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    Jamais d'eux sans toi (Alex Sol)

    Disponible sur Amazon

     Jamais d'eux sans toi (Alex Sol)

    Auteur : Alex Sol 

    348 pages numérique (epub)

    Thème : Thriller

    *******

     

     

    Résumé :

    « Vous êtes Karen.
     
    Imaginez que vous pensiez avoir enterré le plus gros secret de votre vie dix ans auparavant. Que depuis, pas un jour ne se passe sans que vous ne regardiez par-dessus votre épaule, alerte au moindre danger, au moindre soupçon. Imaginez que votre fille Judith est désormais tout ce qu'il vous reste. Que feriez-vous, alors, si au beau milieu de la nuit, le drame frappait de nouveau à votre porte ?
    Le laisserez-vous entrer ?
    » 
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    16/20

     

    Sur le site simplement, l'auteur est venue me proposer son livre. La couverture a su me convaincre en plus du résumé. Un thriller sombre qui semblait être dans mes cordes et c'est le cas. Je la remercie pour cette découverte.

     

    Le début du roman nous présente les personnages, Karen et sa fille Judith. Karen est perpétuellement stressée, une colère sous-jacente qui ne la quitte pas. Judith est une presque femme qui va bientôt voler de ses propres ailes. Elles ne sont que toutes les deux. Karen fabrique elle-même des vêtements qu'elle vend, les aidant à vivre correctement. Une maison près de la forêt, des oies, un chien, un chat, les deux femmes vivent sans trop se poser de questions, surtout la fille. Le regard de sa mère est hanté par quelque chose, mais quoi ? Nous ne pouvons qu'imaginer tout et n'importe quoi. Et puis le regard des autres semble oppressant, venir au marché très tôt sans qu'il n'y ai encore les touristes est toujours de mise. Une phobie du monde ?

     

    10 ans. 10 Années de secrets, de non-dits, d'oublis volontaires. Karen a un lourd, très lourd secret qui la ronge depuis toutes ces années. Pourtant elle fait tout pour que sa fille, Judith, soit heureuse. Un soir, alors qu'elles sont toutes les deux prêtes à dévorer des pizzas dans leur maison, un bruit sourd à leur porte les fait sursauter. C'est leur voisine, Marion qui est en panique. Un "monstre" serait à sa poursuite. En la laissant entrer, c'est un huit-clos qui se met en place. Les trois femmes sont enfermées à l'intérieur, cherchant le moyen de s'en sortir contre cet "homme" qui n'attend qu'une chose : les attraper, surtout Marion. Pourquoi ? Qui est-il ? Que fait-il ici ? Et si tout était orchestré depuis un moment ? Que se passe-t-il réellement ? Il y a de nombreuses questions que nous nous posons sans pouvoir y répondre.

     

    « Encore ce reproche. C'est comme un coup de poing dans l'estomac. Judith recule dans le couloir de l'étage et disparaît. Vous avez envie de la prendre avec vous et de vous enfuir d'ici, mais il y a Maggie. Vous ne pouvez pas vous enfuir, c'est ridicule. Vous sortez de la maison, les larmes aux yeux et une douleur lancinante dans l'estomac. Ce n'est pas la première fois que Celynen vous accuse d'avoir tué Elizabeth. Ces derniers temps, il vous le reproche souvent. Et quand ce n'est pas votre faute, c'est celle de vos parents pour ne pas vous avoir aidés financièrement afin de vous permettre de ne pas travailler. Ce n'est jamais sa faute, il ne se sent jamais coupable. Pourtant, c'est lui qui avait insisté pour que vous travailliez avec lui, encore et encore. Mais vous, vous n'avez pas dit stop. Alors, oui, c'est votre faute, vous auriez dû dire stop. Comment pouvait-il savoir à quel point c’était dur pour vous ? »

     

    Les chapitres s'alternent, le passé, le présent et nous commençons à comprendre ce passé maudit. Il y a tellement de monstruosité dans le monde que le lire entre ses pages reste toujours une abomination. Karen était jeune, belle, insouciante, amoureuse surtout. Et puis le temps passe, les gens changent, la vie dont elle rêvait ne ressemble plus à ses désirs. Et d'ailleurs ses fameux désirs sont étouffés, enfouis trop loin pour réussir à les ressortir. Seuls ses enfants comptent, seule la génération future doit être heureuse. Karen est prête à toucher le fond pour mieux remonter. L'angoisse est présente dans les gestes, les actes. L'horreur n'est pas que physique, elle est aussi psychologique. Impossible d'en dire de trop pour ne pas remuer le couteau (ou le tisonnier) dans la plaie.

     

    L'auteur a joué sur le mental. Les forces et les faiblesses de Karen sont exploitées au maximum. Nous ne pouvons que comprendre ses réactions, plus l'auteur creuse dans son passé, plus les poings se serrent de rage. Sans compter tout ce qui entoure ce personnage. 10 années, c'est long, c'est un poids difficile à garder. Pourtant, Karen a une force incroyable, elle tient à bout de bras ce qui lui reste de famille. Le huit-clos devient une prison, sa maison devient son tombeau mental. Karen, Judith, Marion, trois femmes qui ont peur et qui réagissent de manière différente. Les questions fusent entre elles, les mots également. Le secret si bien gardé par Karen risque de se rompre. Les nerfs sont à fleur de peau. Enfermées la peur leur fait faire des choix impensables pour ceux qui sont de l'extérieur, mais pour elles, la logique n'intervient pas forcément dans le bon sens.

     

    Le stress monte graduellement entre les personnages. Diverses émotions entraînent des gestes incompréhensibles pour certaines. La colère, la peur, l'angoisse, l'espoir, le désespoir sont des émotions violentes. Et puis il ne faut pas oublier tout ce qu'il y a autour : l'envie de protéger son enfant, sa mère, l'envie de donner cette étrangère pour être tranquille, le besoin de se protéger, le besoin de rester dans son cocon. La violence est omniprésente dans le passé comme dans le présent. Ce monstre qui en veut après Marion, que veut-il ? Et puis vint Paul, le mari de Marion. Paul le sauveur, gendarme du village. Paul qui sait garder les secrets, Paul qui est rongé par les remords. Il y a peu de personnages, mais il n'y a pas besoin d'en avoir plus. Chacun à un rôle bien précis dans cette histoire.

     

    « Il gémit en posant une main sur sa blessure, mais vous le rattrapez par le col de son pull. Vous le tirez en avant et plantez vos dents dans sa joue. Il hurle encore plus fort et vous frappe pour se libérer. Il n'a pas conscience que vous ne ressentez plus rien, que la douleur n'a plus d'importance. Il a omis ce détail. Ce détail qui va complètement renverser l'issue de sa chasse, car vous ne le laisserez jamais vous prendre en vie et vous ne mourrez pas seule. Vous n'êtes plus et cette chose qui prend possession de votre corps pour vous protéger, ce n'est pas vous. Non, ce n'est pas vous qui plantez et plantez encore la lame dans son ventre. Ce n'est pas vous qui hurlez. Ce n'est pas vous non plus qui avalez son sang alors que vous serrez encore plus vos mâchoires contre sa joue. Enfin, et alors que vous sentez la chaleur de son sang traverser vos vêtements, il tombe sur vous, lourd et immobile. Vous le repoussez et roulez sur le côté. »

     

    J'ai adoré ce méchant qui sort dont ne sait où. Nous sommes dans le flou total jusqu'à la presque toute fin. Il est là, caché dans l'ombre, proche du secret. Pourquoi et comment ? Personne n'était au courant, ou presque et c'est ce dernier mot qui est important. Vivre de cette façon sur un mensonge fait ressortir les travers des gens. Je ne voyais pas cette fin, j'avais espéré autre chose. Comme quoi il me reste encore un peu d'espoir dans certaines situations. L'auteur a été loin dans la psychologie humaine et concernant Karen elle n'a pas été tendre avec, à la fin, après le point final, Alex nous donne des chiffres qui font peur. Nous ne savons pas ce qui se passe en dehors de chez nous, qui sait si chez le voisin n'est pas dans ce cas ? L'alternance de passé et de présent augmente le stress. Seul bémol : la narration est à la seconde personne du pluriel. J'ai du mal lorsque parfois les personnages parlent au lecteur, là c'est tout le temps. Je n'ai pas réussi à entrer totalement dans le récit.

     

    En conclusion, un huit-clos prenant malgré la narration. Le thriller est bien ficelé, tout comme l'histoire. Il y a énormément de travail sur les personnages et les situations. L'auteur a su détailler la psychologie humaine de manière poussée. Le courage d'une femme ne se juge pas forcément à sa présentation, mais à ses actes. Je recommande ce récit !

     

    Jamais d'eux sans toi (Alex Sol)

     

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    Benzos (Noël Boudou)

    Disponible aux éditions Taurnada

     

    Benzos (Noël Boudou)

    Auteurs : Noël Boudou 

    222 pages papier

    Thème : Thriller

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    Résumé :

    «Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ? Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?
    Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?
    Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l'étrange et l'impensable.
    Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ? » 
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    Benzos (Noël Boudou)

     

    Merci Joël (et la maison d'éditions Taurnada) pour cette superbe découverte. Encore une très belle lecture (voire plus) pour cette maison d'éditions qui mérite qu'on s'y attarde.

     

    "Les benzodiazépines (BZD) sont une classe de composés organiques formés d'un cycle benzénique fusionné à un cycle diazépine. Ils forment une classe de médicaments psychotropes, familièrement appelés anxiolytiques, utilisés dans le traitement médical de l'anxiété, de l'insomnie, de l'agitation psychomotrice, des convulsions, des spasmes, ou dans le contexte d'un syndrome de sevrage alcoolique. Ils sont principalement utilisés comme anxiolytiques, moins pour leurs propriétés hypnotiques, où des molécules proches appelées nonbenzodiazépines leur sont préférées. Ils possèdent également trois autres effets : antiépileptiques, amnésiantes et myorelaxantes." Source Wikipédia. Benzos est cette petite pilule qui aide un certain temps à se sentir mieux, à oublier ses problèmes, à dormir, à voir la vie autrement. Oui, mais voilà, lorsque la dose prescrite est oubliée, que se passe-t-il réellement ?

     

    L'auteur indique en avant-propos son propre cas. Ce livre n'est pas son histoire, par contre il sait de quoi il parle pour certaines situations. Cela se ressent dans la manière de décrire certains actes, certaines pensées. L'auteur pousse loin sa vision, ses descriptions.

     

    Nick Power (s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer) se lève tranquillement un matin. Sa femme part pour plusieurs jours pour son travail (une promotion) un couple d'amis, Pierre et Cath, vient pour passer quelques jours chez eux. Un cachet, puis un autre, un peu de whisky, un joint par ici, un téléphone oublié, des visions bien étranges, des dialogues prenants... Nick ne sait plus où donner de la tête. Cette même tête, qui change du tout au tout. Les jours passent et les situations deviennent de plus en plus complexe. Que se passe-t-il réellement ? Les amis arrivent tous les jours, prévenant qu'ils seront en retard pour l'apéro. Chloé (sa femme) qui part, qui est présente, qui revient, qui est là au réveil ? Est-ce que Nick est en train de dormir ? Ou plutôt se retrouve en plein cauchemar.

     

    « Je me réveille dans mon lit, tout habillé. C'est devenu une habitude de ne pas me réveiller là où je m'endors. C'est très énervant et désagréable; mais je m'y adapte. Il fait encore nuit. Je sors mon téléphone de ma poche, 4 heures. Je descends boire de grandes gorgées de Coca et passe pisser un coup. Mes invités sont-ils à l'étage en train de dormir comme des bébés ou de s'envoyer en l'air ? aucune idée et là, maintenant, je m'en fous comme de mon premier somnifère. La honte que je me suis prise hier ! Enfin sur le coup pas vraiment la honte. Une des particularités de cet état est que notre cerveau refuse d'admettre qu'on est déchiré et nous pousse à nous comporter comme si tout était normal. »

     

    C'est une plongée en Enfer. Combien de médecins aiment prodiguer des ordonnances de somnifères ou autre substance chimiques capables selon eux de réduire l'anxiété, de donner un sommeil réparateur ? Combien de personnes ont abusé de ces produits sans s'en rendre compte ? Un cachet ne peut pas faire de mal, un de plus non plus. Lorsqu'au bout du compte il est impossible de déterminer le nombre exact la difficulté n'est pas de savoir combien, mais d'attendre les dégâts occasionnés. Qu'on le veuille ou non, ces substances ne sont pas bonnes à long terme pour l'organisme, pour le moral, pour la santé. Être heureux devient un simple brouillard. Combattre l'insomnie n'est pas une mince affaire et pour Nick encore plus. Il a commencé tôt et depuis la pilule est son quotidien.

     

    L'auteur plonge son personnage principal dans un cauchemar complet. Les jours se suivent, ne se ressemblent pas. L'incompréhension est sa vie permanente. L’inquiétude apparaît, comme n'importe quel sentiment. La peur devient son lot de tous les jours. La folie suit tranquillement son chemin. les Benzos aident à lâcher prise, un peu trop. Toucher le fond sans fin est une sacrée épreuve. Il n'y a pas que cela, la profusion d'alcool et la drogue est une autre étape que Nick a pris. Il est accro et en lisant ce récit nous comprenons parfaitement que son monde change totalement. La psychologie de ce qui reste de cet homme est décryptée minutieusement.

     

    L'écriture est fluide, les chapitres courts entraînants, le stress permanent d'imaginer qu'un proche est capable de remonter une telle noirceur fait peur. L'action est différente d'un livre d'aventures, ici il s'agit d'entrer dans la tête de Nick, de tenter de comprendre ce qui se passe en lui. Son entourage est destabilisant. Il m'a perturbé dans le sens où ce que nous voyons, ce que nous entendons ne suit aucune suite logique, si ce n'est la folie qui gagne du terrain. Le récit est addictif, nous avons envie de savoir le fin mot de l'histoire. Et quelle fin ! Je ne savais plus à quoi m'attendre, à force de voir les journées passer et les amis aller et venir, la réalité est faussée, à moins que ce ne soit notre regard qui est floutée.

     

    « Et tout le monde dans la pièce se fout de ma gueule, de la table de nuit aux cadres en passant par les descentes de lit. Tous semblent me dire "laisse tomber, mec, tu ne peux pas lutter". Réflexe de survie, un cacheton sous la langue. Je m'assois au bord du lit et me prends la tête entre les mains. Ça ne sert à rien, mais dans les films, quand les héros font ça, ils trouvent toujours la solution à leur problème. Pas moi. Et Pierre qui m'appelle en chantonnant, ne m'aide pas vraiment à réfléchir. »

     

    Il n'y a pas que ce qui se passe en Nick qui est présent, il y a également les voisins. Personne ne sait ce qui se passe chez les autres, nous vivons chez nous sans penser aux autres, ce qui est plutôt logique. Qui pourrait croire que la voisine n'a pas tous ses sens ? Que le mariage n'est pas aussi idyllique que prévu ? Si la vie de Nick semble belle et parfaite, en entrant dans sa tête nous constatons que c'est faux. Alors ce que nous montre le simple bonjour enjoué de la voisine n'est-il pas juste une façade ? J'ai beaucoup aimé ces petits détails qui nous en apprennent plus sur nous-même et ce qui nous entoure sans qu'on le sache.

     

    Je reviens au final de ce récit. Je n'aurais su dire ce qui s'est passé durant les chapitres précédents. Je me suis perdue, dans le bon sens du terme pour en arriver là, à ce point final. Celui qui dénoue le tout, celui nous donne toutes les explications. Le fameux pourquoi du comment qui est là. Tout était sous nos yeux, il ne manque rien. Le sourire se fait, la paix aussi. Est-ce que cela en valait la peine ? C'est une question qui aura une multitude de réponses. Prévoir les événements... Il vaut mieux prévenir que guérir est une étape importante. La complexité du récit tient en de nombreux points cruciaux en plus de tout ce que j'ai déjà pu laisser écrire.

     

    En conclusion, j'ai adoré suivre cette intrigue. Le thriller est parfait à mes yeux. Il y a du suspense, un manque de souffle évident en tournant les pages, une noirceur qui menace de nous engloutir. Pas de morale dans le sens strict du terme. Il n'y a pas de jugement, juste des faits qui peuvent déranger et un retour à la réalité en douceur pour nous, plus dure pour les personnages. En d'autres termes, j'ai passé un super moment de lecture, rien à redire !
     

     

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