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    Tout ce qui se rapproche de près ou de loin à un avis, c'est par ici. Attention, il y en a beaucoup. Le mieux serait de visiter le menu déroulant au dessus et de choisir ce qui vous tente de découvrir dans le menu "Chroniques" ou "Thèmes"

     

    Focus Littérature

     

  • Le garçon qui ne voulait pas parler (Cassandra O'Donnell)

     Résumé 

     
    « Lorsque Morgane arrive dans son collège, la vie d’Asante bascule. Il est le seul à se montrer gentil, alors que les autres élèves se moquent d’elle. Lui qui n’a pas prononcé un mot depuis trois ans, osera-t-il s’exprimer pour protéger son amie ?

    Après le succès de La Nouvelle, Cassandra O’ Donnell revient avec un roman poignant sur le respect de la différence et la liberté d’expression.
    »      

     Ma chronique 

     

    Je remercie la maison d'éditions Flammarion jeunesse pour l'envoi de ce livre.

     
     
    Une nouveauté de Cassandra ? Impossible d'y résister surtout que le thème m'importe énormément, travaillant dans un collège où justement les uns s'amusent des autres et nous faisons tout ce que nous pouvons, mais parfois il y a des choses qu'on ne nous dis pas. Asante ne parle plus depuis 3 ans, depuis cette terrible nuit qui lui a fait comprendre que laisser sa voix porter peut être dangereuse. Depuis il use des sms, de papier crayon, ou tout simplement de quelques gestes et cela fonctionne. Ses meilleurs amis ne savent pas pourquoi il est ainsi, mais qu'importe, il est leur ami et cela se passe très bien. Sauf que cette année, une nouvelle est arrivée : Morgane. Et depuis son entrée la petite est mise de côté.
     
     
    Bien que la petite Morgane a une voix et la laisse sonner haut et fort, elle est souvent seule. Douée à l'école, adorant la nature et les animaux, elle ne fait pas forcément attention aux regards des autres et encore moins à ce qu'ils disent. Elle laisse tout passer au-dessus de sa tête et semble respirer la joie de vivre, même si la plupart du temps cette solitude lui pèse. Elle aimerait bien avoir des amis, mais c'est la nouvelle qui ne connait personne ET elle s'habille avec des affaires bizarres en plus elle est intelligente : le combo pour la mettre de côté par tous ceux qui vivent dans la "cité". L'étrangère, c'est ce qu'elle est devenue et si toute la classe se moque d'elle, cela turlupine Asante qui commence à se poser des questions.
     
     
    C'est un récit qui est sur le harcèlement, mais également sur ce qui se passe dans la tête d'un petit garçon qui a vécu l'horreur. Se taire est à la fois une preuve de courage et de peur. Ne rien dire, ce n'est pas non plus la solution de facilité parce que si Asante ne  parle pas, il réfléchit beaucoup. Ses émotions sont violentes lorsqu'il sort de son cocon et cela fait du bien ce pied qui tape dans la fourmilière toute tracée. Le harcèlement n'est pas mis en évidence sous ce mot directement. Nous avons des détails, des situations, des moqueries et même si Morgane ne dis rien, c'est un être humain qui ressent. Plus nous avançons et plus nous comprenons qu'elle vit un enfer, même si elle ne le montre pas, pas de suite, pas jusqu'à ce que cela dépasse encore un cran. Ce dernier qui n'aurait jamais dû exister, ces étapes qui auraient dû être arrêtées bien avant même que cela ne commence.
     
     
    Ce qui était risible, moqueur devient méchant jusqu'à un point que Asante va faire bouger les choses. L'évolution des personnages est lente afin de laisser l'esprit de deux adolescents prendre en compte ce qui les entoure. Les réactions des adolescentes qui s'amusent de Morgane voient cela comme un jeu. C'est vrai que s'amuser aux dépends des autres et si marrant... Ce que ces demoiselles pensent drôles fait partie des délits et qui dit délit indique que les conséquences ne sont pas que les pleurs de celle qui est utilisée, mais cela peut aller bien plus loin. C'est ce que la plupart des adolescents ne comprennent pas, c'est drôle, alors pourquoi mêler les autorités à cela ? Faire prendre conscience que c'est mal est difficile, mais en posant une pierre après une pierre, nous pouvons réussir à faire intégrer ce qui est bien.
     
     
    J'ai eu l'impression de me retrouver là où je travaille, avec des adolescents qui vont et viennent dans les classes, qui ont leur propre personnalité. Pas plus de caricatures que cela, ils sont ce qu'ils sont, aimant des choses, détestant certains de leur camarades, leur parlant ou non. C'est un récit vivant, entrainant qui donne envie de découvrir vite la fin. Entre Morgane qui reçoit tellement de méchanceté et Asante qui ne parle plus, nous avons de graves sujets sur un fond d'humour, surtout avec les mamans de ces  garnements. Tout le monde se connait et l'histoire avec le grand frère qui vient pour faire peur reste dans la réalité, c'est même flippant ! (J'en ai déjà vu des grands venir au collège pour régler les comptes de leur petit frère, grrr, mais heureusement cela ne va pas plus loin)
     
     
    Les personnages sont travaillés et restent à leur place : à savoir des adolescents. Pas de réflexion d'adulte, mais au contraire de l'aide d'eux qui ne sera pas en vain. Être capable d'aller voir un adulte pour obtenir de l'aide est important et cela montre que le lien existe, même si pour cela il faut se faire appeler la balance. Les sentiments se suivent et ne se ressemblent pas. Les échanges entre celle qui parle et celui qui est silencieux se passe à tâtons, avec des appréhensions, mais de toute façon que peuvent-ils bien perdre de plus ? La fin est vraiment géniale et apporte cette douceur que nous ressentons tout au long de l'histoire. Un coup de cœur pour les mères qui sont un véritable gang à faire peur !
     

    En conclusion, un récit court, intense qui peut être utilisé dans une classe pour faire comprendre certains points, ce que je ferais dès que j'aurais mis au point certaines choses. C'est une belle histoire d'amitié, de peur qui peut provenir de divers événements.
     

     Extrait choisi :   

     

    « Morgane déglutit. Elle ne veut surtout pas que ses parents sachent qu'elle n'a pas d'amis. Qu'elle est seule. Pas parce qu'elle se sent honteuse d'être rejetée par les autres ou qu'elle se sente coupable de quelque chose, mais parce qu'elle ne veut surtout pas les inquiéter et qu'elle sait que ça leur ferait beaucoup de peine. Au début, à la rentrée, elle s'était dit que ça ne faisait rien, qu'en faisant un petit effort, elle parviendrait à se faire des copains, comme quand elle était en CM2, mais elle s'était vite rendu compte que ce n'était pas si simple dans le collège. Que le fait de venir d'une autre région et donc de n'avoir fréquenté aucune des autres écoles primaires du coin est un vrai problème parce ce que les élèves de sa classe ne parlent et ne trainent qu'avec les gens de leurs anciennes écoles. Que sourire et être gentille avec tout le monde ne suffit pas. »

     

    Le garçon qui ne voulait pas parler (Cassandra O'Donnell)

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  • Prospect (Lydasa)

     Résumé 

     

    « Le quotidien d’Arone se retrouve bouleversé lorsqu’il découvre un homme blessé dans la forêt qui borde son village, un biker du nom de Kurt. Pour un jeune amish qui ne connaît rien du monde extérieur, il se retrouve irrémédiablement attiré par celui-ci et décide de le suivre en quittant sa vie monotone, laissant derrière lui sa famille. Il découvre l’univers des bikers à ses côtés et expérimente quelque chose qu’il n’a jamais connu jusqu’ici, l’amour. Seulement le jeune homme ne connaît pas encore ses penchants et ne gère pas ses émotions comme une personne normale. Il provoque involontairement la jalousie de Kurt, qui lui n’arrive pas à avouer ses sentiments, refoulés depuis bien trop longtemps.
    C’est lorsqu’Arone se fait enlever par un gang rival et se retrouve seul avec ses émotions, qu’il se rend finalement compte de ce qu’il ressent, et que son cœur ne bat que pour une seule personne, Kurt. Entre les démons du passé, des sentiments et des émotions mal contrôlées, Arone et Kurt vont apprendre à se connaître et à s’aimer pour ainsi affronter la dure loi des bikers.
    »      
     

     Ma chronique 

     
    Initialement, j'avais demandé ce livre en service presse à la maison d'éditions et entre deux, j'ai acheté le livre à l'auteur directement et je peux dire que là, c'est une vraie box qui contient plus que le livre et le marque-page comme j'ai déjà pu avoir le droit avec d'autres box (je ne parle pas de la maison d'éditions bien entendu, on ne sait jamais si quelqu'un voyait le mal partout xD) Me voila donc avec une chronique de ce one-shot qui comporte aussi bien des bikers et des... Amish ! En même temps, le résumé l'indique déjà. Bref, ce qui m'a déterminé à l'acheter en papier avant de le lire ? La couverture, car n'aimant pas le rose, j'adore la couverture !
     
     
    Arone est né dans une famille d'Amish. Ses parents, son frère et lui sont des bergers et le village vit en autarcie (ou presque). Arone et Adam ne sont jamais sortis du village, pas même pour leur "majorité", mais qu'importe ils ADORENT leur vie. Hum, pardon, rectification, Arone veut voyager, voir du pays, il en a assez de faire toujours la même chose tous les jours : tondre, s'occuper des bêtes, en faire de la nourriture, ramasser, etc... Il s'ennuie et n'arrive pas à ôter cela de son esprit. Adam est le plus vieux et il voit bien que son frère est mal, mais que peut-il faire ? Ils doivent rester dans la famille, Adam doit se marier avec une jeune fille du village et ainsi perpétrer les traditions. Arone veut souffler et a besoin de changement et il arrive sous la forme d'un homme qui s'est fait tirer dessus. À l'article de la mort, Kurt est récupéré par cette famille qui a une haine viscérale envers les bikers enfin surtout le père, car Arone est fasciné par le blessé.
     
     
    Kurt est dépité d'avoir été pris en charge par des Amish, car il sait qu'il n'aura rien de ce qu'il désire (alcool, femmes et j'en passe), mais il n'a pas le choix. De toute manière, entre le fait qu'il ne compte pas rester plus longtemps que nécessaire, le père est très agréable en lui indiquant régulièrement qu'il devra partir dès qu'il s'en sent capable. Et lorsque ce jour arrive, il ne partira pas seul, Arone va le suivre malgré les peurs de son frère. Ce départ signifie énormément pour lui et sa famille, mais aussi pour Kurt. Pour lui, c'est l'aventure, le fait de ne plus être obligé de toujours faire la même chose, de pouvoir découvrir autre chose que son village. C'est également le moment où la peur de perdre ce qu'il connaît va l'assaillir, jusqu'à ce qu'il monte sur la moto et vogue vers sa nouvelle vie. Arone est tel un enfant qui met les pieds dans le plat régulièrement. Il ne connait rien, ni les manières, les fonctions, l'évolution industrielle qui lui fait ouvrir les yeux en grands.
     
     
    Pour sa famille, il s'agit du déshonneur qui leur retombe dessus, le fait de fuir des responsabilités, de ne plus être Amish, de devenir comme tout le monde en quelque sorte, mais le pire c'est de devenir biker à son tour qui va être pire que tout, surtout vu les antécédents. Pour Kurt il s'agit d'avoir un animal de compagnie en quelque sorte. Un truc dans l'air qui le chagrine, une envie subite de l'avoir pour lui tout seul, ce jeune homme de 20 ans qui a toujours le sourire d'un enfant et le regard émerveillé par tout et n'importe quoi. Il est une véritable bouffée d'air frais pour cet homme de 28 ans qui est obligé de se cacher sur qui il est vraiment. Cette rencontre va chambouler la vie de bon nombre de personnages et cela risque de faire du mal à un moment donné. (Mais chut, je n'en dirais pas plus !)
     
     
    Des personnages travaillés, traumatisés aussi, le passé n'est vraiment pas glorieux pour quiconque et je comprends bien mieux pourquoi il y a une certaine froideur chez Arone. Il y a des instants où on se dit que ce n'est pas possible, c'est un mauvais rêve et cela n'est pas parce qu'ils sont Amish, c'est juste la nature humaine qui dérive et cela peut arriver partout. Nous comprenons parfaitement que la famille est celle que nous créons, pas celle qui nous donne naissance. Il suffit de peu parfois pour que nous basculions d'un côté ou de l'autre. N'empêche, j'ai appris un mot (celui-là je ne le connaissais pas, même si je savais que cela existait) et il est bien amené, tout comme pour Adam où au final il est facile de comprendre pourquoi et comment tous deux ont pu avancer (en enfermant à double tour certains moments douloureux). Et des moments difficiles, il y en a eu et il y en aura encore. Partir de chez soi ou y retourner n'est pas sans conséquences. Changer de vie oui, mais à quel prix ? Pourtant l'envie est là et l'adrénaline y joue pour beaucoup.
     
     
    Concernant les rebondissements, ils sont nombreux et j'ai adoré ! Comment ne pas comprendre à la page 336 que la rancœur et la peur de l'autre fait que l'avenir n'est pas aussi serein ? En tombant sur ce personnage je me suis dis que franchement, Lydasa, tu es aussi tarée que moi et j'adore ça xD. L'attraction du biker fait son effet lorsque l'on est de l'extérieur (pas vrai petit personnage qui va prendre cher pour son effronterie !), mais il vaut mieux connaître les codes et surtout serrer les fesses dans ce cas. Je me suis attachée à Arone pour son ensemble : son envie d'aventure, sa soif de connaissance, son addiction à Kurt, sa personnalité qui prend du temps à s'exposer. C'est un enfant qui devient adulte en si peu de temps et pourtant il ne perd pas son innocence, juste qu'il arrive à "dédoubler" deux parts en lui. On ne peut pas nier qu'il y a de la recherche derrière tout cela. Le seul petit point qui fait que le livre n'est pas passé loin du coup de cœur, c'est le fait que cela va vite (et pourtant il y a beaucoup d'éléments à prendre en considération). Dans le mot "cela" je ne parle pas de la relation, puisqu'elle prend son temps, plutôt des événements qui s'enchainent dans un laps de temps court ? C'est l'impression que cela donne.
     
     
    Le livre est vu sous plusieurs points de vue et j'ai beaucoup aimé avoir celui de Arone, de Kurt et de Adam. Tous les trois montrent leurs émotions, sentiments ou expressions qui peuvent être à la fois amusante, pénible ou au contraire intéressante. Comment faire lorsque l'on est pas d'un monde et que l'on tombe dedans les pieds joints ? Arone nous le montre par ses actes, ses gestes, ses sourires et ses pensées ou plutôt le fait qu'il ne comprend pas les nuances de phrases. Cela est amusant pour le lecteur, mais un peu moins pour ceux qui l'entourent. Je n'ai bien entendu parler que d'eux trois, mais j'ai eu un réel coup de cœur pour Mélinda. Cette femme est la douceur incarnée qui a une place particulière dans le club des Death Angels, cela se ressent parfaitement bien. Nous ne restons pas fixé sur la relation "romantique", mais nous avons de l'action et si nous n'avons pas tous les détails de tous les trafics qu'ils peuvent effectuer, nous avons des bikers qui n'hésitent pas à protéger les leurs, mais qui savent aussi faire des câlins (OK, ils aiment boire aussi et câliner des plantes par exemple... xD)
     
     
    En conclusion, un livre que j'ai vraiment pris plaisir à découvrir aussi bien le récit que la plume. Des personnages attachants, de l'action, des surprises, de la violence aussi, des pertes aussi, une construction agréable à suivre ont fait que j'ai beaucoup aimé plonger dans ce monde. Le fait que l'auteur donne une petite explication en fin de livre sur sa manière d'écrire est plus qu'appréciable et puis d'abord, tout le monde a le droit d'écrire, surtout quand il y a autant de choses à dire :) Chapeau d'ailleurs pour surmonter ses barrières.
     

     Extrait choisi :   

     

    « Lorsque j'ai vu Arone partir derrière ce biker, j'ai senti mon cœur se déchirer douloureusement. Mon petit frère avait le courage de fuir cet endroit et, moi, j'étais trop peureux. J'avais peur de décevoir encore ma mère, qu'elle se mette à pleurer comme à chaque fois que l'un d'entre nous la déçoit. Je n'avais pas envie de mettre la honte sur ma famille. Alors, je l'ai regardé partir sans bouger, mes parents m'avaient rejoint, car le bruit du moteur avait réveillé tout le village.
    Ma mère s'est crispée et j'ai pu entendre ses sanglots dans le noir, mon père, une torche, à la main ne bougeait plus, comme si ce qu'il avait vu l'avait pétrifié. Puis, sans un mot, ils sont tous les deux rentrés dans la maison et se sont recouchés comme si cela n'avait pas eu lieu. »

     

    Prospect (Lydasa)

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