• Un second souffle (R.S. Grey)

     

     Résumé 

     

    « Deux mois plus tôt, Abby n’avait guère de perspectives d’avenir. Mais désormais, avec un cœur tout neuf, elle a une seconde chance, et elle compte bien en profiter. Quoi de mieux qu’un road trip pour découvrir le monde et faire de nouvelles expériences  ? Si elle avait l’intention de partir seule, c’était sans compter l’irruption de Beck. Drôle, spontané, irrésistible  : avec lui, le voyage pourrait bien prendre une nouvelle tournure.
     
    Traduit de l’anglais par Eva Roques.
    »   
     

     Ma chronique 



    Les pompes funèbres, c'est chouette comme lieu de rencontre pas vrai ? Non, absolument pas, mais cela a au moins le mérite d'être original. Abby cherche une urne pour son chien ? On y croit une seconde tout juste, mais qu'importe, elle a besoin d'une urne afin d'entamer son road-trip. Beck débarque dans son espace vital avec l'idée évidente de la draguer et de partir avec elle. L'idée de départ est complètement loufoque, qui accepterait de partir avec un inconnu ? Personne et pourtant c'est ce que Abby va faire. Oh elle n'accepte pas de suite, non, elle prend quelques jours avant de l'appeler et de l'inviter à fuir la réalité dans laquelle elle vit. Si ce début entre deux inconnus m'a un peu refroidit sur notre réalité, le reste est très intéressant.
     
     
    Abby a eut une greffe de coeur il y a deux mois. 19 ans et déjà un passé maladif lourd. Des tours en hôpitaux, des visites régulières dans des lieux propres à sa médicamentation, des jours et des nuits loin de chez elle pour avoir une chance d'avoir un donneur compatible, même si cela signifie que ce donneur s'arrêtera de vivre. Ce besoin de partir, même deux semaines est son choix. Celui de s'éloigner de sa famille aimante. Ses parents sont toujours sur son dos, la peur de la voir mourir, des années à lutter pour qu'elle ne s'essouffle plus, pour qu'elle vive, mais enfermée chez elle, dans son mini appartement. Ce besoin de la protéger parce qu'ils ne savent pas si la greffe va fonctionner. Un traitement lourd pour que le corps d'Abby ne rejette pas ce cœur qui lui permet d'avoir un avenir potentiel. Leur relation n'est pas au beau fixe, mais ils font avec. Abby parce qu'elle aime ses parents comme ils l'aiment, mais il faut savoir combattre pour ce qu'il faut et pas pour tout. Elle a besoin de vivre, d'oublier sa maladie le temps d'un road-trip pour faire son deuil.
     
     
    Beck est mystérieux. Il ne semble pas être un psychopathe, pourtant la façon dont il s'approche d'elle pourrait le faire croire. Draguer dans un lieu si peu commun tout cela parce... non, ça il faudra aller au bout du récit pour le découvrir. Beck est gentil, attentionné et ne semble pas plus pressé que cela de l'avoir dans son lit. Il veut apprendre à la connaître, à la découvrir, à la comprendre. Lui a également un passé, moins invasif sur sa santé, mais sur son mental. Un père qui ne veut pas entendre parler de ce qu'il désire et l'envoie dans les études que lui veut. Une histoire compliquée pour Beck qui a besoin également de couper les ponts le temps d'un voyage. Qu'est-ce qui se passe dans sa tête réellement ? Pourquoi veut-il être à ses côtés ?
     
     
    Le risque dans cette relation pourrait être que tout va trop vite, mais ce n'est pas le cas. Abby a des envies de jeune femme, elle veut vivre, connaître l'amour. Pourtant quelque chose la bloque. Et c'est Caroline, sa meilleure amie qu'elle a rencontré lors d'une réunion d'enfants malades. Caroline est atteinte d'un cancer en plus d'être demandeuse d'organe également. Elle ne quitte plus l'hôpital depuis longtemps et attend d'avoir un espoir, même infime. Alors lorsque sa meilleure amie Abby lui parle de partir deux semaines, mais n'est pas certaine car elle veut rester à ses côtés, Caroline lui ordonne de partir, de vivre, d'avoir ce coup de coeur pour Beck afin de vivre par procuration. Cette relation entre les deux jeunes femmes est forte malgré l'avenir incertain.
     
     
    Le sujet de la maladie est central, avec les espoirs de chacun, les doutes, le questionnement de l'après. L'après chirurgie, l'après échange, l'après la fin de la vie, car la maladie ne perd pas toujours et la mort reste la grande gagnante. Nous voyons la plupart des aspects des réactions lorsque les personnages sont proches de la maladie. Ceux qui sont malades et peuvent avoir de multiples réactions. Ceux qui vivent avec ces personnes qui tentent de trouver une porte de sortie. Les parents, les enfants... Les émotions sont nombreuses, la peur pour les parents de voir leur enfant s'éteindre. Il faut savoir prendre des risques pour vivre et non survivre dans la peur de ne pas se réveiller le lendemain matin. Le voyage ne durera pas deux semaines pour de nombreuses circonstances, mais il sera intense. Voir un coucher de soleil, se baigner dans un lac, ne pas oublier de prendre sa température tous les jours et d'avaler la tablette de médicaments, danser lors d'un feu de camp, apprendre à faire du surf...
     
     
    Abby rêve, danse, voit, s'amuse, prend des nouvelles de sa meilleure amie, en donne à ses parents qui ne savent pas qu'elle a fuit alors que toutes les semaines elle doit faire un checkup. Ce nouveau cœur... la question qui ne cesse de tourner en boucle dans sa tête est la suivante : Avait-elle le droit d'avoir ce nouveau coeur pour avoir une vie ? Avait-elle le droit de continuer à vivre ? En la suivant dans son histoire, nous apprenons son mal-être, sa peur, son besoin d'indépendance, de ne plus avoir personne sur le dos, à moins que Beck ne soit celui qui lui fasse battre son coeur plus fort, plus violemment. Beck a de quoi la tourmenter, dans le bon sens du terme, en la poussant dans ses retranchements. Joutes verbales, titillements, jalousie, promesses, les deux s'amusent follement jusqu'à être d'accord sur un point. Ce n'est la faute de personne si le destin s'emmêle les pinceaux, il faut savoir faire des choix, de bons choix, même si c'est douloureux. L'amusement prend une bonne part du récit et c'est ce qu'il faut pour tenir le coup.
     
     
    La plume est entraînante, apportant un peu de peps à l'histoire qui en a cruellement besoin. Transplantations d'organes, enfants malades qui n'ont probablement pas d'avenir, la vie est chère et doit être vécue comme nous le pouvons. Ce road-trip est un exutoire aux personnages pour leurs raisons propres. Abby et Beck avaient besoin de se trouver, l'un comme l'autre. Est-ce que ce road-trip va les amener plus loin que ces kilomètres de route parcourus ? Il faudra le découvrir en lisant leur histoire, car comme dis au-dessus, la maladie est cruelle et peut retirer un instant de bonheur en un simple claquement de doigts.
     
     
    En conclusion, une histoire pleine d'émotions qui risque de faire pleurer dans les chaumières. Des thèmes importants sont abordés nous emportant dans le monde médical des enfants. L'humour est présent apportant un peu de légèreté. Beck reste quelque peu mystérieux, tandis que Abby se dévoile totalement jusqu'à la recherche de son identité propre.
     

     Extrait choisi : 

     
     
    « Je vivais pour tous ceux qui m’entouraient. Caroline, Colby, mes parents. J’étais terrorisée à l’idée de prendre de mauvaises décisions. Il m’était impossible d’ignorer les questions qui tourbillonnaient dans mon esprit. Certaines vies sont-elles plus précieuses que d’autres ? Le monde avait-il plus perdu de la mort de Colby qu’il n’avait gagné de ma vie ? Peut-on mesurer la valeur d’une personne à l’impact qu’elle a sur le monde qui l’entoure ? Dans la mort, combien d’amis laissons-nous derrière nous ? Un an plus tôt, je pensais connaître la réponse à ces questions. Mais aujourd’hui, je prenais conscience que personne n’est en mesure d’évaluer la valeur d’une vie humaine. Nous n’étions pas censés avoir toutes les réponses.

    Je ne pouvais plus vivre uniquement pour Colby ou Caroline. On m’avait donné un cœur. On m’avait offert la vie, ce cadeau magnifique dont rares sont les élus, et c’était à moi, et à moi seule, de décider comment je voulais l’utiliser. Et pas en fonction de ce que d’autres jugeraient noble. J’avais fini par me débarrasser de la peur et de l’angoisse et la vie m’était alors apparue dans toute sa clarté. Je voulais écrire. Je voulais inventer des histoires comme celles de mon journal. Je voulais être avec Beck et me réveiller tous les matins en appréciant la sensation de mon cœur battant sous ma cicatrice. »

     

     

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  • Commentaires

    8
    Kim
    Vendredi 9 Avril à 09:09

    Un gros coup de coeur pour moi !

    7
    Vendredi 9 Avril à 08:31
    Les romances sur fond de maladie (même si c'est bien plus que de la romance), c'est pas trop mon truc mais, allez, je me note celui-ci, ton retour donne envie ;-)
      • Vendredi 9 Avril à 14:10

        Waouh j'arrive à te donner envie sur un thème comme celui-là, j'en suis heureuse :)

    6
    Jeudi 8 Avril à 21:04
    Ca m’a l’air tres sympa !
      • Vendredi 9 Avril à 14:09

        Cela remet pas mal de choses en questions :)

    5
    Vampilou
    Jeudi 8 Avril à 20:56
    Un roman que j'ai adoré, un beau coup de cœur !
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