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    Blessures invisibles (Isabelle Villain)

     Disponible sur amazon

    Moitiés d'âme : Chroniques des Cinq-Trônes (Anthelme Hauchecorne)

    Auteur : Isabelle Villain

    256 pages papier

    Thèmes : Thriller, Policier

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    Résumé :

    « Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.

    La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.

    Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l'enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.

    Deux enquêtes sous haute tension. Un final explosif ! »
     

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     

     

     

    Un petit livre, comme tous les formats de cette maison d'édition avec une très bonne histoire. Nous plongeons à corps perdus dans une double enquête du commandant Rebecca de Lost. Il s'agit du deuxième tome avec ce personnage et d'autres. Je n'avais pas spécialement peur de me retrouver avec des petits hommes et petites femmes qui ont déjà un vécu. L'auteur a su rappeler ce qui s'est produit précédemment, ce qui signifie, à mes yeux, que les livres peuvent être lus indépendamment. Même s'il y a un point que nous connaissons avant de lire la première enquête. Bref, le fameux tueur au marteau fait son grand retour, mais comme il est galant, il laisse l'équipe de Rebecca trouver ce qui s'est réellement produit auprès de l'ancien militaire, le major Maraval. C'est terriblement gentil pour un tueur en série de s'amuser aux dépends de ceux qui le recherchent activement.

     

     

    Les recherches vont bon train. Il n'y a pas qu'une seule énigme, qu'une seule personne a traquer. Non, il y a un sacré micmac rien que pour la mort du Major Maraval. Est-ce un suicide ? Un meurtre ? Une tentative de suicide ratée transformée à l'essai par une balle dans la tête ? Toujours est-il que cet homme est bien passé de l'autre côté de la barrière et qu'il n'est pas prêt de revenir. Le commandant et son équipe ont fort à faire. L'ancien militaire a eu quelques ennuis et le fameux post-traumatique fait son apparition. Il est rentré d'une dernière mission, une dernière guerre, celle de trop. C'est celle-là qui va le plonger dans un état difficile. Si certains ont des blessures physiques et s'en sortent mieux, lui est revenu l'esprit meurtri. Et dans cette grande et belle famille, nul ne peut parler sans en recevoir des conséquences.

     

    Un famille qui est dépeinte comme solide, soudée et muette. La fameuse grande muette. Lorsque vous entrez dans tel ou tel service, le silence est d'or. Rien ne doit en sortir, le bon comme le moins bon. S'il faut se faire aider ? C'est possible, mais il y a des risques. Et si par hasard c'était l'un de ses fameux anciens collègues qui a fait le coup ? Et si c'était tout simplement un suicide ? Sauf que des détails amènent l'équipe de police du 36 Quais des orfèvres à se poser des questions. Entre doute et certitudes, chacun d'entre eux tente de découvrir la vérité. Et c'est cette vérité qui devient tout sauf évidente. Rencontrer les anciens, l'ex-femme, le voisinage, tout est bon pour avoir le fin mot de l'histoire. Pour cette enquête c'est du grand, très grand. Vous pensiez avoir trouvé ? Perdu ! J'ai eu beau décrypter, tenter de voir ce qui se cachait entre les lignes : rien !

     

    Alors non, ce n'est pas de la colère que j'ai ressenti de ne pas avoir trouvé, mais l'auteur nous ballade bel et bien du début à la fin. Car la surprise est de taille et nous n'en sommes qu'à la première enquête !!!!! Car il ne faut pas oublier le fameux tueur au marteau. Une femme, un enlèvement et paf !  Le marteau qui fait son office. Une scène est réaliste qui tient à la gorge jusqu'à la fin de l'une d'entre elle. Et là, oui, c'est la colère qui monte. Cette rage qui nous prend aux tripes qui ne cessent de faire trembler les membres. Comment un tel personnage est capable de cela ? Après un certain nombre de crimes, il avait disparu durant de nombreuses années. Pourquoi est-il revenu ? Que s'est-il passé ? Pourquoi n'est-il pas mort tout simplement !

     

     

    Le summum ? Ne cherchez plus, lorsque vous saurez qui est derrière tout cela... Une très grosse envie de meurtre va passer, là dans un recoin de votre tête. Il est clair qu'une fois arrêté, ce personnage touche du doigt un point crucial : pour exister, il aurait fait tout cela pour exister ? Dans des décennies qui se souviendra de ceux qui l'ont arrêté, alors que ce personnage sera encore et toujours sur les lèvres ? Il n'a pas tort. L'auteur touche un point qui est bien réel. Nous nous souvenons de ces grands hommes qui ont fait énormément de dégâts, je pense à Hitler qui a été capable d'éradiquer un peuple immense. Qui se souvient de ceux qui l'ont affronté ? Des noms ? Pour ma part je n'en ai pas souvenance, c'est l'horreur qui est présent. Comme le malheur des uns qui ne sait pas se cacher...

     

    Et dans tout cela ? Entre ces deux enquêtes de poids, nous suivons les états d'âmes de Rebecca, de son équipe. La mort de l'un d'entre eux est terrible, fait froid dans le dos. Et puis certains décès mettent des couples en plans. Le retrait pour ne plus souffrir, le retrait pour donner de l'air à l'autre qui doit se recentrer sur sa famille qui reste. C'est un pari risqué de ne pas mettre des "héros" à leur top. Cela ne les rend que plus humains. Le temps passent, les crimes s'accumulent tout comme les preuves. Le coeur est toujours présent. Il faut savoir penser à soi par moment, être égoïste, personne ne le fera pour nous. Personne ne prendra le temps de nous en laisser justement. Demain n'existera peut-être pas, il faut savoir vivre l'instant présent.

     

    Comme écrit un peu plus haut, les personnages sont humains, avec leur forces, leurs faiblesses, leurs besoins, leurs espoirs. Même les meurtriers ont besoin de reconnaissance pour exister. Lorsque j'ai refermé ce récit, j'ai gardé en moi certains personnages et je me dis que cela serait sympa de les suivre de nouveau. Tom qui se voit reprendre pied avec ses enfants. L'histoire de Mélina est touchante, son besoin d'avoir un enfant ne laisse pas indifférent. Je laisse volontairement les autres se faire découvrir. Ils ont tous ce petit truc qui appelle à les suivre, à les découvrir, à les comprendre également.

     

    En conclusion, deux enquêtes pour le prix d'une. Il n'y a pas que les blessures qui se voient qui sont importantes. Le mal-être d'un individu peut lui permettre de grandes choses. L'esprit humain est complexe, les rouages du cerveau ne s'arrêtent pas en une fraction de seconde. Le trouble du stress post-traumatique est une blessure difficilement gérable, même si elle est invisible.

     

    Je remercie la maison d'édition Taurnada pour l'envoi du livre. Un grand merci pour vos histoires !

     

    « Mais toute cette nouvelle technologie lui est totalement étrangère. Son index est sur le point d'appuyer sur la touche verte du téléphone lorsqu'elle ressent une sorte de piqûre au niveau de la nuque. Une petite décharge électrique, puis le trou noir. Ses muscles se tétanisent instantanément. En quelques secondes, son corps ne lui appartient plus. Elle aperçoit un bras qui s'approche pour l'enlacer. Impossible de crier. Impossible d'émettre le moindre son. Elle comprend parfaitement ce qui est en train de se passer, mais ne peut absolument rien faire. Prisonnière de son propre corps, pas à pas, en compagnie de... »

     

    Blessures invisibles (Isabelle Villain)

     

    https://issuu.com/taurnada/docs/extrait_bi_iv

     

     

     

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    14 commentaires
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    Anémis, tome 1 : La parole du coeur (Lucie Bernard)

     

    Disponible sur amazon

    Moitiés d'âme : Chroniques des Cinq-Trônes (Anthelme Hauchecorne)

    Auteur : Lucie Bernard

    365 pages numérique (epub)

    Thème : Dystopie

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    fait partie de la dystopie

    Anemis

     

    Résumé :

    « Anemis, Unique grande ville rescapée des dernières guerres. Anemis, Vestige d'oppression, de perversion, de soif de pouvoir et de désillusions. Anemis, Symbole d'espoir, d'amour, mais aussi d'alliances improbables. Anemis, Deux visions d'un seul monde, deux univers que tout oppose.

    Une ville séparée en deux par une barricade infranchissable. À Anemis, la richesse a un prix, et les erreurs se payent cher. »
     

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    Je remercie la maison d'édition "les mots en flots" pour la découverte de ce tome 1. Je ne pense pas que j'aurai choisi ce livre. Ce n'est pas le résumé qui ne me plait pas, mais la couverture. Je suis désolée, je ne la trouve pas attirante et pour ma part je ne trouve pas qu'elle soit adaptée à ce que recèle le livre. Après ce n'est que mon avis, bien entendu.

     

    Le monde est coupé en deux ou plutôt la ville est coupée en deux. Une immense muraille sépare les plus riches des plus pauvres. D'un côté comme de l'autre tout est à l'extrême. Les riches ont tout et n'importe quoi à profusion, ne s'encombrant pas de détails. Ils achètent, jettent quand ils ne veulent plus sans compter. De plus l'argent est LE mot qui se trouve dans toutes les bouches. Il n'y a que l'argent qui soit important, les sentiments importent peu. Seule la haine des autres, ceux qui sont de l'autre côté les maintient dans leur petit monde. Les pauvres n'ont rien et ce n'est pas un concept. Les maisons sont faites de bois récupérés lors des derniers bombardements de ce côté de la ville. Il n'y a pas de nourriture, seule celle qui est jetée par les soldats au-dessus de la muraille. L'hygiène est un mot dans le dictionnaire qu'ils n'ont pas. Seul un souffle de rébellion semble les porter vers de nouvelles contrées.

     

    Anemis est caricaturée certes, les deux extrêmes également mais cela fait réfléchir. Il est clair que dans le monde actuel nous tendons lentement , mais sûrement vers un monde qui y ressemble. Il suffit déjà de se souvenir de ce fameux mur de Berlin qui a coupé la ville en deux avec ce semblant d'histoire. L'Histoire, avec le grand H a déjà démontré que l'Homme d'une manière générale est capable du meilleur comme du pire. C'est exactement ce que fais l'auteur en insistant sur les faits des deux côtés de la ville d'Anemis. J'espère que l'avenir ne donnera pas raison à l'auteur, mais cela pourrait arriver.

     

    « Yaelle sourit avant de s’écarter. Je pus relâcher la tension de mes muscles.
    — Je pourrais t’obtenir une arme, tu sais.
    Je me figeai, imaginant mes mains tenir pareil instrument de mort. 
    — Tu ne seras pas obligé de t’en servir. Tu l’auras, juste au cas où.
    La scène qui s’était déroulée cette nuit me revint en mémoire. Les coups qui pleuvaient sur moi, les menaces, la douleur, l’envie d’en finir… J’avais besoin de cette arme. Elle avait raison.
    — Qu’est-ce que tu veux en échange ?
    — De quoi mieux me vêtir ?
    Esquissant un sourire, je tendis une main et Yaelle la saisit.
    — Marché conclu. »

     

    Les privilégiés s'amusent avec les indésirables. Une journée est offerte à l'un d'entre eux pour qu'il côtoie leur monde et peut-être même y rester pour y résider, mais il y a toujours une contrepartie : celle de n'être qu'un esclave à la solde d'un riche. Être méprisant reste de mise pour tous les habitants qui ne manquent de rien. Tous ? Non, car il existe des irréductibles gaulois qui sont prêts à se battre. La révolte n'est pas que d'un côté, elle est dans certains personnages qui soient pauvres ou non. La solidarité est difficile à obtenir. La méfiance est partout. Qu'il y aie de l'argent ou non, les problèmes sont les mêmes. Faire confiance, croire en un monde idéal, assouvir ses désirs, se protéger, faire attention à sa famille, apporter du soutien...

     

    2687, cela fait 50 ans que la barrière est en place, 50 ans de privations pour les uns et d'opulence pour les autres. Cela fait son petit bonhomme de chemin, mais les esprits commencent à s'échauffer. Brett est de la catégorie des pauvres. Il a perdu son père, vit avec sa mère et son petit frère et s'occupe d'eux comme il peut. La première scène est difficile à gérer : il nous explique comment fonctionne le fameux ravitaillement. Ce moment où tu dois attendre que les soldats daignent jeter les restes des plus riches. Ce moment où il repense à la façon dont son père n'est jamais revenu de l'un d'entre eux. Ce moment où il doit calculer le moment opportun pour obtenir de quoi donner à manger à sa famille sans se faire écraser ou tuer par un autre. c'est la loi du plus fort. Montrer sa faiblesse est signe de la mort proche. Brett est un personnage qui est à la fois fort et faible. L'auteur n'en a pas fait un super-héros, même s'il se voit embrigader sans vraiment le vouloir dans la résistance.

     

    Alicéa est une privilégiée qui se rebelle ouvertement. Son père est le haut dirigeant ce qui l'ennuie fortement de la voir ainsi. Elle ouvre sa bouche un peu trop devant n'importe qui ce qui pourrait lui créer des ennuis. Elle en a assez de sa vie trop belle trop fleuri. Une cage dorée ! Sans compter qu'elle entend les cris des "autres" et voudrait changer le monde. Un monde imparfait à ses yeux et aux nôtres en tant que lecteur. Même si elle a des moments assez énervants, elle touche du doigt l'engrenage qui risque de voir un très gros grain de sable le bloquer. La barricade la révolte et le peu qu'elle entend la rend malade. Elle va tenter des choses dangereuses qui ne resteront pas cachés longtemps.

     

    « Ce dernier me lança une œillade sans équivoque avant de reprendre la parole. Mes mains tremblaient, j’entrepris de les cacher sous la table pour ne pas que les politiciens se rendent compte de mon trouble. Lanton saisit l’une d’elles et effectua des cercles apaisants sur ma peau pour m’aider à me calmer. Personne ne sembla remarquer notre petit manège, toute l’attention s’était reportée sur l’orateur.
    Je tentai de capter l’attention de Lanton, mais il faisait mine de m’ignorer. Je me demandais pourquoi il avait accepté de m’amener ici alors qu’il savait que je représentais une épine dans le pied de mon père et de son gouvernement. Lanton ne pouvait s’empêcher de jouer avec le feu. J’étais certaine qu’il faisait tout cela dans le but de tester mes limites. Il voulait voir jusqu’où je pouvais aller pour trahir les miens. Dans ce cas, il ne serait pas déçu.
    Je prêtais une oreille attentive au discours sans parvenir à m’y accrocher bien longtemps. Toutefois, je restais alerte. À la première occasion, il me fallait tenter ma chance. Lorsque Lanton prit soudainement la parole, je sursautai malgré moi. »

     

    Autant j'ai adoré suivre le côté de Brett, il est authentique avec ses bons et ses mauvais côtés, autant pour Alicéa j'ai eu du mal avec elle. Elle veut bien faire sauf qu'elle se fait avoir trop facilement. Elle n'est pas douée pour camoufler ses émotions et va un peu vite en besogne. Il est clair qu'elle est attachiante en somme. J'ai apprécié le fait que l'auteur les fassent évoluer chacun de leur côté, puis les fait se rencontrer avec méfiance. D'autres personnages gravitent autour d'eux : Tina, Yaelle, Lanton, Josh, Henri... Chacun a sa place, son devoir, son espoir son passé et un potentiel avenir. La fin de ce tome 1 est à explosive dans tous les sens du terme. Certains faits étaient courus d'avance, d'autres non. L'auteur a su mettre des surprises tout au long du récit et en garde une belle de taille pour le final.

     

    En conclusion, un premier qui va plus loin que poser des bases. Des personnages qui ont leur force et faiblesse, tout n'est pas blanc ou noir. Un monde déchiré en deux. Un avenir qui peut être à la fois sombre comme lumineux. Qui sait de quoi sera fait le lendemain ? Je lirais la suite car j'ai vraiment envie de savoir comment tout cela va se terminer. Ô, j'allais oublier, à la fin du livre, vous trouverez un extrait d'un autre de leur livre : Il était une fois... une reine, de Marine Stengel.

     

     

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