• De terre et de chair (Valérie Rossignol)

     

     

    De terre et de chair (Valérie Rossignol)

    Disponible sur Amazon

     

    Le sanctuaire de Nienor, braconnage à Saline (C. Nouvel, L. Major)

    Auteur : Valérie Rossignol

    120 pages papier

    Thème : essai

    *******

     

     

    Résumé :

    «   Préface de Belinda Cannone.
    Écrivaine et sculptrice, Valérie Rossignol révèle le processus de création de la femme artiste quand l’homme en est le sujet, par l’écriture et par la sculpture.
    Le livre se présente en diptyque.
    Dans « Homme de Terre », l’auteure éclaire ce qui se joue entre la sculptrice et son modèle. L’homme nu, se dévoile : « on ne peut pas tricher. » L’artiste catalyse la fusion des êtres et transmet à la terre sa forme, la vie.
    Même si elles créent leur propre espace temps, ces séances de travail sont en résonance avec le monde : ainsi celle qui s’est tenue au lendemain des attentats du Bataclan. « J’ai créé un homme de terre, pendant qu’un homme de chair mourait. (…) J’ai pris sa nudité, puisqu’il me l’offrait et je l’ai donnée à tous ceux qui craignaient de se déshumaniser. »
    La relation prend corps par la terre.
    « Homme de Chair » est une lettre à l’homme aimé qui nous entraîne dans une spirale charnelle et spirituelle, où les émotions sont autant de pièces d’un puzzle qui s’agrandit à l’inverse d’une peau de chagrin. « L’espace intérieur ne s’agrandit que s’il est porté par l’amour. Je pourrais tout aussi bien rétrécir. M’égarer comme autrefois. (…) Mais en cet instant, je suis solidement amarrée. Tu me retiens, avec toute la force de ton esprit. »
    La relation prend corps par la chair.
     » 

     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    J'ai eu la chance de participer à une masse critique spéciale et donc j'ai eu l'opportunité de découvrir cet essai. Je n'en lis que très peu, mais lorsque j'ai vu le nombre de pages je me suis dit pourquoi pas ? La couverture représente à la fois cet homme de terre et de chair sans fioriture.

     

    Le résumé en dis déjà beaucoup sur l'écriture. La préface est assez longue avec un soupçon d'envoutement, donnant envie de découvrir qui est cet auteur et comment elle va nous montrer, nous démontrer son travail, car il s'agit aussi de cela. L'auteur est également sculpteur (enfin version femme). Nous avons donc sa vision des choses concernant ce moment où elle se coupe de tout sauf de ses mains et de son modèle.

     

    Le livre est découpé en deux parties : l'homme de terre d'abord et l'homme de chair ensuite.

     

    L'homme de terre est la partie qui nous décrit ses gestes, ses pensées, la façon dont elle voit le corps nu d'un homme, celui de son modèle. Elle a une manière particulière de décrire le corps avec ses imperfections, ses rides, la façon dont un muscle se contracte. Il ne s'agit pas de nu immobile, mais de mouvement. Valérie a une façon particulière de traiter son sujet avec beaucoup de respect. Ses mains façonne la glaise, la transforme, la rend unique en un mouvement celui qu'elle désire. Par moment ces modèles répètent les gestes durant des heures, afin qu'elle trace ses esquisses, s'approprie le corps de l'autre pour en montrer la beauté.

     

    « Il s'en remettait à moi et je m'en remettais à lui, qui regardait au-delà. Il attendait de moi que je matérialise son corps alors que j'étais précisément dans l'instant où il est possible d'en sortir. J'attendais de lui qu'il soit un modèle et il quittait son enveloppe corporelle pour atteindre d'autres sphères, déjouant mes projets, m'incitant à relier ces mondes entre eux. Nous étions à la jonction entre deux états, dans le courant qui permet une compréhension aimante de la réalité. Le désespoir qu'impose la certitude d'une mort imminente était distancé par l'expérience de la lumière. »

     

    Un travail d'observation, dans un atelier qui est empli de silence. Le modèle s'installe, se met en mouvement sans penser à rien d'autres qu'à ce que deviendra la glaive. C'est une véritable passion qui nous est prouvé entre ses lignes. C'est presque poétique. Je ne connais pas les œuvres de l'auteur dans la sculpture, par contre je sais que son écriture est fluide, passionnée, entraînante. Elle montre que le corps est beau en toute circonstance. Il a une histoire à raconter, un passé, un présent. Le regard qu'elle porte sur ce corps est uniquement professionnel. Les jeux de lumière sont importants comme tous les gestes effectués.

     

    L'homme de chair est différent. La passion est toujours intégré au texte, mais il s'agit d'amour. Une lettre écrite à son amour, évoquant la relation depuis le début de la rencontre. Quelques détails m'ont rendu perplexe. J'ai l'impression qu'il y a la notion de violence envers les femmes sans vraiment comprendre où et quand. Un peu comme si l'homme avait besoin de montrer sa force pour être quelqu'un, ce qui à ses yeux est totalement mis de côté et je suis bien d'accord. Cet amour qui ne semble pas présent mais qui aurait pu être présent. J'ai préféré la première partie, plus dans l'art. Cette seconde partie est sur un amour et c'est très bien écrit, mais ce n'est pas ce que j'attendais de cet écrit.

     

    «  Il n'en est pas toujours ainsi. Ce qu'on appelle le désir n'est pas inné. On peut le perdre, sans savoir pourquoi. Souvent, on abîme cet élan en l'associant à un mouvement de plaisir et de liberté. Le désir est fragile et crée la dépendance à l'autre. Nous sommes vulnérables face à l'incertitude de ce qu'il en fera. Je me suis rendue inaccessible aux hommes pour ne pas leur accorder ce pouvoir sur moi.Je ne voulais pas dissocier la chair et l'esprit. Contrairement à ceux qui ont voulu me faire admettre que cette dissociation était ordinaire... »

     

    Créer quelque chose de ces mains, savoir reproduire à la perfection, ne pas se tromper de voie et continuer. L'auteur nous donne un peu de sa vie, depuis le jour où elle a commencé à travailler avec la glaise, jusqu'à maintenant. Il y a beaucoup de sensualité dans le texte. La sculpture est un art que j'ai toujours admiré. Lorsque j'en avais encore le temps et l'occasion, j'adorais me balader entre les sculptures, tentant d'imaginer comment l'artiste avait réussi à capturer le moment. Comme je l'ai dit plus haut, une très belle écriture se dégage de ces quelques pages.

     

    En conclusion, essai plutôt bien réussi pour moi. Une très belle plume avec beaucoup d'émotions et de tendresse. La sculpture est un art qui doit montrer autant le corps du modèle que le cœur de l'artiste.

     

    De terre et de chair (Valérie Rossignol)

     

    « En fait, c'est le rêve du chien (Joseph Kochmann)Storylab Editions »
    Partager via Gmail

  • Commentaires

    4
    Vendredi 16 Août à 21:35

    Je t'ai lu en diagonal car je dois le lire la semaine prochaine :)

    3
    Vampilou
    Jeudi 15 Août à 18:13
    Malheureusement, les essais ce n'est vraiment pas pour moi...
      • Jeudi 15 Août à 21:21

        Je suis comme toi, juste que celui-ci est vraiment petit en format (presque comme un poche) avec peu de pages :)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :