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Auteur : Pierre Grimbert
Éditions : Pyrélion
Parution le : 09 Juillet 2026
408 pages
Thème : Fantasy
Fait partie de la saga Sang-Fiel
disponible sur le site de l'éditeur sur la FNAC et sur Amazon
Parfois il vaut mieux ne rien savoir pour survivre
« Vingt ans après la chute du monde, Tar-Awen est peut-être le dernier refuge de l’humanité. Encerclée par les montagnes et protégée par des remparts sans cesse reconstruits, la cité vit dans l’attente d’un retour inévitable : celui des Pâles, les monstres qui ont ravagé les royaumes et forcé les survivants à se terrer derrière la pierre. Danis n’est qu’un manœuvre parmi d’autres, condamné aux chantiers et à l’oubli. Jusqu’au jour où une chute mortelle ne le tue pas. Ce qui aurait dû être un accident devient une condamnation : car à Tar-Awen, survivre à l’impossible est une preuve de monstruosité. Accusé d’être un sang-mêlé, un rejeton de l’ennemi, Danis est traîné devant un tribunal secret dont les verdicts ne laissent guère d’espoir. Tandis que la cité se referme sur ses peurs et ses certitudes, Jaleriane, jeune Sentinelle issue de l’aristocratie déchue, est chargée de faire appliquer des décisions qu’elle n’ose questionner : préserver Tar-Awen exige parfois de sacrifier l’innocence et de condamner sans preuve. Mais si les Pâles n’étaient pas les seuls monstres tapis dans l’ombre ? Et si la plus grande menace venait de la peur elle-même ? Des lois et des choix que la cité impose à ceux qui prétendent encore défendre l’humanité ? »
tome d'une saga qui va marquer les esprits. Je n'écris pas cela parce que j'adore la fantasy et que c'est son thème, mais pour ce qu'il contient. D'ailleurs j'en profite pour remercier de suite Pyrélion qui me l'a envoyé rapidement.
Si vous avez lu le résumé, vous avez déjà une parcelle de ce qui se produit au début, après... c'est une aventure intense. La menace semble extérieure et pourtant rester entre les murs d'enceinte d'une ville qui a déjà souffert des années auparavant apporte la peur. Celle de ne pas être celui que l'on croit, celle de ne pas suivre les pas déjà tracés. Avoir peur de l'extérieur est un fait, tout est à pour faire croire ou pour montrer aux habitants que le danger guette toujours. Et en un sens, il est toujours là, pas forcément où on l'attend, mas il est présent, sinon cela ne serait pas drôle. Cette peur des autres, ceux qui sont venus, qui ont vaincu et sont repartis. Comment et pourquoi ? Ce n'est pour le moment pas à l'ordre du jour. Toujours est-il que les habitants de Tar-Awen vivent dans des conditions précaires pour la plupart, sauf les plus nantis.
Un univers quelque peu médiéval, une poignée de personnages qui vivent dans la peur des autres : ceux qui font peur, qui ont déjà attaqué, qui sont différents. L’extérieur est un gros point noir pour eux, mais à l'intérieur, ce n'est pas mieux. Il faut suivre les lois, ne pas se rebeller, travailler, être souvent un orphelin de naissance avec les décès des mères en couche et les pères qui sont... Enfin plus là. La peur de ne pas être assez fort/forte, de ne pas trouver sa place, de se cacher aussi au sein d'une communauté qui déteste ce qui n'est pas dans le moule. Une tarte ne rentre pas dans un moule à marbré et pourtant, c'est délicieux aussi, pas vrai ? (Je suis en pleine confiture, donc laissez-moi rêver d'une tarte !) Les dirigeants s'amusent avec ces peurs, jouant avec pour maintenir un ordre précaire. De plus, impliquer que la mort est assurée s'ils sortent, cela n'aide personne à vouloir passer l'enceinte fortifiée (abîmée également de par les violentes batailles précédentes). Personne ne peut aller contre leur propre bourreau, juge, jury, bref ils décident de tout. Et ils sont doués, très voire trop doués.
Tout le monde doit suivre le pas donné sous peine d'enfermement, de tortures physiques jusqu'à la toute fin. Tout le monde doit donc entrer dans le moule sinon ? C'est un crime et seule la mort sera la réponse.
Danis est un jeune homme qui va subir le jugement. Alors qu'il devrait être mort, il se retrouve dans une position plus que précaire. Il est vrai que tomber d'une telle hauteur, s'écraser comme un personnage qui ne sait pas voler sur le sol, avoir des séquelles et rouvrir les yeux en constatant que oui, il y a du sang sur lui, mais que les plaies sont toutes refermées... Magie ? Non, ne rêvez pas, il n'y en a pas, enfin pas dans ce sens. Danis voit sa vie changer du tout au tout. Sa propre identité est remise en cause du fait de sa résurrection et non il n'est pas vu comme le sauveur du monde, mais comme une bête, un monstre caché, un démon qui n'aurait pas dû naître. (Forcément, étant orphelin, il aurait eu où ses infos ? Mais c'est de sa faute bien entendu s'il est né ainsi, voyons, quelle idée !) Il devient un paria au sein même de cette cité qui rejette toutes les différences. Mais alors vraiment toutes et par manque de chance une fois enclenché, ses écarts sont visibles. Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même.
Je vous passe les détails sordides, mais applicables pour une lecture à partir de 12 ans et vous laisse avec le chemin qu'il va parcourir ne se fera pas seul ni avec amour. Disons qu'une amitié (enfin quelque chose qui s'en approche sans que ce soit véritablement amical) se forge dans la douleur, dans les épreuves et dans ce fait que vos ennemis ne deviennent pas des amis, mais cela y ressemble de loin, de très loin. L'ennemi de mon ennemi, vous connaissez la chanson, pas vrai ? Alors même si des personnages vont ne pas pouvoir se voir en peinture, collaborer devient crucial pour avoir hypothétiquement une chance de s'en sortir. Je n'oserais pas dire indemnes, il ne faut pas pousser non plus, car le chemin est périlleux, semé d'embûches plus grosses que des arbres piquants. Quelques créatures impressionnantes qui sont capables de "réfléchir" ou qui suivent les directives d'autres, des êtres humains perdus, encerclés, prêts à tout pour garder un morceau de terre, prêts à vouloir casser du démon. Ces derniers existent, plus grands, plus forts, plus sombres, plus destructeurs. Ils me font penser à des guerriers vikings. Mais qui est celui qui a déclenché la guerre ? Qui est vraiment celui ou celle qui est l'instigateur de tout ce que nous découvrons au fil de cette route où tout semble un mensonge ?
Cysaline la médiste m'intrigue énormément, sûrement de par son métier, mais aussi son âge. Avec ses connaissances, elle est avide d'en savoir toujours plus pour sauver son espèce. Alors oui, un peu de dissection sur être vivant ou non, tout est au nom de la science. C'est l'une des rares qui se pose autant de questions et qui n'est pas dans les intrigues, mais elle est à part et cela se ressent dans le bon sens. Elle a une capacité de réflexion plus intense et capable de faire avaler un simple caillou à une poule. Markel a ses propres capacités et son physique qui semble tout sauf celui d'un jeune premier est capable de vous mettre à terre avant même de cligner les yeux d'un seul mouvement. En plus il est "connu" d'ailleurs et cela nous apporte encore des questions. Jalériane la sentinelle a des rêves et une quête de vengeance si forte que plus rien ne compte, même pas sa propre vie. Pourtant, sa famille avait de si grandes missions à lui confier... Danis ? Orphelin, délaissé de tous, abandonné par les deux "camps", il doit apprendre qui il est et pense qu'aller jusqu'à toucher son but lui rendra justice. Malgré leurs différends capables d'aller jusqu'à vouloir en finir avec les autres, ils vont devoir s'allier. Et ce n'est pas l'apparition de Kogt (alors lui il me fait trop penser à Altilus, un personnage de la trilogie "Le Halo des ombres" de la même maison d'éditions, j'adore !) et de Freyde la taupière que les ennuis vont s'arrêter, loin de là !
D'autres personnages vont faire leur apparition, telle la comtesse me fait vraiment sourire à chaque fois, entre ses mimiques, son air de ne pas y toucher et tous les secrets qu'elle garde. Chacun devrait garder sa place, mais quand le monde semble tourner en dérision, que reste-t-il exactement ? Quand les différences devraient au contraire assembler les gens et non les craindre, que pouvons-nous faire ? Des rencontres avec l'extérieur qui sont véritablement intenses et couru d'avance certes, mais avec eux ? C'était une possibilité. De la méfiance et du jugement tout le temps. C'est là que l'auteur insiste bien sur les émotions, les ressentis des personnages. "Je ne t'aime pas, je veux te tuer, parce que tu es différent", c'est un peu le crédo. Pour autant, je prends le cas de Danis, il n'était pas né lors de la dernière bataille, mais c'est aussi de sa faute. C'est si simple de tout rejeter sur lui et ses "semblables" pour avoir une politique de fer. (Je manie l'ironie comme certains personnages usent de leurs armes) Des batailles perdues d'avance et même à leurs côtés, nous savons. Nous le savons que certains vont périr, c'est normal au vu de la façon dont les "camps" se gèrent entre eux. Être un soldat donne une chance, être un réfugié ? Vous devenez un tapis de couleur.
La justice n'a plus de nom, la violence fait partie intégrante de ce monde où chacun se méfie de son prochain. La politique ? Laissez-moi rire ! Elle n'a de noms que pour mieux tirer des ficelles dans l'ombre afin d'obtenir des gens sous leur coupe. La fin justifie-t-elle les moyens ? Le pire ne serait pas plutôt ce mensonge si énorme que tout le monde y croit sans se poser de question ? Ah la peur, il ne faut pas l'oublier, c'est elle qui leur dicte leur pensée et ce n'est pas joli. En parlant de la fin heureusement, j'étais bien assise. J'avais imaginé des choses, mais à ce point ? Autant pour Danis je savais que ce geste ne pourrait se faire, mais le reste ? C'est une sacrée surprise qui montre toute l'ampleur des secrets qui ont réussi à rester bien camouflés. La sécurité est devenue illusoire et rien ne semble pouvoir changer cet état de fait. En d'autres termes, la confiance c'est surfait, les trahisons sont multiples, le chantage un véritable troc et les promesses juste des mots qui s'envolent en l'air quand les corps sont jetés dans les fosses loin de tout.
Le plus ? L'évolution des personnages dans leur manière d'apprécier les situations et leur point de vue qui se modifie dans le temps sans pour autant être radicale. Un personnage qui aura une violence en lui, une envie de vengeance, quelque chose de lumineux qu'il ne peut contrôler ne va pas s'éteindre. il faudra qu'il ou qu'elle apprenne à le contrôler, à comprendre, à chercher comment faire et surtout à réfléchir, se poser des questions. Les paroles c'est bien, mais les actes sont mieux. Parfois les actes ne suffisent pas, alors faut-il pour autant se laisser mourir ? Et puis ces Augustes dont une partie des personnages parle, ces "prénoms" sont encore des énigmes. Sans oublier les paroles de la fin : quand ils se décideront à admettre leurs propres fautes... Dans une histoire il y a toujours deux versions à écouter et lorsqu'une seule est mise en avant, est-elle LA vérité ?
« Il s'était ainsi vu écorché vif, mort, ressuscité, mort à nouveau... Puis empli d'une puissance si prodigieuse qu'il s'en était lui-même senti menacé, avant d'être privé de cette énergie, jusqu'à se sentir desséché... Tout cela l'avait coupé de son environnement, de ce qui pouvait se dire autour de lui, des caves où on le trainait, des murs auxquels on s'enchaînait à nouveau. Ou peut-être que son esprit avait-il fait barrage afin d'empêcher la folie et le désespoir de s'ajouter eu reste de ses maux ? »
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