/image%2F0651920%2F20260811%2Fob_705934_img-20260811-150835.jpg)
Auteur : Sunny TAJ
Éditions : auto-édité
Parution le : 02 mai 2026
444 pages
Thème : Dark Urban Fantasy
disponible sur le site de l'auteure et sur Amazon
L'Histoire, avec un grand H !
« Je crois à la science. Aux preuves. À ce que je peux analyser. Mais Lucian, roi des vampires, croit en la magie. Et dans mes veines résonne une malédiction plus ancienne que l’Histoire : celle des guerriers Wari, condamnés à la nuit par une éclipse ayant dévoré le soleil. Sur le mont Machu Picchu, un pacte a été scellé… et a traversé les siècles jusqu’à moi.
Or, tout serment a un prix… Et aujourd’hui, celui-ci réclame mon sang.
Humaine, autiste et albinos, je refuse de devenir la proie de ce soi-disant souverain ! Quitte à m’allier à Alexeï, son espion, et à Amaru, un chasseur emprisonné.
Au milieu de ce combat entre le jour et la nuit, je suis condamnée… À moins que je ne sois la clef ? »
Je ne suis pas Hana et pourtant je la comprends très bien. Croire en la science, régler le tout au millimètre près, avoir des habitudes qui sont des certitudes pour tenir, pour avoir cette sécurité dans les chiffres. La science permet de déterminer ce qui va ou ne pas pas, les émotions sont un frein et pourtant, Hana va ressentir des sentiments différents. Le décès de sa mère alors qu'elle n'a que 14 ans est un coup, surtout que son père n'existe plus que dans la bouteille. Elle prend sa vie en main. Une intelligence hors du commun, un besoin constant de se rassurer avec ses habitudes. Hana est humaine, albinos et autiste asperger, mais ce ne sont pas les seuls éléments qui la composent, même si cela risque de lui attirer des ennuis comme l'aider. Les vampires sont présents, tout le monde le sait ! Ils ne se cachent pas des humains et ils ont même un roi : Lucian ! Oui, celui dont le résumé nous indique sa présence. Un roi vampire dans toute sa splendeur avec sa cour comme du temps de Louis XIV et autres, une reine à ses côtés et bien entendu des pions par milliers.
Les compétences d'Hana l'amène à ce qu'elle devienne une technicienne de laboratoire pour Lucian (pas besoin de le cacher, cela se sait dès le départ), mais la suite ? STOP ! Arrêtez d'imaginer des choses entre eux deux, elles ne sont pas sympathiques ! Le travail est tout pour Hana, seuls les résultats comptent, les regards, les souffles, les menaces ne la dérangent pas, car en un sens elle ne les comprend pas de la même manière qu'un humain lambda. Lucian rage de ne pas l'avoir en son pouvoir, comme il a tout le monde sous sa coupe. Ce roi est puissant, il a l'habitude que tout le monde plie l'échine, se prosterne à ses pieds, devrait tout pour lui faire plaisir. Mais Hana ? Le travail, le travail, le travail. Le reste ? Mais qu'est-ce qu'elle en a à faire d'un roi ? Vampire ? Oui, et alors ? Les pensées de Lucian m'ont fasciné et m'ont fait penser à un petit garçon capricieux qui n'arrive pas à obtenir tout ce qu'il veut et pourtant... Son cachot ne désemplit pas tout comme les menaces, la façon dont il se lie aux autres et vivre depuis si longtemps...
Son cachot, parlons-en ! Sous son royaume, son château, sa demeure, bref sous ses pieds se cache un dédale de couloirs, de portes qui referment des secrets. Nous allons en découvrir, des vivants, des presque vivants, des morts, des objets sacrés, des reliques, des lieux de perdition où la magie noire est si profondément ancrée que les murs respirent l'enfer glacé. Et puis derrière l'une de ces portes, par-delà des grilles rouillées, un homme enchaîné tente de survivre comme il peut. Son passé reflète une civilisation ancienne, les Waris, son corps un temple que nul n’aurait dû maltraiter, son sang si précieux qui aurait dû rester dans ses veines. Le passé est important, les ancêtres n'ont pas oublié, continuant de courir dans la moindre petite cellule de ceux qui sont encore en vie. Cette partie dans ce récit est si complète que c'est à se demander si l'auteure n'a pas un brin en elle. Le condor et le jaguar. Deux êtres forts et précieux permettant des liens, de ne pas oublier, de continuer à perpétrer des idées, des pensées, des instants de vie. Amaru est un chasseur, il n'aurait jamais dû être une proie, mais parfois le cœur fait faire de mauvais choix et sa situation n'est pas au meilleur. Il ne peut mourir, Lucian ne le permettrait pas, car ce dernier a besoin de lui. Amaru ne peut vivre au risque de trahir ses promesses. Que peut-il faire ?
Il n'est pas évident pour lui de trouver une solution, même s'il a tout en main, aussi bien la reine que les fous et ses tours. Chaque espion est capable de se retourner un jour. Chaque être est capable de penser. Les guerriers ne sont pas tous morts. Leur sang ne s'est jamais éteint. Tout comme le condor capable de se relever et voler au travers des siècles afin d'apporter LA plume qui servira de pont, le sang est ce qu'il y a de plus important. (Oui, je sais on dirait Spike dans Buffy) Il n'y a que le sang qui soit important, car il apporte la mémoire, il transmet le don. Le temps a eu beau éloigner les esprits de leur montagne, les transformés ont vécu de manières distinctes, avec ceux qui ont encore la foi et les autres. Les moments du passé, ces moments retranscrits sont émouvants et apportent vraiment un gros plus à l’Histoire. Nous comprenons les deux "clans", les difficultés à rester sur le droit chemin. Rien n'est simple à ce moment, qui n'aurait pas eu envie de tout garder pour soi ? Qui aurait été capable de faire comme si ? La magie est prégnante avec les visions, les écrits, les pactes, les rituels, les échanges.
Un lieu où tous "vivent" sans vraiment se côtoyer si ce n'est Hana qui a déjà vu Lucian. Mais les autres ? Quelques gardes, une aide providentielle pour son travail, mais elle ne sait pas. Cela ne la gêne pas, ce n'est pas dans son contrat. Certaines envies n'existent pas dans son esprit, mais lorsqu'elle veut en savoir plus sur les échantillons qu'elle analyse, c'est là qu'intervient l'échange. Alexeï a des doutes, des questions, un esprit cartésien pour un vampire. C'est un homme qui a tout dans son esprit, compartimenté comme Hana. Il sait, il voit, il garde pour plus tard, il tente de tout faire pour protéger sa sœur. Les manigances d'une cour sont vastes, chaque geste décrypté, chaque frémissement analysé, chaque regard porté trop longtemps est mis sous un microscope. Pour trouver des alliés, il faut un lieu, une heure, un cadre où les caméras ne plongent pas. Pour avoir de véritables compagnons de route, il faut également de quoi mettre dans la balance, trouver un terrain d'entente, comprendre les enjeux et potentiellement trahir sans condition. Afin de renverser un pouvoir, un trône, un roi si puissant, il ne faut pas y aller avec le dos de la cuillère. Il faudra de la ruse, du temps, des pions et d'autres alliés puissants.
Les recherches sont des points importants, mais cela ne fait pas tout. La liberté est un pouvoir, un privilège que peu ont véritablement. Être sous la coupe d'une personne ? Ce n'est pas de la chance, ce n'est pas magique, c'est tout simplement une dictature. Le temps des guerres n'est pas terminé. Les premiers vampires ont tous été détruits. Tous ? Non, une poignée d’irréductibles persistent. J'ai plongé au cœur des civilisations diverses que l'auteure nous propose. Le comment le premier vampire est né, comment ils ont réussi à tenir le coup, comment ils ont compris et comment les branches du même arbre ont pu s'éloigner autant. Le récit est entrecoupé de part d'Histoires réelles, de science, de progrès, de régression, d'analyses et d'un peu de confiance. Les liens se forment, les rencontres diverses apportent un plus. Il ne s'agit pas de savoir qui a le plus de pouvoir, le plus de dents, le plus de besoins, il s'agit de mettre en commun pour avancer plus vite, plus loin, plus longtemps : pour une paix durable, pour que l'équilibre entre le soleil et la lune puisse rester neutre, pour que plus personne ne soit déchiré.
Il ne s'agit pas que d'un récit avec des vampires, des chasseurs, des chamans, de civilisations Inca, des ancêtres. Il s'agit de pouvoir, de partage, d'équilibre, de soutien, de confiance, d'être capables d'analyser les situations sous divers points scientifiques ou non, de pouvoir comprendre que nous sommes tous différents. La compréhension est capitale entre les lignes, tout comme le fait de rester bienveillant. Cette différence est une force, pas une faiblesse. Le harcèlement, les violences faites aux plus faibles, les prises de position pour son propre nombril, non, non et non ! Nos "héros", qui ne se voient absolument pas ainsi, vont tout faire pour que l'harmonie puisse exister et perdurer. C'est comme jeter un caillou dans l'eau. Il va faire des remous, l'eau va bouger un peu et puis ? Plus rien. Faire glisser ce même caillou à plusieurs reprises permet aux vaguelettes de continuer à rester en mouvement. Rien ne sera simple, peu de choses leur seront épargnés. Les morts ne sont pas l’apanage du passé, les blessures physiques seront monnaie courante. Juste un point de détails qui me trotte dans la tête, mais vu le nombre de fois que certains sont coupés, par exemple à la main, à un moment donné il ne doit pas rester beaucoup de "chair fraîche" à découper, non ? Pour des vampires j'ai bien compris que les plaies se referment, mais pour les autres ? Voilà, c'était mon unique bémol du récit !
De nombreux thèmes importants découlent de ce texte et je ne peux terminer sans parler des sacrifices. Ceux-là vont être nombreux pour diverses raisons. Le passé avec ses témoins qui ont laissé des traces de manière à faire comprendre que certains actes ne sont pas bons. Le présent pour tenter de sauver ce qui ne peut l'être. Le futur incertain qui vacille sans pour autant éteindre sa lumière. Cette contradiction entre le soleil et la lune, ce pont qui doit relier deux rives, ces instants où les esprits comprennent qui ils sont, ce qu'ils doivent faire pour améliorer... Nous avons un ensemble de pièces qui seules ne ressemblent à rien, combinées ensemble, elles forment un tout parfait. Même si rien n'est vraiment jamais parfait, l'équilibre doit toujours être précis, chaque élément apporte un fil, un mur porteur, une pierre afin de consolider les étapes d'un monde meilleur. Ces vampires ne sont pas uniques, ils sont tous différents, de lignées diverses. Chacun à sa propre histoire, chacun a ses propres pensées. Le récit est sous différents points de vue. Nous entrons plus facilement en eux et pouvons garder le sourire ou se grignoter les ongles dans certaines situations.
J'allais omettre de parler de la couverture, mais franchement ? Elle est attirante et représente très bien ce que le récit contient. Le sang est au cœur des préoccupations, c'est grâce à lui que tous vivent, que des pactes sont signés, que des lois peuvent changer. Les rituels sont tous différents même si ce précieux liquide est toujours présent. Une seule goutte peut suffire, il n'y a pas besoin d'en avoir des litres pour faire peur à la galerie. Hana l'a bien compris, comme Amaru et Alexeï. Les liens se forment en douceur, mais avec une chose qui m'a fait sourire : la praticité. C'est pratique, logique, doit se faire, donc cela doit se faire. Une autre personne que Hana n'aurait pas comprise, n'aurait pas réagi de cette façon et mettre en avant des compétences avec ce type de personnage est une très bonne idée. Elle ne s’embarrasse pas de questions, son esprit est celui qu'il fallait. J'ai aimé chaque moment où elle interagit à sa façon, son carnet contre elle, son regard rempli de science prête à analyser et ranger dans une colonne. Amaru et Alxeî ont leur propre personnalité liée à leur civilisation, leur passé, leur acquis. Et ce trio fonctionne très bien ! Ah oui, pas de scènes d'intimité exploitées en long en large et en travers, les quelques lignes que nous avons sont empreintes des personnages et comme le dit Hana, cela ne servirait à rien de détailler ! Alors merci pour cela.
En conclusion, un récit unique en son genre avec une civilisation peu connue (les recherches sont énormes), une création de vampires, des liens, des doutes, des espoirs. Une jeune femme qui tombe en plein cœur d'une machination qui aurait pu la dévorer si elle n'était pas Hana. Un trio de personnages complexes capable de montrer tout le bien malgré leurs différences, capable d'apporter un équilibre. Trahisons, complots, royauté, pouvoir ne sont rien face au pont et ses rives qui deviennent indestructibles. La science combinée à la magie, aux rites, aux pactes de sang nous entraîne dans un récit où les émotions font légions. J'ai volontairement mis sous clé beaucoup d'autres points importants, parce qu'il faut les découvrir, il faut les lire pour mieux s'imprégner de l'Histoire. Je terminerai par une chose : la plume a énormément évolué depuis que je la lis et pour le moment, sur tous ceux que j'ai lu, il passe en première place ! Alors, vous vous décidez quand ?
« Là, j'ai mis le doigt sur la raison pour laquelle Hana me déplaît autant : elle n'entre pas dans la mécanique. Elle ne cherche pas la couronne, ni l'amour, ni la reconnaissance. Elle ne "veut" rien de moi. Elle veut des résultats. Et ce désir-là ne se flatte pas : il se contrôle... Ou il se prive. Voilà, refaire mon parcours depuis les caves de Montmartre au luxe de l’Élysée à transformé ma colère en certitude. J'ai survécu à mon créateur. J'ai tué mes mentors. J'ai écrasé mon rival. Alors, une humaine ? Je trouverai la faille. »
/image%2F0651920%2F20260811%2Fob_5563a0_la-malediction-du-soleil-noir-5930608.jpg)