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    Délicatesse d'Assassin (Christine Baillet)

    disponible sur amazon

    Auteur : Christine Baillet

    235 pages

    Thème : Policier

     

     

    Résumé :

    « Pourquoi cet oxymore dans le titre ? Vous le découvrirez en dévorant ce polar sans modération, même si l’intrigue se passe au beau milieu d’un vignoble bourguignon. 1992, un cold case - 2016, un crime multiple. Au fil de l’enquête, vous voyagerez et rencontrerez des personnalités aussi étranges qu’attachantes.Dans ce deuxième roman, l’auteure poursuit le parcours initiatique de Pauline qui s’improvise criminologue. Dans le premier opus “Pour un ailleurs”, Pauline partait à la rencontre de la voie par laquelle ses actes s’accorderaient parfaitement à ses pensées. »   
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    17/20

     

    1992 - Une femme mariée disparait en mer avec son fils et une autre personne. Pas de corps, pas d'indice, rien. Où est-elle passée ? Le mari décède dans un accident peu de temps après... Le château Montperthus devient orphelin quelque temps jusqu'au retour d'un disparu sans gravité.
     
     
    2016 - Alexis, le propriétaire du château Montperthus disparait étrangement. Une poupée de cire est à sa place dans le fauteuil qu'il occupe régulièrement. Le chien reste à ses pieds. Charles, son garde du corps et ami ne comprend pas ce qui se passe et appelle la gendarmerie. Un adulte qui disparait ? Ce n'est rien, cela arrive tout le temps, alors pourquoi les appeler ? Peut-être parce que la poupée de cire est de mauvais gout, que la plaisanterie est tout sauf drôle.
     
     
    24 ans entre les deux phénomènes, 24 années où les secrets n'ont pas cessé de rester cachés. Est-ce qu'il y a un point commun entre toutes ses disparitions ? Pourquoi Charles semble si démuni ? Est-il vraiment un ami, ou un garde du corps qui a raté sa vocation ? Par chance, une de ses amies, Pauline débarque à sa demande au château, et l'enquête prend un tournant.
     
     
    Je remercie chaudement la maison d'éditions Librinova pour la découverte de leur titre. Ne connaissant pas l'auteur et encore moins leurs livres, c'est avec grand plaisir que j'ai accepté et je ne le regrette pas. Délicatesse d'assassin est à la fois doux et dur. Une plume légère par moment qui arrive à montrer des détails dont nous ne soupçonnerions même pas. Les mots sont doux, les phrases laissent un soupçon de mélancolie par moment, tandis que les crimes, car il y en a plusieurs sont terribles. Ce n'est pas une histoire simple de disparition, un cold case, une affaire non classée qui demande encore du travail. Au-delà des disparus, il y a des meurtres, des saccages, des vols. Les uns après les autres, nous entrons dans une sphère qui fait froid dans le dos. Une affaire familiale qui montre en apparence un bonheur sans faille et puis lorsque nous grattons un peu, la noirceur des lieux et des habitants se montre.
     
     
    Alexis est l'héritier du château de Montperthus. Il y vit depuis quelque temps avec Charles, son ami et garde du corps. Ce dernier le lâche quelques secondes des yeux et pouf, le voilà qu'il disparait, laissant derrière lui un double en cire. L'enquête démarre lentement, car la gendarmerie ne croit pas en cette disparition. Une bonne blague, ou une mauvaise, peu importe. Et puis pourquoi un tel héritier serait parti en laissant derrière lui autant de belles choses ? L'argent, le pouvoir, le domaine a déjà un passif, un de ses riches propriétaires qui ont tout. Pauline arrive pour des vacances dans la région. Un appel de la part de Charles et elle arrive au château, ne sachant pas à quoi s'attendre, comme nous d'ailleurs. L'empoisonnement d'un chien, d'un oiseau, la disparition également de chevaux et puis ce triple homicide dans un restaurant un peu plus loin. C'est très sympathique comme vacances de découvrir que le restaurant dans lequel vous allez manger est fermé pour cause de plats particuliers.
     
     
    Et ce n'est que le début ! Les personnages ne savent plus sur quel pied danse surtout la juge Renoir qui fait pitié. C'est vraiment le personnage qui nous fait nous poser des questions : qu'est-ce qu'elle fout là ? Envoyé tel un substitut du procureur, elle débarque pour sa première affaire dans une horreur sans nom (mais pas décrite pour autant dans le gore). Toute jeune, un peu boulotte comme l'auteur le dis, elle ne se fait pas que des amis dans cette affaire et ce n'est pas le Commandant Bach qui va se priver de la remettre souvent de côté. Les meurtres dans le restaurant n'ont pas de liens avec la disparition d'Alexis, quoi que... Et si le lien venait de plus loin ? De 24 ans ? Voire plus ?
     
     
    Les questions en manquent pas, les personnages nous font travailler les méninges et celui qui est le tueur n'est pas forcément celui ou celle que nous pouvons croire. Le domaine de Montperthus est un domaine familial qui garde ses secrets bien plus profondément qu'un corps en terre. Le mystère est si épais qu'il est difficile de savoir vraiment ce qui se passe. Jusqu'à l'ADN qui est mis en avant. Ce qui fait que nous sommes nous et pas un autre, peut-être la mère, le père, l'oncle, peu importe de toute manière la science arrivera toujours a démêler l'histoire. Un récit qui est facile à suivre, qui nous emporte dans une famille qui sait cacher la vérité.
     
     
    Petits bémols, j'ai l'impression qu'il y a autre chose, un autre livre, une autre histoire avant entre Pauline et Charles, car leur histoire est de longue date, comme leur amitié et peut-être autre chose. J'ai eu l'impression d'être un peu perdue par moment, de ne pas comprendre leur connivence. Et puis, il y aussi cette fin qui me dis qu'il y aura peut-être une suite, ailleurs, loin de la terre, sur un voilier par exemple. La fin est comme qui dirait rapide, un peu plus de développement aurait été pas mal du tout.
     
     
    L'auteur joue avec nos nerfs en passant d'une année à l'autre, en montrant des événements, en nous décortiquant les aléas de la vie des châtelains. La fidélité semble être oubliée, tout comme les sentiments. Lorsque j'indique des secrets, ils sont lourds à porter pour ceux qui sont dans la confidence et pour ceux qui la découvre c'est encore pire. Je pense à Alice et à ce qu'elle apprend. Pauline est un personnage qui n'a rien à voir avec les autres dans le sens où elle n'a pas vécu dans ce domaine, ne les connaît pas. Elle a un regard neuf, une logique qui est différente et surtout met les pieds dans le plat et pas le plus petit. Mais grâce à cela, elle va faire avancer l'enquête à grands pas. Petit top, car oui il y en a un : il s'agit d'Andrews, ce personnage qui n'a la nationalité française que depuis 5 ans et qui n'a pas encore un parfait français, comme si cela pouvait être un vrai problème. J'adorerais découvrir plus en détail ce protagoniste.
     
     
    En conclusion, un policier qui m'a plu, sachant embrouiller les esprits sans pour autant oublier de nous donner de quoi nous mettre sous la dent pour vouloir avancer. Et lorsque le "méchant" de l'histoire est enfin découvert, c'est toute un arbre généalogique qui se dévoile sous un tas de secrets inavoués.

     
    Extrait choisi :
     
      « — Cold case, disparitions, homicides prémédités, mises en scène macabres, tentatives d’empoisonnement et animaux tués, ah ! Oui, j’oubliais, un amnésique retrouvé dans une grange, un vol, vous appelez ça des maux, vous ? L’art du minimalisme, de l’approximation, une spécialité Bellignon, en plus du reste ?
    Bach, sarcastique, n’avait pas élevé le ton sur l’inventaire funeste, Pauline fixe Charles :
    — Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de ça, Charles ? Tu m’as appelée pour me revoir, pour t’aider et tu ne me dis pas tout ! Explique-moi.
    Bach tranche et signifie sa garde à vue à Charles, abasourdi. Un véhicule de police banalisé arrive et l’embarque, il ne dit rien, docile, il se laissait emmener avec les menottes. Pauline reste éberluée.
    Le commandant accepte qu’elle les accompagne. Sa version quant aux propos de Charles est indispensable. Elle ne croit pas que cet ami si proche puisse être mêlé, d’une quelconque façon, à une affaire aussi sordide. Non, non, et non, pas lui.
    »

     

     

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    Le Conte des Sept Chants, tome 1 : La délégation (Cécile Ama Courtois)

    disponible sur amazon

    Auteur : Cécile Ama Courtois

    414 pages

    Thème : Fantasy

     fait partie de la trilogie

    Le Conte des Sept Chants

     

    Résumé :

    « Édoran, un chevalier lycante, est envoyé en mission diplomatique chez les elfes avec une délégation de métamorphes. Il doit rapporter le Livre, parchemin sacré des peuples de Gahavia, à la Haute-Reine des elfes, lors de l’assemblée décennale des nations. Jeune, un brin idéaliste et pétri de certitudes, il va découvrir que le monde, et les gens qui l’habitent, ne sont pas ce à quoi il s’attendait. Des rencontres fascinantes, surprenantes, effrayantes, dangereuses ou dérangeantes vont émailler son voyage et ébranler ses croyances. À l’arrivée, il ne sera plus tout à fait la même personne qu’au départ, et heureusement ! Parce que c’est là que la véritable aventure va commencer…Plongez avec Édoran, l’homme-loup, dans un monde peuplé de créatures mythiques et fantastiques, et redécouvrez-les… autrement.   »   
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     
     
    " — Mesdames, Messieurs, reines et rois, Vipérines, Aelders, loups, fées, lutins et toutes les autres créatures, bienvenue. Nous sommes honorés de votre présence, car nous le savons tous et toutes : des heures sombres sont en pleine action et il va falloir serrer les rangs. Ô bien entendu je ne demande pas à ce que vous combattiez tous au même endroit, je vous demande d'être présent et de croire. Croire en nous, en vous, en la lumière. La délégation est arrivée avec LE LIVRE et avec nous arriverons à repousser les ténèbres...
    Un vent violent coupe le monologue de la reine. De longs frissons glacés prennent possession de la plupart des invités. Quelques uns tombent, d'autres luttent. Les diverses races s’entraident.
    — Si nous en avons le temps, murmure une petite voix un peu plus loin."
     
     
    J'ai déjà eu l'occasion de découvrir la plume de Cécile, de lui parler et même de partager un bout de table dans un salon. Elle est généreuse, tout comme ce premier tome, par contre elle a le sourire, celui que nous perdons au fil des pages de cette histoire, enfin surtout dans les dernières pages de l'aventure. Comment dire que j'ai eu du mal à ne pas rager en voyant les mots de fin de ce tome 1. Je vais débuter par le début et non raconter la fin. Du départ nous suivons Edoran, lycan qui traque une proie avec ses amis. Les sensations d'un loup, de la chasse, l'attaque est bien présente. Nous sommes pris au piège lorsque les crocs nous tombent dessus. Et puis nous ouvrons les yeux sur un peuple qui vit sereinement, avec un passé qui tient sur peu de choses et pourtant c'est ce "peu de choses" qui maintient la paix entre plusieurs peuples.
     
     
    Gahavia est une planète où vivent de nombreux peuples en paix, tout du moins chacun respecte les limites territoriales des autres et savent comment se comporter en fonction de chacun d'entre eux. Les loups, les métamorphes, les puma, les centaures, les goblins, fées et autres créatures qui peuplent la fantasy sont toutes là et bien représentées. Cela fait dix ans que LE LIVRE a été confié aux mains des lycans, il doit revenir à un autre peuple et pour se faire, une délégation sera envoyée. La délégation ? C'est un ensemble des représentants de chaque race qui doivent prendre part à ce voyage. Un véritable périple qui nous montre les caractéristiques de chacun d'entre eux, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs attentes, leurs us et coutumes. La manière dont l'auteure prend le temps d'expliquer chacun de ses races entre les chapitres qui vont les montrer est très intéressant. C'est comme un léger aparté qui nous renvoi directement entre leurs pattes, ou sifflements.
     
     
    Il y a du bon et du moins bon dans chaque race, chaque parcelle, chaque membre de la délégation. Elle va s'agrandir au fur et à mesure des kilomètres qu'ils vont avaler. C'est à la fois amusant et terrifiant d'imaginer qu'il va leur falloir montrer patte blanche, offrir quelque chose, échanger et même donner de sa personne. Les peuples ont des besoins pour survivre, continuer à exister ou tout simplement procréer. Guerriers, rois, reines, chevaliers, prêtresses, magiciens, etc, les races ont une civilisation propre afin de se défendre, d'attaquer, de créer la vie, la nourriture. Comme dans chaque récit, il y a forcément des méchants, terrifiants guerriers ou mangeurs carnivores, le récit s'accélère à chaque combat. L'auteure n'a pas crée des êtres exceptionnels qui sont capables de survivre à toutes les étapes, même si la plupart d'entre eux peuvent vivre plusieurs siècles. Non, nous allons perdre quelques uns d'entre eux et se bouffer les ongles pour ceux qui restent.
     
     
    Au-delà de cette délégation, il s'agit également de démontrer que les croyances des uns sur les autres ne sont pas toujours réelles. Les "on-dit" font beaucoup de mal et la preuve en est avec les vipérines et leur passé. Ce n'est pas parce que dans les siècles précédents qu'il y a eu beaucoup de mal, qu'elles le sont toujours. Il est clair qu'elles en jouent un peu voire beaucoup. Nous avons la chance également de découvrir chaque région et il faut bien avouer que le climat de certaines parcelles est vraiment difficile, sans compter les créatures tueuses. Les personnages sont nombreux et même si j'ai des préférés, je n'en dirais pas de trop, surtout que certains ne seront probablement plus dans le second tome (Vilaine auteure, vilaine !) Mais chaque personnage est décrypté, avec ses forces et faiblesses, avec ses pensées. Par contre ce que je peux dire, c'est l'évolution de chacun d'entre eux qui est flagrante. Si au départ nous avons des hommes fougueux, des femmes plus enfants que femmes, des princesses qui ne sont pas prêtes à être reines, des chevaliers qui sont bien seul. Plus les semaines passent et plus chacun prend conscience de sa place dans la délégation, dans ce voyage, dans les étapes. Leurs arrivées ne passent pas inaperçues et ce qui suit n'est pas de tout repos. Seul bémol, c'est un passage où la présentation de chaque délégation devant la reine que les personnages ont trouvé long. Je dois avouer que moi aussi je l'ai senti long et répétitif.
     
     
    Après ces quelques mots (promis je vais ralentir la cadence) plusieurs sociétés démontrent une place importante pour les femmes et j'ai beaucoup aimé le fait que ce soit elles qui décident : de l'offrande de leur corps, de donner la naissance, d'être en position de force, de se battre. Chaque personnage montre plusieurs facettes de leur personnalité. La noirceur des âmes n'est pas forcément où l'on croit et il y a cette monstruosité qui rôde, traine et décide d'attaquer au moment opportun. J'ai eu l'impression de voir le premier film de la communauté de l'anneau, celui où tous se retrouvent, apprennent à se connaître afin de s'unir pour un seul et unique but. C'est un premier tome que je verrai bien sur un grand écran tellement il est riche aussi bien dans les décors que les personnages.
     
     
    En conclusion, de nombreux thèmes sont abordés, l'amitié, l'amour, la sexualité, la peur de la différence, la compréhension de l'autre, sans oublier l'acceptation de soi. Les chevaux ont une part importante dans le récit ce qui est rare, car la plupart du temps ils ne servent qu'à être une monture. Je pourrais continuer à chanter les louanges, mais je préfère malgré tout en garder pour plus tard, surtout que je me suis amusée avec un tout petit bonhomme qui a un cœur immense et des mains chapardeuses. J'ai hâte de plonger dans le second tome !


     
    Extrait choisi :
      
    « — Chut ! siffla le lycante en levant une main vers les autres. Je crois qu’on nous observe.
    — Mais qui…
    Boris ne put jamais terminer sa phrase. Les arundos s’écartèrent soudain, et une horde hurlante et puante en jaillit. Ils étaient laids, brunâtres, leurs crocs dépassaient de leurs bouches hideuses et leurs ongles, oblongs et crochus comme des griffes, lacéraient l’air devant eux comme ils couraient vers leurs proies. Ils étaient une vingtaine. De la taille et de la corpulence d’un homme râblé, ils arboraient des bras trop longs pour leur torse et des jambes tordues comme celles des grands singes. Pourtant leur allure simiesque n’avait rien d’hilarant. Tout en eux hurlait « danger ». De leurs gueules de molosses, armées de dents pointues, à leurs muscles épais, en passant par la cruauté de leurs regards. Ils présentaient le front bas et les yeux enfoncés de la brute parfaite.
    Ils étaient des goblins. Ils étaient sanguinaires. Et ils avaient faim. »

     

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