• Kevin Martin, un homme sans histoire (Catherine Lang)

    Kevin Martin, un homme sans histoire (Catherine Lang)

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    Auteur :

    35 pages 

    Thème : Essai

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    Service Presse de l'auteur


    Résumé :

    " Entre le petit deux-pièces qu’il a hérité de sa grand-mère et son travail à l’accueil de la mairie, l’existence de Kevin Martin se résume à un emploi du temps minutieusement réglé. La journée s’écoule dans une succession d’activités qui sont autant de rituels attendus, sans surprises et sans aspérités.

    Derrière son comptoir lisse et bien rangé, Kevin Martin offre la figure d’un employé modèle, obéissant et consciencieux. Ses seuls mouvements de révolte sont ceux qu’il a quand il voit à la télévision les petites filles que les adultes instrumentalisent outrageusement, de façon racoleuse et vulgaire dans les concours de mini-miss.

    Il y a bien ses collègues qui le trouvent un peu bête. Certains croient qu’il est homo. Kevin Martin sait que beaucoup le jugent médiocre. Et cela lui convient tout à fait.

    Car, derrière son quotidien méticuleusement organisé, Kevin Martin cache un secret, celui qu’il partage avec les petites filles et qui ne doit jamais être découvert. "

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

     

    Kevin Martin, un homme sans histoire (Catherine Lang)

    Avant de commencer, des remerciements sont de rigueur auprès de l’auteure, Catherine Lang, pour m’avoir permis de lire son livre. En fait de livre, il est très court, 35 pages en Kindle, mais la quantité ne fait pas tout, pour preuve, j'ai aimé ce livre, même tout petit. Avant d’entrer dans l’univers de Kevin Martin, il faut déjà se mettre en tête plusieurs choses. La première, il n’y aura aucune fin car il s’agit de tranches de vies de cet homme et d’une petite fille nommée Anaïs. La seconde est : aucune moralité dans les personnages . Il s’agit pour Catherine Lang de s’intéresser et de rechercher la nature humaine telle qu’elle est et pas d’enjoliver des événements ou des faits. Bien entendu, il ne s’agit pas de faits réels, mais la manière dont c’est écrit, cela donne tout de même froid dans le dos. Le pire, j’ai lu cette histoire juste avant de m’endormir, mais non pas de cauchemars, il m’en faut un peu plus pour cela tout de même.

    J’ai discuté d’une chose qui me gênait avec l’auteure et qui me gêne toujours même si je comprends tout à fait sa réponse, que je vous donne dans une petite ligne. Lorsqu’elle fait agir Kevin, elle utilise le « TU », ce qui m’a rendu perplexe et j’ai eut l’impression qu’elle parlait aux lecteurs. Voici sa réponse : « …dans ce type d'écriture (dite "blanche"), le tu es un "je", c'est Kevin qui s'exprime, ce n'est pas l'auteur qui s'adresse au personnage… » Mais même en sachant cela, cela me dérange un peu.

    Passons à l’histoire. Kevin Martin est un homme qui à une vie normale aux yeux des autres, avec peut-être cette particularité que personne ne l’a jamais vu avec une femme… Comme si cela pouvait signifier quelque chose. Mais cette particularité est bien réelle. Il travaille à la mairie de sa ville, consciencieusement, minutieusement, nul ne pourrait imaginer ce qui se passe dans sa tête. Il à des pulsions, liées au secret qu’il partage avec les petites filles. Sa logique est inflexible, il sait ce dont il à besoin, il sait que c’est mal, mais en même temps ce n’est pas mal, car ce sont des filles d’une part – ceux qui préfèrent les garçons ne sont pas bien dans leur tête, voila ce qu’il en pense – et d’autre part il ne peut pas aller contre ses pulsions. Elles sont là, c’est ce qui le fait avancer. Aller voir plus loin les parcs pour ne pas être prit, penser à ne pas faire plus de trois tours avant d’être repéré comme un potentiel, faire semblant, trouver, prendre et rendre. Kevin Martin est calculateur dès que ses pulsions lui viennent. Il saura faire la différence, compter les secondes, obtenir cet instant de jubilation. Mais il semble si banal de l’extérieur, renfermé presque que s’en ait effrayant surtout une fois arrivé à la fin de l’histoire.

    « Tu fais le tour du jardin pour les regarder, seulement les regarder. Tu aimes ça. Tu marches tranquillement. Tu mesures chaque pas posé sur le chemin. Tu mesures l’amplitude de tes pas, le bruit de tes pas, tu marches en faisant des cercles autour de ton terrain de chasse. Tu sais que tu ne peux pas faire plus de trois fois le tour du parc sans te faire remarquer. Ne pas se faire remarquer tu sais faire, tu as appris, chaque fois c’est un nouveau défi. Ta tenue est neutre, jean et veste, baskets propres, celle d’un trentenaire anonyme.

    L’idéal c’est d’avoir un journal à déplier. Faire semblant de lire, ne pas oublier de tourner les pages, de réagir aux nouvelles, mais pas trop, et garder un œil sur ce qui se passe autour de toi. Avoir un comportement normal, faire semblant de les ignorer, avoir l’air de prendre l’air, l’air de n’importe qui, qui se promène en cette belle journée, l’air d’un jeune père de famille qui amène ses enfants au parc. »

    La jeune Anaïs, dont le point de vue de la scène est donné, montre qu’à cet âge-là, 5 ans, les enfants sont innocents, mais ils comprennent des choses, différemment d’un adulte certes, mais des questions se posent. La peur de mourir est forte dans son esprit, son corps aimerait se rebeller de ce qu’elle ressent, mais pourtant, aucun son ne sort. Ce n’est pas la honte qui la bloque, juste le fait qu’elle veut vivre et retrouver sa mère et sa sœur, même si elles ne s’entendent pas forcément bien toutes les trois.

    « Après, il l’a presque jetée hors de la voiture. Elle a failli tomber. Elle s’est demandée si elle allait crier, appeler son papa, sa maman, sa sœur. Elle n’a rien dit. Elle n’a pas bougé, elle s’est dit que c’était mieux. Elle sait que les grandes personnes sont plus gentilles quand les enfants se taisent.

    Il est parti avec sa voiture, il ne lui a même pas dit au revoir. Elle n’a pas vu le petit garçon. Où est-il ? Anaïs se dit qu’il a peut être été enlevé par le monsieur, qu’il lui a peut être aussi fait la même chose et l’a laissé sur le bord d’une route, sinon ils sont à qui les jouets ? »

    L’auteure à un style d’écriture qui se lit facilement. Nous avons envie de savoir ce qui va se passer, pour la petite Anaïs, pour Kevin, est-ce qu’elle gardera des traces de ce moment passé dans son esprit ? Arrivera-t-elle à en parler un jour ? Aura-t-elle des conséquences dans sa vie future ? Quant à Kevin, sera-t-il attrapé ? En danger ? Va-t-il continuer ainsi ? Le suspense est à son comble est la réponse est…

    La façon dont les excuses pleuvent, dont les explications viennent, nous ressentons les pincements au cœur, les envies de meurtres (oui, le premier qui touche à un enfant, je me débrouille pour l’écraser d’une manière ou d’une autre… Violente ? Moi ? Exactement ! Un enfant, c’est ce qu’il y à de plus innocent, si nous lui enlevons cet innocence, que lui reste-t-il ? Un monde d’adulte où la beauté n’est que surfaite... Bon, je m’égare du sujet, sans vraiment m’éloigner de trop.) l’envie d’aller faire soigner celui qui ose, l’envie de bouger les fesses à la grande sœur, l’envie de se dire que non, cela n’ira pas jusque là… Par ses propos, l’auteure pourrait choquer, enfin pourrait, disons que pour un non averti, elle choque, elle impose, elle montre que la société voudrait de parfaits petits robots, mais il n’en ait rien. Noir, blanc, tout n'est qu'un mélange des deux valeurs et des nuances de gris arrivent un peu partout. J’ai aimé sa manière de montrer les choses, sans fioritures, sans dire : Attention cela risque de heurter la sensibilité de tous. Si vous lisez son histoire, vous n’en ressortirez pas indemne. Êtes-vous prêts à ouvrir les yeux sur le monde qui vous entoures ?

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