•  

     

    Disponible sur Evidence Editions et Amazon

     

    Le sanctuaire de Nienor, braconnage à Saline (C. Nouvel, L. Major)

    Auteur : Jean-Louis Stéphanie

    336 pages papier

    Thème : Romance contemporaine

    *******

     Fait partie de la trilogie

    Bikers

     

    Résumé :

    «  Chloé Evans fait face à son chagrin comme elle peut. Après la perte de sa mère, son père et elle, décident de tout quitter afin de se reconstruire.

    Oui, ils aspirent à une nouvelle vie et arrivent dans une nouvelle ville. Mais il se trouve que celle-ci est dirigée par des personnes auxquelles Chloé et son père ne s'attendaient pas. Des personnes qui leur font comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus.

    Pourquoi Chloé et son père sont-ils traités ainsi ? Que cache cette ville ? Et surtout, pourquoi Tony, le chef du gang des motards la déteste-t-il autant ? » 

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    14/20

     

    Je remercie Jennifer ainsi que la maison d'éditions Evidence pour l'envoi de leur trilogie dans le cadre d'une opération spéciale. J'ai donc commencé par ce premier tome (on reste dans la logique bien sûr). J'aime beaucoup la couverture, avec la lumière qui plonge sur la moto (bon le type aussi est plutôt pas mal, avec sa tête de pas content sur les bords). Passons à l'histoire.

     

    Chloé arrive dans une nouvelle ville avec son père. Elle a perdu sa mère il y a deux mois et ils ont besoin de repartir de zéro. Son frère Tyler est parti du jour au lendemain et depuis plus de nouvelles. Le décès de leur mère a été une rude épreuve, surtout vu la façon dont cela s'est passé. Tyler a du mal à parler avec son père et c'est pourquoi il est parti. Chloé et son père ont acheté une maison et un bar. Ancien médecin militaire, il est habitué à donner des ordres et surtout à remonter la pente rapidement. Il en oublie parfois les émotions. Alors qu'ils sont en train d'emménager, Choé rate une marche et se retrouve à dévaler les escaliers. Après que son père lui remonte les bretelles, il l'emmène à l'hôpital, car oui il y en a un ! Avant de réussir à partir, des bikers se sont arrêtés devant chez eux. La discussion s'éternise, Chloé a de plus en plus mal à son poignet. Alors qu'ils partent enfin en direction des urgences, l'un des bikers lui offre un beau doigt d'honneur. Pourquoi ? Cette manière de dire bienvenue est particulière. Et ce n'est que le début !

     

    « Je suis coupée dans mon élan quand j'aperçois, devant les barrières qui séparent le ponton du chemin rocailleux, une moto. Dessus est assis un homme. Même de dos, je le reconnais. Sa chevelure épaisse et noire bouge légèrement grâce à la brise du vent qui me fait frissonner. D'instinct, je me mets sur mes gardes. Tony semble perdu dans ses pensées. Déjà ? À cette heure matinale ? Je ne peux pas voir son visage, seulement l'imaginer. Mais sa beauté se trouve gâchée par son insolence. À tout moment, il peut se tourner et me surprendre, mais je n'arrive pas à décoller de ce ponton. Pourquoi est-ce qu'il a l'air si hargneux ? »

     

    Je crois que le dernier livre que j'avais lu avec des bikers date de celui d'Ana (indompté) et donc cela fait un bon moment que je n'étais pas tombé dedans. Nous nageons que le point de vue de Chloé et je trouve dommage de ne pas avoir celui de Tony, parce qu'il doit s'en passer des choses dans sa tête. Une histoire sur un nouveau départ et quoi de mieux qu'après une disparition brutale de partir, s'éloigner pour tenter d'apaiser un cœur fragilisé. Oublier ? Cela n'est pas possible, mais faire en sorte que la peine soit diminuée, probablement. Il faut du temps pour cela. Ce que Chloé et James (son père) n'ont pas. À peine arrivés, ils reçoivent des menaces, des "avis d'expulsions", de l'intimidation, des coups bas, bref ils ont de quoi faire. La ville est à eux, ces fameux bikers, car pour couronner le tout, l'un d'entre eux est le chef de la police. Forcément, il peut se passer tout et n'importe quoi, ils ne bougeront pas le petit doigt. Les ennuis ne vont pas s'arrêter en un claquement de doigts.

     

    Beaucoup de secrets, de non-dits, il faut tirer les vers du nez des personnages pour avoir la vérité et encore. J'ai vraiment eu l'impression parfois que le mensonge était plus facile pour certains, surtout les garçons. Nous nageons en eaux troubles sans vraiment avoir le fin mot de l'histoire. Des bikers, oui il y en a à la pelle. Des méchants, des plus que méchants, des revanchards, des pas doués, des idiots, mais ils ont leur code, leur règlement et surtout leur ville. Ce n'est pas le fait que Chloé et James soient des étrangers, c'est surtout qu'il y a quelque chose en dessous, en rapport avec la mère de Chloé qui doit poser souci. Sauf que pour le moment dans le tome 1, nous n'en savons pas plus. Il n'y a que des suppositions. Certains faits se voyaient arriver comme le nez au milieu de la figure, je pense au cas Ayden et d'autres moins, comme celui de Donna. James a gardé des secrets pour sa fille. Il ne sait pas que c'est mauvais de ne rien dire pour protéger ? C'est encore pire lorsque tout éclatera. La preuve, heureusement que la mère de Chloé lui a confié des choses qui lui reviennent et dans le même temps, la chute aurait pu être encore pire.

     

    Un premier tome basé sur des secrets de toutes parts, des mensonges à profusion. C'est à se demander comment Chloé va se sortir de tout cela. En parlant d'elle, c'est une jeune femme qui est encore en colère. Durant les deux mois qui ont suivi le décès de sa mère, elle est devenue incontrôlable. Elle a pris des cours de boxe pour tenter de canaliser cette colère, cette frustration de ne pas avoir le coupable sous la main. Sa mère n'avait pas de secrets pour sa famille et ils savaient que peut-être cela était possible. En arrivant dans ce patelin où des motards font la loi, elle ne mâche pas ses mots. D'ailleurs, elle ne sait pas se taire quand il le faudrait, ce qui lui rapporte bien plus d'ennuis qu'elle n'en aurait eus. Elle va jusqu'à frapper le chef de gang. Alors là, je dis bravo, même si la répercussion montre bien que les mecs ne sont que des lâches : la tenir lors du retour de bâton... Pardon, c'est leur règle, forcément... sauf que Chloé est une sacrée épine dans leur botte. Elle ne sait rien du bar, de ce qui s'est produit et ne comprend pas l'animosité que Tony, le chef (ça me fait penser à un mafieux quand même, mdr), peut avoir envers elle et son père.

     

    « - Dès le début, tu ne m'as pas pris au sérieux, assène-t-il comme s'il m'en voulait. Tu n'as fait que me défier alors que tu sais très bien qui régit cette ville. Ce bar... C'était une chose, tu ne pouvais pas connaître son histoire. Mais m'écouter parler à Andrew de mon passé, ça a été la cerise sur le gâteau. Je t'ai dit, dans le bus, que tout ne faisait que commencer. tu croyais que je plaisantais ?

    Il se tourne vers moi et son regard noir paraît dur, menaçant.

    - Tu m'as provoqué de nombreuses fois, mais j'avoue que quand tu m'as frappé... Là Chloé, j'ai été en colère. Surpris, mais putain, vraiment en rogne.

    - Encore une fois, tu me prouves que tu n'as eu que ce que tu méritais, connard ! »

     

    James se dévoile peu. Il garde tout en lui, sauf son amour pour sa fille. Ancien militaire de carrière en tant que médecin, il est carré, droit et fier, allant jusqu'à appeler sa fille soldat lorsque sa patience a atteint ses limites et elle le sait. Tous deux sont proches, autant qu'un père et sa fille peuvent l'être. Elle ne veut pas partir comme son frère a pu le faire et lui est assez possessif. Il oublie parfois qu'elle a 21 ans et non plus 5 ans et adore l'interdire de chose que sa mère lui autorisait sans le savoir. Le déménagement est radical a ses yeux, mais il en a besoin. Ce que je peux comprendre, j'ai fait de même au décès de ma mère. Lors de cet emménagement, ils vont faire de nombreuses connaissances. Le mystère entoure chacun des personnages. Je pense à Ayden qui est tout gentil, un peu trop que cela en devient soupçonneux. Il est très protecteur envers Chloé. Ayden joue sur plusieurs tableaux, il s'emballe très peu et fais attention. Une grosse zone d'ombre lui tourne autour en plus de ce qui est dévoilé.

     

    Tony est le chef des Rebel Bikers. Qui dis chef dis casse-couilles, arrogant, fier, teigneux, doué dans les doigts d'honneur, amer, rancunier, têtu, provocateur, menteur, manipulateur, sachant lancer des insultes à tout-va, et je pourrais encore en donner d'autres. Tout cela n'est pas l'apanage des chefs, juste qu'il est comme cela et un peu plus. Il a un passé qui n'a pas réussi à me faire l'aimer plus que cela. Ce n'est pas parce qu'on a vécu cela qu'il faut être une teigne, par contre cela va avec le fait qu'il doit être le responsable de ses motards. Il cache des éléments et s'amuse à titiller Chloé qui sait lui répondre. Il n'attend que cela. Il lui lance des défis afin d'asseoir sa position dans son "club" et peut-être pour la protéger ? Qui sait...

     

    La rencontre avec Chloé est un doigt d'honneur, suivi d'autres dans un sens ou l'autre. Ce que j'ai apprécié, c'est cet hypothétique rapprochement sans qu'il ne soit LE livre en lui-même. L'auteur a su mettre d'abord une mise en place des personnages, des lieux, et le début des problèmes. Ce que je regrette juste c'est qu'il y a beaucoup trop de secrets et de mensonges pour réussir à ce que je rentre complètement dans l'histoire. Il y a un point aussi qui me chagrine, c'est Saddy. Je ne sais pas quoi penser de ce personnage que l'on "voit" souvent, mais qui a un comportement assez particulier. Je n'en dis pas plus de ce côté, j'attends de lire le second tome pour voir si je ne me suis pas trompée sur elle.

     

    En conclusion, un premier tome qui pose les bases complexes, apportant de nombreux secrets et mystères à dénouer. Je ne sais pas ce que le second tome sera, mais la fin de celui-ci donne un bon coup de fouet qui me plaît. Des ennuis en perspective, j'adore !

     

     

    Partager via Gmail

    4 commentaires
  •  

     

    De terre et de chair (Valérie Rossignol)

    Disponible sur Amazon

     

    Le sanctuaire de Nienor, braconnage à Saline (C. Nouvel, L. Major)

    Auteur : Valérie Rossignol

    120 pages papier

    Thème : essai

    *******

     

     

    Résumé :

    «   Préface de Belinda Cannone.
    Écrivaine et sculptrice, Valérie Rossignol révèle le processus de création de la femme artiste quand l’homme en est le sujet, par l’écriture et par la sculpture.
    Le livre se présente en diptyque.
    Dans « Homme de Terre », l’auteure éclaire ce qui se joue entre la sculptrice et son modèle. L’homme nu, se dévoile : « on ne peut pas tricher. » L’artiste catalyse la fusion des êtres et transmet à la terre sa forme, la vie.
    Même si elles créent leur propre espace temps, ces séances de travail sont en résonance avec le monde : ainsi celle qui s’est tenue au lendemain des attentats du Bataclan. « J’ai créé un homme de terre, pendant qu’un homme de chair mourait. (…) J’ai pris sa nudité, puisqu’il me l’offrait et je l’ai donnée à tous ceux qui craignaient de se déshumaniser. »
    La relation prend corps par la terre.
    « Homme de Chair » est une lettre à l’homme aimé qui nous entraîne dans une spirale charnelle et spirituelle, où les émotions sont autant de pièces d’un puzzle qui s’agrandit à l’inverse d’une peau de chagrin. « L’espace intérieur ne s’agrandit que s’il est porté par l’amour. Je pourrais tout aussi bien rétrécir. M’égarer comme autrefois. (…) Mais en cet instant, je suis solidement amarrée. Tu me retiens, avec toute la force de ton esprit. »
    La relation prend corps par la chair.
     » 

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    J'ai eu la chance de participer à une masse critique spéciale et donc j'ai eu l'opportunité de découvrir cet essai. Je n'en lis que très peu, mais lorsque j'ai vu le nombre de pages je me suis dit pourquoi pas ? La couverture représente à la fois cet homme de terre et de chair sans fioriture.

     

    Le résumé en dis déjà beaucoup sur l'écriture. La préface est assez longue avec un soupçon d'envoutement, donnant envie de découvrir qui est cet auteur et comment elle va nous montrer, nous démontrer son travail, car il s'agit aussi de cela. L'auteur est également sculpteur (enfin version femme). Nous avons donc sa vision des choses concernant ce moment où elle se coupe de tout sauf de ses mains et de son modèle.

     

    Le livre est découpé en deux parties : l'homme de terre d'abord et l'homme de chair ensuite.

     

    L'homme de terre est la partie qui nous décrit ses gestes, ses pensées, la façon dont elle voit le corps nu d'un homme, celui de son modèle. Elle a une manière particulière de décrire le corps avec ses imperfections, ses rides, la façon dont un muscle se contracte. Il ne s'agit pas de nu immobile, mais de mouvement. Valérie a une façon particulière de traiter son sujet avec beaucoup de respect. Ses mains façonne la glaise, la transforme, la rend unique en un mouvement celui qu'elle désire. Par moment ces modèles répètent les gestes durant des heures, afin qu'elle trace ses esquisses, s'approprie le corps de l'autre pour en montrer la beauté.

     

    « Il s'en remettait à moi et je m'en remettais à lui, qui regardait au-delà. Il attendait de moi que je matérialise son corps alors que j'étais précisément dans l'instant où il est possible d'en sortir. J'attendais de lui qu'il soit un modèle et il quittait son enveloppe corporelle pour atteindre d'autres sphères, déjouant mes projets, m'incitant à relier ces mondes entre eux. Nous étions à la jonction entre deux états, dans le courant qui permet une compréhension aimante de la réalité. Le désespoir qu'impose la certitude d'une mort imminente était distancé par l'expérience de la lumière. »

     

    Un travail d'observation, dans un atelier qui est empli de silence. Le modèle s'installe, se met en mouvement sans penser à rien d'autres qu'à ce que deviendra la glaive. C'est une véritable passion qui nous est prouvé entre ses lignes. C'est presque poétique. Je ne connais pas les œuvres de l'auteur dans la sculpture, par contre je sais que son écriture est fluide, passionnée, entraînante. Elle montre que le corps est beau en toute circonstance. Il a une histoire à raconter, un passé, un présent. Le regard qu'elle porte sur ce corps est uniquement professionnel. Les jeux de lumière sont importants comme tous les gestes effectués.

     

    L'homme de chair est différent. La passion est toujours intégré au texte, mais il s'agit d'amour. Une lettre écrite à son amour, évoquant la relation depuis le début de la rencontre. Quelques détails m'ont rendu perplexe. J'ai l'impression qu'il y a la notion de violence envers les femmes sans vraiment comprendre où et quand. Un peu comme si l'homme avait besoin de montrer sa force pour être quelqu'un, ce qui à ses yeux est totalement mis de côté et je suis bien d'accord. Cet amour qui ne semble pas présent mais qui aurait pu être présent. J'ai préféré la première partie, plus dans l'art. Cette seconde partie est sur un amour et c'est très bien écrit, mais ce n'est pas ce que j'attendais de cet écrit.

     

    «  Il n'en est pas toujours ainsi. Ce qu'on appelle le désir n'est pas inné. On peut le perdre, sans savoir pourquoi. Souvent, on abîme cet élan en l'associant à un mouvement de plaisir et de liberté. Le désir est fragile et crée la dépendance à l'autre. Nous sommes vulnérables face à l'incertitude de ce qu'il en fera. Je me suis rendue inaccessible aux hommes pour ne pas leur accorder ce pouvoir sur moi.Je ne voulais pas dissocier la chair et l'esprit. Contrairement à ceux qui ont voulu me faire admettre que cette dissociation était ordinaire... »

     

    Créer quelque chose de ces mains, savoir reproduire à la perfection, ne pas se tromper de voie et continuer. L'auteur nous donne un peu de sa vie, depuis le jour où elle a commencé à travailler avec la glaise, jusqu'à maintenant. Il y a beaucoup de sensualité dans le texte. La sculpture est un art que j'ai toujours admiré. Lorsque j'en avais encore le temps et l'occasion, j'adorais me balader entre les sculptures, tentant d'imaginer comment l'artiste avait réussi à capturer le moment. Comme je l'ai dit plus haut, une très belle écriture se dégage de ces quelques pages.

     

    En conclusion, essai plutôt bien réussi pour moi. Une très belle plume avec beaucoup d'émotions et de tendresse. La sculpture est un art qui doit montrer autant le corps du modèle que le cœur de l'artiste.

     

    De terre et de chair (Valérie Rossignol)

     

    Partager via Gmail

    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique