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Vengeance à deux visages, tome 3 : Couronne Vénimeuse (Galli May)

 

 

 Résumé 

« Derrière l’illusion de la vérité se cache le venin du mensonge.

Lorsque Tisha est laissée pour morte et que Cerys sombre dans un sommeil inexplicable, les royaumes retiennent leur souffle.
À Lunera, Deavan joue contre son peuple qui réclame l’exécution de la Renarde. Pour sauver celle qu’il aime, il devra choisir entre préserver sa couronne… ou la noyer dans le sang.
À Heliade, la guerre gronde. Tharon voit les masques se fissurer. Pour sauver Tisha, il accepte de franchir une ligne dont on ne revient pas.
Quand les deux femmes ouvrent les yeux, le monde bascule : l’illusion se brise, les alliances vacillent et les secrets éclatent au grand jour.
Peu à peu l’avenir que tout Arelis redoutait se dessine.
Car aujourd’hui, la vengeance ne murmure plus. Elle s’incarne dans deux amants que le monde a tenté d’anéantir.
Tous les coups seront permis, surtout les plus bas.
Il existe trois visions d’avenir... laquelle se réalisera ? »

 

 Ma chronique

 

Une semaine que je suis sur cette chronique. Une semaine que je me demande comment je vais l'écrire. Non pas que je n'ai pas aimé, bien au contraire, mais certains événements m'ont fait du mal, snif. Alors, pour le meilleur et pour le pire, c'est ce que j'ai bien ressenti. Ils se sont retrouvés, mais à quel prix ? La guerre a toujours été sournoise encore plus lorsque les vrais "méchants" sont bien camouflés derrière des masques visibles ou non. Soyons honnête, ceux qui nous sont représentés comme étant en première ligne ne sont que des pantins, pas vrai ? Cela se voit et dire qu'ils pensent avoir LE pouvoir... Des rêves de gloire qui vont leur retomber dessus, mais ce n'est rien, cela arrange nos affaires, en un sens. Ce qui est bien revient forcément sur le dos de quelqu'un et ce qui est mal... Alors là, c'est tout le monde qui trinque ! Les événements se suivent, ne se ressemblent absolument pas et dans tout cela une question se pose : comment démêler le vrai du faux ?

C'est ça qui devient complexe dans ce récit déjà riche en éléments. L'univers construit est riche en politique, en liens de famille, d'amour, guidé par des complots, des demandes, des désirs, du pouvoir. Des secrets qui se susurrent à l'oreille, cachés dans l'oubli afin de ne pas faire du mal. Des images bloquées, des souvenirs perdus, des instants précieux disparus, pour toujours ? Chaque personnage a sa propre vérité. Il y croit dur comme fer et ne cherche pas forcément qui a raison ou tort. Leur vécu les a forgés aussi bien dans le sang que la douleur physique et mentale. Chaque moment récupéré leur a donné la possibilité de comprendre pourquoi ils sont dans telle ou telle situation. Pour autant, rien n'est simple, car ils sont tous une pièce manquante d'un puzzle géant. Tort ou raison, Vrai ou Faux, ils n'ont pas l'ensemble des éléments et ne peuvent décemment pas combattre les bons parfois. Une guerre qui n'est pas terminée, qui a donné naissance à un nombre incalculable de "clans" qui se déchirent sans condition.

Parce qu'ils ont l'impression d'être dans le vrai.

Parce qu'ils ont l'impression d'être ceux ou celles qui détiennent la vérité.

Sauf que ce n'est pas le cas. Nous, en tant que lecteurs, nous avons des pièces maîtresses en main. Bien entendu, nous n'avons pas tout, ce n'est pas possible de tout savoir. Galli nous dévoile le passé heureux avant. Cet avant que vous allez découvrir, cet avant la mort des parents de Cérys. Et puis vinrent les traques, les affronts, les manques, la famine, la peur, l'oppression, les batailles, les coups de fouet, les séquestrations, les tortures physiques et mentales, l'endoctrinement, les fuites, les cachettes, l'esquive. Et j'en laisse volontairement d'autres bien plus forts encore, plus virulent, plus vicieux... Ensuite nous avons les fameux liens qui se font en un sens, les trahisons, les contrats, les promesses, les serments, les enjeux politiques, le confort personnel. Et enfin vous allez assister à de nombreux moments de doutes, de désespoir encore plus que ceux de l'entre-deux. Des jours où la nuit n'est pas aussi sombre que les pensées, où l'espoir n'est même plus un mot. Ou changer de visage devient LA solution pour accomplir sa vengeance mûrement réfléchie. Les traîtres semblent nombreux, faire confiance ? Aucun personnage n'est capable de SE faire confiance finalement, alors comment réussir à croire en celui ou celle qui se trouve face à vous ? Les mots lancés en l'air n'évoquent pas les véritables pensées.

Et lorsque par-dessus cela, vous avez des souvenirs arrachés qui vous mettent dans une position instable prêt à tuer vos proches sans le savoir... Jusqu'où peut-on aller pour sauver son peuple ? Je ne parlerais même pas de vouloir se sauver, car nous avons des personnages qui ne veulent plus avancer. La force leur manque. Il ne s'agit pas de manque de courage, au vu de tout ce que chacun a déjà vécu, il est clair qu'ils en ont. Mais le corps et l'esprit saturent. Nous pouvons pousser à bout, la bête, la machine peut lâcher à un moment donné et seule la mort serait le but à atteindre. La force de ce récit ? Entrer dans la tête de plusieurs des personnages, ressentir ce qu'ils ont vécu, avoir des envies de faire du mal à ceux qui leur en ont fait. Et puis passer à un autre, comprendre que parfois la menace pesante n'était pas que pour l'autre. Et continuer ainsi et avoir de plus en plus d'éléments. Se dire que nous n'aurions peut-être pas fait mieux pour survivre pour protéger les siens. Peut-être même aurions-nous fait pire. Et puis certains protagonistes sont le mal incarné. Eux ? Qu'ils soient avalés par la lave, étreints par ces ronces jusqu'à ce que le sol absorbe la moindre goutte de sang ou tués par la main de sa propre progéniture.

Garek, kael, Deavan, Cerys, Tisha, Tharon, Sorel, Isara, Senera, Vargas, Maras, Ilyana... Certains sont là depuis le début, d'autres prennent de la place et il y en a d'autres. Des protagonistes qui ont une chance de s'en sortir s'ils tirent les bonnes cartes. Parfois la distribution n'est pas la meilleure et nous comprenons que malgré notre voix, une seule est capable de passer par-dessus. Les ombres ont décidé, le souffle d'un dragon est toujours plus fort qu'une simple luciole et ce qui devait arriver arriva. Pour certains d'entre eux, c'était couru d'avance, pour d'autres ? Le choc ! Je pense que c'est pour cela que j'ai mis le temps avant de poser des mots sur ce récit. L'intensité des scènes est si prenante, si violente, si visuelle qu'il est difficile d'en ressortir sans rien ressentir. Durant trois tomes, nous avons suivi le parcours de ces hommes et femmes, avec ou sans dons, avec des capacités d'adaptation, avec leur caractère, leur passé, leur présent, leur souvenir si durement gardé. Le cœur bat plus fort dans certaines actions, par peur. Celle de se demander jusqu'où va aller Galli dans ces instants de vie déchirés. Comment supporter une telle douleur ? La vengeance a un goût amer, un prix élevé et même s'ils ont la force, il faut être capable de jouer sur plusieurs tableaux, sans avoir peur de se perdre, sans avoir peur de se faire attraper, sans avoir peur tout court. Ce qui n'est pas le cas.

Cette peur est partout. Aussi bien entre ceux qui s'apprécient que ceux qui se détestent. Les mensonges par omission, les mensonges tout courts,  les jeux de pouvoir, les intrigues des royaumes (dont nous avons la carte en tout début de livre et j'adore cela, d'ailleurs vous retrouverez également un résumé des tomes précédents) La vengeance est un bon moteur depuis le début de cette saga. Je ne peux pas oublier l'amour bien entendu sous toutes ses formes qui a une place dans le récit sans que ce soit forcément mis en avant, même si cela prend un peu plus de place. Certains événements avancent en fonctionnement du cœur. L'amour d'une mère, d'un père, d'un frère, de son amant, celle d'un ami, de son gardien sont des éléments clés de cet univers qui ne nous laissent pas, enfin très peu de temps mort. Même l'un des passages entre Cerys et Deavan, alors qu'ils devraient ne penser qu'à eux est interrompu par un nuisible dont je tairais le nom (et je ne l'ai cité nulle part, mouahahah). Tout cela pour vous faire comprendre qu'il vaut mieux ne pas avoir envie de dormir au risque de louper une information. Après ? Je n'oserai pas indiquer que ce n'est que du bonheur, mais vous allez souffrir avec eux et pour eux. Nous ne savons plus trop sur quel pied danser. Plus le récit avance, plus les scènes peuvent être difficiles parce que nous aussi nous comprenons ce qu'ils ont subi dans l'entre-deux. Et comparé à ce qui est prévu par des "bien-pensants", ce n'était que l'avant-goût.

J'ai évoqué les personnages, d'ailleurs, nous avons des illustrations travaillées, une couverture qui reflète bien la complexité des relations entre Cérys et Deavan et avec les précommandes, c'est encore plus beau. Donc les protagonistes, la peur (de perdre d'une manière générale), nous avons bien d'autres émotions. L'espoir arrive parfois à traverser les montagnes d'ingratitude, (parce que le peuple a du mal à comprendre certains faits qui ont été mis en place pour les protéger, mais ne voyant que leur nombril...) l'envie de reprendre une véritable vie ailleurs. Je ne peux oublier les influences de masse, le jeu du bâton et de la carotte, les menaces qui font loi et bien d'autres choses qui apportent de l'importance.  Ce n'est pas uniquement un récit sombre avec de la romance par moment et une base fantasy, c'est également une histoire qui dénonce des travers de la société ! Pas besoin de tout épiloguer, avec ce que j'ai déjà mis en avant, quand vous l'aurez lu, vous comprendrez l'ensemble de ce que je viens de vous annoncer. 

Beaucoup d'actions, de nombreux retournements de cerveaux et de situations bien entendu, des enjeux politiques, une main de fer dans un gant d'acier au passage. Rien n'est joué d'avance, les méchants ont leur raison, personne n'a tort ou raison, comme je l'ai indiquée au tout début, ils sont les pièces d'un puzzle géant tirées par... les Dieux ! Forcément, ceux-là, ils s'ennuient, il faut bien qu'ils jouent un peu avec leur jouet préféré et oh, ce sont des êtres vivants ! Le peu de certitude que j'avais ? J'ai l'habitude avec Galli de ne pas trop m'avancer sur certains point, je pense à Gyara où j'avais déjà émis des doutes sur mon personnage préféré et j'ai bien fait de l'avoir gardé ce petit. Ici ? Personne n'est tout blanc ou tout noir. Le sang a coulé pour chacun d'entre eux. Les décisions prises n'ont pas toutes été justes et ce n'est pas parce que certaines sont des enfants de la Source, que cela leurs donnent tous les droits. Ce qui m'a fait me ronger les ongles ? Me rappeler quel gardien était avec quel enfant pour me dire attend si lui y passe, Non, mais lui aussi ? Ou encore, dommage qu'on ne puisse pas en finir avec celui-là, car cela reviendrait à faire disparaître celle-là ? Oh, bon sang ! forcément que certains sont liés, rien que pour faire un choix crucial, celui d'effacer un méchant pour en sauver des milliers tout en sachant que l'autre n'y est pour rien ? Difficile, pas vrai ? Imaginez ce dilemme en cas de fausse manipulation... Imaginez que l'un ou l'une d'entre eux ne va pas plus loin que ce tome 3. Imaginez qu'il ou qu'elle était lié sans être gardien, mais avec un amour puissant ? Vous pensez que ces justificatifs de "ne fais rien sinon on perd le bon", sera justifiable ?

Questions philo, nous en avons quelques unes, c'est certain. Devons-nous sacrifier une personne pour en sauver des milliers quitte à en souffrir jusqu'à notre fin ? De nombreux thèmes qui font échos à ce que nous pouvons voir dans la réalité et cette histoire de pouvoir suprême... Ceux qui ont la main dessus, ceux qui sont au sommet de cette chaîne ne devraient pas tout prendre pour acquis. Parfois la hargne du petit peuple est capable de bien plus qu'il ne pourrait le croire. C'est également un tome de révélations, encore plus que les deux premiers. Le fait de manipuler les souvenirs, de les effacer change la donne. Ce qui est manquant sans le savoir ne nous manque pas justement, mais ces morceaux de soi, envolés telle une fumée d'un feu sans joie sont de véritables chocs lorsqu'ils réapparaissent. Parce que rien n'est facile à admettre et de croire qu'au final, nous sommes tous des monstres comme celui dont nous voulons nous venger, pas vrai ? Pour la fin, l'avant-fin, celle d'avant le point final, je suis toujours assise. Je ne m'attendais pas du tout à ça... Je suis encore sous le choc.
 
En conclusion ? J'ai laissé de côté pas mal de choses, parce qu'il faut aussi savoir s'arrêter à un moment donné. Une fin de troisième tome qui est sombre, comme tout le récit en fait, mais chut. Pas moyen de voir un brin de bonheur pour le moment (enfin nous avons des miettes quand même). Le jeu des alliances est si fort, si loin dans le temps, que pour tout défaire, il faudrait plus d'une vie. Les Dieux s’amusent comme des fous. Les personnages montrent leurs facettes et il en reste encore à découvrir. Nulle n'est du bon côté. C'est intense, surprenant, déroutant, avec de nombreux retournements de situations. Des protagonistes ambivalents, il faut gratter la surface pour ôter la couche qui les protège. Le passé remonte à la surface, la quête de vengeance se fraye un chemin. Certaines alliances sont véritablement solides et je pense à celle de Tisha et Cérys qui est indestructible. L'intrigue est complexe, riche, intense, surprenante avec des détails qu'il vaut mieux garder en tête. Les joutes verbales de Kael me font toujours autant rire et Garek reste mon préféré ! Être unis ne fait pas tout, mais c'est un bon début. il faut maintenant être capable d'avancer ensemble, mais pas vers la tombe.

 

 Extrait choisi :   

 

« - Contrairement à beaucoup, je n'ai jamais envié ta position... le pouvoir, c'est un poison.
- Tu ne réponds pas à ma question.
Il enroula ses bras autour de ses genoux dans un rire éteint.
- Je n'ai aucune réponse tangible. Sache juste que je n'ai pas agi pour te blesser.
- C'est loupé. Je te faisais une confiance aveugle. Trop. Et Kael aussi. 
Il dodelina de la tête.
- Je sais, et ça a été assez lourd à porter pour que je me rende sans faire d'histoires. »

 

 

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