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Auteur : Amina Archer
Éditions : Auto-édité
Paru le : 04 juin 2026
524 pages
Thème : Fantasy/SF
disponible sur le site de l'auteure et sur Amazon
Les règles changent !
« Il rêvait d’être roi. Il ignorait le prix de la couronne.
Len n’a qu’un objectif : monter sur le trône. Dans le royaume de Kan, les mondes parallèles sont une promesse de merveilles, et le pouvoir du Hæl fait la fierté du souverain. Devenir roi, c’est maîtriser cette puissance, et comprendre ce qui fait la grandeur du royaume. Alors lorsque le roi appelle ses héritiers potentiels, Len saisit sa chance. Mais tout bascule lorsqu’il découvre un corps que personne n’aurait dû trouver. Ce qu’il croyait être une simple rivalité cache un complot bien plus vaste. En cherchant à comprendre ce qu’il a découvert, Len s’attaque à des forces qui ne comptent pas le laisser continuer.
Sa quête de justice le condamne. Exilé dans un autre monde, sans aucun moyen de retour, Len n’a plus qu’un choix : avancer.
Traverser les mondes. Survivre. Comprendre. Et rentrer chez lui, quoi qu’il en coûte. »
Avant de démarrer, il s'agit de la réédition de "Tueur de monde", du même auteure (eh non, je ne l'avais pas lu à ce moment-là) paru en 2022. Il revient sous "L'exil du prince" et j'ai eu la chance de pouvoir découvrir cette plume magnifique ! Je démarre fort, mais je vais continuer tout du long ainsi. Autant être honnête du départ, je n'ai absolument rien de mauvais à dire si ce n'est que j'aurai adoré le lire plus tôt ! Merci Amina pour cette lecture et maintenant place à ce que j'en pense, parce que, oui, c'est le but du jeu.
J'aime beaucoup la couverture et en s'y attardant, nous pouvons comprendre pas mal de scènes qui se déroulent au cœur même de ce récit unique en son genre. Le prologue démarre sur un côté suspense insoutenable qui va vous grattouiller le cerveau durant votre lecture. Un scientifique fuit sa propre planète avec une expérience entre les mains, pour la survie. Il faudra garder en tête ces éléments de départ, car nous allons suivre plusieurs personnages dans des mondes parallèles. Un côté "Slider" pour ceux qui connaissent la série des années 90 (ouais ouais je suis une vieille) et même Stargate SG1 que j'ai adoré. Mais pas que ! Bien au contraire, une poignée est capable de traverser les mondes grâce au Hæl dans le monde dans lequel nous allons commencer l'aventure auprès de Len, puis... Puis vous allez apprendre énormément sur d'autres... civilisations qui nous ressemblent. Ce n'est pas le but premier de voyager entre les mondes, au départ, nous sommes auprès de Len, un des 6 princes qui ont reçu une invitation : le Roi va choisir son successeur et il en fait donc partie ! Lui qui a déjà effectué bon nombre de missions, d'évolutions, cet adolescent de 18 ans se voit déjà sur le trône, parce qu'il est le chouchou du roi. Il est celui qui le voit comme celui qui est capable de tout. Len ne voit que par lui et considère sa vie comme un chemin pour devenir roi. Sauf que tout ne se passe pas comme il le désire. Et c'est là que son monde va basculer.
Je n'en dirais pas plus, je redonne les bases du résumé en ôtant quelques éléments et en rajoutant d'autres sans rien dévoiler de l'intrigue de base. Len est un personnage qui pense être un adulte alors qu'il a encore des réactions d'enfant. Il est doué dans ce qu'il a entrepris, étant devenu un Prince deux ans avant l'âge requis et pense, non pas que tout lui est dû, mais qu'il doit avoir cette couronne, parce que c'est ainsi. Parfois il fait penser à un enfant capricieux et gâté pour autant il n'en est rien avec ce que l'auteure nous dévoile de son passé. Le fait qu'il soit doué avec le Hæl rend les autres jaloux. Ils le mettent de côté et c'est dans ce manque d'être entouré qu'il doit survivre et devenir quelqu'un. Des souvenirs biaisés, un manque d'attention et un trop plein de l'autre, lorsque les événements s'enchaînent avant d'arriver aux portes du château du roi puis lors de la cérémonie, le destin de Len bascule. La couleur rouge devient malheureusement sa meilleure amie et c'est aux portes de la mort qu'il va découvrir que si dans son monde il est un prince obligé de fuir, ailleurs ? Il n'est rien de plus qu'un cafard. Je sais la comparaison n'est pas sympa, mais c'est ainsi qu'il va le comprendre.
Len ne doit sa survie que grâce à un autre homme, Naans, tout aussi perdu que lui dans un monde qui n'est pas à lui. Et là, d'autres questions interviennent. Avec le prologue on se gratte la tête et on met de côté, nous nous disons que nous saurons en temps et en heure la vérité. Avec les premiers chapitres suivants Len et son monde, les complots sont bien présents, les trahisons pour une couronne et un monde coupé en plusieurs dont certains n'ont pas le droit de vivre correctement. Et puis nous arrivons auprès de Naans qui nous montrent encore autre chose. La survie, la vraie dans un lieu inconnu, avec des obligations pour rester en vie, pour trouver le moyen de regagner sa propre planète, sans condition. Naans est différent des habitants, tout comme Len. Nous n'avons pas les débuts dans ces lieux, mais nous savons que c'est difficile, par des flashs-back, par des moments clés, des pensées, des actes et la manière de ne pas vouloir s'accrocher à quelqu'un. La peur de perdre un ami ou la famille, la peur de rester bloqué, de devoir continuer à vivre en sachant des choses que d'autres ne connaissent pas. Mais aussi le courage d'avancer pour un mince espoir, celui de peut-être réussir à modifier la trame de l'espace, du temps, du destin qui est en marche.
Les rencontres sont des événements importants dans le récit. C'est grâce à elles que nous pouvons comprendre comment chacun d'entre eux fonctionne. Les regards, le langage qui vient du physique, la parole qui ne peut se faire, car les mots sont différents, la méfiance, l'exploitation, le troc... Je vous mélange le tout parce que c'est ainsi. Nous apprenons à ne pas respirer trop fort lorsque l'un des personnages avance à tâtons parce qu'il est blessé, que le monde qui l'entoure est hostile ou tout simplement parce qu'il doit se cacher. La machination est grande, les dangers sont terribles et l’ignorance encore plus. Ces rencontres les font tous grandir et apprécier le peu qu'ils ont, quand ils leur restent quelque chose. Le récit est fourni, travaillé, passant d'un soupçon de science-fiction à de la fantasy, se mêlant les uns aux autres sans compromettre l'Histoire en elle-même. Entre les pages nous ressentons énormément de choses, des émotions violentes, des sentiments ambigus. Nous subissons en même temps qu'eux les effets des divers mondes dans lequel nous posons les pieds. Parce qu'il ne s'agit pas uniquement de Len qui est confronté à l'horreur de la perte, parce qu'il n'y a pas que sa petite personne qui est en danger.
Le danger justement ne provient pas toujours des autres. Les changements que nous pouvons apercevoir sont très légers au départ. De la haine, de l'indifférence, l'envie de laisser tomber ce qui n'est pas soi, jusqu'à se rendre compte que l'insecte insignifiant à qui l'on a sauvé la vie, ou qui a su sauver la sienne, fait partie de nous d'une manière que nous n'aurions pas cru. Si les caractères restent à peu près les mêmes, nous comprenons que l'attachement des uns aux autres se fait dans la douleur, la peur, l'incertitude, la violence. Quand j'indique violence, je ne parle pas forcément entre eux de manière volontaire, quoique... Disons que les événements font que c'est chacun pour sa peau qui se met souvent en place. Le voyage n'est jamais simple, surtout quand le passeport ne sert à rien. Des efforts vont devoir s'effectuer entre eux pour se comprendre, pour s'entraider. Oh cela ne sera pas de la joie profonde avec des rires, mais nous aurons des moments où le silence fait office de sourire. Chaque monde apporte donc son lot d'épreuves, car le Hæl n'est pas partout, qu'il n'est pas forcément connu, que les armes n'ont de noms que pour ceux qui les connaissent, que parfois l'entraide n'est pas forcément pour tous. Et parfois, nous tombons sur quelque chose de vivant qui ne nous veut que du bien, mais pour le comprendre, il faut être à l'article de notre fin de vie.
La plume varie en fonction des personnages qui nous raconte son point de vue. Que ce soit à la première ou la troisième personne, nous prenons vite le pli. Forcément, les prénoms en début de chapitre nous indiquent qui est à la suite et il est facile ensuite de comprendre ce qui se trame dans les esprits. La manière dont ils ont été traités, dont ils ont vus certains actes, dont ils ont dû apprendre seuls... Et puis le fait de prendre le langage apprit entre eux pour écrire comme ils parlent, avec certains mots manquants, avec les tournures de phrases qui nous font comprendre que oui, le temps a passé, mais les efforts sont là. C'est comme lorsque nous apprenons une nouvelle langue, nous faisons des fautes de syntaxe, de grammaire et c'est ce que nous avons et franchement cela monter la ténacité des personnages pour se faire comprendre en plus de la complexité initiale. C'est une belle surprise et je n'ose imaginer le travail fourni juste pour l'écriture, alors pour l'intrigue, c'est phénoménal ! C'est complexe à souhait, dérangeant par moment en montrant véritablement l'Humanité dans toute sa splendeur et puis cette histoire de sauver son monde oui, mais au détriment des autres ? Comment réagir ?
C'est original, pas de doute pour moi, ce mélange ? Je l'ai adoré avec ces rajouts de dystopie par endroit ! Sans oublier les mesures de poids, taille, distance... Et que pourrais-je bien dire des personnages ? Parce que oui, je vous ai parlé vite fait de Len et de Naans, mais il y en a d'autres à découvrir. Je pense en premier à Moh qui a énormément de mérite et qui croit en son prince. Je revois également le vieux Sam qui a une vision des choses pertinentes. Et puis les plus grands, comme A'Rie, alors lui je ne sais pas trop sur quel pied danser avec ce roi qui est dans une position instable et pourtant n'hésite pas à donner certains ordres. Ou Riu qui est tel un enfant encore en train d'apprendre à marcher avant de pouvoir courir comme il le fait. Et nous en avons d'autres, nous faisons de courtes rencontres parfois plus longues, Qmel, Ammen, Ania, Hile, April... Nous gardons en nous leur espoir, leur défaite, mais aussi tout ce qui a fait qu'ils sont présents dans le récit. Une pierre a un édifice pour la faire avancer, un simple caillou qui fait encore mal dans un souvenir ou au contraire le portrait qui donne la force de combattre. Être dans la tête ou les mains, ou encore les jambes pour ceux qui arrivent encore à marcher est une chance parce que nous pouvons mieux comprendre aussi bien les actes que les appréhensions.
Les règles changent à chaque saut, avec ou sans magie (le fameux Hæl j'oubliais) avec des armes automatiques (ou pas et quelques scènes courtes qui sont un peu sanglantes), avec de l'entraide, avec des catastrophes naturelles, avec une milice qui eut votre tête, avec un dévoreur de monde capable du pire comme du... pire ! Il est vrai que même si j'ai apprécié Len, je reste sur Naans en personnage que je place tout en haut. Attention, je vais juste vous dire qu'il est comme le Colonel O'Neal, donc même s'il a une formation certaine, débarquer dans un monde inconnu, hostile et sans possibilité de revenir est une épreuve que personne n'a envie de découvrir. Avec tout ce qu'il a vécu avant de plonger dans ces voyages, sa force de caractère reste inchangée même s'il a des doutes. C'est un personnage qui mérite sa place dans ce récit et avec la fin indiquée, j'imagine ce qui pourrait arriver, mais ça, c'est à notre bon vouloir. Les amitiés formées sont comme les alliances, pas toujours évidentes, pas toujours avec confiance et pourtant elles arrivent à se greffer avec beaucoup de lenteur et repoussant les limites. D'ailleurs ces fameuses limites sont partout, physiquement, mentalement, émotionnellement. Il faut réussir à comprendre l'autre parfois qui ne s'exprime pas avec les bons mots ou qui n'a jamais connu autre chose que les ordres. Penser par soi-même est aussi quelque chose qui se met en place.
« Elle n'est pas le résultat de mon commandement, mais bien d'une rage venant de affronts subis. Ce n'est pas son sens du devoir... mais ses convictions. Aucun ennemi n'est pire que celui qui croit avoir raison. Alors, comme toujours, j'ai coupé le mal à la racine. Pourtant, la racine est forte et trouve chaque fois un moyen de recréer des vagues. Dix ans d'incertitudes, dix ans de doutes, ils prennent fin aujourd'hui.
- Adieu. »
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En conclusion, c'est un récit que j'ai adoré du début à la fin, surtout lorsque nous comprenons le prologue. Une histoire qui sort du lot avec plusieurs thèmes, SF, fantasy, dystopie, sans pour autant que l'un prédomine sur l'autre. Les émotions sont vives, l'intrigue est riche tout comme les personnages, les lieux, les caractères. La plume est énormément travaillée sur le fond et la forme. Il est surprenant rempli de sujets importants : la nature, le besoin de reconnaissance, l'égoïsme, le pouvoir, la peur de l'inconnu, la hantise de ne pas savoir faire, la méfiance, la solidarité, le harcèlement, la violence, de nombreux secrets. C'est percutant avec des personnages qui doivent apprendre à avancer coûte que coûte s'ils veulent rentrer chez eux et je laisse volontairement pas mal de choses qu'il faut découvrir sur le tas. Qui serait prêt à combattre pour garder son "royaume" en un seul morceau ?