• Ornicus, tome 2 : Virtuel Insanity (Gabrielle Boyer)

     

    Ornicus, tome 2 : Virtuel Insanity (Gabrielle Boyer)

     

    disponible sur amazon

    Auteur : Gabrielle Boyer

    225 pages

    Thème : Policier

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     Fait partie de la série

    Ornicus

     

    Résumé :

    « Septembre 2019. Mathieu. Sacha.

    Le premier, nouvellement surveillant dans un collège parisien, s’empêtre dans un réseau de pédopornographie, alors qu’il sent le désespoir poindre à mesure de son intégration.

    Le second, toujours policier, mais désormais à Paris, se remémore malgré lui une ancienne affaire à la réception de la lettre de Jeanne, jeune fille en deuil de son frère, Louis, assassiné il y a 2 ans. L’adolescente lui confie enfin ce qu’elle n’avait pu avouer au moment des faits, mais Sacha ne tient pas à s’investir davantage bien que les confessions confortent ses théories.
    Leur volonté ainsi mise à mal, chacun des deux hommes dérive en fixant un même point dans leur horizon.

    La vérité sur la disparition de Louis émergera-t-elle enfin ? Et Mathieu, trouvera-t-il sa réalité ?
    »   
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     
     
    " - Une photo, allez, juste une dernière.
    Le clic caractéristique de la prise de l'image donne des frissons à l'écureuil. Pourquoi une de plus ? Il n'en a pas assez ? Et pourquoi ainsi ? Non, l'écureuil n'a pas peur, il a toujours été gentil et jamais de gestes déplacés, mais les bruits de couloirs amplifient de plus en plus.
    - C'est bien, maintenant, mets-toi ainsi. Oui,  parfait, lorsque l'écureuil s'applique.
    - Je peux voir ? demande une autre voix dure, coupante. Un humain ne parlerait pas avec ce ton, cette intonation, non, cela ne peut être qu'un robot. La silhouette s'approche, regarde sous toutes les coutures. Un sourire s'affiche sur son visage.
    - C'est parfait, plus qu'à passer à l'étape 2..."
     
     
    Je l'attendais cette suite et lorsque le nez est plongé dedans, difficile d'en sortir, juste de quoi s'aérer l'esprit. Car la plume de l'auteur, bien que fluide est toujours aussi sombre. Et j'aime cela ! Sans le savoir depuis quelques temps je lis des histoires avec des enfants et ce qui peut leur arriver. Gabrielle nous raconte un fait qui peut être réel, dans le sens où cela peut arriver à n'importe quel enfant, adolescent et cela fait froid dans le dos. Rien de péjoratifs, de gores, de voyeurisme, le récit reste dans les sensations, le ressenti des personnages. Il n'y a donc pas de scènes particulières qui pourraient faire peur à certains lecteurs, juste l'imagination qui peut nous faire prendre des tours et des détours pour arriver à un certain palier.
     
     
    Étape 1, étape 2, étape... Il ne s'agit que de mes mots. Ceux qui montrent la manière dont l'engrenage se fait sans se rendre compte où la limite aurait dû s'arrêter. La perversité de l'être humain est telle qu'elle est à l'encontre de la bienséance de la majorité des autres. Il est difficile de juger sans connaître, sans chercher à comprendre. Oui certains actes sont considérés comme ignobles, inhumains, pourtant il y a une cause à effet. Aucun être humain n'est capable de cela à la naissance. Ce n'est pas explicitement indiqué dans le texte, il n'y a pas de lui à fait cela à cause de son passé, de son enfance, même si un passage le laisse s'apercevoir. C'est plutôt un questionnement en soi sur ces faits. La limite à ne pas dépasser, ou au contraire celle qu'il faut dépasser pour trouver le pourquoi ? Cette idée dérangeante, ce souvenir fugace que nous voulons oublier, ces lieux que nous aimerions oublier.


    Il s'agit d'une suite qui, à mon sens peut être lu sans avoir lu le premier. Bien entendu, le premier tome est à découvrir et si vous devez commencer par l'un des deux, le 1er apporte la plupart des questions sur les personnages, sur le meurtre d'un petit Louis, tandis que ce second, même si nous connaissons déjà les personnages, nous en apprenons beaucoup, beaucoup plus. Ce récit nous embarque dans un réseau, pas besoin d'indiquer lequel, le résumé est assez "explicite". Nous ne nous enfonçons pas dans une noirceur de ce côté, en montrant de mauvaises images, des scènes ou autres, non. Nous avançons dans ce système sans pour autant plomber l'ambiance, tomber dans le glauque. Les mots choisis sont juste assez pour que nous nous fassions notre propre idée. Un réseau simple, avec peu de personnages qui gravitent autour du site et laisse de nombreuses questions. Qui peut être derrière tout cela ? Comment se faire embarquer ?

     
    Cette réponse est simple : une connaissance, un collègue de travail, une image laissée au hasard, un ou plusieurs regards qui laissent des indices. Et puis une soirée ou un verre entre collègues et le doute s'installe. C'est le cas de Mathieu qui se pose des questions sur sa sexualité. Le fait de travailler dans un collège ne l'aide pas. Il se demande ce qu'il peut bien faire. Aime-t-il les hommes, les femmes, les prépubères ? C'est un esprit complexe qui nous est présenté et nous amène sur un terrain dangereux. Qui ne c'est jamais posé la question de ses préférences sexuelles ? Je ne parle pas des positions, quoi que, mais de quel sexe nous sommes attirés ? Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, il y a LE choix qui va peut-être changer la vision des choses du personnage et de ceux qui l'entourent.
     
     
    Mathieu est entraîné sur le réseau par le prof de sport du collège, Thomas. Cet homme ne cesse de lui faire des avances avec ses gros sabots. Thomas est un personnage qui est lourd dans ses propos, ne sachant pas mesurer ses envies et encore moins les camoufler. Tout est bon pour obtenir du sexe, celui qu'il désire. Pourtant il a une faille qui le rend attendrissant, par moment. Bien entendu, il reste celui qui cache des choses, comme la plupart des protagonistes du récit. Mathieu est perdu entre sa raison et son cœur. Tous les deux montrent diverses facettes, leurs comportements pourraient être celui de n'importe quel homme qui a ou non des doutes. Leur vie est quelque peu mise en avant avec les rencontres, les sentiments, les émotions.
     
     
    Nous retrouvons Sacha, qui reçoit une lettre, celle de Jeanne, la sœur du petit Louis. Deux ans se sont écoulés. Si Sacha a été muté et donc n'est plus sur l'enquête du meurtre de cet petit homme, Jeanne n'arrive pas à s'en sortir. Des choses tues, une mère Maxine qui est repartie pour s'occuper de pingouins, ou autres créatures en pays froid. Une manière pour elle de fuir cette vérité que son fils n'est plus. Mais elle a encore une fille qu'elle semble oublier. Et puis Sylvain, tout comme Sacha qui seront un peu plus "ouvert". L'enquête est au point mort depuis trop longtemps. Sacha n'est plus dessus, pourtant il va voir Jeanne. Trouver qui a fait cela ? Il le sait déjà, de gros doutes, de gros soupçon, une intuition, le sixième sens peu importe ce que c'est, mais Sacha a l'intime conviction de connaître le coupable. Comment faire dans ce cas pour continuer à vivre sans le dire ? Il n'était pas loquace dans le premier, il l'est encore moins dans le second et nous comprenons pourquoi au final.
     
     
    Une famille éclatée qui ne sait pas comment se retrouver. Une aide extérieure ? Peut-être, mais il faudrait plus de communication. C'est ce qui manque cruellement à Jeanne qui a besoin qu'on s'occupe d'elle, à 15 ans, elle n'est pas tout à fait une femme, mais plus une enfant. Elle a besoin d'attache et cette lettre est un véritable appel au secours. Ses relations avec son père, sa mère, sa belle-mère et le fait qu'un bébé est en cours du côté de son père (pas lui bien sur, sa nouvelle femme), elle ne trouve plus sa place. Plus personne ne veut parler de Louis, pourtant même s'il n'est plus là, il existe encore en elle. Les souvenirs affluent et elle a ce besoin d'exprimer ses émotions, si quelqu'un voulait bien l'écouter. C'est difficile pour elle et pour moi qui suis maman d'imaginer un tel calvaire. tout comme le fait que je suis AED dans un collège et imaginer que l'un de mes collègues soit comme Mathieu ou Thomas, j'en frissonne de déplaisir.
     
     
    Deux histoires, une évolution dans un réseau de pédopornographie et une vieille enquête d'un meurtre non classé et le lien ? Pour cela il faudra lire le récit pour le découvrir. Les doutes viendront, les "jesuissureque" et puis au final, raté ! J'ai eu de nombreuses idées à un moment donné et puis LA SOLUTION, celle qui nous montre ce qu'un personnage est capable de faire. Là, c'est tout un processus de compréhension qui se met en place, parce que des actes étaient étranges, un peu en retrait. Quelque chose qui chiffonne et puis tout s'éclaire. Le jugement rendu ne semble pas celui que nous aurions cru. Je comprends mieux certains protagonistes sur leur façon d'agir avec d'autres, parce qu'il y a ça, ce lien, ces moments qui ont fait de ce personnage un autre, bien différent.
     
     
    En conclusion, c'est un deuxième tome qui est encore plus prenant que le premier que j'avais déjà beaucoup aimé (vous pouvez retrouver la chronique par ici). La subtilité de l'écriture apporte un suspense et un questionnement toujours plus intense. Les nombreuses réponses que nous obtenons sont intenses et nous comprenons beaucoup mieux pourquoi certains personnages sont ce qu'ils sont. Les thèmes sont forts et menés d'une plume sombre et légère à la fois. Je remercie beaucoup l'auteur, Gabrielle Boyer pour l'envoi de son second livre.
     
     
    Extrait choisi :
      
    « De nouveau dans le métro, je remarque un couple, la vingtaine. La fille me jette un coup d'oeil rapide, le mec n'est pas mal. Si une place se libère à côté d'eux avant mon arrêt, j'y vais.
     
    Enfin une douche. Tant pis si je réveille la voisine. Il est près de deux heures. Je me suis esquivée dès les deux tombés dans les bras de Morphée. Pour bien faire, je ne suis plus certain d'avoir envie de prendre l'air quelques jours. Je peux tout à fait gérer, ce n'est pas la première fois et ça ne m'empêchait pas de faire ce que j'avais à faire. Pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui ? Je ne peux pas lâcher maintenant. Bien au contraire, je dois accélérer. Il va falloir que j'accepte l'un de ces rendez-vous d'ailleurs, sinon que je le veuille ou non, tout cela tombera. »

     

     

    Ornicus, série (Gabrielle Boyer)

     

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  • Commentaires

    14
    Lundi 7 Septembre à 12:06
    Satine's books

    Je ne pense pas m'arrêter sur ce roman mais bravo pour cette chronique!

      • Lundi 7 Septembre à 20:41

        Merci beaucoup et ce n'est rien, tu t'arrêteras sur un autre ;)

    13
    Dimanche 6 Septembre à 22:13

    Alors là le thème m'a l'air lourd mais t'en parles si bien aussi... A guetter !

      • Lundi 7 Septembre à 20:40

        Oh j'espère que tu te laisseras tenter malgré le thème :)

    12
    Dimanche 6 Septembre à 11:27

    On voit que tu l'as adoré, tu donnes envie :D 

      • Dimanche 6 Septembre à 20:50

        Je ne comprends pas du tout comment cela peut se voir xD

    11
    claire chronique
    Dimanche 6 Septembre à 08:53

    Merci pour ton avis ! :)

    10
    Kim
    Dimanche 6 Septembre à 08:21

    Trop chouette chronique !

      • Dimanche 6 Septembre à 08:39

        Merci beaucoup, je suis super contente !

    9
    Samedi 5 Septembre à 22:13
    De prime abord, ça me tentait pas parce que la couv ne me parle pas. Mais à lire le résumé et ton avis... Je me laisserai peut-être tenter par le premier un de ces jours (mais clairement pas tout de suite, j'ai encore plus de 300 bouquins dans ma PAL...). Merci pour cette découverte !
      • Dimanche 6 Septembre à 08:38

        Je sais ce que c'est que d'avoir une pal gigantesque. D'ailleurs je l'appelle ma hal (car c'est  vraiment xD)

        Contente de voir qu'il te parle au final ;)

    8
    Vampilou
    Samedi 5 Septembre à 19:46
    Ça fait plaisir de voir que la suite est aussi bonne !
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