• Lune de métal (Dumè Antoni)

    Lune de métal (Dumè Antoni)

     Résumé 

     

    « Chris, une fillette de huit ans, est enlevée au domicile de ses parents, une nuit durant son sommeil. Elle n’est pas seule dans ce cas : d’autres enfants disparaissent de façon étrange, au point que le phénomène est qualifié de viral.

    Le ravisseur n’est pas un homme ordinaire. Il s’agit d’un avatar – dénommé Passeur – sévissant sur les réseaux sociaux autant que dans un jeu vidéo nommé Thalès.

    Car Chris ne se trouve plus exactement dans le monde réel, mais dans un espace virtuel, à bord d’un train qui la transporte vers des épreuves où elle risque de perdre la vie. Son frère Luc, qui fut un prédateur sur Thalès, est victime d'un enlèvement à son tour et se retrouve avec Chris à devoir arrêter le train.

    Mais Passeur a plus d’un tour dans son sac, dont celui de faire en sorte que Thalès infiltre le réel. De la réussite des combats menés par Chris et Luc dépend le sort du monde réel, lequel s’est retrouvé, à son tour, plongé dans l’univers de Thalès.

    Inatteignable, Passeur court toujours. Qui est cet homme dont le portrait ressemble à celui d’un aristocrate disparu en 1930 ? Est-il seulement humain ?

    Un récit angoissant d’un avatar ravisseur d’enfants et d’un jeu vidéo de combat infiltrant le réel. Suspense, angoisse, flou entre réalité et virtualité augmentées, tous les éléments sont réunis dans ce thriller fantastique à la fois troublant et attachant, en cette période où le virtuel prend (trop) souvent le pas sur le réel.

    Dumè Antoni est né en 1953 en Corse, où il vit à l’année. Après un début de carrière professionnelle un peu chaotique, entre musique et enseignement de yoga, il reprend ses études et exerce la profession d'ingénieur dans une grande entreprise de gestion des eaux. À la retraite depuis 2015, il décide d'écrire des romans et nouvelles dans le domaine de l'imaginaire. Il dirige également des ateliers de pratique du Zen dans la région d’Ajaccio.»   
     

     Ma chronique 

     
    Je remercie la maison d'éditions AE pour cette nouvelle lecture.
     
     
    C'est le troisième livre que je lis pour cette maison d'éditions et je dois dire que pour le moment j'aime beaucoup ce qu'ils proposent. Ici, nous suivons Christelle qui se réveille habillée de sa belle robe du dimanche dans un vieux train comme pour les déportés juif avec d'autres enfants qu'elle ne connaît pas. Elle a 8 ans et espère que ce n'est qu'un cauchemar, juqu'à ce qu'elle sente la peur et qu'elle se fasse pipi dessus. Commence alors pour elle et les autres enfants une épreuve digne des plus grands aventuriers contre des monstres, sans armes, avec juste l'espoir d'être retrouvés. Dans le même temps ses parents et son grand frère la cherche, puis préviennent la police qui ne trouve rien. Digne du mystère de la chambre jaune, Chris n'a pas pu sortir de chez eux, ni même d'escalader les trois étages pour descendre de l'appartement. Et puis Chris n'est pas la seule disparue. Depuis des semaines, des enfants disparaissent sans laisser de traces. Rien ne ressort, pas de preuves d'enlèvement, ni de fugue, si ce n'est 4 pieds de chaise et deux empreintes de pas pointure 45 (ma pointure ! Mais je vous jure que je ne suis au courant de rien !)
     
     
    Thalès, pas le théorème, mais le jeu vidéo interdit car il permet à des adultes de trafiquer des êtres humains, en quelque sorte, je n'en dirais pas plus à ce sujet. toujours est-il que ce fameux jeu vidéo semble être à l'honneur ! Les enfants seraient dedans ? Foutaise pour les adultes et la police, mais si c'était vrai ? Et si les personnages étaient réellement envoyés dans un jeu, ou dans la réalité, car lequel de ces deux côtés est la réalité ? Tout le monde connait les jeux vidéos tout mignons, avec de jolies licornes et des bisounours, mais pour celui-ci il faut imaginer un moins de 16 ans, violent avec des sabres, des épreuves en tout genre où la mort n'est qu'une solution indispensable. Thalès est vraiment un jeu vidéo ou c'est le monde dans lequel évolue Luc (le frère) et ses parents ainsi que tous les autres qui sont dans un autre monde ? C'est dessus que l'auteur nous envoie par moment et il est intriguant de se poser ce genre de questions. Comment cela va-t-il évoluer ? Surtout lorsqu'il faut se demander si ce que Chris voit et subit est la réalité qui sera celle qui restera en mémoire.
     
     
    Lune de métal est plus qu'un titre, il est un symbole de ce qui se passe dans l'imagination d'un ou plusieurs êtres, il est ce cercle qui présage un moment mémorable et impressionnant. C'est la limite entre le cauchemar et la réalité qui est lui-même un véritable cauchemar pour ceux qui attendent désespérément des nouvelles de leurs enfants. Lucile et Xavier sont terrifiés à l'idée que leur petite fille ne revienne pas, tandis que des indices tendent à se rapprocher de Luc, le grand frère. Mais au-dessus de tout cela, il y a ce qui retient les enfants dans ces arènes, ce qui est derrière cette façade de jeu où l'amusement ne devrait être qu'un bon moment et pas celui de prendre de vraies vies. Le rationnel se délimite à peu de choses, à ce que nous êtres humains sommes capables de comprendre sans partir dans tous les sens. L'auteur ne va pas trop loin, il laisse la frontière se présenter à nous, et nous laisse la traverser d'un pas en avant, puis deux en arrière, pour deux en avant et un en arrière. Le flou est artistique entre ce que nous connaissons et ce qui pourrait être vrai. Comment faire la différence dans ce cas ?
     
     
    Jeux vidéos, réseaux sociaux pour des enfants trop jeunes, les adultes peuvent s'en amuser, ils restent des adultes et s'ils se font prendre nous dirons qu'ils n'avaient qu'à faire attention, mais lorsqu'il s'agit d'enfants, comment cela fonctionne ? Si personne ne les surveille, ils sont démunis, pris dans les griffes de personnes plus âgées qui sont capable de tout pour obtenir ce qu'ils veulent. Point de viol ou de trafic de ce type, mais la réalité peut le devenir. Dans ce récit, il s'agit d'argent, de pouvoir, de puissance sur un monde où certains personnages sont perdus dès que l'on parle de code, de labyrinthe ou encore d'avatar. C'est le cas pour certains policiers, tel Tibère et Katya qui vont devoir ôter leurs œillères afin d'imaginer plus que ce que la raison peut nous faire prendre conscience. L'enquête avance à rythme d'escargot parce qu'il n'y a pas d'autres choix que de cette avancement pour tout prendre en compte, pour imaginer que ce n'est pas QUE réel et ça c'est difficile à concevoir. L'auteur ne brûle pas les étapes, ne nous met pas devant le fait accompli, mais nous met dans l'enquête pour mieux apercevoir ce que nous allons découvrir. Et ça, c'est génial, parce que nous nous faisons à l'idée que la réalité virtuelle prend le pas sur la réalité et inversement.
     
     
    Et puis il faut aussi rester du côté des parents. Le désespoir qui se traduit par tout et n'importe quoi : trahison, recherche d'un coupable quel qu'il soit, alcool, devenir un bourreau de travail ou le contraire, s'éloigner des gens qu'on aime... L'auteur nous montre un panel d'émotions qui ne laisse personne indifférent. Ce n'est pas facile de décrire ses sentiments et le fait que l'auteur reste un peu en retrait de ce côté, j'ai trouvé cela très bien, car les aventures de Chris sont tellement intenses que plus aurait plombé le récit. Chris va-telle s'en sortir ? Pourquoi est-elle là ? Que lui veut ce fameux Passeur qui semble être omniprésent dans un monde comme dans l'autre ? Les personnages ne sont pas si nombreux que cela et si certains restent mystérieux, d'autres au contraire sont limpides comme de l'eau de roche dans le sens où certains ne cachent rien de ce qu'ils veulent. Il reste quelques zones d'ombres malgré tout et j'espère en savoir plus une autre fois. Et puis Katya qui nous entraîne dans une autre réalité et ce final nous indique que peut-être il y aurait une suite, hypothétiquement ?
     
     
    Ce n'est pas passé loin du coup de cœur, j'ai tout de même deux ou trois points de détails qui me chiffonnent : les rêves de l'une des grand-mère qui restent en suspend, d'où cela lui vient-elle ? Pourquoi et comment ? Les petits détails sur le grand-père et le petit-fils qui sont pourtant bien mis en avant, qu'est-ce qui se cache derrière tout cela et je veux dire réellement ? Passeur reste un personnage énigmatique qui n'a pas tout dévoilé : sourire en coin, regard froid, fume le cigare, il reste un personnage central, méchant de surcroit qui s'amuse tout en restant classe dans son costume des temps anciens. Quant aux enfants, Chris et Luc, ils sont courageux, intelligents, futés et ne vont pas se laisser tuer pour le plaisir du jeu. Après, ce qui va leur arriver, seul le récit peut le dévoiler. Attention, des têtes vont tomber ! Un détail qui est un petit bémol pour moi, certains passages sont longs, car un peu trop répétitif avec des personnages différents, probablement parce que j'ai adoré suivre Chris et qu'elle n'était pas tout le temps présente.
     
     
    C'est un récit qui nous fait nous poser des questions sur les réseaux sociaux et les influenceurs qui ont des milliers de gens qui les suivent et qui pourraient leur faire faire n'importe quoi. Au nom de quoi ? De qui ? Les jeunes sont influençables, la technologie est à la portée de tous pourtant certains (dont je ne donnerais pas le nom) ne sont pas capable d'ouvrir un ordinateur. Le danger est bien présent et il vaut mieux prendre trop de précautions que pas assez. (Et ce n'est pas mon fils qui me dira le contraire, dès qu'il a un doute, dès que je peux je lui explique qu'il ne faut pas prendre n'importe qui en "ami" et surtout, surtout ne pas s'amuser avec une personne qu'il n'a jamais vu) #teammamanpoule
     
     
    En conclusion, une histoire qui nous porte au-delà de la frontière de la réalité. Des enlèvements particuliers d'enfants, un personnage mystérieux qui est sur tous les plans, des policiers perdus et d'autres qui ne veulent pas croire, une famille qui va traverser de nombreuses épreuves jusqu'à ce que le jeu arrive à un autre niveau. Je suis toujours dans le doute sur certains points et j'espère qu'une suite est prévue, une suite ou un dérivé. Les dangers des réseaux ne tombent jamais très loin, cela n'arrive pas qu'aux autres. Un très bon sujet de réflexion dans cette histoire. Il y a beaucoup de travail derrière ce récit. Chapeau !
     
     

     Extrait choisi : 

     

     « Mais dans quelle direction se dirigeait-elle, à présent ? Car avec la pesanteur, le vent et les secousses, sa pensée raisonnante investit à nouveau le champ de sa conscience. Ses yeux s'accoutumèrent peu à peu au clair-obscur de l'intérieur du wagon, et elle put distinguer à peu près nettement chaque recoin de l'habitacle. Les odeurs d'urine et de vomi s'imposèrent à nouveau avec insistance. L'air était vicié.
    Soudain, quelque chose bougea dans un coin. Elle crut d'abord qu'il devait s'agir d'un animal, de la taille d'un grand chien, d'après ce qu'elle put en juger. Elle n'avait pas peur des chiens, mais celui-ci ne lui disait rien qui vaille. Son silence était même inquiétant. Puis, en l'observant mieux, elle remarqua des bras et des jambes, de forme humaine. Et une tête baissée. Quelqu'un se tenait assis dans un coin du wagon, les bras enserrant les genoux, comme se tenaient les enfants avant de descendre sur Thalès. Comme se tenait Léo. Mais ce n'était pas Léo. »

     

     

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  • Commentaires

    14
    Lundi 7 Juin à 10:47
    Satine's books

    Merci pour ton avis ! Ca donne envie 

    13
    Lundi 7 Juin à 10:01
    Sorbet-Kiwi

    Je vais passer mon chemin je pense, j'ai énormément de mal quand les genres sont mélangés, mais je suis contente de voir que tu as été conquise malgré les petits bémols que tu soulignes !

      • Lundi 7 Juin à 22:51

        Ah j'adore ce type de mélange donc trop bien pour moi ;)

    12
    Kim
    Dimanche 6 Juin à 18:10

    ça semble intéressant !

      • Lundi 7 Juin à 22:50

        On se pose pas mal de questions après cela :)

    11
    Vendredi 4 Juin à 20:30
    Tout comme Vampilou, ce ne sera pas pour moi. J'ai du mal avec les récits mélangeant le réel et un univers numérique.
      • Samedi 5 Juin à 13:18

        C'est dommage, parce que la frontière est vraiment légère, tant pis, un prochain :) Cette ME a beaucoup de livres à thèmes variés :)

    10
    Vendredi 4 Juin à 19:04

    Ahah pas trop pour moi pour le coup mais merci vivement pour la découverte !

      • Samedi 5 Juin à 13:17

        tant pis pour toi, il y en a plus pour moi xD

    9
    Vampilou
    Vendredi 4 Juin à 16:10
    Pour le coup, ce ne sera pas pour moi je pense...
      • Vendredi 4 Juin à 18:38

        Il est vrai que je n'ai pas un livre de ce type sur ton blog ^^

    8
    lheuredelire
    Vendredi 4 Juin à 15:18

    Merci pour la découverte !

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