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Le secret du faucon, tome V (AD Martel)

 

Auteur : AD Martel

Éditions : Auto-édité

Paru le : 29 aout 2021

385 pages

Thème : Fantasy Épique

fait partie de la saga "Le Secret du Faucon"

disponible sur le site de l'éditeur, à la FNAC et sur Amazon

La fin d'un cycle avec pertes et fracas ?

Résumé 

« La bataille finale approche.
Le maître des ombres se révèle et, avec lui, de nouvelles trahisons.
Cyrielle ne peut plus reculer : elle doit choisir. Parviendra-t-elle à museler son cœur pour récupérer le comté ?
Amour, amitié, pouvoir… Jamais la vengeance n’a eu un tel goût de sang.
Le dernier tome de cette saga fantasy médiévale vous promet de nombreuses surprises. Émotions, aventures, combats et magie s’entremêlent pour vous proposer une fin épique !
Alors… Êtes-vous prêt à découvrir LE Secret du Faucon ? » 

 

 Ma chronique

 

Cela fait bien une semaine que j'ai terminé ce livre et... voila, voila, je cherche mes mots pour écrire ce que j'ai ressenti. Car soyons honnête, un tome 5, je ne peux pas vous dire que j'ai pleuré pour la perte de tel personnage, ou rigolé de voir un autre se faire tourner en bourrique ni même juste vous dire que c'est une fin qui est bouleversante parce que. Une fin de cycle avec pertes et fracas ? Oui, ne vous attendez pas à ce que tous les personnages que nous avons côtoyé depuis le début soient encore là jusqu'au point final. Cinq tomes complet sont passés par ici et même si dans ce dernier il s'agit de la fameuse bataille finale, la guerre était déjà en place.  Des protagonistes sont morts, des gentils, des méchants, des bizarres, des sans catégories, des déceptions, des principaux même en quelque sorte, des peuples entiers, des animaux ou volatiles qui ne se mangent pas (pitié !), des que nous avons adoré et d'autres détesté. Alors forcément, cette grande bataille va trancher dans le vif. Le bon roi Dagobert qui a mis sa culotte à l'envers va se retrouver les fesses par terre !

D'accord, pas de roi Dagobert dans l'histoire, mais vous allez comprendre que je les ai tous baptisé autrement les personnages selon leur fonction éloigné ou non. Bref, tout cela pour ne pas avouer que j'ai versé ma petite larme, l'auteure sait où, quand comment et pourquoi et ce que j'ai adoré par-dessus tout ? C'est le fait d'avoir pu lui donner mon ressenti au fil de ma lecture. De la détester aussi, de lui donner ce que je pensais par moment, d'être soulagée lorsque je me trompais et de ronger mes ongles lorsque j'avais raison. L'imagination de l'auteure est innovante, certains points se voient difficilement et il faut vraiment se poser des questions durant la lecture pour se dire que tiens c'est vraiment bizarre tel ou tel phénomène. Étant une grande friande de cette époque j'ai forcément adoré entrer aux côtés de Cyrielle pour rager un peu plus de la façon dont certains voient la place de la femme dans la société (qui de toute manière, si nous creusons bien est encore dans les esprits de certains à notre époque... Heureusement les chasses aux sorcières n'existent plus, quoi que sous un autre nom, surement) et la manière de survivre avec ce qui tombe sous la main, à savoir pas grand-chose. Des larmes de joie donc de voir certains plus bas que terre (six pieds sous terre c'est bien, enfin pour les restes qu'il reste quoi) et d'autres s'en sortir avec... brio ! 

Loyauté, fidélité, frères d'armes... Crainte, trahison, peur... Cela dépend dans quel camp vous vous trouvez et ce n'est pas parce qu'un mercenaire a une tête à faire peur qu'il est celui dont il faut se méfier. Enfin cela dépend de ce que vous désirez lui dire, lui faire et surtout le payer. Le passé des personnages nous est expliqué dans une forme que je n'aurai jamais pensé et c'est impressionnant de se faire happer nous-même par cette manière d'effectuer. Nous ne pouvons que comprendre certains faits et gestes, la vengeance et surtout les complots qui sont sans nul doute bien emmêlés. Les personnages ne sont pas forcément les plus riches pour être les pires ou les plus mauvais, ils ne sont pas forcément les meilleurs non plus. Force et faiblesse, nous pouvons suivre les évolution de chacun et nous allons vite comprendre que les faits passés les ont rendus ce que nous avons en main. La jalousie, l'emprise, l'envie, la méchanceté, le pouvoir qui monte à la tête et la peur de tout perdre sont des éléments qui ne sont plus si étrangers que cela. Le fameux maître des ombres montre son vrai visage et non je n'avais pas trouvé cette partie, c'est autre chose que j'avais en tête. Tout comme Cyrielle, je ne voyais pas tout dans son ensemble et focalisée sur un point de détail qui me chiffonnait, forcément j'ai loupé des éléments.

Qu'à cela ne tienne, ce maître des ombres est impressionnant de cruauté envers... tout le monde, il faut bien le dire. Tout pour écraser les autres et monter sur le trône du faucon, enfin, il n'y a pas de trône, mais c'est dans l'idée. Obtenir le pouvoir pour assouvir ses plus bas instincts, obtenir réparation, assouvir sa vengeance. Cette vengeance qui a maintenu Godefroy durant des mois, des années (je n'en dirais pas plus à son sujet et non le maitre des ombres n'est pas ce personnage, je ne fais que comparer), une vengeance qui fait du mal, qui ronge inexorablement les émotions, qui enferme les sentiments, emprisonnent l'esprit dans des œillères. Le sang est important, le faire couler d'une manière ou d'une autre pour obtenir son but. Se battre pour aller de l'autre côté. J'ai eu l'impression de voir un poule vipère renard à un moment donné, réussir à s'allier à un groupe pour traverser un passage et ensuite écraser ces faux alliés pour mieux réussir. Le maître est doué pour manipuler à sa guise les autres, mais le marionnettiste que nous découvrons depuis le début de ce tome est pas mal dans son genre. Encore une magie particulière à l’œuvre qui semble déstabiliser plus d'une personne. En parlant de déstabiliser, je pense à Tristan, à ce qu'il fait dans la forêt et même si c'est pour montrer son intéret, son cœur étant pris, je n'ai pas compris pourquoi il a été jusque là, mais soit.

Des épreuves éprouvantes pour les personnages et le lecteur. Impossible d'imaginer que tout sera rose, dès le départ du premier tome, le sang a coulé, alors il fallait forcément boucler cette boucle rouge. De nombreux rebondissements, des surprises, des secrets qui se dévoilent au dernier moment (suivez bien le tout, ne sautez pas de pages surtout), la scène d'émotions de la grotte tout en finesse qui était parfaite (pas besoin de plus à mes yeux, ce n'était pas le type de saga pour cela) Alors ce dernier tome du premier cycle (car un deuxième est en cours de finition) marque une fin mémorable, impossible à oublier même si on s'appelle Dory. C'est un tome qui conclut ce cycle aussi bien dans la douleur que l'espoir : celui de savoir que la contrée va aller mieux, celui de savoir que nous ne reverrons pas certains d'entre eux plus tard. Le chemin est long pour obtenir réparation, pour ceux qui survivent. Les étapes ont été minutieusement déterminées et les plans assouvis : à quel prix ? Cher pour le cœur de certains, trop cher pour l'âme de ses guerriers, pas assez pour la nature... La magie a été mise à rude épreuve, tout comme les muscles, les alliances, les regards qui en disent longs, les chevaux qui ont toujours une aussi belle part dans ce tome que les précédents et les faucons bien entendu.

Pour qu'il vive... Une idée fixe en moi, mais l'amour d'un père, d'un frère, d'un amant est plus puissant que sa propre vie. J'ai ressenti une série de films aussi, les oiseaux se cachent pour mourir, mais pas uniquement. Concernant les personnages, j'ai adoré les retrouver d'une manière ou d'une autre et de me positionner pour eux ou contre eux. Cyrielle qui évolue et garde sa fragilité, mais obtient de la force de caractère, Tristan, Godefroy, Amessan, Anselme, Théodoric, Jade, Yvain, Gaheris, Bastian, Aïcha, Lavande, Brunehaut, Jean, Henri, Guillaume, Baldwin, Fléau, Crécerelle et bien d'autres. Tous ont une âme, une vie, un passé, un présent, pas forcément un avenir, mais qu'importe, car dans le cœur de ceux qui vont rester, il y aura toujours une trace en eux. Le couvent, l'intrigue, le roi, le pouvoir, la haine, l'entraide, la peur, l'insécurité... L'auteure joue avec tout pour nous entrainer dans un monde sombre où rien n'est joué d'avance. Les pions avancent, la reine s'installe, mais elle est capable de bouger en tout sens afin de faire perdre la tête même au plus téméraire des fous. Et que dire des cavaliers qui pensent avoir réussi et se retrouve avec un secret dévoilé en direct ? J'ai ri, j'ai eu le sourire une bonne partie de ma lecture, j'ai pleuré à d'autres moments, j'ai râlé également à de nombreuses reprises, me disant que ce n'était pas possible d'être aussi bête !

En conclusion, j'ai survécu à ce dernier tome de ce premier cycle avec pertes et fracas. Ma respiration s'est souvent coupée, mon souffle partait en tout sens tout comme l'envie de ne pas le terminer pour ne pas voir ce qui est inéluctable. Les Montfaucon m'auront fait vivre une aventure remplie de rebondissements, de secrets et d'intrigues à la fois magiques et intenses. L'évolution des personnages est sans cesse en augmentation, avec plus ou moins de rapidité, mais elle se fait en fonction des faits et gestes, les leurs comme ceux des autres. Je suis très heureuse d'avoir découvert cette saga et je ne compte pas m’arrêter de sitôt, même si la fin de ce cycle est poignant dans tous les sens du terme. Comment recommencer après tout cela ?

 

 Extrait choisi :   

 

« Le cri redoubla d'intensité, et il pesta, avant de sortir de la grotte. Personne ne se trouvait à l’extérieur, mais il ne s’agissait que d'une illusion. Après avoir descendu le chemin escarpé, il atteignit les arbres et aperçut, assis sur un rocher, son compagnon de toujours. Un turban entourait le haut de son crâne, ses cheveux sombres glissant sur ses épaules. Amessan, son frère dans tous les sens du terme, l'attendait.
Le Sarrasin leva la tête et ses yeux aux longs cils noirs se tournèrent vers le mercenaire. Celui-ci déglutit. »

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