• Seul un homme (Vanessa Arraven)

     

     

    Seul un homme (Vanessa Arraven)

     Disponible sur le site de l'éditeur

     

    Seul un homme (Vanessa Arraven)

    Auteur : Vanessa Arraven

    170 pages papier

    Thème : Contemporain

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    Résumé :

    « La colère du peuple gronde à nouveau. Après les indignés et les Gilets jaunes, un troisième mouvement s’est levé : les envoltés.
    À Nantes, So Yun est une jeune femme issue d’une famille de militaires. Elle ne supporte pas les violences policières. Face à la faiblesse des institutions, elle se saisit d’un bokken, se masque et va dans la foule défendre les participants. Mais, prise entre deux feux, elle se refuse à frapper et se contente de dévier les tirs.
    Sirin est une envoltée de la première heure. Avec l’apparition de ce protecteur fantomatique, elle trouve un symbole qui lui donne de l’espoir. La jeune femme décide de le soutenir à sa manière : en en parlant sur les réseaux sociaux. Pourtant, comme tout le monde, elle est convaincue que leur mystérieux défenseur est un homme…
    Lors d’une manifestation, avant que So Yun ait eu le temps de s’équiper, un jeune homme est gravement blessé. Alors, tout bascule. Et la colère grandit, qui devient rage.
     » 
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     

    Un grand merci à Vanessa (que j'adore et suis depuis quelques années déjà) et merci aux éditions Pygmalion pour cet envoi. Lorsque j'ai reçu le mail j'ai eu le sourire gigantesque. J'allais découvrir la nouvelle histoire de Vanessa et quelle histoire. Elle part de la légende de Mulan, pas celle de Disney, non la véritable.

     

    Ah Mulan, l'un de mes dessins animés préférés. Une femme qui se déguise en homme, prend les armes pour défendre son pays, ses convictions. Une femme qui ose pointer du doigt les travers. Une guerrière qui n'a peur de rien, sauf de ses propres sentiments et qui a un dragon comme compagnons, petit le dragon, mais un dragon tout de même ! C'est un combat, romancé pour les besoins de Disney, mais c'est un dessin animé qui a montré beaucoup de courage, de puissance, d'affront et de respect. Ce personnage est fort, rapide, fluide, prêt à défendre la veuve et l'orphelin. Nous pouvons retrouver l'ensemble de ces thèmes et même un peu plus dans ce récit.

     

    Donc forcément, nous nous doutons que le guerrier qui tient un bokken entre les mains est une guerrière, mais ce n'est pas dessus que l'on va s'attarder, sinon cela serait trop facile. Alors le bokken est un sabre de bois (j'en ai un qui me vient de mes cours d'aïkido) qui est fait essentiellement pour se défendre. Il a la forme d'un katana. Du départ nous suivons ce personnage qui entre dans une manifestation, tranquillement. Fouillé par les flics, il entre sans problème, continue son chemin pour récupérer tranquillement son bokken. Une fois en main, il se met en travers du chemin pour protéger les manifestants des attaques policières. Rien de plus, rien de moins. Il est présent à chaque fois que le combat semble inégal. Il devient un nouvel espoir pour les gens qui n'ont plus confiance en l'état. Un petit gout de déjà vu ? De déjà vécu ? Certes, mais qu'à cela ne tienne, il s'agit de la plume de Vanessa (quoi ? Je ne suis pas objective ? Peut-être, mais quand c'est bon, c'est bon !), un sujet "d'actualité", un conte revisité, une histoire prenante, pas d'autres mots possibles. Sans oublier un bon thé à déguster durant cette lecture.

     

    CHOISIR SON THE – TEMPS D'INFUSION -

     

    Seul un homme serait-il capable de faire autant ? La société a besoin de recommencer à zéro : plus de respect envers soi-même, les autres, la nature. L'Homme avec le grand H veut se retrouver, abolir les privilèges, veut un monde plus juste. Nantes est le lieu où se passe ces événements. Être pacifique semble convenir à ce personnage au bokken, jusqu'à ce qu'un événement terrible se passe devant lui et le change, à jamais ?

     

    Le livre se lit vite, trop vite. Pas parce qu'il est court, j'ai déjà eu des lectures pénibles avec moins de pages, non ici c'est comme si les pages étaient vivantes et vous entrainaient dans son monde. Nous suivons So Yun, appelée Sophie par moment qui se pose un bon nombre de questions. Elle veut changer les choses, déteste le futur ex prétendant que son père veut lui mettre dans les pattes, parce qu'il est beau, intelligent, parfait... Bref, c'est le type qui cache sa véritable nature sous un masque jovial, le petite coquin ! Bref So Yun en a assez de l'image de la femme au fourneau, elle veut vivre comme elle l'entend. Elle apporte un petite touche de fantastique, je dirais plutôt un soupçon de surnaturel qui passe très bien, car cela peut aller avec le fait des croyances de la jeune femme. Un peu de médium peut-être.

     

    La rencontre de So Yun avec Sirin reste dans le domaine du possible. Cette dernière a crée un vlog sur cet homme qui est nommé comme le défenseur du peuple. Sirin va donc chercher à le croiser, jusqu'à le rencontrer. Un banal accident qui met les nerfs, reprend un fait réel sur un homme (attention, la scène est brute, directe, sans fioritures, cela peut heurter certaines personnes, mais promis, elle est courte) et donne des hauts le coeur. Ces deux femmes vont se découvrir. Le secret est dévoilé, mais cela ne semble pas poser de problèmes à So Yun. Au contraire, on ressent une forme de soulagement. Quant à Sirin, c'est une autre histoire, elle l'avait senti et ne compte pas dévoiler cet état de fait.

     

    Entre les deux femmes il se passe quelque chose. C'est difficile à définir au premier abord. Et puis il y a la fameuse scène où les deux étaient témoins. Cela resserre des liens invisibles et peut créer un phénomène vu uniquement par l'une d'entre elles. Le côté humain est pris en compte à chaque instant. Que se soit lors d'une remise en question ou d'un combat, la réflexion est de mise, jusqu'au relâchement, jusqu'à la rage, la colère. Cette fureur qui va amener les personnages à des extrémités qu'ils n'auraient pas cru. Rien n'est simple dans ce récit, il s'agit d'un combat contre les autres, mais aussi envers soi-même. Si on se perd de vue, que nous reste-t-il ? Les affrontements sont douloureux et bien réels. Vanessa se met à la place de chacun des protagonistes, hommes, femmes, militaires, CRS, blessé. Elle nous donne leur réaction, un instant de vie pour chacun et ce qu'ils pensent sur ce qui se passe.

     

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    L'engagement de chacun est différent, mais c'est leur choix, pouvant amener à des événements qu'ils n'ont pas choisis. Les ordres pour certains peuvent paraître mauvais, pourtant ils ont été conditionné et vont les suivre, à contrecœur. Cela donne matière à réflexion. La plume est fluide, légère comme les gestes de So Yun. Le récit est à la fois prenant et surprenant. Une lueur d'espoir est apparut, il faut s'y accrocher car seul un homme ne pourrait pas aller jusqu'au bout, parfois il faut une aide extérieure, ou être tout simplement une femme.

     

    Les personnages principaux sont forts. Sirin et So Yun aiment leur liberté et se battent pour la garder. Dans un monde qui n'est que révolte, elles vont faire la différence. Bien entendu pas d'un claquement de doigts, pas juste avec une sortie, non, c'est un mouvement qui va prendre de l'ampleur. Elles montrent le chemin à suivre, sans violence, même si à un moment donné l'une d'entre elle va se perdre en chemin. C'est une route qui n'est pas menée sans embûches, mais elle a le mérite de coller à la réalité, notre réalité. La violence engendre la violence. Le pardon que l'on demande n'est pas aussi fort que celui qu'on doit se donner.

     

    En conclusion, l'auteur a su démontrer qu'une légende peut encore être vivante. Il suffit de peu pour être heureux (ouais je vais arrêter avec mes histoires à la noix, promis !). C'est une fois de plus une très belle découverte, je n'aurais pas imaginer qu'un conte revisité puisse donner un si beau et bon récit !

     

    « Les premières grenades de désencerclement avaient explosé dans la nuit - ça n'avait guère tardé. Deux, trois manifestants avaient commencé à balancer des bouteilles sur les policiers. Des cris - de frayeur, mais de colère aussi - des insultes fusaient. Sirin regardait tout ça, le coeur en berne.

    Putain, on dirait que mon cerveau a coulé par mes oreilles et s'est répandu là... Depuis quand nos manifs sont aussi sombres ? Où est passé l'espoir des envoltés ? Ils étaient sensés être un renouveau, une mouvance d'idéaux qui parle au peuple pour le peuple. Le Lillois l'avait dit : ce qui nous définit, c'est qu'on agit pas en réactions aux brimades du pouvoir en place. Alors quand est-ce que ça a mal tourné ? Comment est-on passé des plumes aux pierres et aux parpaings ? »  

     

    Seul un homme (Vanessa Arraven)

     

     

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  • Commentaires

    10
    Mercredi 1er Avril à 19:44

    Ta chronique m'intéresse beaucoup, je vais craquer dès que je vais tomber sur le livre :3 

      • Mercredi 1er Avril à 20:26

        Ah c'est super ! Je suis très contente :)

    9
    Dimanche 29 Mars à 10:39

    Je ne connaissais pas mais ça m'intrigue !

    8
    Kimysmile
    Dimanche 29 Mars à 08:57
    Kimysmile
    Ça m'intrigue, j'aime tellement Mulan
      • Dimanche 29 Mars à 14:14

        Il te suffirait de la lire pour en avoir le coeur net :)

    7
    Vampilou
    Samedi 28 Mars à 18:16
    Ah ça, c'est un roman que j'ai déjà repéré et qui me fait extrêmement envie !
    6
    Samedi 28 Mars à 16:57
    Satine's books

    J'aime beaucoup l'idée et la manière dont tu en parles. Merci =)

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