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L'antidote (Cynthia Tytgat)

 

Auteur : Cynthia Tytgat

Éditions : Auto-édité

Paru le : 26 aout 2025

232 pages

Thème : Thriller Psychologique

disponible sur Amazon

Jusqu'où l'esprit humain est capable de nous berner ?

 

Résumé 

« Ethan a tout pour être heureux. À 42 ans, il dirige un puissant groupe pharmaceutique américain, mène une vie luxueuse auprès d’une femme magnifique.
Mais un jour, une lettre vient tout faire basculer. Un passé étouffé refait surface, et avec lui, une douleur insurmontable.
Alors commence la plus implacable des vengeances. Un plan minutieux. Un huis clos glaçant.
Sept personnes. Un chalet isolé dans la montagne. Une seule règle : survivre.
Quand la vengeance pousse l’être humain dans ses limites les plus sombres, l’issue devient aussi imprévisible que fatale… » 

 

 Ma chronique

 

"Il a tout pour être heureux", déjà cette phrase devrait vous mettre la puce à l'oreille !Sérieux, démarrer avec ce résumé ainsi ? Dites-vous bien que le bonheur est déjà dans les chaussettes et pas forcément celle du voisin ! Ethan pensait avoir tout pour lui, surtout après le décès de ses parents qui le fait encore souffrir, mais son travail, ses amis, sa femme, il voit la lumière au bout du tunnel. Jusqu'à ce qu'une lettre lui parvienne d'outre-tombe. Papa a envoyé une lettre et depuis qu'il a ouvert ce pli, plus rien ne sera comme avant. Qu'est-ce qu'elle comporte ? Il faudra attendre la fin du récit pour le découvrir, mais sachez qu'il suffit de quelques feuillets pour remettre en cause tout ce en quoi nous pouvons croire. Le luxe a un prix et cela me conforte dans mon idée (pardon, mais là pour le coup...) Avoir de l'argent c'est bien, en avoir beaucoup ? Les yeux sont avides de toujours plus jusqu'à n'importe quel prix ! Mais ne brûlons pas les étapes, loin de là, démarrons par le début.

Dès le départ, la femme d'Ethan m'horripile et même si nous n'avons au début qu'une version de l'histoire, la deuxième n'est pas mieux. L’appât du gain, oups, Amanda préfère regarder son téléphone et lui sourire, plutôt que de parler avec lui. La bourse ouverte ne devrait pas communiquer, pour autant Ethan est toujours amoureux d'elle, il cherche comment la combler (dans le jardin six pieds sous terre ? Un peu de jardinage, ça aide parfois) et va nous montrer ce qu'il traverse. Le déclic ? La lettre, mais pas uniquement. Plus nous avançons et prenons le train de l'enfer, plus nous avons de plus en plus d'indices. J'en parle de suite, j'aurai aimé par moment savoir qui parlait et quand, parce que certaines remontées dans le temps ne sont pas très définissables de suite. Donc la lettre et les indices, puis le trajet où nous comprenons déjà dans quoi Ethan embarque tout ce petit monde : un lieu isolé.

Et pas n'importe lequel : un chalet dans un endroit où il fait froid, où même les voitures ont du mal à venir et nous comprenons que la marche ne sera pas de tout repos, si l'un ou l'autre veut voir le village le plus proche. Il neige, il fait froid, les températures sont bien en dessous du zéro alors bon courage, surtout que personne n'a pensé à prendre d'après-ski, ou de combinaison... Le lieu pourrait être vraiment agréable, si et seulement si tous les évités, pardon, invités n'étaient pas présents pour une raison obscure. SURVIVRE ! C'est dans le résumé, je ne dévoile rien, il va leur falloir à tous de survivre dès que le jeu est lancé. Une escape game de grande envergure où la vie sera la clé de la victoire et ô vous avez 8 heures avant le gong de fin ! Huit heures de survie dans un lieu magnifique, mais pour réussir à trouver la clé du mystère, celle-là même qui va vous permettre de passer au niveau suivant, il faudra jouer stratégie.

Que feriez-vous si vous savez qu'il y a UNE seule chance de sortir vivant, mais que vous êtes sept ?
Devenir égoïste, ou au contraire jouer en commun et prévoir une porte de sortie à plusieurs ? L'esprit humain une fois de plus va frapper et plus nous suivons les personnages, plus nous pouvons comprendre combien les rouages humains sont complexes. Entre ceux qui ne pensent qu'à eux, ceux qui se disent qu'à deux ou plus ils ont plus de chance de trouver et bien entendu de porter secours aux autres, vous pouvez imaginer tellement de possibilités qu'il y a de personnages. Ethan, Amanda, Joy la sœur d'Ethan, Harvey leur oncle, Scott, Duncan, Nolan des amis et collègues de travail. Sept noms, sept identités qui vont devoir regarder plus loin que leur nombril, plus loin que le présent. Si nous ne savons pas pourquoi ils sont tous là, nous comprenons que l'un d'entre eux tire les ficelles (ce n'est pas compliqué, ce personnage arrive à se cacher et à voir tout ce qui se passe) et que les six autres sont dans la panade totale. Est-ce que c'est jouissif de voir le déclin des uns et des autres ? Une fois toutes les cartes en main, OUI, mais avant c'est tout de même dérangeant par moment. 

Ce côté dérangeant, voyeur même remet tout en question. Il ne s'agit plus de détruire une réputation, mais de voir en direct certains actes que personne n'aurait cru possibles. Je ne rentre dans aucun détail, je préfère garder les grandes lignes. Sachez juste que le fameux "l'Homme est un loup pour l'Homme" prend tout son sens entre ces pages. Les cartes distribuées nous donnent déjà des indications sur chaque personnalité. L'avenir est incertain et lorsque nous avons le mot de la fin, le lecteur ne peut qu'être d'accord sur certains événements et pour le reste, je vous laisse décider avec votre propre conscience. En parlant d'elle, Ethan nous montre qu'il n'est pas inhumain, au contraire, nous avons ses pensées, ses ressentis et lui qui se prenait pour un monstre sans émotion nous prouve le contraire. Les choix qu'il fait sont très légers en comparaison de ceux des autres. Le huis clos, cette fameuse sensation d'être enfermé et de ne pas pouvoir s'enfuir ? Ne vous inquiétez pas, vous allez croire que c'est possible juste quelques instants. Peut-être même que les secours vont arriver à un moment donné, qui sait ? Dans tous les cas, l'extérieur ouvrira les portes de ce chalet sur un cerf de toute beauté qui va faire un peu plus que de la décoration.

Vengeance ! C'est le maître mot et pourtant Ethan ne va pas en user de lui-même. Certaines situations donnent matière à réflexion sur certains personnages, dont un qui me disait qu'il y avait anguille sous roche. Désolée, j'avais trouvé ce que je pensais sur deux d'entre eux, pour les autres ? Je n'aurais jamais imaginé cela. Comme quoi nous ne connaissons vraiment personne, que ce soit la famille ou les véritables amis. Enfin à ce stade nous pouvons rayer ce mot sans souci. Les descriptions des lieux coupent certaines actions et cela nous permet de deux choses. La première permet de comprendre que l'auteure nous montre un élément qui va servir à quelque chose. La deuxième fait monter le stress de savoir qui va trouver la clé des champs ! L'Homme, le loup, les cartes, nous avons des personnages qui pourraient être des animaux, mammifères ou non. Les comportements sont liés et ça nous le percevons du départ. Les manières de faire, les mots, les regards, tout est décrypté sans pour autant entrer dans un détail de fou, mais cela se suffit à lui-même.

La survie ? Poussez un animal dans ses retranchements et il montrera les crocs, les griffes, les canines... Jusqu'où serait-il capable d'aller ? Le récit nous dévoile des pistes, des chemins empruntés et surtout des crises de panique, des coups bas, de la méfiance. L'instinct de survie est enclenché. La perversité s'installe. L'instabilité mentale se fixe. Les monstres sont de sorties. Dire qu'il a suffi d'instiller une chose, une seule et unique idée pour obtenir un tel résultat... Ethan n'y aurait pas cru, mais finalement, lorsque nous avons le mot de la fin certains faits ne m'étonnent même plus. J'aurai même cru pire que cela ! Les révélations sont distillées au compte-gouttes au début et pour tout avoir à la fin. Ce que j'ai apprécié, ce sont les petits mots, ces énigmes qui leur font prendre conscience qu'ils sont des minables en puissance (enfin ceux qui le sont). Tout au long de ma lecture, je m'attendais à quelque chose dans le final et j'avais un petit bout (je ne peux dire quoi bien entendu). C'est fourbe, mesquin et complètement fou, mais ô combien très bien orchestré ! Ethan reste profondément humain, il  a ses envies de vengeance, mais il a aussi ce côté mal-être vis-à-vis des heures qui défilent. Les secrets lui ont fait du mal, pour autant il pense encore en tant qu'être humain, comparé à d'autres pris de folie. À moins que... Non, je vous laisse le soin de lire pour savoir ce qui se produit dans ma tête. 

Petits bémols, oui, désolée j'en ai quelques-uns. La police de l'écriture ! On est sur du combien ? Parce que oui il n'y a pas beaucoup de pages, mais un peu plus grand (surtout qu'il y a des marges conséquentes) aurait été mieux. J'ai dû utiliser de la lumière supplémentaire pour lire (après 5 opérations des yeux, la taille plus petite qu'un poche, ouille, c'était difficile). J'aurai adoré plus de détails  sur certains points même si la lettre et les explications de fin donnent les grandes lignes et également, mais ce n'est pas vraiment un bémol, une suite est prévue ? Non, parce que je suis d'accord avec cette fin, mais ceux qui respirent encore, que deviennent-ils réellement dans le temps ? Vous le comprenez que si je n'avais pas aimé je ne demanderais pas une suite, bien entendu !

J'ai adoré les manipulations de toutes sortes, le fait que les personnages soient crédibles que la peur de mourir prenne une place importante. La vérité fait mal et la connaître n'apaise rien du tout, même pas la vengeance. Les épaules sont un peu plus légères, pour autant les cauchemars sont devenus des amis. L'histoire est intéressante, parce qu'elle montre beaucoup sur le comportement humain qui se rapproche de beaucoup de celui de l'animal. Croire ou ne pas croire en une escape game, se poser des questions sur le pourquoi ils sont présents, parce que oui, certains ont encore du mal à savoir pourquoi et pourtant, lorsque le lecteur sait, c'est ignoble, horrible, affreux, à la hauteur de trahison que nous ne penserions pas de nos ennemis. J'ai ri à plusieurs reprises, pardon, mais je ne pouvais pas faire autrement, j'ai eu aussi des frissons de peur à d'autres et de froid (ce n'est pas humain la neige !)

En conclusion, un premier livre pour l'auteure réussit pour ma part, même si quelques bémols subsistent (la taille de la police du texte, quelques manques de complément par endroit et une suite ?). il faut avoir de quoi travailler sur ce type de texte, la psychologie et le réalisme sont criants de vérité et ça, c'est le point le plus important. La lecture est fluide, l'impact de chaque scène nous amène à nous poser des questions sur notre propre conscience. Sommes-nous conditionnés à ce point ? Une idée, une supposition, une croyance dur comme fer... Une clé à trouver dans ce manoir pour sa survie. Et si l'antidote était tout simplement le fait de croire en soi et en sa bonne étoile ? Encore faut-il en avoir une, je vous l'accorde. Le plus ? Les illustrations et descriptions des cartes et des lieux. Un huis clos capable de nous faire prendre conscience que chaque acte a des répercussions sur soi et sur les autres. Une chose est certaine : tout se sait un jour ! Maintenant, vous savez quoi faire.

 

 Extrait choisi :   

 

« J'observai la scène avec un mélange de fascination et de stupeur. C'était évident que je m'étais préparé à cela. J'avais, bien sûr, anticipé que certains, sous la pression, révéleraient leur véritable nature. Pourtant voir cette précision se concrétiser à travers mon écran aussi vite me frappait d'une manière inattendue. Je sentis un frisson glacial remonter le long de mon dos. Ce n'était pas la peur. Ce n'était pas une satisfaction malsaine non plus. Je n'arrivais pas à définir ce que c'était. Peut-être un malaise sourd, une confusion ou de l’empathie ? Je ne savais pas. J'avais toujours cru que leur nature vile ne me surprendrait plus et que j'étais immunisé contre leur noirceur. J'avais tort. »

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