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Auteur : AD Martel
Éditions : Auto-édité
Paru le : 29 mai 2026
425 pages
Thème : Fantasy épique, à partir de 13 ans
disponible sur le site de l'auteur et sur Amazon
Rien n'est plus difficile que de choisir !
« « Jamais un dragon ne trahit son Murmureur. Sa loyauté ne s’éteint que dans le sang. Du moins, jusqu’à ce que l’impensable se produise… »
Depuis des siècles, les Murmureurs et leurs dragons maintiennent la paix sur les terres de Vesperia. En une nuit, cet équilibre vole en éclats. À la frontière du royaume, le corps de la Murmureuse Tiphaine est retrouvé déchiqueté. Son dragon, lui, s’est volatilisé. Est-ce l'animal qui a commis l'irréparable ?
De son côté, Elysandre n’a pas le droit au deuil. À dix-sept ans, elle doit endosser l'héritage de sa sœur et porter la gemme ancestrale qui unit humains et dragons. Propulsée au sein de la prestigieuse Académie des Murmureurs, elle doit apprendre à dompter un pouvoir qu'elle n'a pas choisi. Hier, elle n’était qu’une rêveuse aux mains tachées d’encre. Aujourd’hui, elle est une cible.
Car au cœur de l’Académie, la colère gronde. Pourquoi cet héritage reviendrait-il à une ignorante plutôt qu’à un guerrier aguerri et méritant ? Entre les entraînements rudes et l’hostilité des escadrons, Elysandre joue sa vie à chaque instant.
Mais elle n'est pas là pour la gloire. Elle est là pour la vérité. Pour venger sa sœur, la jeune fille timide doit disparaître. Pour survivre, elle doit devenir une arme.
Car à Vesperia, la vérité a un prix. Et ce prix a un goût de cendres et de sang. »
J'ai eu la chance de faire partie des précommandes et d'avoir réceptionné le broché en avant-première (maintenant, j'attends le collector 3D, mouahahah) La couverture du broché est superbe, j'adore plonger dans le regard du dragon ! Il faut garder en mémoire que c'est un tome unique, à partir de 13 ans. Donc cela reste dans le domaine de l'adolescence et abordable au niveau de la lecture pour cet âge-là. Dès le début, nous assistons à la mise à mort d'un personnage, pas d'identité, pas de pourquoi, mais une déchirure qui se propage au cœur même d'autres protagonistes. Puis nous suivons le principal qui va vivre une aventure qu'elle ne voulait uniquement que dans les livres. Elysandre est dans une école où nous en savons très peu, mais finalement, ce n'est pas important. Quelque peu isolée, elle a malgré tout un ami, Virgile. Tous deux ont un lien d'amitié fort et une bienveillance. Malgré tout, Elysandre disparaît rapidement de cet endroit afin de se retrouver devant la dépouille de sa sœur. 2 et 2 font 4, tout le monde l'aura compris rien qu'avec le résumé nous avons été présent en direct de sa mort et ce drame va se répercuter sur ceux et celles qui l'a connaissaient, qui l'aimaient. Ce chamboulement va obliger Elysandre à faire un choix, celui de découvrir ce qui s'est passé et de trouver le coupable, le vrai. Pas celui que tout le monde désigne, il y a forcément quelque chose derrière tout ce qu'elle a vu.
Le lecteur n'est pas épargné, la violence reste soft c'est bien pour des ados, mais c'est assez imagé pour que l'esprit fasse lui-même ses propres photos. Elysandre est très naïve, elle croit tout le monde, elle pense que tout le monde est gentil, bienveillant, prêt à aider, prêt à l'aider à comprendre ce qui s'est passé. Pourtant elle a vécu de petites choses dans son ancienne école, elle devrait se méfier, mais c'est la générosité personnifiée. Elle m'a énervée à plusieurs reprises, désolée, mais elle est du style à tendre l'autre joue ou ne pas répondre ce qui m'a fait avoir ce regard de pitié sur elle par moment. Passer d'une école plus littéraire à celle de la vie, la termitière devient sa nouvelle maison. Pour autant, rien ne lui sera facilité. Bien au contraire, les autres murmureurs ont dû s'entraîner depuis des mois, des années avant de "voler", c'était leur choix et pas la petite sœur de l'une des leurs. Je vais rester volontairement dans les grandes lignes, car c'est bien plus complexe que cela. Elysandre se confronte à plusieurs murs humains en comparaison où les dragons sont bien plus ouverts et protecteurs. Certaines scènes m'ont fait sourire, Elysandre paraît être le bébé de l'un d'entre eux à la façon dont il la protège, la garde au chaud, et bien d'autres événements encore. Plus nous avançons et plus nous comprenons que sa naïveté la protège sans qu'elle ne s'en rende compte totalement et puis le déclic qui la rend attachante.
Sa stratégie ? Elle n'en a aucune, elle veut juste retrouver celui ou celle qui a tué sa sœur et ensuite ? Refiler sa gemme à un murmureur qui sera qualifié. Un plan où elle ne compte pas finir comme Tiphaine, elle veut retourner à ses chers livres qui disent la vérité. Oui, mais voilà, les plans ne sont pas fixés dans le marbre et tout ce qu'elle croyait va devenir flou. Perte de repère, incompréhension, Elysandre va être obligé de faire de nombreux choix, de suivre son instinct et de faire ses preuves, pour avoir une chance de réussir là où la grande Chandrys n'a pas réussi. Faire ses preuves, tenir bon, ne pas lâcher, se taire, prendre de l'assurance, chercher la faille... à 17 ans rien n'est simple surtout de là où elle vient, seul son cœur peut faire la différence. Et c'est là-dessus que le récit est posé, sur les émotions et les sentiments des uns et des autres. L'envie de protéger les peuples humains est admirable, contre des monstres assoiffés de chair fraîche. Être d'un côté de la barrière ou de l'autre, nous n'avons qu'une version de l'histoire. À un moment donné, nous sommes dans un lieu sombre et Elysandre prend soudainement conscience que certaines créatures, qui sont dangereuses certes, ont aussi le droit de vivre. Les actes sont mauvais, mais pourquoi ? Pourquoi c'est de la violence pour les uns et une survie pour d'autres ? De vrais cas de conscience sont posés par moment et nous font ouvrir les yeux. Qui sont les méchants de l'histoire ?
L'intrigue démarre avec un acte barbare. La suite n'est pas toute rose, c'est vrai et les chemins sont nombreux. Elysandre n'est pas seule. Elle va faire des découvertes aussi bien du côté des animaux que des êtres humains. Son cœur d'artichaut ne lui montre pas tout et lorsque ses œillères s'envolent, elle ne sait plus vraiment ce qu'elle doit faire. J'ai l'impression de voir certains de mes troisièmes en pleine crise de "jenesaispasquoifaire" le sourire aux lèvres, je les laisse se débrouiller, mdr. Pardon, mais c'est trop bon. Pour Elysandre, ses envies passent en dernier, même si elle ressent des choses, ce n'est pas à l'ordre du jour. Son but est de sauver la mémoire de Tiphaine, en quelque sorte, mais cela va aller bien au-delà. Les liens se forment, l'entraide arrive par des détours et cela fait du bien au moral des troupes. Les murmureurs ont un rôle depuis des millénaires (j'exagère à peine). Ils sont là pour protéger les peuples des voraces, des créatures qui déciment les populations. Choisis, formés, ils sont liés eux-mêmes à un dragon. Pas une miniature, enfin cela dépend duquel nous allons regarder de plus près, (chut, je ne dévoile toujours rien!) mais un de ceux qui peuvent atteindre plusieurs mètres de long. Avec des couleurs différentes, des dents immenses et un pouvoir destructeur. Je peux rajouter la patience, la compréhension, l'instinct de survie et de protection et bien d'autres. Mais entre eux c'est un lien qui se forme, par le biais de plusieurs éléments. Et la confiance...
Cette confiance qui n'est jamais acquise. Les actes sont plus parlants que les mots en l'air et ça, les dragons le savent bien. Si au départ j'étais un peu sceptique, je me suis laissée porter par les échanges, les liens, les sensations. Un peu comme avec mon chat, sauf que lui ne me porte pas sur son dos et qu'il crache, mais pas de feu ! Bref, il faut du temps pour s'apprivoiser et se comprendre. C'est ce que nous avons également entre les lignes, les chapitres nous entraînent dans de nombreux questionnements. Avons-nous la capacité, la patience et l'envie d'en apprendre plus sur les autres ? Elysandre de par son parcours et ce qu'elle voulait faire dans son avenir : oui, assurément et cela va beaucoup l'aider. La fragilité de ce personnage nous frappe violemment. Elle n'est pas instable, elle réfléchit et croit ce qui est écrit. Pourtant, même dans notre monde nous savons que les écrits ne sont pas toujours justes, la vue est différente, les mots ne signifient pas la même chose pour tel ou tel lecteur, alors pourquoi cela serait différent ? Un manque de confiance qui amène une guerre sourde, des pertes inéluctables et franchement, il y en a une qui a été surprenante au vu du passif de certains personnages. En même temps, vu la taille de certains sauvages, la Révolution française semble bien en-dessous de ce que nous allons avoir la chance de participer ! (Ce n'est pas hyper français, je vous l'accorde, un souci dans mon cerveau, je le sais, mais je fais avec).
Combats ? Oh oh, oui, il y en a quelques-uns et ce n'est pas joli à lire. Ouf, j'ai failli mettre à voir, mais c'est un peu cela. Les descriptions nous donnent assez de manière pour imaginer et voir les lieux, les morceaux arrachés (en même temps, nous avons des dragons et d'autres créatures qui ont faim). Les actes suffisent en eux-mêmes pour comprendre qu'il s'agit de survie pour les humains, mais aussi les autres créatures qui peuplent la terre. S'ils existent, c'est qu'il doit y avoir une raison, pas vrai ? Je reste un peu sur ma faim avec le final, qui clôture ce tome unique c'est plus que certains, mais j'avoue qu'un peu plus m'aurait plus. Sur cet avenir entraperçu dans l'épilogue avec forcément des épreuves qui viendront encore, même si le plus gros a été conclu.
Parlons un peu personnage, pas forcément par ligne d'arrivée, mais j'ai besoin d'évacuer quelque chose. Si j'ai compris ce que ressentait leur mère vis-à-vis de Tiphaine, la grande sœur décédée, je reste sur ma faim sur la façon dont elle traite la plus petite Elysandre. Je n'ai pas compris ces mots, cette violence verbale et j'attendais des explications à un moment donné que soit j'ai loupé, soit pas arrivées. Ensuite, nous avons Virgile le meilleur ami (vous la voyez la poutre dans l’œil de Elysandre ?) puis ses compagnons d'infortune, les murmureurs : Nina, Marcus, Ashalata, Nicklaus, Valérian (lui est un vrai boute-en-train de malheur... ironie quand tu nous tiens) et puis nous avons la joie de voir des hauts placés tels que la grande Chandrys (une secte à son nom existerait ?) ou encore Shepherd (un caractère bien trempé digne d'un commandant de l'armée) et bien d'autres encore qui vont et viennent au gré des missions de sauvetage, d'attaques ou tout simplement pour jouer les... espions ?
Même si c'est à partir de 13 ans, l'auteur use de mots qui n'infantilisent pas le lecteur, merci pour les adultes comme moi, mdr) et nous avons beaucoup d'éléments entre ces pages. Le partage, l'incompréhension et son contraire, les liens entre êtres vivants, les contacts, l'expérience, l'apprentissage, la solidarité, la quête de soi et du pourquoi. La vengeance est un point de départ, le pardon la fin de la quête. Ce qui se cache derrière ces dragons et les murmureurs est bien plus complexes que ce que nous avons dans le résumé ou dès les premières pages. Un animal qui n'est pas sauvage ne le devient pas en un retournement de situation, il y a quelque chose derrière, nous le voyons bien avec des chiens, par exemple. Comme tout récit que j'ai pu lire pour le moment de AD Martel, c'est plus profond qu'une recherche de qui à fait quoi. Peu de douceur, les moments sont ponctuels, juste assez pour relancer la machine. La douleur est permanente, qu'elle soit physique ou mentale pour tous. Il n'y a pas de juste milieu, pour le moment, mais la stabilité se gagne petit à petit. Pour être un murmureur, il faut du courage certes, mais aussi de la générosité et bien plus encore. Les conflits existaient avant le début du récit et certains continuent après. Parfois le courage ne suffit pas, alors la détermination prend la place et ce ne sont pas des béquilles qui vont stopper l'un l'entre eux pour effectuer son travail.
L'univers de Vespéria (oui je n'avais pas encore écrit son nom) est riche en éléments, en sentiments, émotions, lieux, coutumes, récits historiens, de botanique aussi. La moralité est surfaite, comme partout, non je ne voulais pas l'indiquer ainsi, mais trop tard, mes doigts sont devenus indépendamment de ma volonté ! Ce qui fait la différence ? C'est LE choix, celui de faire le bon, pour le plus grand nombre ou pour que tous puissent vivre dans un minimum de paix ? La politique reste légère dans ce contexte, j'aurai pensé en avoir un peu plus, mais comme nous sommes surtout sur l'enquête du meurtre de Tiphaine, quelques notions supplémentaires n'auraient pas fait de mal, je pense. Beaucoup d'amitié en tout genre, un soupçon de brin d'amour qui se profile sur les dernières pages et sur un mot ou deux par endroit. Ce n'est pas une école de dragonnier que nous avons réellement pour Elysandre, car elle va avoir droit à la version accélérée, à savoir pourquoi commencer par le début, autant la lancer dans le grand bain des airs. Si l'intrigue semble légère au début, c'est juste pour mieux vous flouer ! Nous suivons leurs évolutions, celles de tous les êtres vivants et savons une fois le livre refermé que le monstre n'est pas celui que nous pouvons croire, où que nous soyons.
Et bien entendu, les autres créatures de l'univers. Les dragons forcément, puisqu'ils sont au cœur de tout. Les mystères qui les entourent, leur propre vie, leurs émotions, leur façon d'agir de protéger ou de tuer. Ils ne sont pas domestiqués, ils ne sont pas plus sauvages non plus. C'est plus complexe, doués de pensées, de réflexion, l'un d'entre eux m'a fait forcément penser à Krokmou, sa capacité d'être aussi bien un ange qu'un démon, prêts à protéger ceux qui le méritent, à jouer aussi, à avoir besoin de chaleur. Je pense à Azura bien entendu, qui est un amour et ne comprend pas un fait qui fait mal au cœur, mais aussi à Mirage. L'univers de ces dragons semble régit sur des règles et nous les apercevons parfois. Et puis nous avons aussi les voraces, des créatures qui semblent tout détruire sur leur passage, mais pourquoi ? Plus nous avançons dans le récit, plus nous en apprenons plus sur les gemmes, la possibilité de protéger les villages, mais aussi le pourquoi les voraces sont ce qu'ils sont. Contrôler une espèce différente n'est jamais simple, d'où la confiance. La connexion entre les créatures existe et les sensations échangées font fortes impressions. Au moins avec eux, il n'y a pas de trahison, de méfiance, de mensonges ou autre, les dragons ont le cœur pur !
En conclusion, c'est un tome unique où nous avons un univers créé de toutes pièces riches en éléments. Le point le plus fort serait cette connexion entre les dragons et les murmureurs (ça tombe bien, vu le titre me direz-vous !). Passer d'une enquête sur la mort d'un personnage pour en arriver à décortiquer autant d'intrigues et de sentiments sans se perdre, c'est vraiment de très bons enchaînements. Des moments de calme, de questionnements, une évolution légère du personnage principal, des caractères qui se dévoilent au fil des pages... Nous comprenons bien que parfois s'attacher à quelqu'un fait beaucoup de mal lorsqu'il nous quitte. Bien qu'il reste assez léger pour une personne de mon âge, (imaginez, j'ai un fils de 20 ans) il se lit très bien. La plume est fluide, les mots coulent de source et le suspense nous tient jusqu'au bout ! Sans oublier les divers thèmes important qui suivent la vie d'une manière générale. J'aurai personnellement aimé plus de détails et de descriptions sur quelques points dont j'ai déjà parlé dans ma chronique. Bien, voici la question existentielle : Qui a envie de faire un tour en dragon ?
« Tant de vies dépendaient de cette mission. Le poids des responsabilités l'écrasait et lui donnait la nausée. Et s'ils ne réussissaient pas ? Et si l'un d’entre eux était touché ? Les consignes étaient claires : ils devaient tenir leur position jusqu'au bout, qu'importe la fatigue et les éventuelles blessures. Ils n'auraient pas le droit qu'à une tentative, une seule, car les voraces changeraient alors de nid et tout serait à recommencer. Pire, leur nombre rendait la manœuvre périlleuse. La moindre brèche leur permettrait de s'enfuir et les dragons seraient vite dépassés. Ils devaient opérer en équipe et rester coordonnés s'ils voulaient survivre. »
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