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Auteur : Maxime Klein
Éditions : Auto-édité
Paru le : 15 Octobre 2025
392 pages
Thème : Thriller psychologique
disponible à la FNAC et sur Amazon
Quelles sont les limites à ne pas franchir ?
« Il suffit parfois d'un objet, d'un instant, d'un hasard pour que s'effondrent les mensonges patiemment construits pendant des années.
À Annecy, Jean, quadragénaire, traverse la pire période de sa vie. Burn-out, chômage, solitude... Seules ses parties de tennis lui offrent encore un semblant d'évasion. Jusqu'au jour où une simple balle égarée le mène vers des secrets enfouis. Des manipulations oubliées.
Des vérités que personne n'était censé découvrir.
De ce petit rien qui change tout, les révélations s'enchaînent telles un mécanisme implacable. Et Jean comprend peu à peu qu'il ne connaissait ni les autres ni lui-même.
Jusqu'où peut-on aller pour protéger ceux qu'on aime ? »
Et si tout repose sur un seul choix qui n'a pas été effectué correctement ? Jean a roulé sa bosse avant d'avoir plus de 40 ans. Deux temporalités sont intégrées dans ce récit, l'avant avec sa solitude et son burn-out, l'après avec son envie de s'en sortir... ou pas. Un homme qui avait des idées, des choix, des barrières à ne pas franchir, comme tromper sa femme ou ne pas vouloir d'enfant, pardonner à un ami ou au contraire le rayer de sa vie. Des franchissements, des choix, des moments clés dans la vie d'un homme qui sont exposés et nous font réfléchir également. À un instant T de notre vie, nous pensons être sur et certain de ce que nous voulons. Lors de mes 19 ans, j'étais persuadée de vouloir être mère, je me sentais prête, mais pour cela il faut être deux. C'est arrivé bien plus tard, trop tard ? Je n'en sais rien. Jean lui, ne veut pas d'enfant à un âge où il préfère encore profiter et vivre à deux. Avec Juliette il refait le monde juste eux deux, sans vraiment discuter. Une ligne est franchie et puis une autre, des amis qui semblent importants, plus que des frères ou un père, mais finalement, est-ce que nous connaissons vraiment notre entourage ?
À cette question, je peux vous dire que non, il faut qu'un malheur vous tombe dessus pour comprendre (croyez-en ma vieille expérience mdr). De 1995 à 2017, de Paris à Annecy, nous avons des parties entières de ce qu'il a vécu, de ce qui lui a fait prendre conscience que ceux et celles qui l'ont entouré ne sont pas ce qu'il paraît être. Le coup de massue, le premier qui fait un choc qui est capable de vous faire fuir ou au contraire de vous enfermer dans un mutisme déprimant. Chaque personne réagit de manière différente à la douleur, la trahison, l’amertume, le dégoût de soi ou des autres. Nous suivons Jean dans son propre enfer. Il pensait avoir tout pour lui, un choix qui lui a été proposé et nous le retrouvons avec une balle de tennis dans un terrain vague. Lui qui joue justement à ce sport va être intrigué, comme le dessin dessus. Le hasard fait bien les choses ? Est-ce que ce n'était que le hasard ? Peut-être, ce n'est pas la question du jour. Non, nous sommes avec lui, en train de récupérer cette balle jaune, rebondissante qui va l'aider à ôter ses œillères.
Rien n'est simple dans la psychologie humaine, parce que nous réfléchissons tous de manière différente que notre propre vécu est également une zone qui n'est pas toujours égalitaire et nous ne nous confrontons pas de la même façon aux divers obstacles que la vie nous met en place. La vie, ou le destin, ou autre chose... La manipulation ? Le chemin que Jean parcourt est pavé d'embûches certes, mais il ne se connaît pas encore, même en 2017. Il se cherche encore, essayant de combler les trous de sa propre vie, tentant d'oublier un passé sombre qui lui a fait beaucoup de mal. Un père présent, sans, pour autant qu'il soit un père comme un enfant aurait voulu, une mère aimante et tout le reste... C'est un récit de vie qui nous est proposé avec des lignes de vie qui se croisent, s’entremêlent, se défient, s'étirent à l'infini. Certains faits ont été complexes pour ma part, justement à cause de mon vécu. L'auteur l'a su, les mots utilisés lors d'un certain événement m'ont fait repartir en 1999 justement, dans les mêmes faits, les mêmes actes. La justesse des mots de l'auteur m'a frappé, parce que la réalité et la fiction se sont entremêlées. Parce que MES souvenirs ont trouvés une résonance dans le texte. Et puis d'autres faits qui eux font réfléchir encore plus.
Les mots sont des paroles en l'air, rien de vraiment concret en soi. Les actes sont ce qu'il y a de plus vrai. Et pourtant, certains actes deviennent problématiques, mais pas en une seule fois. Non, nous sommes poussés sans le voir, sans le savoir, sans vraiment comprendre le pourquoi nous en sommes arrivés là, à un tel stade qu'il est devenu impossible de revenir en arrière. Même si nous désirons recommencer à zéro, la mise à zéro de l'ordinateur ne permet pas ce phénomène. Ce qui a été fait le reste, avec les conséquences que cela peut comporter. Protéger les siens, nous pouvons le voir dans la nature, avec les animaux, une mère défendra toujours son petit quitte à y passer. Une nature qui montre les liens entre les membres d'une même famille recomposée ou non. Les Humains ont une conscience et tout ce qui va avec : le subconscient, l'inconscient, les barrières imposées par la société et aussi par nous-mêmes, le besoin de protéger. Ce besoin qui semble prendre le pas sur tout le reste, sur une logique qui n'existe que dans la conformité ? Des mots qui devraient prendre un sens, qui devraient montrer l'exemple pour soi, mais qui finalement sont détournés et donc capables d'amener n'importe qui dans une situation périlleuse.
La vie de Jean n'est pas la seule impactée dans tout ce que nous découvrons. Juliette oui, mais aussi Philippe, Maxime, Sarah, Julien, les parents des uns, l'avenir des autres. Chaque acte, chaque regard, chaque geste devient une véritable étude à décrypter. Est-ce que les mots prononcés sont vrais ? Est-ce que la vérité sort vraiment de la bouche de l'un d'entre eux ? Entre des jeux de manipulation, des moments de doutes, le pire serait de devenir ce que nous détestons le plus, pas vrai ? Et pourtant, cette fameuse limite à ne pas franchir, cette barrière si grande s'effrite et laisse entrapercevoir ce que nous ne voulons pas. Et c'est là que le pas fatidique se dépose, lentement, mais inexorablement. Un pas de trop, un geste de trop, un mot de trop. Trahisons, mensonges, non-dits, certitudes qui s'étiolent, le quotidien d'un homme qui a déjà vu une partie de sa vie disparaître en fumée ne veut plus jamais revivre ça. Pour y parvenir, il va franchir un obstacle de taille, sa propre conscience. Pour sa survie, pour celle des siens, pour qu'il ait un avenir.
Est-ce que cela vaut le coup ? Seul celui qui est concerné peut le dire. J'ai souvent entendu qu'il vaut mieux une petite vérité qu'un gros mensonge et c'est ce que Jean va appliquer. Les réflexions nous poussent plus loin, parce que derrière un écran, ou en tenant un livre nous nous disons que c'est impossible, cela ne peut pas arriver. Sauf que cela ne nous touche pas, pas nous, que c'est impensable. Ce qui se passe n'est pas dans notre vie. Sommes-nous donc capables d'aller aussi loin pour protéger ? Ce récit ne serait pas aussi bon sans la plume percutante de l'auteur : pas besoin de chercher un grand nom dans l'édition, celui de Maxime Klein suffit largement dans ses choix de mots, dans sa manière de présenter le sujet et dans le récit en lui-même. Une révélation était vue d'avance, comme le nez au milieu de la figure, mais tout cela pour cacher bien plus que ce que nous pouvons croire. Cette plume m'a emporté rapidement, le livre se dévore littéralement, avec quelques pauses bien senties par endroit pour reprendre notre souffle. Des instants forts, des moments plus calmes et puis le déclic. La décision de tout recommencer qui s'installe pour Jean et nous repartons de plus belle sur Annecy. Une ville que je ne connais que de nom, mais l'auteur m'a donnée envie de la découvrir également.
La vie d'un homme simple, des choix malheureux par moment pour en arriver à un point final de ce récit. L'enchaînement est lent au début, nous cherchons à comprendre ce qui se passe, c'est bien beau de suivre la vie d'un homme au chômage,qui trouve une balle de tennis, youpi, mais après ? Justement, cet "après" intrigue, gratte, démange, devient intéressant et interroge. Nous avons les couches qui s'enlèvent les unes après les autres et nous découvrons l'ampleur de ce qui l'a entouré durant ces années. Des faits les uns après les autres qui mis bout à bout montent l'angoisse de l'inacceptable devenu acceptable. Comment continuer à vivre dans une maison si ses fondations sont en carton ? C'est un peu ce qui se produit, un enfant avec une expérience douloureuse, devenu adulte trop vite, perdu dans un monde trop grand pour lui avec des ficelles qui l'ont amené là où le marionnettiste le voulait. Et ce n'est pas le seul, loin de là. La fiction dépasse la réalité, ou l'inverse ? Peu importe, nous ne connaissons pas vraiment nos amis, nos parents, peut-être même nos enfants. Des jardins secrets existent, des terrains en terre battue s'imposent et le besoin viscéral de faire taire une colère prend le pas.
Je pourrais continuer encore à vous laisser mon ressenti sur ce livre, restant en surface, n'entrant que dans les grandes lignes de l'histoire de ce Jean qui de loin ne paye pas de mine, de près est un véritable concept. Plus vous allez avancer, plus vous comprenez que l'auteur ne dévoile pas tout son jeu en une fois. Il laisse des objets, des miettes de pain par endroit, des mots qui éclatent telles des bulles de savon. "Le bonheur ne tient qu'à un fil" prend tout son sens. Il faut savoir couper le bon pour rester debout en toutes circonstances. Tout n'est que détails imperceptibles par moment, trop gros à d'autres afin de cacher une vérité qui fait mal et qui fait peur. Des émotions qui augmentent à chaque page tournée. La peur, ce sentiment d'impuissance qui peut rendre mauvais n'importe qui, qui pourrait même faire devenir un loup un agneau. Vivre après tout cela ? Après autant de mensonges et de découvertes de sa propre vie ?
En conclusion, je n'en ai pas de toute faite, loin de là. Si vous recherchez un livre qui va vous faire réfléchir, n'hésitez pas. Si vous désirez suivre la vie d'un homme simple tourmenté par son passé et le voir évoluer pour avoir le droit à un peu de bonheur ? Allez-y ! Si vous désirez comprendre les rouages de personnages qui n'hésitent pas à jouer avec la vie des autres ? Foncez ! Et je pourrais vous poser de nombreuses questions sur la paternité, le couple, la famille, l'amitié, la santé. C'est un récit qui ne laisse pas indifférent. Une histoire où se mêlent de nombreux besoins pour les personnages dont je n'ai fait que nommer. J'ai volontairement tu certaines grandes lignes parce qu'il faut découvrir sur le terrain de jeu. Les émotions montent crescendo tout comme la plume enivrante qui ne lâche rien. Il n'y a pas de jugement à avoir, juste la certitude que l'Homme est capable de tout pour protéger ce qui lui appartient. Il suffit de peu pour trouver la lumière et de beaucoup pour réussir à la garder loin des ténèbres.
« J'étais seul, avec pour seule compagnie une colère sans nom et l'immensité d'un présent vide, privé de sens, privé de chaleur. Plus de compte à régler, plus de personne à appeler pour vomir cette haine. Je devais maintenant l'apprivoiser, la sentir croitre en moi et me ronger lentement, inexorablement, jour après jour. Je regardais ses appels s'accumuler, semblables à des feuilles mortes emportées par le vent, éparpillées sans jamais trouver le sol où se poser. Ses messages arrivaient, d'abord hésitants, tâtonnants, puis de plus en plus désespérés, comme si elle cherchait frénétiquement une formule magique pour effacer l'irréparable. »
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