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    « C'est la panique au Panier ! Le Poète Maudit, un mystérieux tagueur, vandalise le quartier. Mais Cédric et son meilleur ami Idriss sont sur le coup ! Et ils ne reculeront devant rien pour démasquer le coupable. Mais qui est donc ce graffeur secret ? Est-ce Damien, l'ennemi juré de Cédric ? Ou bien Monsieur Morel, le professeur rebelle ? Et pourquoi pas Fatou, la grande soeur d'Idriss ?

    Une enquête trépidante, une bonne dose d'amitié et une pointe d'humour, Cédric et Idriss se triturent les méninges dans ce roman policier. Découvrez le premier tome des aventures de ces deux apprentis détectives marseillais !  » 

     

     

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    Goliat (Mehdy Brunet)

     

    disponible sur le site de l'éditeur

    Auteur : Mehdy Brunet

    256 pages

    Thème : Thriller

     

     

    Résumé :

    « La mer de Barents, au large des côtes norvégiennes : Goliat, une plateforme pétrolière en proie aux éléments déchaînés, est le sinistre théâtre d'une série de meurtres odieux.
    David Corvin, ex-agent du FBI, va devoir utiliser toutes ses compétences pour stopper l'hécatombe.
    Mais au bout du chemin, il risque de perdre son âme…
    Et bien plus encore…
    »   
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    Goliat (Mehdy Brunet)

     

     
     
     
     
    Rien qu'avec la bande annonce j'en avais des frissons, alors lire l'histoire a été encore bien plus forte. Les poils des bras qui se hérissent, les sourcils qui froncent, on resserre un peu plus le plaid autour de soi lorsque l'on arrive à certains passages éprouvants, autant le dire quasiment tout le temps. L'angoisse étreint bien trop régulièrement la gorge du lecteur pour le laisser en paix, même après que la dernière page soit lue.
     
     
    Mais revenons au tout début, alors que nous suivons David Corvin en 2019 en plein réveil après une sacrée cuite. Pourquoi ? Il a la gueule de bois et le pourquoi reste très flou. Les souvenirs affluent sur lui et sa femme, la trahison, l'amour qui s'étiole... Et puis il y a cette femme en 2013. Elle vient d'apprendre qu'elle est enceinte. Un mari doit récupérer sa femme et sa fille à l'aéroport. L'avion qui transporte le futur papa et la famille est sur le point d'atterrir lorsqu'il se produit un drame, il s'écrase. C'est la panique, les survivants sont peu nombreux et puis c'est l'hécatombe. La mort sous toutes ses formes, les médecins qui font leur possible pour sauver ceux qui peuvent l'être. Il y a ceux qui vont avoir une chance et puis les autres, ceux qui sont morts avant l'arrêt complet de l'avion, ceux qui sont morts dans le transport et ceux qui ne survivent que jusque sur la table d'opération : faute de moyens, d'organes, de personnels.
     
     
    Le récit passe d'une année à une autre, entre l'accident d'avion, la nouvelle vie de David Corvin qui ne supporte pas le bateau pour rejoindre la plateforme Goliat et les deux agents du FBI qui suivent les traces d'un tueur en série. Les chapitres sont courts et s'alternent vite, nous emportant dans le tourbillon d'une enquête qui joue sur plusieurs tableaux. Il y a forcément un lien entre tout cela, mais lequel ? Des corps sont découverts un peu partout sans qu'il n'y ait de lien entre eux. Pourquoi eux et pas un autre ? Et puis, un nouveau corps est apparu... sur Goliat ? Comment cela est-il possible ? Le meurtrier est forcément sur la plateforme. Il y a plus d'une centaine de personnes qui y travaillent, dont Abigaël la femme de David et lui-même. En tant qu'ex membre du FBI, c'est naturellement que le personnel se tourne vers lui. Il doit avoir la science infuse, c'est bien connu.
     
     
    Entre temps, Diaz et Munny, les deux agents du FBI qui travaillent sur cette enquête n'avancent pas. Ils ont les corps avec les caractéristiques qui font que c'est forcément le même homme ou la même femme qui a fait cela. Des crimes qui durent depuis plusieurs années. Aucune trace, aucun témoin. Pourtant ce n'est pas faute de traquer ce monstre, car il ne peut pas y avoir d'autre mot pour ce criminel. Même Jack l'éventreur passe pour un saint à ses côtés, c'est peu dire. Des doutes se forment, surtout lorsque nous apprenons le passé de certains personnages. Les syndromes sont présents, il ne fallait pas grand-chose pour maintenir ce personnage dans un état normal. il a fallu une seconde pour que tout bascule. Ce moment où tout va bien, où la sérénité ne devient plus qu'un gouffre de souffrance. Le gros point positif ? Pas besoin de scènes détaillées dans l'atrocité, les descriptions sont juste comme il faut pour nous laisser un gout amer en bouche.
     
     
    En parlant de traumatisme, plusieurs personnages les voient remonter à la surface comme des bulles d'oxygène d'un noyé. Vif au début, déstabilisant par la suite, ils ne se rendent pas forcément compte de la réalité. Tenir un but, c'est ce qu'ils font tous : trouver l'assassin, trouver l'amour, trouver la paix, trouver une solution à des problèmes écologiques... Le fait que la plateforme devient le dernier lieu pour la plupart d'entre eux est un signe. Un huit-clos où la tempête se déchaine. Les éléments extérieurs ont décidé de n'être d'aucune aide. Plus de réseaux téléphoniques, plus aucun moyen de communication, pas de réels moyens de défense. Et lorsqu'un deuxième corps repeint une partie de la plateforme, plus de doute possible : le réel est bien là ! Surtout que pour fuir, c'est mission impossible ! Pourquoi ? Pourquoi le meurtrier serait ici ? Que recherche-t-il ? Qu'est-ce qu'il fout dans un endroit aussi isolé ?
     
     
    Les personnages sont torturés par leur passé : ancien du FBI, ancien de l'armée, indien ou portoricain, l'auteur n'a pas lésiné dans les tortures psychologiques, sur les forces et les faiblesses de chacun. La raison n'existe plus pour la plupart d'entre eux lorsque l'on touche à ce qu'ils aiment plus que tout. Nous sommes à la fois dans la tête de David, avec la première personne et aussi dans une vision plus globale avec la troisième personne. Suivre notre ex-agent du FBI est déjà tout un programme. La culpabilité le ronge, sa vie n'est et ne sera plus jamais la même. C'est éprouvant de ressentir ce qu'il ressent. Le combat qu'il mène depuis le début du livre jusqu'au final est capable de faire perdre la tête à n'importe qui. La folie n'est pas loin. Le soulagement reçu dans le regard de l'autre n'apaise en rien. Les dernières scènes sont éprouvantes. Même en écrivant ces quelques mots j'ai encore la gorge qui se serre et les larmes qui montent aux yeux.
     
     
    L'assassin a ses raisons pour agir de cette façon. Les crimes sont ignobles, pourtant une part de moi peut comprendre. Je ne dis pas que je comprend le geste en lui-même, mais le pourquoi il a fait cela. Les circonstances ont été telles que ce personnage n'a vu que cette solution pour s'en sortir. Jusqu'au bout, nous nous demandons où il se cache, comment il a réussi à déjouer autant de monde qui est à sa recherche. Jusqu'à la fin, j'ai cru à une fin différente. L'auteur ne nous donne pas une fin que nous pouvons voir dans les films où les héros gagnent toujours, où la vie reprend son cours normalement. Non, ici il donne une vérité brute, une qui fait mal et qui change notre vision des choses. La psychologie est vraiment une part importante dans le récit. Je dois admettre que si j'avais été à la place de l'un ou l'autre des personnages, je ne sais absolument pas quelle réaction j'aurai pu avoir.
     
     
    En conclusion, l'enquête nous donne matière à réflexion. Il est certain que nous connaissons le tueur à un moment donné, mais qui est-il vraiment ?
     
     
    Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour m'avoir offert cette lecture que je recommande vivement !
     

     
    Extrait choisi :
     
      « Je vous avoue que je ne sais plus très bien pourquoi je ne m'envoie pas directement une balle à travers le crâne, ce serait tellement plus simple. Maintenant assis sur le bord du lit, je regarde le cadavre de la bouteille de bourbon que j'ai vidée la veille, et les aigreurs d'estomac qu'elle m'a laissées au passage accompagnent les relents d'alcool de ma bouche pâteuse. J'essaye par de grandes bouffées d'air que je bloque dans mes poumons de parer à l'agression de la bile dans mon oesophage, mais bien évidemment ça ne sert à rien. Comment n'ai-je pas pu voir la réalité ? Comment tout ceci a-t-il bien pu se produire ? Ou plutôt... pourquoi ai-je laissé tout ceci se produire !? »

     

    Goliat (Mehdy Brunet)

     

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