• L'impératrice Némésis (Coralie Martin)

    L'impératrice Némésis (Coralie Martin)

    L'impératrice Némésis (Coralie Martin)

    Auteur : Coralie Martin

    212 pages papier

    Thèmes : Vampires, Vengeance

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    Fait partie de la série

    Némésis

    de Coralie Martin 

    Résumé de l'éditeur :

    « Les vampires sont des monstres suceurs de sang. Leur société est pleine de certitudes, d’arrogance et de stupidité archaïques. Et j’en fais partie.

    Mais qu’importe d’appartenir à leur race, tant que cela me permet de détruire celui qui m’a rendue immortelle – celui qui a tué mon enfant, mon amant et pris ma liberté.

    Mais mon objectif n’est pas du goût des Anciens. Ma tête est mise à prix. Paria, chassée et morte-vivante, je dois assouvir ma Némésis afin de vivre pleinement une dernière fois…»

    Liens de Sang Tome 1 (Callie J. Deroy)

    Go to helle, tome 1 (Oxanna Hope)

    Lorsque Coralie Martin m’a proposé de lire son livre, dans le cadre de notre partenariat, je n’ai pas refusé, bien au contraire, la quatrième de couverture m’attirait comme un papillon vers une flamme. Les vampires sont des monstres suceurs de sang. Leur société est pleine de certitudes, d’arrogance et de stupidité archaïques. Et j’en fais partie. Je me suis dit : Chouette de vilains vampires, enfin ! Il est vrai que nous sommes assaillis de vampires bons en tout genre, voire quelques uns de mauvais, mais tous des monstres ? C’était l’idée que je me suis faite de ce qu’elle allait nous proposer. Dans tous les cas, un grand merci à l'auteure pour cette belle découverte!

    Oubliez tout ce que vous avez pu lire jusqu’à présents sur les vampires et je sais de quoi je parle au vu du nombre de livre que j’ai pu lire dans ma vie. L’impératrice Némésis est différent, de part l’écriture très soutenu, par la vision des choses de l’héroïne, mais également par le fait que les vampires sont des êtres noirs, des démons sans cœur, cruels, n’assouvissant que leurs propres désirs. Il faut s’accrocher par moment, parce que certaines scènes sont insoutenables, tandis que d’autres, totalement paraissent plus légères, mais au final, ce n’est qu’un leurre.

    Nous débutons avec une jeune femme, Marie, qui nous raconte des brides de sa vie, tout en avançant vers son destin. Sachez que nous sommes à l’époque où les rois vivaient encore en souveraineté totale, le moyen-âge pour être plus précise. Son passé n’est pas forcément triste, malgré les aléas de la vie que tous peuvent connaitre. Elle vivait avec son père, un roi qui décide que sa fille est en âge de se faire présenter devant un grand seigneur et ainsi la donner en mariage. Devenue ainsi la femme du seigneur de Bauchefort, sa vie va devenir pas ennuyeuse, mais elle va avoir besoin de distraction. Marie est une jeune femme qui à soif de connaissances et cette soif est connue de part le monde, arrivant jusqu’aux oreilles d’un certain Apothicaire. A partir de ce moment où cet homme va entrer dans le royaume de son mari, les ennuis vont commencer pour elle et leur entourage.

    Je dois dire que la scène avec l’enfant dans les débuts et difficilement digérables. Mais il va y avoir pire. C’est à partir de ce moment que je me suis dit que le voyage de Marie ne serait pas de tout repos. La vie ne l’est pas, mais elle va devenir féroce et sanguinaire et le peu de douceur ou de tendresse qui pourraient exister ne le reste pas longtemps. Imaginez-vous l’attirance qu’une femme peut avoir pour un homme qui n’est pas le sien et qui pourtant va tout faire pour s’en défaire, jusqu’à ce que l’inéluctable arrive. La vérité est forte, les sentiments ne sont pas des mots vains, il n’y à que la souffrance qui perdure dans la vie de Marie et sa détermination d’avoir une chance de pouvoir se venger de ce qu’elle à subit durant cette vie… C’est ce qui la maintient en vie, enfin presque.

    « Perdu dans son plaisir, je plante mes crocs dans sa veine et commence à aspirer son sang. Il est musqué, amer et se déverse tranquillement dans la gorge, caressant ma langue… Je le bois tel un merveilleux vin liquoreux. Mon bucheron, lui, gémit de plaisir :
    - Madame… Continuez, Madame…
    Je le bois jusqu’à ce qu’il réalise que la froideur des tombeaux paralyse ses membres un à un. Mais il continue de me presser contre lui, toujours plus près de son plaisir… Lorsqu’il jouit, il exhale son dernier souffle.
    Je me détache de lui en recueillant sur mes lèvres les dernières traces de mon repas. Son corps s’affaisse sur les racines. Je ne lui accorde pas de regard : à quoi bon ? Vous vous accablez sur les restes de votre viande lorsque vous quittez la table ? Je reprends donc ma route et le fil de mon récit. Ce n’est pas la première fois que je manipule un homme ; j’ai appris à survivre comme cela… »

    L’auteure à sut décrire les émotions comme si elles nous appartenaient, nous emportant sur une montagne russe dont nous ne voyons pas la fin. Du sang, la peur, la colère, l’incompréhension, les combats incessants contre elle-même, mais également contre les autres. La soif de connaissance est un but en soi que Marie cherchera tout au long de sa vie. La vengeance étant le moteur lui permettant de tenir bon, de s’approcher de son but, de le toucher du doigt ! Attention, lorsque je parle de combats incessants, cela ne se considère pas comme de l’action sans cesse, mais suffisamment pour titiller le lecteur d’avancer avec l’héroïne. De plus le vocabulaire de l’auteure est recherché, fourni en métaphores. Un récit riche en psychologie humaine et non-humaine, l’époque est prenante et les années passent sans que nous nous en apercevions.

    Le mental d’acier de Marie est impressionnant, à peine effondrée, elle se relève déjà, n’oubliant pas qu’elle doit apprendre à se servir de ce qu’elle est et continuer. Rien ni personne ne lui fera obstacle, seule la Mort pourrait l’arrêter. Pourtant, rien ne la prédisposait à devenir ce qu’elle est devenue. Cette femme se voit comme peu sensuelle, peu attirante, pensant ne pas avoir d’atouts et pourtant, elle saura attirer les regards, sans le vouloir. Elle ne fait pas ce qu’une dame de son rang devrait, rebelle en soi, surtout qu’à cette époque, les femmes se devaient de rester en retrait et de faire potiche. Le « Soit belle et tais-toi » ne s’applique pas à cette femme qui à déjà vécue tant de choses depuis sa naissance.

    « Je suis née le jour où je suis morte. Autant vous dire qu’ironique comme je suis, j’ai de suite repris à mon compte la phrase: « le roi est mort, vive le roi ». Bien que je sois une femme. Il faudra peut-être que je me change en « reine » du coup…
    Ce qui m’est arrivé est simple, stupide et particulièrement humain. En effet, quoi de plus naturel que d’éprouver ses limites, de tendre vers le danger ? C’est-ce qui m’est arrivé. Rien de bien méchant.
    Sauf que j’en suis morte. »

    Mais assez parlé de Marie, d’autres personnages sont également importants dans l’histoire, comme Marie-Edith, une femme de petite vertu certes, mais qui n’a pas son pareil pour devenir la meilleure amie et servante de Marie, l’aidant ainsi dans ses devoirs, qu’ils soient conjugaux ou autres. Grâce à cette femme, notre héroïne va murir, apprendre que les femmes peuvent avoir du pouvoir sur les hommes. J’ai beaucoup aimé le père de Marie, ce roi, bon et généreux, l’es tout autant avec sa propre famille. Malgré les drames qu’ils ont vécus, la jeune femme va l’aider à reprendre gout à la vie et leur lien sera très fort. Nous pouvons ressentir cet amour père/fille qui est extrêmement fort et malgré les kilomètres qui les séparent, Marie n’hésitera pas à faire ce dernier voyage pour retrouver son père. Vient ensuite Bastien, cet homme qui arrivera durant quelques temps à cicatriser les plaies du cœur de Marie, mais le malheur ne cessera de la retrouver. Bastien lui fera un cadeau empoisonné au début, mais au final, cela sera une aide précieuse et l’histoire du calice, j’ai beaucoup aimé ce lien. La solitude, c’est tout ce qu’elle aura le droit, jusqu’à cette rencontre avec Matthieu, un maitre vampire. Cet homme semble imperturbable, vivant dans une ville où les vampires sont en force, font la loi. J’ai aimé apprendre ce que ces monstres faisaient pour les autres, ces démons qui ne peuvent pas se présenter devant des humains sans en sortir les fourches et le feu. Matthieu est dure et impitoyable lorsqu’il s’agit de leçon, mais il va se produire un déclic entre eux deux, rien de sexuel dans le sens strict du terme, mais plus une relation professeur/élève plus soutenu. Je ne saurais vous dire ce qu’il pense d’elle, tout est du point de vue de Marie, mais il y à une forme de respect entre les deux et pourtant ce n’était pas gagné pour autant, surtout au vu de qui dirige cette... forteresse en somme.

    J’en viens au dernier personnage qui me semble important et qui est là, présent dans chaque pensée de la jeune femme. Il s’agit bien entendu de celui par qui tous les maux de la terre lui sont tombés dessus. Cet homme, cet apothicaire dont nous n’avons pas le nom, rageant par ailleurs, impossible de se faire une idée de qui il pourrait être, à part le fait qu’il est très vieux, très puissant et des idées folles m’ont traversées l’esprit, comme Vlad en personne. Le Maitre est un personnage omniprésent, mais pourtant, il n’est pas énormément développé. Je m’explique, nous apprenons qu’il est sans pitié, avide de sang, aimant torturer ses proies, les surveillant à chaque instants ne laissant pas de répit mais et c’est l’un des pourquoi ce livre n’a pas de coup de cœur de ma part, nous n’avons rien sur lui, son passé, son présent, le pourquoi il fait ce qu’il fait. Le deuxième point qui m’a bloqué en un mot : flashback. J’ai toujours eut un peu de mal avec les fameux retours en arrières, ceux-ci sont très bien écrits, mais comme Marie le pense à un moment dans la réalité, ils ne sont pas dans l’ordre chronologique et j’avoue que dans les premiers chapitres je me suis perdue. Remettre dans l’ordre n’était pas, pour ma part évident du premier coup. Je pense avoir compris que ces flashbacks représente l’état de confusion de notre héroïne, mais je me suis retrouvé dans le même état qu’elle.

    Le plus c’est que l’auteure à sut garder un seul personnage principal avec très peu de secondaires, ne faisant que passer dans sa vie, lui insufflant soit de l’espoir, soit du désespoir, mais tout est concentré sur Marie et c’était un pari risqué mais qui est bien tenu. Les pensées de la jeune femme sont si intenses, sans compter que ces actes froids et distants n’amène qu’une chose : vouloir en savoir plus.

    Il n’y à pas que les vampires, vous risquez de tomber sur des créatures qui ne sont pas forcément, comment dire… humaines ? A vous de décider de quoi ils sont faits!

    La fin est brutale, comme la plupart des chapitres, et au moment où j’ai terminé cette lecture, je me suis dit : mince, nous n’en saurons pas plus ! En cherchant et suivant le profil de l’auteure, un troisième volume serait en construction, donc il y aurait forcément une suite. J’ai hâte de la découvrir cette suite. Pour un premier roman, je trouve que l’auteure c’est très bien défendu, j’ai déjà lu quelques premiers livres d’auteurs peu ou pas connus et je dois dire qu’ils n’étaient pas à ce niveau. Par contre, âmes sensibles s’abstenir, certains passages peuvent vraiment heurter la sensibilité.

    Un dernier extrait qui est un instant fugace de bonheur :

    « - Tu crois que Bastien va accepter ?
    - Marie, je ne suis pas une illusion.
     
    Le temps que l’information vienne à mon esprit, je suis rouge de confusion. Je souhaite me détacher de lui mais il se rapproche de moi. Je suis désormais contre son corps, mon souffle parcourant son visage, nos regards fixés l’un dans l’autre : mes lèvres brûlent d’être embrassées. Il le sait, il le sent. Quand son nez frôle le mien, je ferme les yeux, mon coeur battant à tout rompre dans ma poitrine. Délicatement, il pose un baiser sur chacune de mes paupières avant de s’écarter. Confuse et revenue à la réalité, je le regarde, des milliers de questions en bouche mais il les fait taire en posant son index sur mes lèvres.
     
    - Laisse-moi au moins te faire la cour.
     
    Certes, personne ne m’a vraiment fait la cour avec la sincérité que je lis dans ses yeux. Néanmoins, je ne veux plus attendre ce que, chaque seconde passée loin de lui, je me suis imaginée. Alors, je me colle contre lui avant de sceller nos lèvres.
    Dès lors, il prend le contrôle de nos envies respectives. Il frôle d’abord ma lèvre inférieure de sa langue puis mordille doucement ma lèvre supérieure. Enfin, alors que je gémis doucement, il décide que nos langues doivent se rencontrer. Son contact est froid, doux, tentateur et délicieux. Désormais, je sais que je pourrai me damner pour l’un de ses baisers. »

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  • Commentaires

    4
    Vendredi 25 Avril 2014 à 14:57

    Oui, heureusement que c'était le livre wink2

    3
    miche lef
    Vendredi 25 Avril 2014 à 14:49

    j'ai dévoré Nemesis ( le livre )

    2
    Mercredi 23 Avril 2014 à 14:13

    Si tu as survécu à mon avis, c'est que tu dois le lire dans ce cas wink2

    1
    Mercredi 23 Avril 2014 à 14:11
    Sphinxou Hyde

    Il est dans ma wish-list depuis un moment, il me fait énormément envie :)

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