• Le Niwaâd (Jean-christophe Chaumette)

     

     

    Le Niwaâd (Jean-christophe Chaumette)

    Disponible sur le site de l'éditeur

    Ghosts of L.A. (Nicolas Koch)

    Auteur :  Jean-Christophe Chaumette

    266 pages numérique (epub)

    Thème : Fantasy

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    Résumé :

    « Pour Nashguen le boiteux, le Niwaâd n’était qu’un mot perçu au travers d’un songe brumeux, une quête absurde qui lui évitait de sombrer dans la folie et qui le maintenait accroché à la vie.

    Mais pour d’autres, il évoquait les plus lourds secrets du clergé, enfermés au cœur des cryptes des terres noires, l’impitoyable lutte entre prêtres et blasphémateurs, les mystères de l’origine du monde.

    Et cette quête, jusqu’où l’entraînerait-elle ? Au-delà du grand mur derrière lequel s’étaient retranchés les dieux ? Et là-bas, que trouverait-il vraiment ? » 

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    16/20

     

    Je remercie la maison d'éditions Evidence pour l'envoi de ce livre numérique. Lorsque je suis tombée sur un personnage, celui d'Eve, je me suis dis que ce n'était pas possible, je la connaissais. Cela m'a torturé jusqu'à ce que je tombe sur l'une de ses premières éditions chez Lokomodo. En fait je l'avais déjà lu, mais il y a bien longtemps, avant même que j'ouvre ce blog si je ne me trompe pas.

     

    Découpé en deux parties bien distinctes, le Niwaâd est un récit qui suit les traces de Nashguen. Cet homme a l'apparence d'un vieillard boiteux a réussi à terrasser un lutteur invaincu depuis de nombreux combat. Sans compter qu'il était immense et que sa force colossale avait déjà fait de nombreux dégâts. Nashguen est simple, avançant au gré de sa quête. Lors d'un rêve, où le cauchemar venait de lui prendre sa femme, ses enfants, son village, ce mot est là, présent en lui sans qu'il ne sache ce que c'est. Une personne, un groupe de personnes, une arme ? Peu importe, il s'agit de ce qui abattra une muraille. Ce même mur qui cache quelque chose que personne n'a jamais vu. Les Dieux seraient derrière cette cloison ? Tout est possible, car personne ne l'a jamais traversé, protégé par des prêtres et la croyance populaire.

     

    La première partie, nous sommes au coeur de ce périple. Celui de suivre les traces de Nashguen et de l'emmener à la recherche de ce mot perdu. Personne ne l'a jamais entendu, si ce n'est un griot Slim Ali, un jeune homme qui a la chance de pouvoir vivre de son art : raconter des histoires au gré de ses pas, l'amenant à cette rencontre avec le boiteux. En ces temps-là, le mur existait pour cacher les Dieux des pauvres humains. C'est ainsi que ces derniers ont eu l'idée de regarder derrière, mais comment faire ? Bien plus haut qu'une falaise, impossible à gravir, nul ne peut imaginer un jour passer de l'autre côté. Ce que chacun a est bien plus que suffisant, mais l'ignorance n'est pas la plus belle preuve des Dieux, au contraire, elle affûte les envies, le besoin de connaissance.

     

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    Nashguen a ce besoin de découvrir ce qui se cache derrière le Niwaâd et il n'est pas le seul. Dans son sillage, Slim Ali sera le premier à croire en autre chose que la noirceur de leur monde. Leur rencontre avec Al-Moutawakkil le prévôt va les amener à se poser de nombreuses questions. La vie de chacun est décrite sans chercher à savoir si la sensibilité des lecteurs pourraient être choquée. Personnellement il en faut beaucoup pour plomber mon moral, mais peut-être que d'autres auraient des envies de refermer le livre de temps en temps, pour mieux y revenir. Ce côté fantasy est sombre, affolant, d'une noirceur insoutenable. Les enfants enlevés, vendus, pour la prostitution, le travail ou tout simplement la nourriture humaine... Un monde dans lequel il vaut mieux être bien portant et méfiant pour avoir une chance de survie.

     

    En ces temps-là, des enfants sont sacrifiés aux Dieux, pour une raison quelconque, unique en son genre. La main-d’œuvre gratuite est donc ce que les adultes les plus sombres ont décidé de construire. Ce n'est pas un onde sain pour personne, pas même les prêtres. La mort est un cadeau insoupçonnable, mourir pour une noble cause ? Certains l'ont bien compris. Se distinguer n'est jamais bon, dans un monde ou l'autre, il faut être capable de suivre le mouvement et se faire tout petit... à moins que de s'appeler Nashguen et de continuer sa voie sans se soucier du quand dira-t-on. Cet homme est obsédé par le Niwaâd. Que peut bien se cacher derrière cet unique mot de six lettres ? L'engouement pour cette quête va laisser de nombreuses traces sanglantes. Les combats de lutteurs ne sont pas les seuls à entasser les cadavres. La lutte est permanente pour survivre.
     

     

    Le bonheur se résume à peu de choses : ne pas être dérangé par des guerres, avoir tous ses enfants autour de soi et pas enlevé ou emmené de force par les prêtres pour un sacrifice, être bien portants, avoir de quoi nourrir sa famille, faire croire que nous sommes contents de vivre dans ce monde et tout devrait aller pour le mieux. Si ce n'est qu'une confrérie de Blasphémateurs compte bien un jour renverser le pouvoir et pourquoi pas tenter de lire le livre d’Uzmul. Il a la science infuse, il aurait ce don de donner les réponses à toutes les questions que nous nous posons. Il est cet écrit qui peut changer la vie d'un homme. Et pourquoi pas de trois ? Nashguen, Slim Ali et Al-Moutawakkil vont faire cette rencontre qui va changer leur destin à jamais.

     

    Nashguen ne peut être détourné de sa quête. Il préférerait mourir plutôt que de ne pas savoir. Cela va l'entraîner au-delà de ce qu'il croyait, bien au-delà de tout ce qu'il a déjà vu ou parcouru. Cette quête l'entraîne au-delà du mur.

     

    En ces temps-là, la seconde partie débute sur un autre personnage. Est-ce le paradis ? Est-ce l'endroit des Dieux ? Eve saurait peut-être nous le dire, ou Youri, ou bien Clara. Toujours est-il que la quête de Nashguen ne s'arrête pas à ce passage. Il va continuer à vivre son aventure d'une manière différente. La noirceur semble avoir disparu, pourtant en grattant bien la couche de lumière, cette noirceur est bien ancrée, n'importe où. Il ne s'agit pas de cacher la lumière d'un côté et de la montrer de l'autre, les décisions de chacun de ses personnages apportent un point commun : riche ou pauvre, le désespoir est partout. Il ne suffit pas de voir pour le croire, il faut surtout vivre pour comprendre ce qui se passe réellement.

     

    La comparaison des deux côtés de ce mur est fidèle à n'importe quelle époque. Il y aura toujours ceux qui VONT subir et ceux qui FONT subir. Nous avons beau nous débattre, tenter de nous soustraire à ceux qui ont le pouvoir, rien ne peut y faire, si ce n'est le Niwaâd. Et pour y parvenir, pour découvrir ce qui se cache derrière ces six lettres, il faut pouvoir aller de l'avant, oublier ce qui nous entoure et garder l'essentiel. Si la première partie nous dévoile les horreurs sans les cacher, son opposé est parfaitement écrite dans la seconde. Croire qu'un monde est peuplé de sauvages parce qu'ils se battent pour ce qu'ils croient juste ou non n'est qu'une idée. Tout comme celle d'imaginer un monde où tout est parfait, c'est risible. L'auteur ne s'embarrasse pas de fioritures, il montre les deux côtés sans exception. Le plus horrible ? Il faut le lire pour le découvrir.

     
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    Par contre il y a des descriptions trop longues à mon gout sur ce monde horrible. Un peu trop de répétitions sur certains points, surtout sur les enfants. J'ai une bonne mémoire, une fois lu les sévices qui pouvaient leur arriver, pas besoin de les redonner en paroles ou encore sous d'autres descriptions. Cette noirceur est bien assez décrite un peu partout pour assommer encore plus le lecteur. c'est vraiment LE point négatif pour ma part dans ce récit. Le bonus? L'écriture est percutante, les mots sont justes et il y a une ligne directrice du début à la fin. Le fameux fil rouge conducteur dont nous aimerions ne pas perdre est toujours présent. La noirceur n'est pas que description, mais également les mots choisis avec soin pour apporter le détail qui va ouvrir une porte dont nous n'aurions pas aimé être les témoins.

     

    En ces temps-là, la conclusion s'impose. Le Niwaâd est un mot composé de six lettres qui va rendre la vie d'un personnage bien plus intrigante et intéressante que s'il était resté sans savoir. Il nous entraîne dans sa folie de connaissance avec une curiosité dévorante et un regard sur ce qui nous entoure. L'évolution de son monde, sa force de caractère pour continuer d'avancer malgré les nombreux obstacles. Nous-même nous jetons un autre regard sur notre monde, surtout en sachant ce qu'est le Niwaâd !

     


    « — Je suis lutteur itinérant. Depuis des années, je fais chaque nuit le même songe où il est question de quelque chose, ou de quelqu’un que je dois trouver. Je ne sais même pas de quoi ou de qui il s’agit, je n’avais même jamais entendu autrement qu’en rêve le mot qui désigne l’objet de ma quête, jusqu’au jour où un autre lutteur l’a prononcé devant moi…
    — Tu as sûrement obtenu des renseignements de cet homme !
    — Non, je l’ai tué…
    Slim Ali N’Dinga Opungwo ne put s’empêcher d’avoir un mouvement de recul, mais Nashguen posa une main sur son épaule de manière apaisante et continua à parler :
    — Je n’avais guère le choix, tu sais. Je l’affrontais dans un combat, et si je ne l’avais pas fait, c’est lui qui m’aurait réduit en bouillie. Le problème, c’est qu’il a parlé de ce qui m’intéresse juste avant la rencontre, et nous n’avons guère eu l’occasion de discuter ensuite. Mais son entraîneur m’a donné quelques indications utiles. J’ai appris que le mot mystérieux de mon rêve, ce lutteur l’avait entendu dans une légende racontée par un saltimbanque, qui m’a dit tenir cette histoire d’un baladin que j’ai également retrouvé, et qui l’avait apprise d’un musicien qui lui-même l’avait entendue dans un concert… J’ai ainsi voyagé vers l’Ouest pendant des mois, de conteurs de foire en gratteurs de guitare, j’ai entendu des dizaines de chants et de contes qui évoquent l’étrange mot de mes songes, et dont aucun ne raconte la même chose. Et je suis arrivé jusqu’à toi.
    — Quel est donc ce nom qui hante tes nuits ?
    — Niwaâd…
    Slim Ali frémit et son front se couvrit de sueur. Il jeta plusieurs regards inquiets autour de lui pour vérifier que personne ne les épiait. »

     

     

     

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  • Commentaires

    8
    Lundi 11 Mai à 10:07

    J'aime beaucoup ta chronique !

      • Lundi 11 Mai à 12:08

        Merci beaucoup même si je suis sûre que c'est à cause du chat xD

    7
    Kimysmile
    Samedi 9 Mai à 08:11
    Pas pour moi malheureusement
      • Samedi 9 Mai à 13:34

        Ce n'est pas grave, le prochain non plus je pense xD

    6
    Vampilou
    Vendredi 8 Mai à 18:35
    Un roman que j'avais adoré !
      • Vendredi 8 Mai à 19:27

        Tiens donc, ça ne m'étonnes pas de toi ;)

        C'est super !

    5
    lheuredelire
    Vendredi 8 Mai à 18:16

    Il a l'air top en tout cas la couverture est dingue !

      • Vendredi 8 Mai à 19:26

        On la comprend vachement mieux une fois le livre fini xD

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