pourrai finalement tourner la page. J’ai toujours pensé que je pourrais de nouveau sourire. Avec des étoiles dans les yeux. Pourtant, quand je regarde en arrière, je comprends que je n’ai fait que me fourvoyer. J’aurai dû me rendre compte avant que tout ceci n’était qu’illusoire. Un espoir trop grand. La seule question que je me pose à présent n’est pas comment arranger les choses, ou comment enfin être heureuse. Je me demande simplement si je dois sauter du haut de ce toit. Je me demande simplement si ce petit pas qu’il me reste à faire sera salvateur ou juste final. Final. Définitif. Le ciel est d’un bleu perçant aujourd’hui, sans nuages. Belle journée pour mourir. Et malgré cette réjouissante nouvelle, je n’arrive toujours pas à sourire. Pourquoi ? Pourquoi ? Derrière moi, j’entends des gens s’affairer. En bas, ils se préparent aussi. Tant de monde réuni simplement pour éviter qu’une seule personne qu’ils ne connaissent même pas ne meure. Je trouve ça un peu exagéré. Je les vois installer des sortes de matelas sur le sol. Le vent souffle un peu plus fort, me faisant vaciller légèrement. J’aimerais que le vent me donne un coup de pouce. Juste un tout-petit. Juste assez pour mettre fin à mes interrogations.
    — Manon ?
    Ma mère est venue me rejoindre sur le toit. Dans son ignorance et sa naïveté. C’est tout elle, ça.
    — Manon, tu peux descendre, s’il te plaît, qu’on discute tranquillement ?
    Je glousse légèrement et pivote pour la voir. Ma mère. Ma maman. Ma si tendre maman qui n’a pas su. Qui n’a pas vu. Ou qui n’a pas voulu voir. Au choix. Je secoue la tête. Non, maman, non, je ne vais pas descendre pour qu’on discute tranquillement.
    — Parle. Je t’écoute. Et ce sera déjà bien plus que ce que tu auras fait pour moi. Maman, répliqué-je.
    Je vois sa mâchoire se crisper. Elle se demande sûrement ce qu’elle a fait de mal. Ils se le demandent tous. C’est certain.
    — Manon, descends. S’il te plaît. Descends. »

     

     

     

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