• La peine du bourreau (Estelle Tharreau)

    La peine du bourreau (Estelle Tharreau)

    disponible sur le site de l'éditeur

    Les gardien des mondes infinis, tome 1 : les portes de l'éveil (Chris Red)

    Auteur : Estelle Tharreau

    249 pages

    Thème : Thriller

    *******

     

    Résumé :

    « McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451.
    Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l'injection létale.
    Quatre heures dans l'isolement de la prison de Walls.
    Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions.
    Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy.
    Quatre heures pour jouer le sort d'un homme.
    Un thriller psychologique aussi troublant que fascinant : une immersion sans concession dans le couloir de la mort et ses procédures d'exécution. »
       
     
     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    Je remercie la maison d'éditions Taurnada pour cette nouvelle lecture. Une couverture qui nous emmène déjà dans les couloirs de la mort sans avoir besoin de tourner la première page. Le début est une "mise en garde" de l'auteur sur les criminels que nous trouverons dans le récit : ils n'ont pas existé ! Par contre, les prisons mentionnées existent et le fonctionnement décrit est le bon. Cela fait déjà froid dans le dos d'imaginer ce système carcéral.

     

    En pleine nuit, le Gouverneur Thompson arrive à la prison de Walls afin de passer 4 heures, les 4 heures avant l'exécution d'un certain Ed 0451. Ce même homme qui vient de débarquer en pleine nuit pour terminer sa vie entre ses quatre murs durant quelques heures avant de s'allonger sur son dernier lit. Thompson a une demande particulière au moment où Ed 0451 entre dans sa cellule : il demande à McCoy, un vieux bourreau de lui raconter sa vie. Ô pas la vie privée, non, mais comment il vit le fait d'avoir été un bourreau durant tant d'années. Un récit s'engage d'après ses souvenirs, les plus vieux en démarrant avec le tout premier qui a été sur la chaise électrique, jusqu'au dernier. Tous ne seront pas passés au crible, mais chacun à sa propre histoire, son vécu pour avoir atterri dans cette prison à un moment donné pour en terminer totalement.

     

    42 ans passées dans les couloirs de la mort, cela fait une moitié de vie d'homme, une de celle qui a vu passer de vie à trépas pour un certain nombre d'hommes qui ont vu leur vie s'arrêter de manière plus ou moins propre, plus ou moins digne. Il n'y a pas de belle mort pour quiconque, que ce soit un meurtrier ou non. Je ne vais pas faire un débat ni en lancer un sur la peine de mort, j'ai mon idée sur la question. Ici, le récit est basé sur les deux côtés, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Mais il y a toujours cette part d'incertitude dans les deux "camps", à savoir est-ce que c'est bien ce qu'ils pensent ? La mort d'un homme soulage une famille pour en détruire une autre. La mort d'une personne apaise les souffrances d'une autre et au contraire apporte de nombreux tourments à d'autres. Je me fais l'avocat du Diable sans dire si c'est bien ou non.

     

    Le récit est également basé sur les journalistes qui sont à l'affût de la moindre miette d'information. Certains chapitres montrent leur façon de demander des éléments, d'amener les gens à parler d'une certaine manière pour attendrir ou non les foules. Et puis il y a aussi la façon de mettre en scène les personnages pour mieux se les approprier. Entre ces flashs d'informations montrant la foule en délire à la sortie de la prison, les opposants et les partisans de ce Ed entre autres, mais aussi en fonction de leur idéaux. C'est à la fois passionnants, déstabilisants et "détrompeur" de comprendre qu'il y a du monde, tout comme dans l'ancien temps où le peuple descendait dans les rues pour voir l'homme ou la femme mourir par pendaison. Le travail de bourreau est toujours le même : donner la mort à un être humain qu'il soit d'accord ou non.

     

    Le Texas a encore des principes qui donnent envie de vomir. Oui, ici je montre ma position, les personnes de couleur sont écrasées, vu comme des malpropres, indignes de fouler la même terre que les blancs qui se pensent supérieurs en tout. Le racisme est bien présent et pas que dans le Texas, mais dans ce récit nous restons dans ces lieux et les langues se délient. Entre le premier qui est passé sur la chaise électrique qui a eu une vie très courte et une mort atroce et le dernier qui va sourire à cette mort, nous avons de nombreuses explications et ressentis de McCoy sur son travail et tout ce qui l'entoure. Mais aussi de la vie de ce Ed 0451. Un homme en apparence normale qui a eu une enfance particulière avec un père qui n'hésitait pas à faire ce qu'il faut. Un homme, doit être un homme et faire des choix qui feront de lui un vrai homme. Le passé d'Ed est pavé d'embûches et aucunement de tout repos, que ce soit dans sa vie privée ou professionnelle. Tout comme McCoy qui a effectué son travail sans jamais rien dire, ou presque, mais qui a emmagasiné de nombreuses émotions durant ses 42 ans dans ce couloir.

     

    Le fait que Thompson pose des questions apportent un regain d'énergie entre chacun des récits. Il cherche à comprendre et c'est lui qui doit prendre la décision de gracier ou non le criminel. La chaise électrique d'abord, l'injection létale maintenant mais toujours le même résultat. La peine capitale est au cœur des événements avec la conscience des gens. Nul ne sait vraiment ce que pense un bourreau et c'est l'occasion pour nous d'en avoir une parcelle. La psychologie est un point essentiel dans ce roman, celle des condamnés, celle des familles des deux côtés, celle des agents de la sécurité, celle des hommes politiques, celle du bourreau. Rien n'est épargné pour quiconque. Le sujet est délicat, car il appelle à sa propre conscience, à ses propres idéaux. La mort est pour tous, mais comment ? Un crime reste un crime, un mort ne se relève pas, mais il y a ceux qui restent avec leur regret, leur attente, leur espoir de voir la vérité jaillir, l'espoir que tout s'arrête un jour.

     

    Le bourreau est un être humain qui vit avec ce qu'il fait, il est payé, c'est son métier et il en faut, malheureusement des gens comme lui, comme dans tous métiers. Comme le croquemort qui s'occupe d'enterrer les morts sachant qu'un jour il sera à cette place. Nous mourrons tous un jour, nous serons tous dans un pot ou un trou, à la même enseigne que nous soyons riches, pauvres, gentils ou non. et l'auteur nous le montre bien, avec tout ce que cela comporte. L'écriture est un peu plus complexe, car nous sommes dans la tête des personnages jusqu'à la plus grande noirceur de l'humanité. Tuer pour sauver un être, tuer par envie, tuer tout court avec n'importe quelle raison n'est pas acceptable. Qui est vraiment la victime ? Ce n'est pas forcément celui que l'on croit. L'auteur nous fait nous poser de nombreuses questions. C'est un texte qui est profondément humain avec toutes les relations qui se font et se défont par la même main. Je ne connaissais pas la plume de l'auteur et je dois dire qu'elle en vaut la peine et je continuerais à la lire.

     

    Un petit mot, enfin quelques phrases pour le final. Au vu de la façon dont l'auteur décrit tout ce qui s'est passé, tout ce que le bourreau a vécu et a raconté sur les passages dans le couloir de la mort, je n'avais pas vu réellement ce qui se passait. C'est une surprise de taille qui nous fit réfléchir encore plus. Ce n'est pas un livre de tout repos avec un sujet bien précis : la mort. Tout ce qui se passe autour de l'arrêt définitif d'une vie est aussi important que la mort en elle-même. Tout est lié, c'est véritablement être plus qu'un spectateur, c'est être un participant que l'on bouge ou non, que l'on soit d'accord ou non.Le fait même d'avoir une pensée envers des criminels qui sont dans ce couloir de la mort nous engage dans ce processus.

     

    En conclusion, il s'agit d'un livre qui va bouleverser le lecteur d'une manière ou d'une autre. Il faut avoir du courage pour terminer la lecture et encore plus en sachant qu'il y a une surprise au bout du couloir.
     

     
     
    Extrait choisi :
     
     
     « L'emprisonnement n'est pas une maladie qui rend stérile. Le cancer l'était. Le cancer qui avait abimé Shelby à tel point qu'il les avait privés d'enfants. Cette femme n'avait pas le droit de tout confondre, de tout mettre au même niveau. De bafouer les malades, les familles de victimes, les familles de détenus, certains détenus eux-mêmes, le travail des militants contre la peine capitale, le travail des forces de l'ordre et de la justice en tenant de tels propos pour mieux se mettre en scène, faire la promotion d'un livre et ne parler, au fond, que d'une chose : d'elle-même. Il ne supportait plus tous ces parasites qui prospéraient sur la misère et la souffrance des autres...   »

     

     

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  • Commentaires

    18
    Mercredi 6 Janvier à 14:23
    Steph*

    J'ai fais l'impasse sur ce livre car il me semblait trop anxiogène pour moi ...

      • Mercredi 6 Janvier à 14:33

        C'est pas mon préféré chez Taurnada, il est vraiment différent  ;)

    17
    Samedi 2 Janvier à 14:53
    Satine's books

    Pourquoi pas! Tu me tentes

    16
    Vampilou
    Vendredi 1er Janvier à 19:23
    Ton avis est pour le moins intrigant !
      • Samedi 2 Janvier à 14:32

        Tant mieux, parce que le livre l'est tout autant :)

    15
    Vendredi 1er Janvier à 18:05

    Pas pour moi mais il t'a bien plu c'est le principal !

    14
    Diament
    Vendredi 1er Janvier à 15:38
    Il me tente énormément, il a l’air très prenant
      • Vendredi 1er Janvier à 15:57

        Tu as du mal à en sortir c'est vrai ;)

    13
    lheuredelire
    Vendredi 1er Janvier à 14:56

    Je le vois beaucoup passer en ce moment ^^

      • Vendredi 1er Janvier à 15:56

        Il est sorti il n'y a pas longtemps :)

    12
    Vendredi 1er Janvier à 14:45
    C'est un livre que j'ai pas mal vu passer ces derniers mois et il semble en effet important d'être dans de bonnes dispositions pour le lire. Peut-être le lirai-je un jour :)
      • Vendredi 1er Janvier à 15:54

        Il vaut mieux oui car on peut partir facilement dans un mauvais trip.

    11
    Vendredi 1er Janvier à 14:33

    Je ne pense pas que ce soit pour moi mais ça a l'air super bien mené !

      • Vendredi 1er Janvier à 15:54

        C'est très bien mené tu as bien raison :)

    10
    Kim
    Vendredi 1er Janvier à 14:31

    Pas pour moi je pense ^^

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