• Cuba libre, tome 1 (Céline Jeanne)

     

    Cuba libre, série (Céline Jeanne)

     

    Disponible sur Amazon

     

    Les maîtres du crépuscule, tome 1 : La marque de Caïn (Lina Déranor)

    Auteur : Céline Jeanne

    650 pages numérique (epub)

    Thème : Romance Contemporaine

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     fait partie de la série

    Cuba libre

     

    Résumé :

    « Éva pleure et hurle. Elle le supplie d’arrêter, mais Greg ne l’écoute pas et continue de cogner. Toujours plus fort…Les coups, Éva connaît. Elle ne compte d’ailleurs plus le nombre de fois où elle a terminé à l’hôpital. Mais elle dit stop, car elle ne veut pas mourir. Alors, elle fuit sans se retourner. Seule, dans une ville où elle ne connait personne, Éva se reconstruit. Après de longs mois de travail sur elle-même, elle rencontre Tom. Tous deux se fréquentent et la jeune femme reprend confiance. Elle est heureuse et compte bien en profiter. Puis la roue tourne et tout bascule. Le cauchemar prend alors une autre forme que celui qu’elle avait quitté, mais cette fois, saura-t-elle en réchapper ? »  

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     

    En participant au blog tour de Between Dreams and Reality c'est toujours une découverte pour moi. Avec ce premier tome de "Cuba libre", j'ai voyagé, un nouveau pays à découvrir avec ses us et coutumes, la vie, la vraie vie, pas celle que l'on voit au travers des yeux d'un touriste, mais celle de l'habitant qui n'a rien à voir avec ce qu'on peut nous offrir sur un plateau.

     

    Une personne court, tente de trouver quelque chose, de s'échapper. Il court, tombe sur la porte fermée d'une infirmerie, l'enfonce, arrache les gonds de la boîte à pharmacie. Des menottes et puis le trou noir. Cristina est belle, jeune, désirable et travaille d'arrache-pied. Les études, son travail de serveuse, le gymnase. Elle ne cesse de courir depuis onze mois. Il s'est passé quelque chose qui l'a brisé et elle ne laisse rien filtrer. Son frère, Yotuel, un séducteur né, adore les femmes du monde américaines. Il a toujours l'espoir de tomber sur celle qui va l'aider à fuir les dettes. Lorsque la femme avec laquelle il passe du bon temps lui demande d'aller chercher son fils à l'aéroport, le frère demande à sa petite sœur d'y aller et de jouer la nounou. Des tapages de pieds, des cris et en fin de compte elle y va, bien obligée, mais récupérant son vélo. Avec cet instrument, elle n'aura plus les 7 kilomètres à parcourir à pied (même si elle adore la course à pied). L'aéroport lui réserve bien des surprises en faisant sortir de l'avion un jeune homme d'un an plus âgé qu'elle. Nounou ? Sérieusement ? Entre les deux c'est l'amour fou ! Des noms d'oiseaux, des regards noirs, sans compter que le frère se tape la mère, yeurk ! Ils ont dû mal à digérer tout cela. Ethan est là parce qu'il n'a pas le choix, un passé lourd à digérer pas si loin que cela. La vie à Cuba n'est pas celle qu'il croit, il va rencontrer la VRAIE vie et tenter de comprendre comment les gens fonctionnent.

     

    Je n'ai pas pu lâcher le livre du début à la fin et pourtant je ne suis pas une adepte des romances simples. Bingo, celle-ci ne l'est pas, car c'est bien plus que cela. C'est un hommage à ce pays qui n'est pas connu plus que cela (à part ce que l'on peut en entendre aux informations pour ma part, je ne connais rien). Le livre est décrit par les yeux de Cris et d'Ethan. L'habitante et le touriste. Deux visions bien différentes d'un pays qui n'est libre que depuis peu et encore, le gouvernement laisse beaucoup de choses, offre des cadeaux, mais l'avenir reste toujours aussi incertain. La vie des Cubains n'est pas la meilleure mais ils font en sorte qu'elle le soit à leur manière. Trafics en tout genre (drogues, prostitutions, dette payée par des services de toute sorte...), nous plongeons au cœur d'un pays qui est en souffrance et fait ce qu'il peut pour s'en sortir. Tous les moyens sont bons pour grimper des échelons. La meilleure place ? Celle du dealer, pas celui du petit quartier, non celui du tout puissant, qui fait peur juste avec son nom. Cuba est montrée des deux facettes, là où tout est magnifique, les plages de sable fin à perte de vue, les cocktails à déguster, la plongée dans des eaux splendides. Et l'autre côté, celui où la misère côtoie tout le peuple, les revêtements des façades oubliés, les tickets d'alimentation pour ne pas dépasser le quota mensuel...

     

    « Les portes s’ouvrent. Je brandis plus haut mon panneau. Un flot de passagers commence à apparaître. Je me rapproche davantage pour être bien visible. À quoi peut ressembler Junior ? J’imagine un gamin de sept à huit ans, blond comme les blés, un peu joufflu, mais maigrelet. Il sera logiquement accompagné d’une hôtesse de la compagnie que je devrai convaincre de me laisser l’emmener avec moi. À moins que sa mère ne les ait déjà prévenus. Foutu Yotuel et ses idées du siècle ! Il m’embarque toujours dans ses galères et moi je me fais avoir à chaque fois ! Avec un peu de chance, le gamin ne tardera pas trop. On sautera dans un taxi collectif, je le déposerai à l’hôtel et je filerai au gymnase pour mon entraînement. Je n’aurai pas le temps d’aller au bout du programme complet, mais peut-être que je pourrai en faire la moitié. J’ai déjà enfilé ma tenue de sport, jogging et débardeur pour gagner quelques précieuses minutes. Pas besoin de passer par le vestiaire, j’attaquerai directement. — Tu es beaucoup trop sexy pour être ma mère ! me dit une voix grave à côté de moi. Je sursaute tellement que j’ai l’impression d’avoir décollé à plus d’un mètre du sol. Blond, des yeux à faire pâlir les eaux les plus pures des lagons cubains, une barbe de trois jours... Il doit y avoir erreur. Ce n’est pas le gamin que j’attends. Il est beaucoup trop... tout. Beaucoup trop grand, beaucoup trop carré, beaucoup trop âgé, beaucoup trop séduisant, beaucoup trop sûr de lui, beaucoup trop arrogant. Trop tout, voilà. Je regarde autour de moi pour vérifier qu’il ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Non, il n’a pas bougé et m’observe d’un œil appréciateur. Mon premier réflexe est d’esquisser un pas vers l’arrière, aussitôt étouffé par une sensation que je ne comprends pas. Je devrais percevoir l’onde rassurante de la colère monter en moi, celle-là même que je côtoie au quotidien et qui me permet de rester debout. Je devrais ressentir la vague de la peur aussi, celle qui déferle depuis onze mois et s’assure que je ne puisse pas me libérer de sa prison. Mais il n’y a que mon cœur qui se rue contre les barreaux de la cage de ma poitrine. Liberté ! me hurle-t-il en battant vite, très vite. Onze mois, si ce n’est plus, qu’il n’a pas réagi comme ça. »

     

    Liberté ! C'est un cri qui ne sort pas d'entre les lèvres de Cris et pourtant elle en aurait bien besoin. Sa vie semblait tout tracé, mais un choix, celui de vivre SA vie, de choisir SA destinée et non de subir celle du gouvernement la lance dans un domaine différent : celui du génie civil. Elle veut refaire le monde et a le caractère pour. Sa force est son mental sont fort, pourtant la peur ne cesse de l'attraper dans ses filets. Que lui est-il arrivé il y a onze mois ? Car c'est une date qui la hante. Elle fuit certains hommes, surtout son ex, Karel. Nous comprenons bien qu'il est en tort, mais pourquoi ? Lorsqu'elle se dévoile enfin, nous ne pouvons que comprendre sa peur, sa colère qui est toujours enfouie en elle. Karel qui est le Cubain par excellence, beau, bronzé et faisant partie de la police. Difficile de lui mettre un coup de poing dans le visage sans recevoir le moindre avertissement, pardon l'enfermement. Ce petit bout de femme est courageuse, protectrice envers sa famille, prête à tout pour les sauver ses parents et son frère. Ce Yotuel qui n'a de cesse de se mettre dans les ennuis, pourtant il a 27 ans. Comme quoi l'âge ne résout rien. Il apporte le danger sur un plateau à sa famille et plus particulièrement à Cris. Elle est sublime et le regard que les hommes porte sur elle n'est pas sain. Pourtant elle ne fait rien pour au contraire. Elle ne cesse de courir dans le vent. Et lorsqu'elle ne le fait pas, elle boxe, le kickboxing est un exutoire.

     

    Et puis il y a Ethan, cet homme qui a du mal à s'en sortir. Après une blessure au genou, bousillant sa carrière au foot, il est perdu. Les médicaments, les antidouleurs, l'overdose, il s'est fait soigner, mais ne voit plus son avenir comme il le désire et se maudit, maudit sa mère, maudit son corps. En arrivant à Cuba, il ne savait pas à quoi s'attendre et puis son regard se pose sur ce fameux cul d'enfer, cette belle gueule d'ange, ses yeux magnifiques et le caractère d'une lionne. Elle est travailleuse et lui en vacances. Elle se bat pour survivre tout comme lui. Ils ne sont pas du même monde. Il se rend compte que ce qu'il croit comme acquis ne l'est pas ici. L'eau courante, l'électricité, le téléphone, les gens ont une âme, prêt à aider leur prochain et tout autant prêt à les vendre pour une bouchée de pain. Bien entendu, ce n'est pas le cas de tout le monde, le noir, le blanc, le gris est bien plus présent. La solidarité est forte. Ethan apprend cette vie, il ne reste pas dans sa cage dorée, il va vivre au cœur des événements qui bousculent Cris. L'attirance semble réciproque, pourtant elle sait qu'elle ne peut pas. Il va repartir et elle préfère l'avoir en ami. La bonne blague. Il va tout faire pour qu'elle craque et plonger les deux pieds dans la merde noire dans laquelle elle est.

     

    « Est-ce qu’il se doute de quelque chose ? Il s’appuie avec nonchalance contre le mur et croise les bras sur sa poitrine.
    — Je peux retrouver mon chemin seule, tu sais.
    — Ta mère a dit qu’Elaguá était le guide des chemins, je ne fais qu’écouter mon animal domestique, réplique-t-il avec la même nonchalance.
    Et malgré le froid qui m’habite, malgré le désespoir qui comprime mon cœur, malgré la situation et ce que je vais faire, je ris en l’entendant citer Elaguá. Je ris parce que c’est Ethan, et que lui seul a ce pouvoir. Parce qu’il est là, avec moi, et qu’il ne me lâche pas.
    Mais je ne dois pas me laisser distraire, je ne dois pas perdre de vue mon objectif.
    En sortant de la cabine des toilettes, je suis encore en train de réfléchir à comment me débarrasser de lui pour trouver El Faro. Lui dire que je dois lui parler et que ça ne le regarde pas ne servirait à rien, c’est un combat perdu d’avance. Et puis je n’ai pas envie de me disputer avec lui. Pas alors qu’il ne reste que trois jours. »

     

    Entre eux deux, il y a beaucoup de découvertes, d'apprentissage. Celle de la religion et l'évocation du vaudou (cela m'a bien fait rire), les croyances populaires, les guides spirituels et les animaux de compagnies. L'avenir aux États-Unis est totalement différent de celui de Cuba. La liberté à un prix qui est parfois lourd à payer. La corruption est à tous les étages. L'écriture est douce, la plume fluide, les mots s'écoulent librement sur le papier (ou la tablette), les pages tournent. L'avidité d'en savoir plus sur ce pays, sur cette relation, sur la manière dont ils voient le monde. L'espoir, la liberté encore. Deux mots qui sont si vivants d'un côté de la frontière et si durs à avoir de l'autre. De toutes parts, il y a des zones d'ombres, des ténèbres, des monstres en tout genre. Il y a aussi la lumière des amis qui tendent la main, de ceux qui sont présents pour épauler d'un mot, d'un geste, d'un simple regard. Cuba est vivante, c'est un pays riche en humanité. C'est un voyage magnifique qui donne envie de la découvrir d'une autre manière que le tourisme de base. Il y a tellement plus beau qu'un palais, il suffit de tomber sur un coin de paix, de sérénité, un bon sentiment, un peu de gaieté, une fête, il faut savoir faire attention et regarder où mettre les pieds. Les épreuves sont nombreuses, pourtant ils s'accrochent l'un à l'autre. Pourtant ils savent qu'il doit repartir, le 25 décembre...

     

    Les mots s’emmêlent, le besoin de l'autre se fait ressentir, la guérison n'est pas loin finalement. Le terminus n'est pas surprenant, chacun doit reprendre sa vie après cette parenthèse avec ces instants précieux, par contre l'épilogue apporte une lueur d'espoir. Un renouveau qui va forcément apporter d'autres styles d'ennuis telle une adaptation d'un nouveau monde. La lutte du pouvoir, l'attachement aux traditions, les liens d'amitié, d'amour, la fratrie, "Cuba libre" est rempli d'émotions, de rebondissements, saupoudrée de romance. Une surprise de taille va les prendre à revers. J'ai hâte de découvrir la suite de leur histoire et de voir comment ils vont s'acclimater.

     

    Cuba Livre, série (Céline Jeanne)



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