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Auteur : AD Martel
Éditions : Auto-édité
Paru le : 24 Octobre 2025
380 pages
Thème : Fantasy Épique
fait partie de la saga "Le Secret du Faucon"
disponible sur le site de l'éditeur, à la FNAC et sur Amazon
Un retour peu triomphant ?
« La cité des Montfaucon.
Jamais Godefroy n'aurait pensé un jour devoir retourner dans ce lieu chargé de souvenirs douloureux.
La folie et le désespoir guettent le guerrier, qui devra affronter ses propres démons pour mériter sa place auprès d'Esmée. La mère de celle-ci est d'ailleurs prête à tout pour la protéger, quitte à assassiner celui qu'on nommait jadis "Le Sanguinaire".
Leur animosité pourrait pourtant les consumer, car une menace plus grande plane sur eux. Thomas de Montfaucon, leur seul espoir de salut, sera-t-il capable de pardonner à l'homme qui l'a fui des années auparavant ? Le pouvoir corrompt les cœurs, et le silence du ménestrel à l'approche de la cité comtale résonne comme un mauvais présage.
Godefroy pourra-t-il sauver l'enfant ? Et surtout, parviendra-t-il à se sauver de lui-même ?
La suite de votre saga médiévale, mêlant fantasy épique, danger et amour ! Êtes-vous prêt.e pour un maëlstrom d'émotions ? »
Le secret du faucon fait partie de ses rares saga que je suis et ce jusqu'au bout. Ce qui signifie que je compte bien lire les deux derniers tomes de cette saga qui est bouleversante. Merci AD pour l'envoi de ce tome dont certaines pages devraient être brulées. La 199 par exemple qui est terrible en émotion. C'est ce qui se passe en entrant dans cette saga : des émotions qui vont vous prendre régulièrement, selon votre propre expérience certes, mais aussi selon la plume de l'auteure qui use de mots justes comme il faut. 7 tomes, il faut tenir le choc jusque là, avoir de la matière et de quoi nous donner envie de continuer et c'est ce que l'auteure fait. De la magie par endroit, des émotions, des pertes tragiques, certes, mais aussi de l'espoir : celui de voir le bonheur faire sourire un enfant par exemple. Parfois pour réussir à se sauver, il faut d'abord aider les autres et sans le vouloir, sans que sa conscience l'emporte, c'est ce que Godefroy va faire. Avant de savoir et encore plus en sachant.
Ce verbe, savoir, est impressionnant lorsque le lecteur n'a pas encore été jusqu'à ce point dans la saga. Je ne pourrais en dire plus, déjà pour éviter de dévoiler quoique ce soit et ensuite, j'adore faire mariner dans son jus ceux qui désirent tout sans ressentir. Il faut lire pour comprendre et prendre possession des états d'âmes de nos personnages. Ici, dans ce tome, très peu de combats pour ne pas dire qu'il n'y en a qu'un seul. Ce n'est pas un tome de transition, loin de là, parce que nous avançons dans les méandres d'un monde submergé par des ténèbres qui sont à l'affût du moindre faux pas. L'intellectuel doit prendre le pas, les jeux de pouvoir aussi et ce Comte doit tenir malgré tout ce qu'il a déjà vécu et vit encore. Venir sur le domaine des Montfaucon est à double tranchant : une aide providentielle au vu de tout ce qui a déjà été par le passé, parce que les souvenirs les plus forts au cœur de la bataille et avant n'ont pas failli, mais des souvenirs qui sont difficiles par la perte tragique de certains personnages.
Les guerres ne sont pas belles, Godefroy a survécu a tellement d'événements avant l'Histoire des Montfaucon, que l'auteure ne doit pas l'aimer à sa juste valeur. (Et paf dans les dents, oups, ceci est ma petite vengeance, niark, niark niark) C'est un homme complexe qui fait peur au premier abord, qui garde ses couches de Shrek sur lui et réussi à faire pleurer l'âne que je suis avec ses émotions. (Promis je déteste le Karaoké !) Depuis le premier tome jusqu'à maintenant, l'évolution des personnages (qui sont encore en vie en chair et en os, en pensées en tout ce que vous voulez) ne cesse. Les Dieux s'amusent, les Dianesses jouent leur vie en prévoyant des sacrifices, des Godefroy se perdent pour mieux se cacher de la douleur, des Sorcha se cachent pour survivre autrement. Et je ne parle pas des autres personnages qui sont dans l'obligation de se cacher, de disparaitre, de camoufler tout ce qui est eux pour réussir à déjouer les plans des ombres maléfiques qui ne sont pas que surnaturelles. Ce tome révèle bien des secrets et nous fait nous poser de nombreuses questions que je ne peux mettre par écrit pour guider celui qui lira cette chronique. Ce que je peux laisser sous-entendre, c'est que tout le monde a quelque chose à cacher et que si certains secrets ne sont pas du domaine de l'état public, d'autres en revanche vont faire très mal.
Venons-en sur Sieur Comte Thomas, un homme bien sous tout rapport ? Impossible de dire non, assurément avec son passé il l'est et je pense qu'il s'oublie. Il vit dans ses souvenirs également et fait tout pour son peuple, mais lui, vit-il réellement ? Des choses se profilent, son mariage me semble... faux en un sens, comme à toute période médiévale où les femmes et les mariages sevraient pour asseoir une position, maintenir un semblant de paix. L'amour dans tout cela ? Un sentiment vite éphémère et pourtant d'autres personnages nous montrent que ce sentiment n'est pas mort, il est plus vivant que jamais et va peut-être soulever des montagnes, à défaut de se cacher dans des souterrains sombres. Revenir sur ses terres, c'est aussi se souvenir des personnages du premier cycle, vivant ou non, ils nous hantent avec ce qui a donné beaucoup de matière et de tourments. Des signes, des détails, des évidences qui peuvent se retourner et puis CETTE évidence qu'il ne faut pas oublier. Vivre comme des compagnons durant des mois ne s'oublie pas, vivre avec des hommes jusqu'à les avoir pour frères reste ancrés en eux et au-delà de la mort elle-même. Qui sait véritablement ce qui ce passe après ? Et si la mort n'était pas une fin en soi ?
Ah non, il y a aussi la boisson et ça, je peux vous assurer que Godefroy est doué pour trouver la moindre goutte qui l'emportera dans un monde d'oubli. Mais pas que cela. Va-t-il devenir fou en plus d'être un ivrogne ? Est-ce que quelqu'un s'amuse à ses dépends en plus d'Amessan ? Notre sage est toujours présent, simplement comme l'homme de paix qu'il est, un peu trop caché derrière ses préceptes qui risquent de lui faire plus de mal que de bien au final. Les événements se suivent sans que nous ne comprenions tout directement et il en reste encore à découvrir. J’émets des hypothèses que je balance à l'auteure de temps en temps, cela me permet aussi d'évacuer ce qui me trotte dans l'esprit pour mieux appréhender ce qui peut arriver. Qui va rester jusqu'au bout de cette saga ? C'est également une question que je me pose tout simplement parce que des prénoms vont et viennent au gré des moments clés. La douleur des pertes est si forte qu'il est difficile de pouvoir gérer le tout surtout lorsque la boisson ne fait plus l'effet escompté. Tout comme avoir les histoires chantonnées, les portraits exposés, les statues et les faucons. Ces oiseaux qui sont présents sans pour autant en faire de trop. Et puis il y a Esmée. La petite Esmée qui fait tout exploser au sens propre comme au figuré autour d'elle. Une enfant qui a besoin d'amour et qui le reçoit, qui s'émerveille d'un rien et adore les faucons.
Esmée est adorable et en même temps elle fait peur. Peur parce qu'elle réveille des souvenirs enfouis, qu'elle présente l'innocence et surtout elle a une capacité de déduction effrayante de vérité. Petite, mais pour autant elle compte également être forte pour sa maman et ceux qui l'entoure. Le lien mère fille est important, les autres liens qu'elle a crée le sont tout autant, car elle perçoit ce que d'autres ne voient pas. Son langage est un peu plus adulte par moment et cela se comprend et à d'autres un fruit qu'elle n'a jamais gouté la rend un peu bébé et c'est adorable. Reste à voir ce qui se cache derrière une scène qui m'intrigue toujours. L'auteure nous embarque dans ce monde de combats virtuels, où les pensées, les pouvoirs, les enjeux politiques ou autres sont énormes et où le mental se doit d'être en acier, ce qui n'est pas toujours le cas. Les émotions sont fortes, la noirceur de chacun ressort par moment, nous montrant bien que ces personnages sont comme vous et moi : humains, avec des forces et des failles. Volontairement je n'ai pas donné tous les personnages qui sont importants pour l'histoire, comme Cyrielle par exemple. Tous ont un pouvoir dans le récit, celui de nous faire chercher à comprendre jusqu'où nous sommes capables de...
En conclusion, un tome basé sur la psychologie des personnages et il y en avait besoin. Les émotions sont fortes, les liens se resserrent, les enjeux politiques menacent le peu d'équilibre, tout comme les ombres malfaisantes qui n'attendent qu'un pas pour engloutir le territoire. Être au cœur des terres des Montfaucon fait revivre l'histoire différemment. La magie, les faucons, mais également le passé de chacun, l'épée au poing ou la hache selon qui nous sommes... C'est une saga qui est prenante, avec un tome plus psychologique et plus dense, un peu d'actions, de la méfiance et surtout quelques secrets qui se dévoilent. Il en reste à découvrir et j'ai hâte de voir ce que sera la suite de cette aventure.
« - Parfois, tu me fais penser à un vieux singe rusé.
- Seul le vieux singe sait comment décortiquer la vieille arachide.
Godefroy s'immobilisa. Il n'avait encore jamais entendu ce proverbe dans la bouche de son frère, et il n'était pas certain de sa signification. Serait-ce lui qu'il comparait à une vieille arachide ? D'un air trop nonchalant pour être naturel, Amessan avançait dans le couloir. Le bougre ! Il ne perdait rien pour attendre ! Néanmoins, Godefroy accueillait cette pique avec soulagement. Même si son frère lui en voulait, il continuait à le soutenir. Et cela n'avait pas de prix. »
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