• Chroniques/Accueil

     

    Tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un avis, c'est par ici. Attention, il y en a beaucoup. Le mieux serait de visiter le menu déroulant au dessus et de choisir ce qui vous tente de découvrir dans le menu "Chroniques" ou "Thèmes"

     

    Focus Littérature

     

  •  Résumé 

     

    « Dans cette version contemporaine du Petit Chaperon rouge, la candeur est bafouée et les fantasmes deviennent cauchemars. Après cette lecture interdite, les bois ne vous sembleront peut-être plus aussi sûrs…

    Une vieille Tsigane en communication avec des esprits, condamnée à une fin tragique pour avoir découvert la vérité au sujet de sa fille. Une enfant retrouvée dans les bois, devenue plus tard une séductrice avide de vengeance. Un groupe d’hommes aux moeurs vicieuses, semant l’horreur sur leur passage. Un sergent de police acharné, tentant d’endiguer une série de meurtres barbares à caractère sexuel. Un loup rôdant dans la nuit, à la recherche d’une proie délectable. »   

     

     Ma chronique 

     
     
    Il s'agit d'une histoire que j'ai lu avant sa sortie en France et je n'avais pas pris le temps d'écrire ma chronique dessus. Ensuite il a été rangé sur une étagère avec ses copains sans vraiment le voir, un peu perdu au milieu de la collection des contes interdits de la maison d'Ada éditions. Comme j'ai décidé de lire tous les livres de Sonia Alain qui n'ont pas été relu juste pour le plaisir, je débute avec celui-ci, parce que je sais qu'il me plait énormément. Attention, il s'agit d'une histoire totalement réécrite basée sur la véritable histoire du petit chaperon rouge, des frères Grimm qui n'était déjà pas très jolie et de Charles Perrault, plus sympathique. Ici, vous avez donc un conte horrifique, alors ne vous attendez pas à ce que tout se passe tel un conte de fées, puisqu'il n'y en a pas.
     
     
    Angelika n'est qu'un bébé de trois mois lorsqu'elle est donnée à sa grand-mère Malicia, alors que sa mère est décédée dans des circonstances plus qu'étranges. Mais la police a conclut à un accident de chute d'escaliers, rien de répréhensible en soi...9 ans plus tard, pour une soirée particulière, Angelika est envoyée chercher un ingrédient qui manque à leurs repas. Bien que Malicia soit perturbée et ne veut rien dire, la petite fille sort avec son loup qu'elle a adopté il y a deux ans, muni de son panier et de son chaperon rouge en pleine nuit. Une sortie non prévue qui va basculer la vie de cette petite fille. La grand-mère est tuée et elle est pourchassée, jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse dans la nature pour ses criminels. Bien des années après, passée de famille d'accueil en endroits plus glauque que jamais, sa mémoire retrouvée va lui faire un choc. Sa vengeance ne sera plus que son but, quitte à se perdre en chemin.
     
     
    Angélika est devenue une jeune femme de 21 ans, trois longues années pour se transformer intégralement et devenir cette arme de destruction massive, nous ne pouvons pas dire le contraire. Qu'elle le veuille ou non, elle sera épaulée de plusieurs bons éléments, tel son loup ancré en elle et ce flic Olivier qui cherche par tous les moyens d'enfermer Arnaud St-Cyr pour tout ce qu'il peut lui mettre sur le dos. Un monstre dans toute sa splendeur, sauf que personne n'arrive à trouver le moindre indice. L'homme est fort dans tous les domaines, mais il ne faut pas oublier qu'il n'est qu'un homme après tout et qu'il y a toujours un moyen de le coincer, d'une manière ou d'une autre. L'horreur débutée par ces hommes n'est rien comparé à ce qu'ils vont tous subir. De ce côté, je n'en dirais pas plus, car chaque scène se savoure les unes après les autres. Sexualité, excentricité, Angelika utilise tous ses atouts pour les mettre plus bas que terre.
     
     
    L'aide n'est pas uniquement physique, la famille de cette jeune femme pourrait faire partie du folklore, un de ceux qu'on voit de loin sans vraiment s'y attarder en souriant lorsque nous pensons que tout n'est que faux. Tsiganes. Juste un mot pour comprendre que la jeune femme aura de précieux alliés qui lui permettrons d'engendrer cette vengeance qui la tient éveillée depuis des années. Le côté surnaturel est léger au départ, un peu plus soutenu lorsque nous arrivons au but ultime : le point final de l'histoire bien entendu. Les liens surnaturels sont si forts que la jeune femme aura des regains d'énergie, sans compter sur le soutien infaillible de ces animaux réputés comme des sauvages affamés de chair fraîche.
     
     
    Olivier St Germain ne croit en rien qu'en ce qu'il voit et ce que ses yeux vont observer ne sera qu'un beau carnage. Il pleut des hommes morts et autres créatures d'ailleurs ce qui n'est pas au gout de certains de ces collègues. Nous sommes bien dans l'angoisse permanente de nous demander si la vengeance sera assouvie, si Angelika arrivera à ses fins et surtout qu'elle arrive à apaiser les esprits de sa famille. Tandis qu'elle s'amuse avec ses proies, lui va se retrouver avec une enquête si énorme que son estomac serait malade en un claquement de doigts. Le début est très soft, mais plus nous avançons dans le récit et plus les meurtres deviennent de plus en plus violent, mais tout en douceur. Sonia arrive à décrire les scènes avec précision et légèreté en même temps. C'est affolant de voir comment une scène explosive se laisse lire avec le cœur qui bat vite et fort, sans pour autant grimacer sur les détails. Et pourtant il y en a, mais c'est tellement logique de la voir en action que la seule chose qui vient à l'esprit est un gros ouf de soulagement lorsqu'ils tombent les uns après les autres.
     
     
    Des scènes d'une telle précision que cela en est jouissif. Imaginer la terreur de ces hommes au moment où ils comprennent ou non ce qui va leur arriver, lorsqu'elle se présente telle qu'elle est, le conte prend bien le côté horreur de cette série de livres. Imaginer la terreur de ceux qui découvre les scènes macabres. Série que je viens tout juste de commencer avec celui de Sonia, mais j'en ai d'autres en attente. C'est une escalade dans la violence et connaissant les écrits de Sonia, elle s'est dépassée, car ce n'est absolument pas son domaine de prédilection. C'est glauque à souhait dans le contexte avec Angelika qui veut sa vengeance et tout ce qu'elle dévoile aux yeux de tous. Car St Cyr n'est au final pas le monstre que nous pourrions penser, il est LE MAL absolu et rien ne l'arrête dans ses débauches.
     
     
    De nombreux événements qui se suivent, des révélations à couper le souffle, Angelika et Olivier ont fort à faire, sans oublier cette jeune gothique qui sera présente à des instants clés. Si certains points se voient venir, d'autres sont véritablement surprenant. Le poids qu'Angelika portait est déjà terrible, alors certains faits doivent rester secrets et il vaut mieux. La fin reste dans la logique des événements avec le lots de malheur pour les personnages. Aucun d'entre eux n'est parfait, le bien et le mal se chevauchent dans chacun d'entre eux et cela laisse un gout amer en bouche, parce qu'au final, ne serions nous pas également un mélange des deux ? Cette fin nous ramène au commencement, dans ce bois maudit où la vie d'Angélika a basculé. Pour autant le récit n'est pas totalement sombre, car la part de lumière d'Olivier laisse des moments de lecture atténués.
     
     
    Chapitre chapitre débute avec un titre tiré du conte original et c'est une très bonne idée, surtout que les mots écrits peuvent aller à l'originalité de ce conte comme au premier. Comme quoi le petit chaperon rouge n'est pas qu'une fillette qui embarque des pots pour sa mère grand. Ici elle démontre qu'elle a grandit et que le conte de fées n'est qu'une illusion. La réalité est bien plus sordide. Les actions ne manquent pas, de sacrés retournements de situations sont prévues. Dès le début, nous sommes au cœur de l'action, avec une morte, une course poursuite. Il fallait bien fermer la boucle. En le lisant, vous comprendrez.
     
     
    En conclusion, un premier conte interdit qui ne doit pas aller entre toutes les mains. Le côté horreur aurait pu être poussé un peu plus, après comme je l'ai indiqué dans ma chronique l'auteur a su se dépasser, car elle n'écrit pas ce style habituellement. J'ai adoré découvrir le petit chaperon rouge revisité dans le thème horreur sous un gout de vengeance familiale. Oh j'allais oublier la couverture est parfaitement en adéquation avec les scènes lorsque le personnage principal porte sa cape. Le petit clin d’œil en fin d'histoire avec une photo est une surprise très agréable à découvrir. Je continuerais à lire les autres contes afin de voir jusqu'où l'imagination des auteurs peut aller.
     

     Extrait choisi : 

     

     « Vingt minutes plus tard, elle avait tout ce qu'il fallait pour l'accomplissement de son plan élabiré en chemin. Dans le panier d'osier qu'elle avait dérobé plus tôt en journée pour cueillir les champignons se trouvaient une pince coupante, une huile de massage, une bouteille de vin avec un verre, un peu de caviar, ainsi que des craquelins. Avant de quitter sa chambre pour s'y dévêtir, elle avait versé un puissant narcotique dans le liquide bourgogne. La quantité était suffisante pour assommer un bœuf. De cette manière, Manuel Dubois n'opposerait aucune résistance, le moment venu.
    Pieds nus malgré l'air frais, elle s'avança vers l'abri de bois avec un détachement salvateur. Elle était investie d'une mission qu'il lui fallait mener à terme, quoiqu'il lui en coûte. Sa sensibilité mise en dormeuse, elle ouvrit la porte-moustiquaire avec une lenteur calculée pour permettre à Manuel de remarquer sa présence, mais surtout pour lui donner l'occasion de détailler ses formes généreuses à demi dissimulées par sa cape rouge, le faisant saliver. Ce dernier tourna un regard déjà vaseux vers elle à son entrée... »

     

    Le petit chaperon rouge (Sonia Alain)


     

    Partager via Gmail

    6 commentaires
  •  Résumé 

     

    « Tout le monde connaît l'histoire de la Belle au bois dormant.
    Tout le monde sait que la princesse a dormi cent ans avant d'être réveillée par le Prince charmant. Qu'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
    Mais croyez-vous vraiment que ce fut aussi simple ?
    »
       
     

     Ma chronique 

     
     
    Je remercie la maison d'éditions Flammarion Jeunesse / Père Castor pour l'envoi de cet album. Lorsqu'il est arrivé, je ne pensais pas qu'il était si grand, il a un format de BD, une couverture cartonnée rigide, de grandes pages colorées, illustrées avec beaucoup de détails sur chacune d'entre elles et une histoire à la fois intéressante et déjantée. Quoi que pour le déjanté il y a tellement de parts de vérité qu'on se demande si ce côté comique n'est pas juste pour attirer l'attention sur plein d'autres choses.
     
     
    La belle au bois dormant est toujours endormie et le prince charmant arrive sur son beau cheval blanc, hum non, sur son fougueux destrier, euh non toujours pas ! Il arrive en trottinette ! Et pas une petite où il faut pousser, que nenni, une qui va vite, une électrique. Le prince charmant est enfin arrivé à monter au sommet de ce château et il débarque dans l'encadrement de la chambre de la princesse. Mais déjà premier hic : elle ronfle ! Même les ours auraient du mal à dormir à ses côtés, mais qu'à cela ne tienne, elle est si belle... Ah la beauté de la princesse le perd en route et il tombe dans les pommes. Non pas à cause de la beauté, mais en 100 ans il s'en est passé des choses. La chambre n'est plus propre, des araignées s'amusent dans les cheveux de notre demoiselle et puis dormir 100 ans, cela signifie qu'il y a des problèmes d'hygiène... Et se laver les dents et très important !
     
     
    Ce message-là est forcément important pour les enfants. C'est la base même que nous disons en premier à nos enfants : il faut se laver les dents après avoir mangé, après chaque repas. C'est très important (oui je me répète) pour une bonne hygiène des dents, de la bouche et également pour l'haleine. Et là, le prince va en faire les frais. Mais ce n'est pas grave, elle est si belle... Ce problème d'hygiène lui pose quelques soucis, mais il passe par dessus, c'est tout de même lui qui est sensé la réveiller d'un baiser, alors hop, une pince à linge sur le bout du nez et c'est parti. Le réveil est enfin activé et la princesse est réveillé. 100 ans, c'est long dans le sommeil, surtout avec autant d'araignées à tisser leurs toiles dans le château. Ce qui est drôle en plus de tout ce que je ne dis pas, c'est le fait que rien ne s'est arrêté, comme dans l'histoire.
     
     
    Rappelez-vous, la belle au bois dormant dort allégrement et se fait réveiller par le prince d'un doux baiser (autorisé ou pas, on s'en fiche, c'est un conte de fée non mais, je vois venir certain, passez votre chemin si c'est pour râler) Je disais donc un doux baiser et tout le monde se réveille dans la joie et la bonne humeur. La nourriture a été stabilisée est toujours comestible, etc, etc. Sauf qu'ici, la vie a changé. Le monde a avancé et la princesse se retrouve 100 ans plus loin avec tout ce qu'elle ne connait pas. Elle découvre le monde qui n'est plus du tout médiéval. Les chevaux remplacés par des voitures, des vélos et autres véhicules, des sangliers ? Que nenni, ils ne sont plus chassés comme avant et puis en ville ? Oui, car le château est entouré de la ville qui a fait des immeubles plus hauts que la tour de sa demeure.
     
     
    Et le prince charmant, il l'est dans un sens, car il oublie tous les tracas et autres désagréments pour se consacrer à sa douce et tendre. Enfin, entre deux rendez-vous, car il faut bien comprendre que le prince a des obligations de notre époque. Des cours, des courses, il a un agenda de ministre comme j'aime à rappeler par moment. Et par-dessus tout, il est capable de commander des pizzas ! Pâmoison garantie pour la princesse qui voit en son prince un homme capable de faire la cuisine ! C'est une vision moderne du réveil de la belle au bois entre un prince de notre époque et une princesse restée dans les temps anciens.
     
     
    Concernant les illustrations elles en jettent un max ! Alors il y a pas mal de rose, mais c'est la princesse tout de même ! Les détails, comme je l'indiquais plus haut, les détails, il y en a beaucoup. Pour chaque page, nous prenons le temps de détailler chaque recoin afin de débusquer ce qui est différent du conte de la réalité. L'imagination prend le pas sur le papier et il est très facile de s'imprégner de l'histoire en comparant les deux mondes. Beaucoup de couleurs, des repas à ne pas avoir envie de manger, cela fait bien rire les petits. Il y a une page ou plutôt une double page qui est génial, c'est lorsque chacun d'entre eux prévient leur famille. La différence est véritablement établi. C'est très intéressant de pouvoir comparer les deux et de demander ce qu'ils préfèrent faire : écrire ou téléphoner.
     
     
    En conclusion et comme dans toutes fins de contes, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, mais ça tout le monde le savait déjà avant même de commencer. Non, ce qui est certain, c'est qu'il y aurait apparemment une autre histoire sur nos deux tourtereaux prêts à vivre des folies. Je les attends de pieds fermes avec d'autres thèmes importants de tous les jours. Je sais avec qui je vais continuer à le lire et cela sera forcément un franc succès !

     

    La Belle au bois ronflant (Géraldine Maincent)

     https://www.flammarion-jeunesse.fr/media/cache/couverture_medium/flammarion_img/Couvertures/9782081495302.jpg
     

    Partager via Gmail

    8 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique