• A pas de loup (Isabelle Villain)

     Résumé 

     

    « Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s'installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein coeur des Alpes-de-Haute-Provence, c'est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons. Mais l'équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s'infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique. Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar. Votre pire cauchemar… »   
     
     

     Ma chronique 

     
    Je remercie la maison d'éditions Taurnada ainsi que Joël pour m'avoir envoyé cette nouvelle histoire. La couverture est une véritable bombe, je l'aime énormément, quand au résumé il m'avait mis la puce à l'oreille.  "à pas de loup" est un thriller qui démarre lentement sur les personnages, sur leur vie, la façon dont ils voient le monde. C'est une nouvelle méthode de prendre le temps de vivre différemment, avec d'autres convictions autre que le boulot-métro-dodo que nous connaissons pour la plupart d'entre nous. Doucement, mais surement, la nature sauvage reprend ses droits, la bête attend patiemment que la proie la plus vacillante tombe pour lui sauter à la gorge. C'est cette sensation que j'ai eu en refermant le livre : l'Humanité n'est pas prête à vivre autrement tant qu'il y aura des hommes et des femmes qui voudront tout régenter.
     
     
    Le calme, la sincérité, vivre de ses produits, avoir des enfants épanouis qui ne sont pas scotchés à leurs écrans, reprendre des forces, revenir aux sources... C'est ce que plusieurs familles désirent pour eux, pour une vie meilleure. Michel est un homme âgé lorsqu'il entreprend "d'ouvrir" un hameau, vivant déjà de ses produits. Un éco-village, un lieu où la pollution, le stress ne sont plus que des mots bien vagues, devenir des souvenirs. La Barberie est un hameau où vivent en harmonie quelques hommes, femmes, enfants. Ils font tous des efforts, des travaux pour aider les autres. Une forme de grande famille où chacun apporte sa contribution au bien-être des autres et de soi-même. Si certains sont heureux d'être là, d'autres méditent encore sur ce changement, surtout lorsqu'un proche tombe malade. Un médecin ? il ne servira à rien, les herbes sont là pour soigner, pas besoin de médicaments, c'est polluant.
     
     
    Michel est important, il est humble, désirant vivre jusqu'à la fin de ces jours dans sa maison sans faire de mal à personne. Rosalie et Martin son fils devenu un adolescent de 10 ans aiment cette vie simple. Si le Philippe n'est plus avec eux, le jeune garçon ne l'oublie pas pour autant, car c'est son père. Ce dernier ne vit pus avec eux des suites d'un mauvais concours de circonstances. Pourtant, il fera une réapparition qui va chambouler les esprits de chacun, à sa manière il va mettre un coup de pied dans la fourmilière qu'est devenue la Barberie. Avant la mort de Michel, tout était presque parfait. Bien entendu il fallait travailler pour aider la communauté, mais chacun était libre de donner sa voix à tel ou tel projet. Avec son décès, les choses changent. Partager oui, mais donner c'est mieux. Et c'est là que va commencer la descente aux enfers. Ce n'est pas en une seconde, ce n'est pas net, il s'agit plutôt d'une influence qui prend le pas lentement, mais surement. Ce pas de loup qui intervient juste quand il le faut.
     
     
    Comment à notre époque des gens peuvent encore se faire avoir de cette manière ? D'accord, c'est subtile, mais je dois admettre qu'un mot m'est venu à l'esprit très rapidement, ce mot qui a fait fureur et qui à mon sens continuera à se faire entendre. Il y a tellement d'éléments à prendre en compte : la solitude, le mal-être, la faiblesse, le stress, l'envie d'autre chose, de ne plus avoir de responsabilité, de ne plus être dépendant des objets, l'écologie. Chacune de ses pièces fait qu'une personne normalement constituée peut se retrouver dans la position de l'un des personnages tel Fabienne. Douter de soi est également un élément capital, car il sert à l'autre d'entre dans la faille, de s'y installer et de tourner certains points à son avantage.
     
     
    Du départ il y a quelque chose qui gêne, un sentiment d'impuissance qui nous murmure que tout va mal se passer, pas uniquement parce que c'est classé thriller. Non, il y a cette façon de décrire certains personnages qui nous emmènent dans un recoin sombre de l'espèce humaine. C'est caché, sous-jacent. Je m'attendais à cette fin, le dénouement ne pouvait être autrement. Jusqu'à cette folle passation. Nous pourrions presque le classifier de huit-clos, s'il n'y avait pas cette enquête policière sur deux endroits éloignés du hameau. Un meurtre d'un écologiste, un passage à tabac d'une femme dans son appartement, le meurtre d'un homme... Qu'est-ce qui peut bien être le lien entre tout cela ? Il est certain qu'en lisant ces mots, il va falloir creuser, mais en lisant l'histoire, tout devient évident. L'auteur nous donne des miettes au départ pour nous apporter le restant d'un énorme gâteau au chocolat et nous montrer notre propre faiblesse parce que nous nous sommes faits avoir, nous aurions pu être l'un d'entre eux.
     
     
    Les loups sont mauvais, ils attaquent les troupeaux pour se nourrir. C'est contradictoire dans le sens où ce sont des animaux qui ont besoin de se nourrir et oui pour les éleveurs c'est un problème, car ils diminuent le nombre de bêtes. Entre les vegans, les carnassiers, les écolos purs, les j'm'enfoutisme, l'harmonie vacille aussi bien dans le domaine qu'en extérieur. Je n'ai pas parlé du premier sujet principal du récit, car c'est un élément important à découvrir. Je dirais juste que même en fermant le livre, je n'ai pas compris la réaction de cette mère. Elle l'aime, mais préfère attendre ? Même en recevant un message tout en sachant qu'alerter les autorités c'est dangereux, au final cet amour semble bien désuet en comparaison de ce que cette femme désire pour lui. L'auteur nous parle des personnages à tour de rôle de manière naturelle. Leur besoin de changement, l'aspect d'une vie plus calme. Dire que ce n'est qu'une façade serait vraiment trop simple.
     
     
    Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal avec le début dans le sens où l'auteur pose des éléments lentement pour les retourner tout aussi lentement. La première scène avec la réaction de la mère m'a perturbé, étant moi-même une maman, je ferais tout et n'attendrais pas comme elle le fait. C'est une sacrée manipulatrice, douée dans l'art du mensonge.L'art de retourner un cerveau, de réussir à avoir des admirateurs capables de tout et je dis bien de tout pour un sourire, un regard ou plus. La perversité n'est pas physique dans ce texte, elle est mentale. Tout est dans le geste, la façon d'apporter des éléments par omission. Faire croire est un jeu pour certain afin d'obtenir ce qu'ils désirent.
     
     
    J'ai beaucoup aimé Vladimir et Nadia, allez savoir pourquoi eux deux, mais dès qu'il y avait un passage avec ces personnages, j'étais ravie. Lui a un travail en dehors du hameau, tandis que Nadia fait des efforts pour la nourriture. Venant tous les deux de Russie, ils ont décidé de venir en France pour cette vie meilleure. Martin est adorable et va découvrir un monde qu'il n'aurait jamais du connaître aussi jeune. La plupart des couples et familles sont tombés par hasard sur ce hameau ou Michel qui a su leur vendre du rêve. Un rêve qui aurait dû le rester, si ce n'est l'ambition de certaines et certains. Le sentiment d'impuissance de l'extérieur est bien ressenti lorsque tout éclate. Comment plusieurs personnes ont pu laisser faire UNE personne ainsi ? Comment n'ont-il pas vu ? Pourquoi ne pas avoir réagi ? Est-ce que la confiance était si forte que tout était balayé même l'instinct de conservation ?
     
     
    En conclusion le livre regorge de thèmes qui sont au cœur de l'actualité : la surconsommation, le tout vouloir tout de suite, la famille, le besoin de changement, l'envie de créer de ses propres mains un avenir plus radieux. Vivre en communauté peut se faire si et seulement si tout le monde est à la même enseigne. Malheureusement pour nos personnages, le loup est déjà dans la bergerie et il attend patiemment de mettre à exécution la mise à mort tant attendue par la faucheuse.
     
     

     Extrait choisi : 

     
     
     « — Tu vas m'écouter un peu. J'ai bien compris que tu as le béguin pour Maximilien. Mais je voudrais te rappeler pourquoi nous avons emménagé ici à la Barberie. Pourquoi tes parents et tous les autres sont arrivés un jour et ont décidé de s'installer dans ce hameau. Nous avons tous des parcours différents, mais une chose importante nous réunit, c'est ce désir de vivre autrement. C'est arrêter de vivre la vie de tout le monde. C'est se concentrer sur l'essentiel, sur le partage. Retrouver nos vraies valeurs. Le monde est hostile. Il est dur, violent, ravagé par la colère, affaibli par la peur. Ce monde-ci ne vous fera aucun cadeau. Alors, c'est notre devoir de vous en protéger... »

     

     

     

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  • Commentaires

    12
    Mardi 19 Janvier à 08:21

    Ta chronique m'intrigue énormément, j'ai une envie folle de lire le livre maintenant ^^

      • Mardi 19 Janvier à 21:25

        Ah ah je suis trop contente ! J'espère qu'il te plaira ;)

    11
    Dimanche 17 Janvier à 16:26
    Satine's books

    Je pense qu'il sera le prochain chez Taurnada à passer dans mes mains

    10
    Dimanche 17 Janvier à 14:52

    C'est intéressant tout ca, contente que ta lecture ce soit bien passée !

      • Dimanche 17 Janvier à 16:34

        J'ai rarement de mauvaises lectures avec cette maison d'éditions xD

        Merci !

    9
    Kim
    Dimanche 17 Janvier à 10:02

    La thématique m'intrigue énormément !

      • Dimanche 17 Janvier à 13:55

        Ou comment ne pas se faire avoir xD Bonne future lecture :)

    8
    Vampilou
    Samedi 16 Janvier à 22:21
    J'avoue que tu m'intrigues, ça pourrait bien me tenter !
      • Dimanche 17 Janvier à 13:54

        Ah ah, j'espère que tu le liras alors :)

    7
    Samedi 16 Janvier à 22:16
    Ce roman m'intrigue depuis sa sortie et la première scène, avec la mère, ça m'intrigue du coup : la mère ne peut-elle pas être tétanisée ? (Bon, si tu parles de manipulation, ça doit pas être qu'elle est tétanisée et c'est encore plus intrigant ^^).
      • Samedi 16 Janvier à 22:20

        Je ne peux en dire plus, j'en suis navrée (ou pas xD)

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