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Auteur : Yannick Despaux
Éditions : Mistral Noir
Parution le : 25 aout 2025
260 pages
Thème : Thriller - Dystopique
disponible sur le site de l'éditeur sur la FNAC et sur Amazon
Si cela arrive, donnez-moi plus de balles !
« Trois balles. Trois choix. Trois destins.
La République française adopte la loi de Régulation Citoyenne : chaque adulte reçoit un pistolet et trois munitions à utiliser sans poursuites judiciaires. Pour "l'équilibre démographique", affirme le gouvernement.
Laurent Vasseur, DRH dans une multinationale de surveillance, voit son monde s'effondrer. Entre réunions de crise et cadavres dans les couloirs, il découvre que son entreprise dissimule des secrets bien plus sombres que de simples restructurations. Quand les collègues commencent à disparaître et que son propre fils bascule dans une communauté radicale, Laurent comprend qu'il n'est qu'un pion dans une expérimentation terrifiante.
« Le temps des demi-mesures est révolu. Trois balles à vie, trois choix définitifs. » »
Il ne s'agit plus d'offre et de la demande, mais bien d'un cadeau que tout le monde majeur et jusque 70 ans avons. En dehors de ces âges, vous n'avez pas ou plus le droit et personne n'a le droit d'en finir avec vous. Entendez par là, les jeunes sont l'avenir, les plus vieux vont dans la tombe alors. Mais bien sûr, c'est la solution qui est radicale certes, mais plus garantie en terme de résultats que certains pays qui vous obligent à n'avoir qu'un seul enfant. Là pour le coup, petit cadeau dans une belle boite noire, vous choisissez qui vous le voulez et BAM. C'est mathématique, une personne pour trois sous terre ! Un vrai miracle de la nature, nous allons avoir beaucoup d'engrais, pas vrai ? Suis-je ironique ? Assurément et ce n'est pas fini parce que l'auteur m'a tellement embarqué dans son récit que j'en ai encore des frissons en écrivant cette chronique. Un livre peu épais, une couverture sobre et un contenu vraiment haletant ! Et pour le moins original, parce que soyons honnêtes, nos dirigeants n'y ont pas encore pensé, mais dans mon esprit qui voit loin, je m'imagine déjà, oh que oui : ils arriveront bien à nous faire avaler des couleuvres et celle-ci est vraiment énorme ! Sauf qu'elle fonctionne du tonnerre.
Ah et bien entendu les profiteurs !
Sans conséquence... Deux petits mots qui font la différence entre celui qui tient à la vie d'autrui et celui qui ne pense qu'à son nombril. Nous comprenons les questions que se pose les personnages qui vont et viennent au gré des rencontres avec Laurent. L'avenir sera-t-il vraiment meilleur en ayant de tels agissements ? Ce qui était horrible, devient d'une banalité affligeante. Le monde se déchire en deux, enfin la France se déchire en deux. Un pays qui fait partie d'un test ? Peut-être, toujours est-il qu'il est difficile de ne pas chercher ce secret qui ronge l'entreprise de notre... héros ! Ce secret passe du côté obscur de la force. Une surprise ? Au final, pas tant que cela, peut-être qu'un jour nous y viendrons, vu comment nous tournons. Et c'est vraiment cela qui fait peur. Et si cela arrivait vraiment ? Laurent fait des rencontres, des recherches et comprend qu'il n'a pas le choix. Faire semblant ou non, il doit avancer sur le chemin qu'il emprunte, pour sauver sa famille, parce que le danger n'est pas forcément le voisin d'à côté. Sauver sa famille... un mot de plus qui prend de l'ampleur. Cela prend aux tripes de le voir se dépêtrer, de se cacher, de cacher ses agissements pour tenter de récupérer leur vie d'avant. Va-t-il réussir ? Va-t-il permettre aux générations futures de ne pas vivre avec une arme dans la ceinture ou au contraire de la porter dès la naissance ?
Les scènes se suivent et ne se ressemblent en rien. La méfiance a beau être présente, les actes sont tous différents, parce que nous pensons tous différemment et surtout nous n'agissons pas de la même manière. Les personnages doivent avoir des nerfs d'acier et nous aussi. Apprendre vite, comprendre vite pour tenter l'impossible. Et puis être DRH c'est tout de même avoir une bonne place, pas vrai ? Alors qu'en fait tout n'est que question d'apparence. L'auteur nous montre bien combien ces apparences sont ce qui sauvent les meubles. Soit vous êtes du côté de la direction, soit non que vous ayez une place de choix ou pas. Tout est décortiqués, vos gestes, votre famille, le moindre câble qui lâche, la perte d'un être cher, tout est analysé pour mieux vous contrôler. Dans ce récit nous avons différents moments clés dans la vie qui sont mis sous un microscope afin de mieux l'étudier. Sommes-nous des rats de laboratoire ? Cette sensation perdure dans cette dystopie où les secrets sont nombreux, que le plus gros se dévoile et donne des frissons de déplaisir.
Autant être honnête, c'est criant de vérité, dérangeant de réalisme, parce que cette loi même absurde là, sous mes doigts, pourraient voir le jour autrement, dans un futur. Certains points sont bourrés de réalisme une fois de plus. Que ferions-nous dans ce cas ? Réellement ? La limite pour chaque personnage est réel, parce qu'elle nous ressemble, parce qu'elle est celle du voisin, du cousin, de nos collègues. Chaque personnage a sa propre limite qu'il peut ou non dépasser. Avec une plume comme celle de Yannick, impossible de se défaire de ses sensations de malaises persistants dans cette réalité. Les mots percutent, les actes sont tranchés. S'ennuyer ? Que nenni ! Soit nous sommes avec Laurent et ses décisions, soit contre et ce n'est pas une mince affaire. Nous sommes à ses côtés tentant d'apprendre à respirer sous l'eau si longtemps, nous nous cachons dans l'ombre et faisons profil bas afin de passer au travers des mailles d'un filet bien trop serré. Je me suis attachée à cet homme qui voit sa famille sans encombre éclater suite aux événements qui suivent l'application de cette loi.
Réflexion, incompréhension, questionnements, tout tourne dans la tête et les doigts deviennent bien trop froids de voir que la majeure partie de la population est devenue... Ce sont des moutons, devenus loups pour la plupart, mais si une loi sur le fait de sauter d'un pont serait applicable, est-ce qu'ils le feraient ? Accepter l'inacceptable laisse un gout amer. Là nous aurions pu avoir un "nous sommes en guerre", pour bien insister dans nos esprits que c'est bien de réguler. L'utilisation des mots pour ne pas dénigrer, mais mettre en lumière que c'est bien pour la population. Réguler une respiration oui, réguler la population... Même si je suis un grinch et que je montre des capacités pour ne pas me mêler aux autres êtres humains, je sors la carte joker, je bloque l'accès à la case des 20 000 euros et direct la prison. D'autres solutions humaines existent forcément et ce n'est pas cette Sofia qui dira le contraire, à moins que ce ne soit l'inverse que je voulais dire, allez savoir. Yannick m'a retourné le cerveau ! Force est de constater l'adaptabilité et la facilité d'acceptation de la majorité des citoyens.
« En annexe, un modèle de lettre "d'ajustement" incluant des termes spécifiques à notre nouvelle réalité : "dans le cadre de la loi de Régularisation Citoyenne et des mesures d'adaptation qui en découlent, nous sommes contraints de mettre fin à votre contrat...".
Ce n'était plus des licenciements classiques. C'était de l'élimination préventive d'éléments jugés instables dans un monde où chacun était potentiellement létal.
J'ai ouvert le mail crypté de... . La liste de noms s'est affichée, chacun accompagné d'une analyse détaillée. Probabilités, projections, recommandations. Des vies réduites à des pourcentages. »
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