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    L'Ordre d'Horus, tome 1 : Réminiscences (Luna Wolf)

     Disponible sur Amazon

     

    Le sanctuaire de Nienor, braconnage à Saline (C. Nouvel, L. Major)

    Auteurs : Luna Nyhm et Vanessa Wolf

    285 pages papier

    Thème : Fantastique

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     fait partie de la série

    L'Ordre d'Horus

     

    Résumé :

    « Iâh est la fille d'un haut fonctionnaire de Thèbes qui la méprise. Rongée par la culpabilité depuis la mort de sa mère, la jeune fille renie le don de voyance qui lui a été offert par le Dieu Faucon. Cependant Apotrop, fidèle de l'Ordre d'Horus, la remarque alors qu'elle est assaillie d'une vision qui pourrait la mettre en danger. C'est ainsi qu'elle quitte, reconnaissante et sans remords, son ancienne vie pour Seba, la ville des Temples. En ces lieux, elle va nouer des relations complexes et uniques et apprendre à maîtriser son talent à travers un enseignement spirituel déroutant et une discipline quotidienne. Malgré sa foi, elle transgressera l'unique règle pouvant la conduire à la peine de mort en vivant une relation passionnelle et charnelle avec un Maître de l'Ordre. Cet Amour met en danger non seulement leur place au sein du Temple, mais également le destin de l'Égypte. Ce livre parle de la rencontre de Flammes Jumelles. C'est un mélange de passion, de magie, d'érotisme et de spiritualité. C'est une aventure à la découverte de Soi.  » 

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    L'Ordre d'Horus, tome 1 : Réminiscences (Luna Wolf)

     

    Je remercie les auteurs pour m'avoir proposé la découverte de leur premier tome. La couverture est magnifique, souple et douce.  Le papier est épais, j'adore ce type de livre. C'est déjà un bel objet avant de l'ouvrir.

     

    Iâh est une jeune femme que la vie a bouleversée lorsque sa mère est décédée comme dans sa vision. Son père lui en a tenu rigueur, entrainant son frère et ses deux sœurs à la haïr depuis qu'elle est toute petite. Les années ont passées, la petite fille est devenue une grande, perdue encore dans la haine et la colère de son père. Rien n'a pu atténuer sa douleur et il lui en veut toujours. Un jour, alors qu'elle est partie acheter du papyrus pour son géniteur, elle tombe sur une scène qui va déclencher une fois de plus ce don qui l'a fait souffrir. Un messager de l'Ordre d'Horus, Apotrop, en prend connaissance en étant présent lors de cette vision bruyante et décide de la ramener auprès de leurs maîtres, afin qu'elle devienne l'une des leurs. Elle est plus âgée que la plupart des élèves et va devoir apprendre tout ce que les autres ont déjà en leur possession. Un chemin qui ne sera pas sans embûches afin de comprendre ce don et tout ce qui l'entoure.

     

    Lorsque j'ai débuté la lecture, le premier "chapitre" porte sur deux personnages dont nous ne connaissons rien, pourtant il y a un lien qui existe. Une intensité entre les deux qui réussit à supprimer tout ce qui les entoure. Pourquoi ? Comment ? Qui sont-ils ? Tellement de questions qui ne restent pas sans réponses. Nous continuons avec Iâh et ce qu'elle vit chez son père. Il la prise pour responsable de la mort de sa femme, sa mère et n'arrive pas à faire son deuil. Il est clair que c'est un événement majeur dans la vie de cette famille, pourtant Iâh n'a rien fait. Elle a juste eu cette vision et le lui a dis. Un peu comme le mauvais œil qui leur tombé dessus, il a rejeté sa fille, entrainant dans son sillage ses autres enfants. Si le grand frère reste froid, cynique, il n'insulte pas sans cesse cette sœur, contrairement aux deux autres qui s'amusent à ses dépends. C'est dans ses conditions que Iâh décide de partir. Ce besoin de se redécouvrir, de devenir quelqu'un d'autre, d'être appréciée à sa juste valeur.

     

    Ce don est précieux pour ceux qui y croient. Les pharaons sont toujours en vie, les Dieux sont plus présents que maintenant. Les visions sont utilisées par LE Pharaon pour son pouvoir, pour connaître l'avenir, pour rester LE Pharaon. L'Ordre d'Horus est là pour aider les jeunes à avoir ses visions, à être complets, à retrouver son Soi. Apprendre à se connaître est la clé pour être soi. Si vous vous attendez à un livre rempli d'action, il vaut mieux passer son chemin, par contre vous rateriez ce qu'il peut apporter : une forme de paix intérieur, un début de compréhension sur ce qui nous entoure. Ce premier livre donne matière à réflexion. Le pardon est plus dur que la haine, il faut du courage, passer des épreuves pour réussir à pardonner celui qui vous a giflé (façon de parler bien entendu)

     

    « Avant de dormir, elle eut l'étrange sensation que sa présence était plus nécessaire à Margalit que l'inverse. Elle eut à peine le temps de se poser la question que déjà son esprit était avalé par le néant. Le lendemain, Iâh était à l'heure dans la salle de repos indiquée par son Maître. L'appréhension et l'excitation la dominaient toujours. Elle avait choisi de porter, pour ce deuxième cours, un pantalon large et clair. Sa poitrine était recouverte d'un tissu léger qui dévoilait son ventre basané. Ses longs cheveux noirs tombaient dans son dos et contrastaient avec la brillance des nombreux bijoux qui ornaient sa tenue. La jeune fille était magnifique et elle avait conscience de son charme. »

     

    Les auteurs ont fait de cette histoire un tout. L'Egypte est un pays que j'ai eu la chance de visiter il y a très longtemps, mais pas au temps de Sethi II le petit fils de Ramsès II. C'est dans cette époque qu'elles nous plonge et nous raconte l'histoire de cette jeune femme perdue. Les années passent (c'est le seul reproche que je pourrais faire, j'ai eu l'impression qu'il y avait juste des jours par endroit, alors qu'en fait les mois ont défilé) Bref, la jeune femme est perdue dans une ancienne Egypte, le soleil tape fort, la vie est différente. Les descriptions dessinent sous nos yeux les pyramides, les lieux, le temple, les villes, le peuple, les personnages. Il n'est pas difficile de les voir apparaître et de montrer leur talents. Méditer, réfléchir, se positionner en tant qu'être humain isolé ou appartenant à ce fameux tout qui est souvent mis en avant. Les croyances sont plus qu'évoquées et si certains sont en parfait accord avec, d'autres l'offrent en apprentissage pourtant ils n'en sont pas totalement convaincus.


     

    Il y a cette fragilité dans la vie de Iâh qui va lui ouvrir bon nombre de portes. Celle du temple, et celle de l'amour. Elle aime la vie d'une manière générale, ressent les choses et cache ses dons. Avoir eu des années dans le doute, touchée par la haine de sa propre famille, elle va s'épanouir au contact de ses nouveaux amis et de son maître. La connaissance apporte son lot de questions, elle qui est si avide de connaître. Son cœur et sa raison se battent et lorsque c'est le cœur qui gagne cette bataille sa passion est aussi forte pour ce qu'elle désire que sa raison pour l'apprentissage. Elle sait où est sa place et n'hésite cependant pas à aller à l'encontre de certains préceptes. Elle apprend énormément et apporte également sa connaissance à son maître. C'est cet échange qui est tout aussi important. Avant d'être ce qu'ils deviennent, il y a ces échanges, même s'ils débutent tardivement pour des raisons expliquées dans le récit, importants pour l'un comme pour l'autre. Et il ne faut pas nous oublier. J'étais avide de découvrir leur savoir.

     

    Une destinée, une quête, qui place les personnages au centre d'un tout. Iâh est le principal, avec ses dons, ses questions, sa vie. Nous en apprenons beaucoup sur elle, sur ses craintes, ses espoirs et l'amour qu'elle porte aux gens malgré tout ce qui lui arrive. Autour d'elle, nous avons Apotrop, celui qui sera présent lors de son voyage. Il m'a fait penser au père qu'elle n'a pas vraiment eu, étant présent lorsqu'elle avait besoin de réponse. Vint ensuite les filles du temple qui la prenne pour amie. Je pense surtout à Margalit et Ayélet. La première étant devenue la confidente et la seconde une petite sœur. Les liens d'amitié sont forts et la confiance prend du temps mais s'épanouit. Margalit est une jeune femme qui a beaucoup souffert également et sans qu'elle ne le dise nous savons déjà ce qu'elle a pu vivre. Savoir que leur maître ne peut rien faire, tout au mieux les protéger dès qu'il le peut est intolérable. Certains se prennent pour des Dieux, alors qu'ils sont mesquins, sournois et mentent comme ils respirent. Et il y a des moments qui nous apportent des réponses.

     

    « Nous sommes tous issus de cette Source. Lorsque ton âme en est sortie pour s'incarner sur un monde, elle a décidé de se scinder plusieurs vies éloignées l'une de l'autre pour apprendre ce qu'elles doivent apprendre et se nettoyer de la séparation originelle. Puis, elles se retrouvent pour accomplir ce qu'elles doivent accomplir. »

     

    Maître Kaour-Râ n'est pas de cet acabit. Il dit, il pense, il agit différemment. Il a ses propres croyances étant un très bon maître pour Horus. Nous découvrons au fur et à mesure sa vraie nature, le pourquoi il est ici et pas ailleurs. Il est craint, les nombreux ragots ne sont pas en reste. La beauté de cet homme est sombre, ténébreuse. Entre lui et Iâh c'est beaucoup plus qu'une simple romance. L'élève et le maître apprennent mutuellement avant de partager des moments de plaisir. L'élévation spirituelle prend une importance dans le texte qui est fascinant. Leur passion est touchante à lire surtout qu'ils risquent gros s'ils sont découverts. Cela devient magique, qu'ils travaillent ou non. Dès qu'ils sont dans la même pièce il est impossible de ne pas ressentir le lien qui se forme de plus en plus fort.

     

    Le livre est écrit à quatre mains et pourtant cela ne se ressent pas. Il y a une fluidité dans le texte qui donne envie de lire le récit vite et bien. Ce qui a été le cas. L'intrigue est un plus. Il y a quelque chose de sournois qui se met en place. Les visions affreuses de Iâh nous laissent perplexe et nous savons pertinemment qu'il va se passer quelque chose d'horrible. Lorsque cela arrive, la gorge se noue. Il est difficile de comprendre ce choix, pourtant Horus nous avait prévenu, sans compter sur le premier chapitre qui aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. Et lorsqu'enfin nous revenons au début de l'histoire, nous comprenons parfaitement que ce n'est que le début du voyage. Bien entendu, il y a des points de l'histoire que je n'ai pas évoqué, il faut le lire pour apprécier ce récit. J'ai hâte de connaître la suite de leurs aventures.

     

    En conclusion, ce premier tome apporte bien plus qu'une romance fantastique. Un voyage en Egypte Ancienne où les Dieux sont toujours vénérés. Des personnages attachants, mystérieux. Une quête du Soi profond qui donne matière à réfléchir et une plume délicieuse.

     

     

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    Black Hills : Paha Sapa (Christian Carlier)

    Disponible sur Amazon

     

    Le sanctuaire de Nienor, braconnage à Saline (C. Nouvel, L. Major)

    Auteur : Christian Carlier

    379 pages numérique (epub)

    Thème : Historique, Romance

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    Résumé :

    « Au milieu du 19e siècle, aux États-Unis, l'avancée des colons blancs atteint la région des Black Hills et des grandes plaines.
    Le soir de ses fiançailles, la jeune Emma London, issue de la bourgeoisie de Chicago, est enlevée par une bande de Sioux Lakotas. Emmenée de force au village indien, Emma y restera prisonnière durant près de huit mois : huit mois de révolte et de confrontation avec ses ravisseurs, mais aussi de découverte d'un peuple paradoxalement attachant, au cœur duquel naîtra un improbable amour.
    Écartelée entre ses origines et une société qui la fascine, Emma va devoir choisir.
    Ce choix ne se fera pas sans danger...
     » 

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    17/20

     

    Lorsque la maison d'éditions Plumes Solidaires a proposé la lecture de ce titre, j'ai craqué. Je les remercie de suite pour éviter de l'oublier. Le résumé m'a attiré dès les premiers mots. J'aime beaucoup ces histoires où il est question de personnages que l'on voit peu, comme ici les Indiens. Cela m'indiquait que nous aurions une part de leur histoire méconnue. Bien entendu, il y a de la broderie, mais un soupçon de vérité et une envie de découvrir ces peuples qui ont perdu beaucoup. La couverture est arrivée par la suite. Si au début je me suis demandé pourquoi ce choix de l'auteur, une fois la lecture terminée, j'ai compris et je suis ravie de cette vision qui confirme ses descriptions.

     

    Mai 1845. Emma London est à une soirée mondaine pour fêter ses fiançailles avec David Bentley. Après le décès de son père et la promesse faite pour se marier, elle se retrouve dans la région des Black Hills. D'immenses plaines où vivent plusieurs tribus d'Indiens, jusqu'à ce que les colons ont débarqué pour s'approprier leurs terres. Alors qu'elle et son fiancé vont dans le jardin, Chayton et sa bande de Sioux avancent lentement auprès de la cabane qui garde des prisonniers de leur peuple. Aucun des deux ne les voit venir pour la simple et bonne raison que David tente de forcer sa future femme et qu'elle se débat comme elle peut. Les prisonniers sauvés, Chayton tombe sur le couple et décide d'emmener la jeune femme avec lui sans oublier de frapper sauvagement le futur époux. Une chevauchée infernale, une tentative de fuite et une jeune femme qui va devoir apprendre à vivre parmi les Sioux si elle veut pouvoir survivre.


    « Et puis, et puis il y a la magie des Black Hills.
    De loin, de la grande maison des Bentley, ces montagnes sombres, presque noires, justifiant leur nom, avaient généré chez la jeune femme une forme de fascination, une attirance qu’elle n’aurait jamais pensé satisfaire de la sorte. Parce qu’elles forment une sorte d’oasis au milieu de la plaine immense. Une élévation belle et sauvage, un ailleurs apparemment inaccessible.
    De près, telles qu’elle les voit maintenant, le terme oasis prend toute sa dimension. Les hautes parois grises, déchirées et dentelées font une barrière naturelle et inviolable à une suite de petits édens verdoyants, troués de lacs et d’étangs, presque luxuriants en regard de l’aridité des sommets. Ici, c’est tout le contraire de la plaine. Ce n’est que succession d’élévations boisées, de vallées vertes ou jaunes, peuplées d’amas rocheux, de bosquets et de prairies ressemblant à des savanes, où s’ébattent une foultitude d’animaux de poils et de plumes. Un paradis pour les Indiens, une corne d’abondance où ils puisent avec sagesse et sérénité, remerciant en permanence le Grand Esprit de leur offrir cette manne sans cesse renouvelée. »

     

    Le livre est découpé en 4 parties importantes dans la vie de Emma : La capture, Une vie indienne, La libération et Retour aux Black Hills. Chacune de ses étapes apporte des éléments à la jeune femme et nous, bien entendu. Nous pouvons ainsi comprendre ce qu'elle ressent. Les émotions sont diverses, la peur, l'incompréhension, la haine, le désespoir, l'amitié, le besoin d'aider, la compréhension, l'espoir, l'amour. Emma est une jeune femme d'une vingtaine d'années qui ne se fie pas aux dires des autres. Voir de ses yeux est plus importants, même si les journaux de Chicago, la ville qu'elle habitait avant d'arriver dans ces contrées, indiquaient que les Indiens n'étaient que des sauvages. L’inquiétude de les savoir proches est présente pour tout le monde, pourtant certains restent persuadés qu'ils ne sont pas si terribles que cela. C'est la loi du plus fort qui se met en place. Les Indiens n'ont que des arcs et des flèches, tandis que les blancs colons ont des fusils, des armes de destruction.

     

    Une histoire de territoire, une histoire de vengeance. Tout est bon pour que les uns et les autres se mettent en marche vers ce qui va ressembler à une guerre. L'enlèvement d'Emma n'est qu'une goutte d'eau dans la mer. James Bentley, le père de David, veut se venger de ce que ces sauvages ont fait à son fils. Il va user du fait que la jeune femme a été prise comme un objet pour déclarer cette fameuse guerre. Le vrai problème réside dans le fait que cet homme, si puissant, si fier de lui, si imposant auprès des autres n'est rien dans la vallée des Black Hills. Il ne connaît pas le terrain, ne sait pas ce qui se cache derrière tel ou tel morceau de terre. La plaine est vaste, le désert aride et le manque d'eau vont cruellement se faire ressentir. Celui qui voulait une vengeance emmène avec lui des hommes de terrain, mais qui sont également démuni face à la nature. Cette soif d'assouvir son but ne va l'entraîner que sur des chemins de haine perverse.

     

    Le début du livre est posé sur les défaillances, les croyances et les acquis de chacun des personnages. Le temps s'écoule lentement. Nous suivons Emma et son périple, entrecoupé de l'aventure de James dans les montagnes. L'espoir d'être retrouvée s'amenuise au fur et à mesure qu'elle comprend que son futur beau-père n'arrivera jamais à les poursuivre correctement. Les Sioux ne sont pas des saints et savent se fondre dans le paysage. Ils ont des capacités bien au-dessus des blancs qui ne font que prendre. L'auteur indique (à la fin du livre) qu'il les a quelque peu idéalisés. Pour ma part, il les a faits comme je les imaginais : avec des codes d'honneur, de la solidarité, des cris de guerre, du sang chaud dans les veines prêts à défendre leurs biens. Les atrocités dont les journaux décrivent sont bien réelles, ils sont la réponse à l'acharnement dont les colons font envers eux. N'importe qui dans cette situation doit pouvoir se défendre d'une manière ou d'une autre.

     

    Dans la première partie, Emma se trouve dans une situation délicate. Elle ne comprend pas le langage des Sioux, ressent de la peur qui s'estompe petit à petit. L'un d'entre eux arrive à communiquer en anglais, il a été prisonnier quelque temps et a appris cette langue. Cela amène un moyen de communication entre elle et ses ravisseurs. L'incompréhension passe à une compréhension difficile. Elle apprend leur fonctionnement, leurs pensées, leurs coutumes. Un échange va venir petit à petit, donnant une ambiance plus souple. L'énergie des personnages nous entraîne dans leur sillage. Le respect mutuel s'installe petit à petit. Puis les "parties" s'enchaînent lentement mais sûrement.


    « — Chef Chayton dit que toi femme courageuse, pas pleurer quand enlevée par Sioux. Mais toi pleurer quand apprendre Visage-Pâle tué par nous. Cœur de la femme blanche fort, mais pas dur. Lui aimer ça. Quand lui revenir de combattre Visages-Pâles dans la plaine, lui penser à toi. Et voir aigle tourner au-dessus du camp des chasseurs. Lui penser aigle protéger toi. C’est grand pouvoir. Alors, Chef Chayton respecter toi. 
    Ces paroles bouleversent Emma. Elle s’attendait si peu à une telle déclaration de sa part. Elle pensait que sa haine envers les blancs annihilait toute autre considération. Elle se trompait. Elle découvre ainsi un nouveau pan de l’âme des Indiens qui font preuve de discernement au niveau de leurs sentiments. Et ces Indiens lui apparaissent à ce moment porteurs d’une noblesse de cœur qu’elle a peu rencontrée chez les siens. Cela la trouble plus que ça ne la rassure, car elle est malgré tout bel et bien prisonnière. Et si elle constate les qualités morales de ses ravisseurs, elle peut craindre tout autant la violence de ce peuple sans détours mais sauvage. »


    L'écoute entre les personnages est une étape importante. L’obéissance est un point que nous ne pouvons pas éviter. L'histoire de notre jeune demoiselle est pleine d'événements qui la ramènent à son point de départ pour mieux revenir. C'est une épreuve pour elle et les sentiments que l'auteur met en avant sur ce protagoniste permettent de mieux comprendre ce qu'elle vit. Il y a des moments de doutes, nous ne pouvons que nous demander comment tout cela va se terminer. Car même si l'évidence des sentiments est bien présente, il y a des obstacles qui seront toujours présents. La haine des colons pour ces différents peuples qui étaient là avant et qui ne parlent pas la même langue n'a pas les mêmes coutumes. La différence fait peur et l'incompréhension apporte la haine pour les autres.

     

    En dehors de Emma, nous avons Chayton, l'un des chefs de sa tribu. Il est bon, généreux, un vrai guerrier qui n'hésite pas à prendre les éléments en considération. Tuer un homme ne lui fait pas peur, cela prouve sa bravoure. Nous le voyons au travers du regard de la jeune femme, mais aussi sur la manière dont les autres indiens le considèrent. Je me suis attachée à ce peuple, à leurs traditions qui ont une logique imparable. Il suffit d'un peu de communication pour éviter les carnages, ce qui ne sera pas le cas durant tout le récit. J'ai beaucoup aimé Abeytu, cette vieille femme indienne qui apprend et voit des choses que les autres ne voient pas dans l'immédiat. Il y a également Dungan qui est un personnage intéressant. Shérif, il se doit d'être impartial et dans cette affaire, même s'il a des sentiments contradictoires, il cherche toujours à comprendre avant d'agir. Mahpee donne énormément de lui. Il est le personnage qui montre ce que la fameuse civilisation peut faire à une autre.

     

    Une nouvelle vie s'offre à Emma, une vie où la possession n'est qu'un luxe dont les Indiens ne veulent pas. Ils chassent ce dont ils ont besoin pour se nourrir, se vêtir. C'est une expérience qu'elle va vivre au début avec beaucoup de réticence et même plus que cela. Puis le temps passe et elle s'acclimate. Il n'est pas évident pour une jeune femme vivant dans un monde dit "civilisé" se retrouve dans une plaine. Elle est forte et courageuse, ce qui lui vaudra d'être reconnue. Ce sont des qualités que les indiens approuvent tout comme la générosité et le courage.

     

    Le plus, l'auteur apporte des explications sur les prénoms qu'il utilise, ainsi que le calendrier à la fin du livre. Seul bémol, j'ai du mal avec la façon de faire de l'auteur. Je ne parle pas de son écriture qui est fluide et enrichissante. Je parle du fait que lorsqu'il se passe quelque chose, l'auteur l'indique déjà avant de décrire les scènes. Par exemple " La journée d'Emma ne sera pas une bonne journée", et là nous avons le récapitulatif de cette fameuse mauvaise journée. Cela arrive plusieurs fois, je préfère que ce soit dans l'autre sens.

    En conclusion, un historique qui a beaucoup de qualités. Une histoire enrichissante avec la découverte d'un peuple qui a encore des choses à nous apprendre. Des personnages aimant la vie montrant qu'il suffit de peu pour être heureux. La bêtise humaine a existé et existera toujours engendrant ainsi la haine dans le cœur des Hommes. C'est la différence qui crée un bel ensemble, pas le fait de se ressembler. Black Hills est un magnifique texte à la mémoire de tous ces peuples, un historique légèrement romancé qui adoucit une dure réalité.

     

    Black Hills : Paha Sapa (Chistian Carlier)

     

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