Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover
Publicité

Le porteur de Mondes, tome 1 : La reine de l'hiver (Emilie Ricard)

 

Auteur : Emilie Ricard

Éditions : Auto-édité

Paru le : 21 avril 2025

620 pages

Fait partie de la saga Le Porteur de Mondes

Thème : Fantasy épique/Héroic

disponible sur le site de l'auteure et sur Amazon

Les prophéties ne sont véridiques que si on y porte attention !

Résumé 

« Le jour de la cérémonie qui confirme son statut de prince héritier, Maksar échappe de justesse à l’assassin embauché par son père. Forcé de fuir, il traverse l’océan et atteint le royaume des elfes en compagnie de la mercenaire Éléonore. Dans ces terres inconnues que la flétrissure frappe de plein fouet, il découvre qu’il est le Porteur de la graine de l’Arbre-Monde, la clé pour rétablir l’équilibre fragile entre les dieux, les royaumes des mortels et l’Outreterre. Un pouvoir que beaucoup veulent contrôler… ou détruire. Confronté à la trahison, traqué par l’assassin et rattrapé par le conflit qui déchire les elfes, Maksar devra déjouer les prophéties et surtout trouver un moyen d’échapper à ceux qui convoitent le pouvoir qui grandit en lui… » 

 

 Ma chronique

 

Je tiens à remercier l'auteure, qui m'a fait parvenir son bébé qui fait son poids d'ailleurs, mais ô combien intéressant. (Si ce n'est plus) Déjà, j'adore ce type de couverture, elle reflète ce qui peut se cacher derrière, mais malgré tout, elle recèle de sacrés trésors. Le côté fantasy est bien présent, l'héroic aussi et bien entendu l'épique ! Deux personnages que nous allons suivre durant un temps, mais ce ne sera pas es seuls, car qui dit épique et choral (surprise !) Nous allons avoir l’histoire du point de vue de quelques-uns qui sont très important niveau enjeux !

Alors, l'héroic, c'est pour les orcs, les trolls, le concept en lui-même et les autres créatures. Ils sont bien présents, comme les elfes, mais ne prennent pas toute la place non plus. Des méchants physiquement, mais aussi mentalement vus ce qu'ils comptent faire. L'épique pour le côté groupe qui est suivi avec des personnages qui ont leur propre vision des choses. Les morales diffèrent, les idées aussi et cela va au-delà dans ce récit. La fantasy, forcément pour cet ensemble, la magie et nous retrouvons même des magiciens, des jarls, des créatures telles que les Kraken et bien d'autres. De quoi s'amuser, à les regarder s'en sortir plus ou moins vivants. Hum, pardon, je m'égare avant même d'avoir eu le temps de mettre en place ce que j'ai ressenti. Ce que j'aime également avant d'entrer trop vite dans le récit, c'est le fait d'avoir la liste des personnages en début de piste ET une carte du monde que l'auteure a créé. Ah oui, le côté médiéval que j'adore dans ce type de livres, bref il a tout pour me plaire le petit coquin !

Amaryllis est une jeune enfant qui vient d'échapper à une prêtresse et fait une rencontre surprenante. Une de celles dont nous ressentons bien que cela va la bouleverser.  Quelques années plus tard, Maksar, son frère, le premier de la fratrie, voué à devenir Roi après leur père, a 16 ans et fuit son pays. Un assassin est sur ses traces, car il serait le porteur d'une graine susceptible de détruire le monde. Pour parvenir à sauver tout le monde, son père Leif a décidé d'en finir avec lui... Tadam ! Sympathique le cher père, mais lorsque maman décide de le sauver, je vous garantit que le couple est en péril. Sauver ou ne pas sauver son enfant, telle est la question. Autant vous dire que le début est carrément flippant avec cette histoire de famille et la suite me direz-vous ? Pas mieux, mon Capitaine ! Les histoires de famille, surtout lorsqu'il y a des conflits entre enfants ce n'est déjà pas top, mais quand une prophétie tombe sur l'un d'entre eux sans qu'il ne le sache et que la déchirure paternelle est bien présente... Sauver son peuple ou son fils ? Bien entendu, c'est plus complexe que cela, surtout qu'une prophétie peut avoir tellement de significations, comme les visions, les rêves prémonitoires, etc. Et ce n'est pas Asa, Faeren, Kassili et d'autres qui diront le contraire.

Si jeune et déjà une cible dans le dos ! Maksar disparaît de Pacifica, afin de survivre, grâce à une ancienne assassine, Éléonore. C'est une femme qui a déjà un sacré passif que nous découvrons au fil des pages, se mêlant aux aventures qu'ils vont vivre. Ou survivre. De nombreuses rencontres vont forger le caractère de ce prince qui se croit un peu au-dessus de tout le monde, mais il en rabaisse très vite, même si par moment il tape sur le système. Éléonore a un but, a su créer quelque chose de digne, de sauvage aussi et grâce ou à cause de ce qu'elle a déjà vécu, une promesse ne peut se défaire sans la mort. Maksar est celui qui doit continuer à vivre et comprendre c'est quoi ce pouvoir, cette graine en lui qui le met dans une position de victime. Il va devoir apprendre à se défendre, à user de la magie aussi et à comprendre les rouages de pas mal de système. Tous deux sont humains, avec des compétences différentes et doivent avancer ensemble. Des elfes seront présents tout au long de ce premier tome, des bons et des opportunistes. Et puis bien entendu, les créatures que j'ai évoquées plus haut, et bien d'autres.

Un monde complexe, riche, très riche dont il faut prendre le temps de bien assimiler le tout, mais ce n'est que du bonheur. Au début nous suivons essentiellement Maksar, puis vint sa famille, sa mère Kassili qui a fait des choix et continue à en faire, tout comme son père Leif ou encore Amaryllis qui va montrer qu'à 14 ans elle a tout d'une grande (Ils auraient dû l'appeler Cléo). Pour l'heure, nous avons des nouvelles des trois autres frères et sœurs sans nous y attarder énormément, mais les autres sont mis en avant. Si vous pensez qu'il ne s'agit que d'une prophétie, que d'un père qui veut sauver son peuple, d'une mère qui veut garder en vie son fils et d'une sœur psychopathe (pardon je lâche les mots), alors vous n'avez que le haut de l'iceberg qui fonce tout droit devant. Ce monde créé a des codes, des us, des trafics, des échanges, des propos racistes, de la méfiance, des envies de pouvoirs, de manger tout ce qui passe aussi. Plusieurs "clans" sont créés, pour se protéger, pour repousser ceux qui sont différents, pour écraser les autres et maintenir une fausse paix, mais plutôt asseoir une position diabolique afin d'être tout en haut de la chaîne alimentaire. La complexité du monde est de savoir qui est vraiment bon, ce qui n'est pas évident au vu de tout ce que chacun des personnages a pu découvrir au fil du temps.


La prophétie est le démarrage de cette aventure qui ne s'arrête pas à "je me prépare pour conquérir le monde, je me cache pour survivre", parce que sa peau est chère. Maksar est jeune, mais il est terriblement conscient du fait que sa vie ne tient qu'à un fil. Il a beau avoir du pouvoir, il ne contrôle pas tout, il n'en a pas eu l'occasion. Il va donc se découvrir, apprendre à s'écouter et écouter les autres et ne pas faire confiance aveuglément. Parfois certaines rencontres sont de celles qui font évoluer et d'autres qui séparent des chemins. Mira est une Elfe adorable qui semble avoir un passé qu'elle ne connaît pas totalement. Sa propre famille semble vouloir lui cacher des événements et son origine ? Elle me travaille encore après avoir posé le livre. Suivre ses instincts est à la fois une bénédiction et un fardeau pour chacun d'entre eux, car qui sait véritablement ce qui se trame dans l'ombre ? Des indices, nous en avons, insignifiants par moment, mais en avançant nous nous rendons compte que ce petit point qui se cachait entre deux lignes avait sa propre signification sur la suite des événements. Le passé qui est malgré tout lointain pour certains peuples résonnent encore dans les esprits et semblent bien trop vivaces.

Des retournements de situations ? Nous en avons régulièrement et de plus en plus fort. Qui serait capable de retourner un trône totalement ? Qui aurait l'audace de prendre en main un monde en usant de la terreur ? Jouer avec les peurs est drôle pour celui qui tire les ficelles, mais attention, les marionnettes ne sont plus ce qu'elles sont. J'ai adoré en voir une se manifester et prendre en main son destin, en éradiquant quelques nuisibles. Il est vrai que certains ne le méritaient absolument pas, mais les autres, ceux qui tenaient si fort les bouts de ficelles vont se mordre les doigts, s'ils leur en restent. Et dans ces éléments de pouvoir, ces situations où des rois ou des reines perdent leur trône, ou des hommes de bonnes volontés voient leur fin arriver, nous avons des descriptions des lieux qui nous entraînent au cœur même des éléments déchaînés. J'ai navigué aux côtés de Kassili, parcouru une forêt sur un loup géant, combattu des orcs aux côtés de Maksar et appris à regarder les étoiles afin d'avoir la chance de respirer le lendemain.

La magie prend son envol, nous en apprenons sur plusieurs personnages qui est capable de l'utiliser, de la contrer, d'en faire bénéficier pour de la guérison ou son contraire. Les complots sont nombreux, la prophétie existe bien, mais la manière de la mettre en pratique diffère des différents peuples dont nous traversons les contrées. La religion, les déesses, plans astraux font partie intégrante de ce monde complexe et c'est si facile de suivre les pas de Kassili par exemple dans ce qu'elle va entreprendre. La politique est bien là, l'action ne s'arrête pas à la mort de l'un d'entre eux. Nos avons beaucoup de tensions dès le départ sans cette histoire de destructeur de monde, alors imaginez que vous le voyez en vrai, en chair et en os incapable de se contrôler, sentant la terre trembler... Que feriez-vous ? Et puis le côté médiéval avec les forteresses, les guildes, les trocs, le collectif est important dans ce récit. Tout comme l'amitié profonde, l'amour d'une mère, l'amour tout court sans avoir besoin de scènes expansives. Nous avons les ressentis, les émotions, les sensations qui nous percutent, le désespoir d'imaginer un bateau qui sombre avec à son bord un proche, l'espoir qu'un jour tout ira bien, mais que cela ne sera pas pour demain.

Chaque épreuve fortifie les liens, les caractères, les idées reçues qui se défont. Le courage ou la bêtise, le pouvoir ou l'envie. Avoir les chemins différents, avoir le point de vue des protagonistes, pouvoir entrer dans leur tête est un gros plus. Nous avons les craintes, les peurs, les doutes, mais aussi leur manière de penser, de comparer, d'imaginer. Le destin n'est pas toujours écrit, c'est nous qui le fabriquons avec nos envies, nos erreurs, notre apprentissage, les trahisons, les épreuves. Je me suis énormément attachée à Kassili, probablement parce que je suis maman et que je serais capable d'affronter des géants, de parcourir des montagnes et n'importe quelles épreuves pour mon fils. Alors je pense que c'est pour cela que c'est ma préférée.

En conclusion, c'est un premier tome riche et complet pour une saga qui mérite toute notre attention. L'écriture est fluide, les mots découlent, les situations se suivent et ne se ressemblent pas. Les personnages évoluent et nous entraînent dans leur sillage au travers des forêts, de la mer, des forteresses et même d'un cristal. La diversité des protagonistes nous apporte pour chacun un petit truc en plus. L'intrigue démarre fort, mais ce n'est rien comparé à tout ce que les personnages vont devoir affronter, quitte à se battre contre leurs propres cauchemars. Magie, fantasy, épique, héroic... Une aventure dangereuse, oui. L'univers est vraiment fascinant. J'adorerais lire la suite avec Ion ! Qui est prêt à entrer au sein de la guilde des boucliers ?

 

 Extrait choisi :   

 

« Je ne peux rien faire... Je suis trop fable pour me mesurer à une déesse...

Puis elle se rappela ses enfants. Leif étendu quelque part, couvert de neige... Elle était la reine de Pacifica, la fille d'Elric Aaron d'Elmana, une puissante magicienne, elle avait affronté les dieux pour sauver son fils ainé. Elle affronterait Skathi pour protéger e qu'elle aimait. Elle prit une profonde respiration et repoussa la lame qui la traversait. Elle hurla, les yeux fermés, en l'extirpant de sa peau sous le regard inexpressif de Skathi. Son cri primal, la neige l'étouffa, mais il lui donna de la force, assez pour appeler tout le mana qui circulait dans son sang, assez pour le concentrer dans la paume de sa main droite.

Je ne dois pas abandonner ! Jamais ! Kassili releva la tête, et afficha un sourire de défi.»

​

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :