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Kaldiss, tome 1 : le secret du Jarl (Raquel O. Knyne)

Auteur : Raquel O. Knyne

Éditions : Auto-édité

Paru le : 10 février 2026

444 pages

Thème : Romance Historique

Fait partie de la saga Kaldiss

disponible sur le site de l'auteure et sur Amazon

À ceux qui ont sacrifié le bonheur sur l’autel du devoir.

 

Résumé 

« En l'an 846, à Stiklestad, l'hiver s'abattit avec une violence inédite et fit de nombreuses victimes. La vague glaciale perdura jusqu'à la naissance du premier enfant du jarl. Pour se souvenir de cet hiver meurtrier, ses parents nommèrent la petite fille ; Kaldiss, « déesse du froid ». Vingt-quatre ans plus tard, Kaldiss voit son destin bouleversé par une révélation qui l'oblige à tout quitter. Poussée par un désir de vengeance, elle quitte les siens pour s'infiltrer au cœur d'un territoire ennemi. Dans les forêts norvégiennes, elle se prépare à affronter des épreuves brutales, des adversaires redoutables et surtout, l'homme qu'elle est venue tuer. Dans un monde où survivre est déjà une victoire, jusqu'où ira-t-elle pour accomplir sa vengeance ? » 

 

 Ma chronique

 

Ce n'est pas un livre classé techniquement en tant que romance historique, cela serait plus de la fiction historique au vu des événements que vous raconte l'auteure, même si nous avons un soupçon de romance dans le lot. Kaldiss a 24 ans et déjà un lourd passif. Après des épreuves qui ont fait d'elle une orpheline mise quelque peu de côté, elle a trouvé sa propre famille. Pour autant, rien n'est simple pour elle. Une jeune femme, qui aurait dû devenir le Jarl de ses lieux, même si elle ne le désire pas, va devoir se méfier un peu plus encore. Sa vie n'est qu'un tissu de mensonges et alors que la vérité éclate devant ses yeux, elle doit faire des choix : de ceux qui vont l'obliger à devenir encore plus solitaire. Mais avant cela, nous ne savons pas dans quel pétrin elle va mettre les pieds, mais le prologue nous indique qu'elle va souffrir physiquement. Laissez moi vous dire que ce début n'est rien en comparaison de tout ce qui se passe entre les pages. Oh et la couverture, si vous vous posez la question, sachez que vous avez la réponse vers la fin du livre du pourquoi c'est ce que nous voyons !

Vivre au sein d'un clan, être obligée de regarder souvent derrière soi pour éviter les ennuis, Kaldiss connaît très bien. Même si elle a été recueilli enfant par un homme bon qui a lui-même deux enfants quasiment du même âge que la jeune femme maintenant, elle doit toujours faire ses preuves. Pêcher, combattre, se défendre, réfléchir... Une époque où soit tu es la femme de quelqu'un, la fille de quelqu'un ou alors une serpillère, même si le mot ne devait pas exister. Kaldiss a une douceur en elle et une volonté de fer. Quelque chose la travaille depuis toujours sans vraiment savoir quoi et puis, lorsque son frère adoptif se prépare à se marier avec la fille du nouveau Jarl, ce dernier semble un peu trop regardant de son côté. Des yeux, des questions ou des réponses, des moments de doutes. La panique, l'envie de prévoir une fuite d'une certaine manière, se préparer à l'inévitable, ne pas se positionner en tant que victime, mais au contraire, prendre les devants. Kaldiss n'est pas seule à ce moment, mais il suffit d'une seconde pour que tout bascule. Et la vérité tombe dans ses oreilles. Des mots soufflés, des mots prévus depuis longtemps, des mots qui auraient dû être cachés jusqu'à la fin des temps et nous pouvons nous demander pourquoi maintenant ?

Un secret qui a été couvert par tellement de personnes de son clan qu'elle se sent trahie. Tout a explosé en elle et ce n'est pas la conscience tranquille qu'elle décide de partir en quête de vengeance.  L'esprit est en ébullition et pour une femme de son acabit, elle décide le tout pour le tout : venger l'honneur de son père coute que coute. C'est là que nous sommes encore plus surpris par sa force de caractère. Nous savions qu'elle sait se débrouiller pour se nourrir, pour survivre, mais ce qui suit cette quête de vengeance, nous avons un aspect bien plus large et plus sombre. Kaldiss est capable de tout pour réussir. Obtenir SON but devient une idée fixe, se venger est la pièce maîtresse de sa nouvelle vie. Elle sait où aller, qui tuer, mais le comment reste encore un mystère. Son voyage pour parvenir au sein même d'un nouveau clan ne sera pas de tout repos, mais le pire reste à venir : réussir à intégrer l'élite. Je reste volontairement vaste sur le tout, laissant des indices, des vrais et des faux dans ce que je vous offre entre ses quelques lignes. Le secret qui nous est dévoilé au début est-il si important ? Est-ce que lui est vraiment LE plus important ?

Tant de questions et seuls les Dieux seraient peut-être capable de répondre. Pour l'heure, nous suivons à la trace cette jeune femme pleine d'entrain qui n'hésite pas à tuer pour garder sa propre vie, pleurer sur des inconnus qui ont su lui tendre la main et se lier avec d'autres tout en gardant la méfiance ancrée en elle. La confiance ? Impossible de l'avoir, chacun joue pour sa propre vie, pour un monde, que dis-je un avenir meilleur. Des sacrifices sont à l’œuvre, des machinations, des anciens qui ne veulent aucun changement, des périples barbares, des us et coutumes qui devraient ne plus exister depuis des siècles. Pour autant, même si certains faits ne sont pas forcément dans la véritable Histoire (promis je ne suis pas si vieille je ne peux garantir la vérité) l'auteure a fait un travail phénoménal sur l'époque, les croyances, les vies. Ces "Vikings" qui ont leur propre croyance, leur manière de vivre, de regarder si l'herbe est plus verte à côté, ne sont pas uniques. Ils forment une intrigue unique bien plus sournoise que ce qui est entre les pages. Mon imagination part déjà au-delà de ce premier tome, avec des tenants et aboutissements que je vois venir, véridiques ou non. Peu importe, la vérité révélée semble trop facile, l'envoi trop évident pour assouvir une simple vengeance. Ma question qui me trotte en tête depuis le dernier point final est : Et si tout n'était qu'un jeu d'échec où l'un des Jarls s'amuse avec Kaldiss en pion pour réussir son tour de force ?


Les diverses révélations nous montrent plusieurs systèmes "politiques" en place, voués aux Dieux ou au plus fort. Certains ne désirent que le meilleur, d'autres avoir le droit de vivre en paix. S'allier devient dangereux pour tout un tas de raisons. Comme je l'ai indiqué, faire confiance est impossible, surtout lorsqu'il faut enquêter sur des sujets épineux. Réussir à espionner sans se faire prendre est un art et jouer les doubles espions ? Encore plus difficile. Le passé semble inéluctable et lorsqu'il revient en pleine face et non sur la nuque, il est difficile de faire comprendre les nombreux pourquoi. La trahison comme la confiance n'est pas simple. Les personnages que nous rencontrons par le biais de Kaldiss nous laissent un gout quelque peu amer parfois : une concurrence pour celui qui réussira, mais comment faire réellement alors que nous en apprenons un peu plus sur eux chaque jour et que leur passé est aussi dur ? Si au départ nous pouvions nous dire que tel ou tel personnage ne plait pas pour son regard hautain, sa manière de se cacher, le fait qu'il ne parle pas, les pages défilent et nous donnent les réponses.

Des réponses qui nous font vaciller un peu plus fort. Oui, nous avons envie de mieux comprendre et de voir Kaldiss réussir, mais si au final il y avait autre chose derrière tout cela ? Et si par hasard les dés sont pipés d'avance ? Des épreuves pour des personnages qui ont déjà souffert et le prix à payer est terrible. Je ne dirais pas attention, âmes sensibles s'abstenir, même si je ne vois pas un ado lire ce premier tome pour certains passages (non pas de scènes intimes !), la violence physique est surprenante, mais logique avec l'époque et je dirais même qu'elle est en dessous de ce que je pouvais imaginer. Par contre la violence psychologique est tenace, profonde et ferait perdre les moyens de n'importe qui. J'indique concurrents, car c'est ce que certains deviennent à partir d'un moment dans le récit et le mental doit devenir d'acier. Autant le corps doit être solide à toutes épreuves, guerrier ou danseur, peu importe, le corps doit devenir une arme pour convoiter et gagner. Le mental, lui, doit être opérationnel et capable de se scinder en deux lors de grands moments complexe. Une bataille reste une bataille : la survie en dépend, celle du corps ET de l'esprit, car sans ce dernier, que reste-t-il vraiment ?

Je suis restée donc volontairement en surface sur certains sujets, pas besoin de détails, pas besoin de dévoiler ce qui se passe réellement dans le livre, il faut le découvrir par soi-même et se rendre compte que vous êtes pris dans ses filets. Telle Kaldiss qui est obligée de rester pour se venger, sans possibilité de fuir sans craindre pour sa vie, nous participons à tout ce qu'elle entreprend avec une vision un peu plus large. La vie de chacun est mis en avant afin de mieux les comprendre. Les espoirs de chacun, les forces, les faiblesses, les quêtes aussi nombreuses que les protagonistes. Et puis il y a tellement de thèmes : la confiance en soi, la reconstruction, l'apprentissage, la volonté et cette famille recomposée par des membres défaillants, mais volontaires. Ils apprennent tous à avancer, à suivre des conseils, à comprendre qu'il faut faire attention, être méfiant, mais il suffit de peu pour montrer des liens de fraternité solides comme sauver la vie de quelqu'un, ou à défaut de lui montrer comment s'en sortir tout en gardant le secret. Si vous pensez que cela va aller pour elle, dites-vous bien que de toute manière, à chaque fois que vous croyez que c'est bon, perdu ! 

J'ai adoré Kaldiss, bien entendu, mais aussi ceux qui naviguent autour d'elle : Finn, Askel, Narvi, Erika, Hauk, Brenn, Leif, Viggo, Klenn, Rand, Thorkel, Audar et d'autres encore. Certains sont uniquement de passage, d'autres ont une place bien plus importante qu'un simple lien. Parfois nous nous attachons à l'un d'entre eux et comme de par hasard, l'auteure nous l'enlève et devons voir des prières se former pour leurs âmes. Le côté nordique est très prononcé et j'ai adoré cela, entre les identités, le contexte, l'époque bien sur, les dieux et tout ce qui va avec. La recherche est un véritable travail de fourmi. Nous avons des descriptions de symboles, des explications sans que cela soit lourds dans le texte. Et puis il faut bien le dire, la plume m'a emporté. Les mots défilent, les pages se tournent et en moins de trois jours il était terminé et pourtant je l'emmenais avec moi au travail (autant vous dire que je n'ai pas beaucoup de temps !) Kaldiss est un personnage entier, elle se donne à fond dans tout ce qu'elle entreprend et ne reste pas sur ses acquis. Sa quête de vengeance qui me semblait plutôt compromise au fil du temps l'est encore plus maintenant que ce tome est terminé. Comment faire maintenant ? Je veux dire, comment va-t-elle pouvoir continuer en ayant appris des éléments qui nous laissent nous aussi avec un petit truc en tête : si même maintenant il y a une arme en main lors d'une fin de combat, pourquoi ? N'est-ce pas ? Ah la fin de la question qui n'est que dans ma tête, pardon, mais j'ai envie que vous aussi vous vous posiez des questions. 

L'évolution est constante, alors que nous pensons qu'il y aura une faille, c'est carrément un gouffre ! Réparer une injustice oui, mais à quel prix ? Et puis cette histoire de pièces maitresses sur un échiquier me trotte toujours en tête. Nous, nous avons plus de recul que notre cher guerrière et pouvons être un peu plus à même de comprendre qu'il y a forcément des enjeux plus conséquent, mais lesquels ? Cela reste à découvrir. Kali (ou Kaldiss, il est vrai que je n'ai pas précisé) n'est pas une héroïne qui sauve tout le monde, si elle arrive à sauver ses fesses c'est déjà pas mal. Elle ne découvre pas tout en un claquement de doigts, se méfie de tout le monde et accorde avec parcimonie sa confiance. La relation qu'elle tente d'avoir avec Leif est complexe, comme avec les autres, mais avec lui encore plus pour de nombreuses raisons. Son esprit tourbillonne et ce qu'elle veut faire... Sa raison lui dicte sa conduite et son bras, son cœur semble lui être un frein, car malgré tout, les émotions sont vives. Les nombreux choix qu'elle fait sont pour la plupart dangereux. Son esprit est vif, mais englué dans la colère, comme la plupart des protagonistes. Elle lutte sans cesse pour tout et au vu du monde dans lequel elle vit, tous autant qu'ils sont, sont dans l'obligation de lutter. Pour leur survie, ce n'est pas un choix réel, c'est une vérité. La nature fait partie intégrante également de ce récit, aussi belle et prolifique que froide et dangereusement mortelle. La nature est à l'image même des Hommes, des bons et les autres.

En conclusion, j'ai été happé par le récit sans possibilité d'en ressortir entière. J'ai subi de nombreuses pistes auprès de Kali, tenté de lui montrer le bon chemin, de lui faire entendre raison sans pouvoir la secouer. Les diverses rencontres apportent des éléments nouveaux, dévoilent de lourds passés et des espoirs qui sont de véritables quêtes. La vengeance du départ est un point important, c'est le levier de cette vérité pour Kali, une aventure difficile physiquement et psychologiquement. Les dieux ne semblent pas enclin à être généreux, mais ne dit-on pas que les épreuves forgent le caractère ? Ah le travail sur cette période nordique est phénoménale ! La peur fait partie intégrante du contexte et l'adrénaline est un pouvoir surprenant. Avec tout ce que nous vivons entre ces pages, je peux vous assurer que vous ne verrez plus jamais vos émotions de la même manière !

 

 Extrait choisi :   

 

« Une légère brise caressa son visage, tandis qu'elle émergeait doucement du sommeil. Elle garda les yeux fermés, planant entre songes et réalités, gardant encore un peu cette dernière à l'écart. À l'aveuglette, elle fit l'inventaire de ses sensations : la soif, d'abord, insistante, tiraillant sa gorge, le contact lourd d'une couverture sur son corps, le tissu fin d'un vêtement sur sa peau, et enfin les douleurs. Elle tenta de les lier aux blessures dont elle se souvenait, la plus inquiétante étant celle de sa jambe droite. Celle-ci était raide et douloureuse, mais moins que ce qu'elle avait imaginé. Elle senti un tissu tiède pressé contre sa peau et comprit que quelqu'un avait pansé sa blessure. Le calme fit face à l'anxiété. Qui s'était occupé d'elle ? Où se trouvait-elle ? »

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