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    Nocturne de sang (Michel Pelini)

    disponible sur le site de l'éditeur

    Super-héros, tome 2 : la révolte (Maxime Gillio)

    Auteur : Michel Pelini

    Illustrations : Nicolas Jamonneau

    287 pages

    Thème : Thriller fantastique

     

     

    Résumé :

    « Enfant, Jessica Janin a connu l’horreur. Enlevée et séquestrée par Léon Schwartz, un pédophile de la pire espèce, elle a sauvé sa vie de justesse.

    Lorsque vingt-quatre ans plus tard, elle apprend la mort du criminel en prison, la jeune femme pense qu’elle pourra enfin tourner la page du traumatisme qui la hante toujours.

    Mais Schwartz, qui a passé un pacte avec le Diable, revient d’entre les morts sous la forme d’un vampire, bien décidé à se venger de celle qui lui a échappé.

    Jessica a déjà vaincu le criminel une fois, en sera-t-elle capable à nouveau ? Pour l’affronter, elle pourra compter sur l’aide de deux chasseurs de vampires, Mathieu Leroux et son frère, Maxime, autiste doué de pouvoirs médiumniques. Schwartz, quant à lui, a plusieurs alliés parmi les démons, notamment l’un des plus puissants vampires du monde, qui a un vieux compte à régler avec Maxime.  »  

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    Nocturne de sang (Michel Pelini)

     

    " - Entendez-vous cette petite musique qui fait chavirer les cœurs et nous transportent ailleurs, bien loin du monde réel. La nocturne n°20 en do dièse mineur apporte la sérénité dont nous avons besoin. Ce moment unique où la main gauche du pianiste ondule, apportant la bonne rythmique à la main droite. Les doigts virevoltent au-dessus des touches afin d'oublier. Oublier la réalité, oublier la noirceur du monde, oublier l'enfermement, oublier ce qui se produit lorsque les yeux s'ouvrent sur la pièce humide et malodorante où se produisent des horreurs..."
     
     
    Jessica est très douée, star reconnue dans la musique classique, elle enregistre des disques, programme des concerts sans jamais désemplir. Aucun secret sur sa vie privée d'avant, celle de son enfance. Elle est la seule enfant à avoir survécu au terrible Léon Schwartz, pédophile et tueurs d'enfants depuis des années alors qu'elle avait 8 ans. Enlevée à 6 ans, elle a vécu deux années d'enfer, mais son intelligence supérieure a fait en sorte qu'elle puisse s'enfuir. Et devenir adulte, contrairement aux précédentes. Devenir adulte ne signifie pas qu'elle a oublié, d'ailleurs comment peut-elle oublier tout ce qui s'est produit lorsque la presse continue d'en parler, 24 ans après les faits ? Régulièrement elle se voit sans le désirer, se coupant du monde sauf pour la musique. C'est sa passion, ce qui l'a maintenue en vie, ce qui l'a changé. Enfant, le classique était déjà toute sa vie, dorénavant adulte, elle continue cette passion, si ce n'est que maintenant elle l'a partage avec sa fille, Clara, 10 ans. Jessica protège sa vie privée du mieux qu'elle peut et Karine, son agent et accessoirement meilleure amie, fait du très bon travail.
     
     
    Le récit est prenant, violent par moment certes, mais prenant. L'auteur effleure du doigt la pédophilie sans rentrer dans les détails, il n'y a pas besoin de cela pour comprendre ce que Léon a fait subir à Jessica et toutes les autres. L'envie de vomir, de le démembrer, de le castrer physiquement sera l'un de nos rêves les plus fous, les plus normaux. Qui n'a pas envie de venger tous ces enfants et ce n'est pas le passé de notre monstre qui va atténuer cette envie. Oui, l'auteur nous fait voyager dans le passé, celui de la famille de Léon pour donner un semblant d'explication de ce qu'il est devenu. Nous alternons entre le présent et le passé des personnages et cela donne souvent froid dans le dos. Les coïncidences n'existent pas, chacun des protagonistes a un lien avec un autre d'une manière ou d'une autre. Le bourreau, la victime, l'envoyé, le frère, le Diable... des liens qu'il est difficile voire impossible à supprimer, même la mort ne peut rien y faire.
     
     
    "- La mort serait bien trop douce pour les uns ou les autres. Le sang a beau avoir un gout délicieux, il devrait pouvoir rester dans les veines sans passer par la case canines. Chopin arrive malgré tout à apaiser les esprits. Les notes de musique résistent au malin les repoussant au mieux. Les partitions, elles, ne résisteront pas bien longtemps face à la nappe sanglante que les monstres ont prévu. Et garder les fenêtres fermées ne peut pas résister bien longtemps. "
     
     
    Parlons de ces fameux monstres et plus particulièrement de ce cher (arf, pardon je m'étouffe) de ce Léon Schwartz. Pédophile, malsain, c'est un être... humain en quelque sorte, qui n'a aucun sentiment. Son passé dévoilé, nous comprenons qu'il y a quelque chose qui cloche en lui depuis bien longtemps. Il est sournois, habile dans les mots pour embobiner les petites filles, mais pas les adultes. Non pour ces derniers il n'est pas capable de se défendre. Est-ce pour cela qu'il préfère les enfants ? La question s'évite, il faut rester concentré sur ses actes et ses pensées. Monstre, bestial, la violence fait partie de son quotidien depuis toujours. Et le fait qu'il meurt pour mieux revenir sous la forme d'un vampire afin d'accomplir sa vengeance sur Jessica reste dans ce domaine de la cruauté. Schwartz ne ressent rien, n'aime rien si ce n'est de voir sa victime souffrir. Le sang devient un plus, mais la violence reste ancrée en lui. Sa rencontre avec le diable est courue d'avance et l'amène à un nouveau palier. Pédophile, kidnappeur, tueur, maintenant qu'il est devenu réellement le monstre qu'il a toujours été, l'histoire devient plus sanglante.
     
     
    Jessica, bien que devenue adulte, n'arrive pas à penser à l'avenir. Elle se sent une mauvaise mère car sa fille Clara n'est pas "épanouie" comme les autres. Parce qu'elle ne saute pas de joie à l'évocation d'une promenade dans un parc, parce qu'elle préfère sa solitude, alors sa mère pense ne pas savoir comment faire. Son passé est toujours présent à cause des informations, parce que dès qu'un enfant est enlevé, son histoire est toujours racontée et alors que son kidnappeur décède après 24 ans de prison, les journalistes en rajoutent une couche. Comment avancer dans ce cas ? Et surtout comment faire confiance aux autres ? Son intelligence l'a aidé à s'en sortir, la musique a été un tremplin et SA musique est ce pour quoi les gens viennent à ses concerts, pas pour ce qu'elle a pu vivre. bien entendu il y a et il y aura toujours des gens mal-pensants pour venir s'abreuver au cou d'une victime qui veut tout sauf en parler. La mort de son monstre n'est ni un soulagement ni une atrocité. Il n'est plus, jusqu'à ce qu'il se montre dans l'ombre de son appartement.
     
     
    "- L'ombre est une amie précieuse pour tout monstre existant. Pouvoir se délecter de la terreur, sentir la peur de sa proie, gouter au sang sur ses doigts et s'en délecter. Léon est abominable, joueur, taquin en un sens. Il ne s'embarrasse pas de détails, il agit. La vengeance est un plat qu'il déguste lentement, s'amusant en sentant les frémissements de sa victime. Et la surprise est de taille pour les deux. Lui qui adore tant les enfants, elel qui pensait l'oublier un jour... Et puis il y a cette lumière, cette petite illumination qui semble vouloir combattre cette noirceur."
     
     
    Lorsque la voie du Diable semble pavée d'embûches, de promesses qui risquent de se tenir, les puissances supérieures, ou Dieu ou quelque chose qui s'en approche décide de réveiller ses chasseurs de vampires. Il ne faut pas s'attendre à une Buffy ou la famille Winchester, non, mais à deux frères qui ont des particularités que je vous laisse découvrir. Maxime et Mathieu ont également un passé, une vie, un présent et leur avenir restera toujours incertain dès que nous débutons sur eux. Car être un chasseur signifie être souvent en danger, en grave danger. Tous deux ont déjà été confrontés à la monstruosité du Malin avec le grand M. Eux ainsi que leurs parents. Une histoire de famille qui remonte à loin dont nous sommes les spectateurs. Le Bien, le Mal, une histoire si vieille que le monde depuis que l'homme est sur terre (et probablement avant).
     
     
    La religion n'est pas en reste, tentant de protéger les innocents. Combattre à armes égales seraient bien trop simples, pourtant il y a de quoi faire dans les deux camps. Le déséquilibre n'est pas forcément une mauvaise chose, il faut juste jouer d'intelligence. La fine équipe composée des frères, de Jessica et sa fille semble bancale, mais trouve un équilibre certain. La foi des personnages n'est pas la même, pourtant elle est présente, comme un élément capital, comme les hommes de Dieu qui sont sans cesse sur le qui-vive. Les événements s'enchainent en laissant le temps au lecteur de prendre connaissance de chacun des personnages. Leur vie, leur passé, leur présent, leurs aspirations, leur combat quotidien, tout est passé au crible. Il est impossible de se retrouver dans le mauvais temps, les explications se suivent, les dates s'annoncent et les protagonistes agissent.
     
     
    " - Agir est un bien grand mot pour l'une d'entre elle. Portée par son passé, elle ne veut pas en parler et pourtant elle le fuit. Elle ne s'ouvre réellement que lorsque sa fille court un grave danger. Son instinct de mère s'ouvre, se montre, son coeur ne reste pas sans bouger. Il bat à un rythme effréné tandis que l'ombre grandissante de la menace ne cesse de croitre. Cette ombre qui est partout, la voix mélodieuse qui se reconnait à la première intonation avant d'entendre le grondement du fauve prêt à tout déchiqueter sur son passage."
     
     
    Croitre, grandir, augmenter... le Diable semble s'amuser de ses futures âmes à corrompre, à récupérer, à tourmenter. Être une victime fait d'elle une proie parfaite pour celui qui veut se venger. Léon est corrompu jusqu'à la moelle et s'amuse à ses dépends. Cette pauvre petite fille qui a osé lui dire qu'elle l'aimait pour mieux le détourner de son but. Cette pauvre petite fille est devenue une femme qui ne vit pas, qui survit. Son seul espoir de voir un avenir et qu'il soit heureux, serait de se libérer enfin de ses chaînes. Son tortionnaire s'entoure de monstres pour mieux réussir à obtenir sa vengeance.
     
     
    Le vampire est une créature mauvaise, malfaisante, sournoise qui a des rites à suivre, des objet à éviter et des hommes de science à fuir. Quant aux chasseurs, leur lien est indestructible, fraternel. Mathieu et Maxime sont forts ensemble et se protègent mutuellement. Maxime est le plus jeune, celui qui voit, celui qui a déjà vécu de grands événements le rendant original et qui ne va pas s'arrêter à une créature. Mathieu est le bras vengeur, celui qui combat, qui use d'armes physiques. Ils se complètent terriblement. Ils luttent contre le Mal, contre ceux qui attendent dans l'ombre.
     
     
    "- Sentez cette odeur de réussite. Ô je ne dirais pas pour qui, ni comment, mais la fin est inéluctable. Cette fin qui nous attire, celle qui nous fait lâcher une petite larme parce que notre petit cœur a osé s'accrocher à une parcelle de vie, celle-là même qui nous rend plus humble."
     
     
    Les personnages sont travaillés, sans caricatures, avec des expressions, des actions et cette musique si douce à mes oreilles. Je parle bien entendu de Chopin et non des canines qui s'enfoncent dans la première gorge venue, même si c'est celle d'un vieillard. Leur passé n'est pas une zone d'ombre, nous avons presque un arbre généalogique pour les plus importants, tout comme les moments cruciaux dans leur vie. Les combats sont nombreux, il n'y a pas besoin de combattre physiquement pour ne pas s'en sortir indemne. Le mental, le côté "paranormal" est aussi important. Il faut parfois compter sur la chance et penser que le monstre tout neuf a des pulsions. C'est dessus qu'il faut jouer et ne pas se laisser impressionner.
     
     
    Nombreux sont les thèmes abordés, ceux déjà indiqués plus haut et ceux qui sont encore à découvrir. Nous entrons dans la vie privée de nos personnages avec le bon et le moins bon. L'Homme d'une manière générale se nourrit de la mésaventure de son voisin, de son plus proche ami, d'un inconnu. Cette nourriture n'est pas saine et pourtant dans notre société actuelle elle est toujours présente. Juger les autres est si facile... C'est un récit que j'ai adoré dans le sens où l'auteur laisse notre imagination faire place à des images que j'ai repoussé. Bien entendu il y a deux passages où il vaut mieux avoir le cœur accroché, où il s'agit de sang giclant dans un cimetière et d'une effusion de pouvoirs sur Montdragon, mais rien de gore. Merci aux éditions Crin de Chimères pour ce premier livre lu dans le cadre de notre partenariat. Il fut une très bonne surprise. Deux points de détails, la police d'écriture est vraiment petite par rapport aux autres livres que j'ai l'habitude de lire et la couverture est magnifique, reflétant parfaitement ce passé que Jessica n'arrive pas à oublier.

     

    «  Lorsque Maxime dormait chez lui, Mathieu lui laissait le lit et prenait le canapé. D'habitude ça ne lui posait pas de problème, mais, ce matin, il se leva courbaturé.

    Tu as passé trente ans, mon vieux, c'est le début de la fin.

    Il s'étira comme le lui avait montré le coach de la salle de sport qu'il avait fréquentée durant deux semaines l'année précédente. La colonne craqua, ça le soulagea un peu. Il fit le tour d el'appartement pour ouvrir les stores, puis se rendit dans sa chambre pour réveiller son frère.

    Le lit était vide.

    Son premier réflexe fut de vérifier la salle de bain et les toilettes, mais il ne s'y trouvait pas non plus. Il fouilla toutes les pièces : rien.

    Maxime avait fugué.

    Encore.  »

     

      

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  • " Degan est un voleur reconnu du Bagne d’Avir. Vaquant à de malhonnêtes occupations, il s’en prend à une vieille femme apparemment sans défense, mais sa victime s’avère être une cible moins facile que prévu. Degan se voit même convaincu par des arguments frappants de suivre la mystérieuse vieille femme au cours d’un périple dont il ignore l’objectif. Cette dernière déteste les criminels et le fait bien sentir, mais Degan porte la marque des Parleurs, ces créatures légendaires capables de ressentir les émotions des êtres vivants qui les entourent. Or, les Parleurs ont disparu des siècles auparavant et non sans raison.
    Que peut bien signifier l’apparition de la marque ? Et comment un voleur de bas étage peut-il en être le porteur ?
    "

     

     

     

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