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Auteur : Jean-Claude Bésida
Éditions : Auto-édité
Paru le : 05 décembre 2025
264 pages
Thème : Gothique / Thriller / Esotérisme
disponible sur Amazon
Une ambiance gothique envoutante
« Bayreuth, hiver 1884. Depuis trois ans, Magdalena von Rehlingen se laisse mourir dans son château, pétrifiée par le deuil de son mari disparu dans des circonstances mystérieuses. Jusqu'au jour où un archéologue aux manières brusques frappe à sa porte et lui révèle l'impensable : Karl n'est pas mort d'un accident. Il a été assassiné par une secte occulte qui prépare, dans l'ombre du temple wagnérien, un rituel capable de déchirer le voile entre les mondes.
De veuve brisée, Magdalena va devenir chasseuse d'ombres. Dans une Bavière où les loups hurlent aux portes des villes et où les corbeaux semblent obéir à des maîtres invisibles, elle devra affronter des forces qui dépassent l'entendement, croiser le chemin d'un philosophe fou et d'un chef d'orchestre mourant, et découvrir que l'amour est peut-être la seule magie capable de vaincre les ténèbres.
De la kabbale lurianique aux secrets de l'acoustique wagnérienne, des runes du futhark ancien aux arcanes philosophiques de Nietszche, Bésida déploie une éruditions plus qu'encyclopédique qui transforme chaque page en voyage initiatique .À la croisée du roman gothique, du thriller ésotérique et de la fresque historique, Le Dernier Loup de Bayreuth invente un genre à lui seul, à la mi-chemin exacte entre Umberto Eco et Gustav Meyrink. »
Je me suis permis de rectifier un seul mot dans le résumé. Dans le livre, Magdalena se laisse mourir depuis trois ans et non sept, comme indiqué un peu partout. Cela fait donc trois longues années que le mari de Magdalena, la femme que nous allons suivre dans cette vie a été assassiné. Karl a touché trop près la vérité et il en a payé de sa vie. Sa veuve survit sans réussir à reprendre ce qu'il lui reste en main. Elle se morfond, ne cesse de pleurer et va jusqu'à s'oublier totalement. Les larmes sont son quotidien, tout comme la famille de son cher et tendre qui ne sont que des profiteurs. Et puis, le déclic, l'approche malsaine, le besoin de ressentir, d'être vivante, de ne pas sombrer en oubliant son mari. Elle a un cœur qui bat et une raison de se battre lui est offerte. Le plateau a beau être d'or, ce qui le tient en main est trouble, obsessionnel et prêt à dévorer tout sur son passage. Ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure va lui montrer les zones d'ombres, mais surtout la fragilité de l'esprit d'une personne qui ne sait plus où elle en est. Une fragilité physique ET psychologique, mais en y regardant de plus près, cette fameuse fragilité va devenir une force de la nature avec le temps. Mais je vais trop vite en besogne.
Merci cher auteur pour l'envoi de cette œuvre digne d'un opéra ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas plongé si profondément au cœur même des émotions gothiques. Cette mince paroi entre la réalité et le surnaturel, entre le fantastique et l'esprit. Les mots sont profondément ancrés sur le papier tel des notes de musique qui n'iront nulle par ailleurs qu'au bout de la baguette magique du maestro ! Le chef d'orchestre se montre, il prend ses aises, s'installe, se montre, attire le regard. Certains passages nous entraînent dans son sillage, nous obligeant en quelque sorte à ne pas faire attention à ce qui peut survenir. Entre ses lignes, l'auteur nous dévoile son jeu petit à petit. La subtilité est présente, les personnages ressentent et nous font ressentir leurs émotions à fleur de peau. La perte d'un être cher est douloureuse et nous savons, nous comprenons ce que Magdalena endure depuis des jours, des mois, des années. Une "famille" imposante, des voisins qui surveillent, un monde à part au cœur de l'ancienne Allemagne. 1885, une époque où l'apparence compte, où le moindre petit doigt qui bouge d'un millimètre durant une inspection est capable de vous faire renvoyer, alors casser une coupe de champagne... Mais je m'égare de nouveau et cela est le risque lorsque nous sortons d'n tel texte, que dis-je d'une telle ode à l'espoir.
C'est ça, de l'espoir, même dans cette atmosphère lourde et pesante, nous ressentons toujours cette lueur d'espoir. Tant qu'il y a de la vie est tout à fait mis en avant, en valeur, tout ce que vous désirez mettre en mot. Les maux sont intenses, les situations également. Nous ne pouvons que ressentir le poids de ces mots devenus des notes de musique prêtes à devenir une mélodie. J'ai navigué sur les portées dans une ambiance à la fois mystérieuse, mystique et intense. Le début est quelque peu ardu avec certains termes, mais une fois passées quelques pages, les termes découlent de telles manières que j'ai eu l'impression d'être de la Bavière. Les descriptifs des villes, villages, collines, château rend tout plus imposant, pas étouffant, au contraire, j'étais émerveillée de pouvoir voyager dans le passé au côté de personnages qui sont plus vivants que jamais ! Les personnages ne sont pas nombreux, mais ils ont un caractère et pour certain une âme. Magdalena en fait partie. Elle évolue de manière évidente, retrouvant la flamme pour combattre le Mal qui s'installe inexorablement entre des murs. Il est question de rituels, d'ésotérisme, de Dieux également. Je préfère garder toute cette part de mystère qui est vraiment intéressante à découvrir du point de vue de l'auteur. Ce n'est pas forcément très connu, en tout cas pour ma part et je n'aurai pas aimé avoir plus de détails que ce qui est indiqué dans le résumé.
En plus de Magdalena, nous avons Keller qui a une place importante dans le récit. Archéologue et un peu plus que cela, il sait des choses, il avance dans une enquête pour déterminer ce qu'il faut faire. Sauver le monde, sauver sa peau, c'est un personnage intéressant dans le sens où il fait des choix, pas toujours en adéquation avec ce que nous pourrions imaginer, mais sa raison n'est pas forcément toujours en avant. Il suffit parfois de peu pour baisser le regard face à celui de l'autre et ainsi accepter des desseins que nous n'aurions pas choisis auparavant. Ce n'est pas une faiblesse, mais un choix de laisser l'autre faire ses propres choix. Contradictoire ? Pas forcément, disons que nous interagissons toujours en fonction des autres, à moins d'être totalement égoïste ce qui nous donne des chemins différents à chaque instant de notre vie. La rencontre entre eux deux n'est pas évidente. Méfiance, peur, manque de confiance, les on-dit ont la peau dure, le passé également. Tout est symbolique, il ne s'agit pas forcément de bien et de mal, il s'agit de choix qui nous entraîne sur une voie. Bien entendu nous découvrons autrement Nietzsche par exemple, ou encore Wagner. Des hommes érudits, perdus dans leur propre esprit. L'enquête est haletante, nous découvrons ou assistons entre deux portes à la perte d'un protagoniste.
En conclusion, si vous ouvrez la première page, vous risquez d'être happé. Une enquête où se mêle l'ésotérisme, la mythologie, le thriller, le suspense, le deuil, conséquente. La somme de savoir est immense et j'ai adoré me retrouver au cœur de ces mots passionnants. L'ambiance gothique est vraiment intense, tout comme le courage et la persévérance. C'est dense, le souffle devient court par moment, nous surfons sur des vagues de désespoir par endroit et agréable à d'autres. Rien n'est léger, tout est calculé au moindre détail. Plonger dans la noirceur la plus profonde afin d'en recueillir une seule note, mais laquelle ? Cette partition peut donner des rêves ou des cauchemars selon la manière dont elle est jouée. Il ne suffit pas de savoir doser, il faut être capable de donner le bon rythme, la bonne tonalité afin de donner le bon équilibre. Auquel cas... à vous de le découvrir !
« - Il y a des inscriptions ici, murmura l'archéologue en passant sa main sur la roche. Ses doigts suivaient des sillons à demi effacés. Ce n'est pas du gothique. C'est du futhark. Ces inscriptions ont au moins mille ans.
L'air était sec, immobile, chargé d'une odeur que Magdalena ne reconnut pas immédiatement. Puis elle comprit. C'était l'odeur de l'absence. L’odeur d'un lieu où rien n'avait bougé depuis si longtemps que l'air lui-même s'était fossilisé. Ils pénétrèrent dans une vaste chambre circulaire, taillée à même le roc. »
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