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Trajectoire (Julien Najdi)

 

 

 Résumé 

« À travers le parcours du narrateur, l’auteur explore les défis de la vie : famille, travail, amour… Un véritable triathlon  ! Suite à une expérience difficile au sein de l’aide sociale à l’enfance, notre héros puise dans cette blessure originelle la force d’avancer malgré les obstacles. Avec une touche d’absurde, d’ironie, et un brin de psychologie, l’auteur tisse une histoire à la fois intime et universelle, dénonçant les travers de notre époque tout en cultivant optimisme et résilience.

À travers ses épreuves, le narrateur apprend peu à peu à accepter ses failles, à les apprivoiser et à se (re)construire.
Un récit qui nous plonge dans un voyage humain, profond et émouvant dont la quête de soi constitue la boussole.
 »

 

 Ma chronique

 

Je tiens à remercier la maison d'éditions pour sa patience, parce qu'il faut bien avouer que j'ai le livre depuis un petit moment. Entre mes soucis de santé et ceux du père de mon fils, cela a été un peu la débandade durant pas mal de temps. Bref, tout cela pour dire que j'ai perdu du temps sur mes lectures et que celle-ci date de début septembre. (en plus) Bref, un parcours, non pas du combattant, mais un triathlon comme l'auteur nous raconte. C'est une histoire, la sienne probablement, celle de tout le mode assurément. Un mélange de soi et des autres qui nous rend plus malléable. Je suis de la même période que l'auteur, alors certains faits me sont proches : souvenirs, souvenirs, entre les musiques utilisées ou les termes, il est vrai que j'ai eu comme la nette impression de faire un voyage dans le temps. Ce temps où celui-ci nous laissait avec des questions et où il fallait ne pas les poser, parce que c'était tabou. 


Un récit propre à chacun où nous pouvons nous retrouver en l'auteur. D'avant sa naissance au dernier point final, nous suivons ses réflexions, ses questions, ses gestes, ses actes manqués, ses déboires, mais aussi l'espoir de devenir quelqu'un. Les années 70, la naissance puis le ballotage, pas entre deux futurs présidents, mais entre deux maisons, deux foyers. Les premiers émois d'enfants, les découvertes des maladies, l'escalade dans la technologie et le manque d'affection. Pour autant ce manque, qui sera également un pilier de l'histoire, va mettre à mal notre raconteur d'histoire. Une enfance bousculée, une blessure qui a du mal à se colmater, Julien Najdi partage avec ses lecteurs ce qui l'a marqué. Passé l'enfance et l'adolescence il continue sa lancée sur sa vie en devenir d'adulte, puis intégré dans une société qui est de plus en plus difficile à comprendre. 


Tout prête à sourire, pourtant certains passages sont forts. Il montre sa patience et son questionnement sur l'amour, le fait d'être ou ne pas être en couple, créer une famille, cueillir la fleur du champs du voisin. Son mental est fait d'acier, sa passion pour les mot se ressent entre ses pages. Parfois nous ressentons quelque chose comme une boule qui obstrue la trachée (et ce n'est pas ma thyroïde qui pourtant va bientôt se faire la malle qui dira le contraire) un moment de respiration plus fort, parce que certains passages, c'est nous, moi. Par moment j'ai cru voir une partie de ma propre vie défiler, celle des questions, des non-sens et surtout des peurs. Grandir, mûrir, devenir adulte fait peur. Avons-nous les codes ? Les valeurs ? Les gestes adéquats ? Comment faire pour paraitre mieux ou comme il faut ? La technologie est-elle la meilleure pour nous guider ? Et la communication dans tout cela ? Avec les femmes cela déménage, pas vrai ? Dites-vous bien mon cher que dans le cas inverse, la réciproque est aussi vrai. 


Entre ces lignes, nous pouvons nous retrouver, prendre des morceaux et les garder pour soi. Par honte de n'avoir pas su, par réflexe pour se protéger, parce que nous ne savons pas tout et qu'une fois le livre refermé sur notre vie nous ne saurons jamais tout... Une vie ne suffit pas, mais elle est à nous. Il faut savoir se préserver tout en préservant l'autre : que ce soit la mère, le père, les frères et sœurs, la famille, l'amante, la collègue de boulot... La famille, alors je crois que je suis comme l'auteur, je vous laisse le découvrir en lisant le passage, mais faire des simagrées, ce n'est pas pour moi. L'attachement n'est pas forcément visible, il n'y a pas besoin de grands discours ni même d'actes trop gigantesques. L'influence de sa famille est bien ancrée et nous pouvons tenter de nous détacher de cela, certains faits nous reviennent en mémoire et nous dirigent qu'on le veuille ou non. Il faut donc faire la part des choses, nos parents ne sont pas nous, nous ne pensons pas comme eux, nous n'agissons pas comme eux. Même si la pomme ne tombe jamais loin du pommier, nous faisons nos propres choix. Des choix qui nous amènent à des chemins plus ou moins éclairés.


En conclusion, l'auteur se livre avec sincérité et humour, pour ne pas sombrer. Se construire pour devenir adulte, aussi bien dans un travail que dans l'intimité. Un récit intimiste délivré afin de nous aider à ne plus culpabiliser sur certains actes de notre passé. Comme je l'ai déjà indiqué, nous ne connaissons pas tout. Nous apprenons à chaque fois que nous ouvrons les yeux à notre réveil, nous nous éveillons au contact des autres, nous recherchons ce qu'ils pensent et le pourquoi ils agissent ainsi. Un récit de vie qui a su me réconforter avec mon propre passé. Qui est prêt à retourner dans son passé ?

 

 Extrait choisi :   

« De quinze ans à vingt-cinq ans environ, je vécus dans un équilibre instable, aussi épuisant que douloureux. Mal dans ma peau, ce dont témoignait une acné tout sauf végétative, je réussis divers examens de passage, compilant les diplômes qui se présentaient devant moi. Je ne savais guère où ils me mèneraient, mais il me servaient à repousser l'échéance de la confrontation avec les réalités de la vie adulte. Le milieu des études universitaires, sans injonctions en soi, constitue une sorte d'abri, de cachette parfois, où peut se prolonger de manière immature, voire régressive, l'enfance. »

 

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