• Le chemin de l'ombre (Sylvain Desvaux)

     

    Le chemin de l'ombre (Sylvain Desvaux)

     

    Disponible sur Amazon

     

    Double 6 (Emmanuel Trédez)

    Auteur : Sylvain Desvaux

    72 pages numérique (epub)

    Thème : Fantasy Paranormal

    *******

     

     

    Résumé :

    « Parfois, on trouve dans les ténèbres ce que l’on a renoncé à chercher...
    ET MÊME PLUS !
    Daniel est un homme désespérément seul depuis la disparition suspecte de sa fille, Nathalie. La solitude le ronge, l’alcoolisme le guette, et sa femme l’a quitté...
    Hanté par le souvenir de l’adolescente, un soir d’orage, Daniel emprunte un chemin détourné, secret, qui le mènera sur les traces de sa fille...
    Au risque de trouver bien plus que ce qu’il cherchait, et de se perdre dans le noir. »  

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    18/20

     

    Je remercie la maison d'édition Nutty Sheep pour la lecture de cette "grosse" nouvelle, par le biais du site Simplement. Je connais l'auteur, pour l'avoir côtoyé une fois dans un salon et j'avais adoré sa façon de faire (pour Tessa... le Chat, le tour-ô-mètre...) Enfin tout cela pour dire que j'avais envie de tomber dans son univers. De plus je lis déjà des histoires de cette maison d'édition Nutty Sheep et pour le moment je ne suis jamais déçue. Et là, encore une très bonne lecture ! J'allais oublier : J'ADORE la couverture ! Il y a énormément de détails en y regardant de plus près.

     

    Entre l'univers de l'auteur et le résumé j'avais hâte de savoir où il allait nous emmener. Daniel est un homme qui semble avoir perdu l'envie de vivre. Et pour cause, il y a un an, sa fille a disparu sans un mot, sans une explication. Il l'a envoyé chercher du pain, une dispute et des remords. Elle n'est jamais arrivée à la boulangerie. Bien après des recherches, son corps n'a pas refait surface. Est-elle encore en vie ? Est-elle morte ? Le plus dire ? C'est de ne pas savoir. Il y a des questions que l'on se pose, on revoit les événements précédents la dernière vision de son enfant. C'est terrible de se dire qu'on a peut-être raté quelque chose. Et puis tout part à l'eau. La famille éclate, le couple ne tient plus et c'est le désespoir. Ce même désespoir que Daniel ressent chaque jour de sa vie depuis cette tragique disparition. Un soir alors qu'il arrive à accepter une invitation à un barbecue par son ami Michel, le retour va le replonger dans cette fameuse soirée où il a perdu sa fille. Une véritable descente aux Enfers commence !

     

    « Tout décès, aussi injuste, aussi inéluctable soit-il, peut être accepté. On tombe à genoux, on pleure, on souffre. On se console comme on peut, on applique des morceaux de scotch sur l’entaille béante de notre chagrin, on s’appuie sur l’épaule de nos proches. On finit par se faire une raison, par se dire que, au fond, tout ici-bas possède un début et une fin. On se relève enfin parce que le monde continue de tourner et qu’on y a encore sa place. On n’oublie pas, mais on ne s’arrête pas de vivre.
    Nathalie n’était pas morte. Nathalie avait disparu. La différence était énorme. »

     

    Nous suivons un père de famille qui a tout perdu, sa fille disparue, sa femme est partie. Même si nous nous doutons du pourquoi, l'auteur nous explique ce qui s'est passé : cette fois de trop, cette soirée où les mots et les actes ont dépassé ses pensées. C'est un personnage qui s'en veut terriblement pour tout ce qui s'est produit. Il n'est pas coupable à proprement parler, mais il se sent comme tel. C'est tragique, une histoire qui pourrait arriver à n'importe qui et qui arrive malheureusement encore trop souvent. L'auteur a su mettre les mots sur ce mal-être qui enveloppe son personnage. L'alcoolisme qui approche à grands pas, se couper du monde : un personnage qui ne sait plus comment avancer. On ressent la pression de son immense tristesse sur le dos. Cela n'a rien de glauque ou de larmoyant, même si le sujet pourrait être déprimant. Il n'y a que les faits et gestes d'un personnage qui broie du noir.

     

    Le côté paranormal arrive tranquillement, sans monter sur ses grands chevaux. Il s'intègre parfaitement à l'histoire sans qu'on le voie venir. C'est léger, étrange apportant une touche de suspense à ronger les ongles des doigts. Lorsque Daniel se retrouve sur ce terrain de foot, celui où Nathalie, sa fille, serait passée, l'atmosphère devient plus lourde, plus noire. Le fait qu'il tombe et s'évanouisse nous laisse dans un flou total. Je me suis demandée à plusieurs reprises s'il n'était pas tout simplement en train de rêver, ou alors il était dans une belle chambre capitonnée avec une chemise comprenant de très longues manches... Il arrive ce qu'il arrive, nous laissant dans un stress perpétuel. La peur du noir revient régulièrement, le fait de ne pas voir ce qui nous entoure lorsqu'il fait nuit et qu'il n'y a pas de lumière. Les éléments sont logiques, les peurs existent et la couleur noire ne reste pas un vain mot. Elle est la meilleure arme contre nous-mêmes.

     

    Les personnages sont peu nombreux et pourtant ils se suffisent à eux-mêmes. Daniel dont j'ai déjà donné des détails, va tout faire pour tenter de retrouver une trace, quelle qu'elle soit dans ce terrain devenu vague. Michel, son ami, le seul qui est vraiment resté après. L'aidant comme il a pu, sans demander de détail, en étant présent à chaque instant de sa vie. L'auteur donne des éléments sur Nathalie, ou Héloïse (sa femme) qui n'a pas vraiment eu le choix de partir. Les événements ont fait que même l'amour ne suffit pas. Avant c'était le bonheur, après c'est le noir absolu. Car il y a un avant et un après dans cette histoire comme dans toutes celles qui y ressemblent. L'après est toujours le plus dur, celui où il faut se battre encore plus contre soi-même. J'ai apprécié la façon dont le récit est décrit. Nous avons le temps de suivre les actions, de nous poser des questions et surtout de comprendre d'une manière générale les émotions de Daniel.

     

    « Privé de tout repère temporel ou spatial, l’esprit de Daniel vagabondait. Le plus souvent, il pensait à Nathalie. La façon dont elle parlait, dont elle bougeait, dont elle vivait, tout ce dont il se souvenait. Bien sûr, il se rappelait surtout les bonnes parties de l’histoire.
    Parfois aussi, l’homme pensait à sa femme. Tout n’avait pas été rose, rien ne l’était au fond, mais dans l’ensemble, ils avaient formé un beau couple avant la disparition de leur fille. Avant que leurs réactions face à la douleur ne les séparent totalement. Si Nathalie revenait, Héloïse reviendrait-elle ? »

     

    La fin est surprenante. Entre l'enfance/adolescence de Daniel et ce que sa fille aimait faire étant petite, nous suivons une ombre menaçante qui est présente depuis un bon moment. Jusqu'au bout nous voyons le mot "jalousie" qui revient sans cesse. Est-ce qu'il va la retrouver ? Est-ce qu'il va comprendre ce qui s'est produit ? Est-ce qu'il est bien dans la réalité ? Le final m'a agréablement surprise, je m'attendais à tout et rien en même temps. Les événements s'enchaînent sans vraiment voir où l'auteur nous emmène. On s'imagine des choses, on est devenu aveugle comme notre père qui se retrouve dans ce lieu sombre et froid. "Oh la vache" est l'expression que j'ai lâchée en terminant l'histoire. (Non, il n'y en a pas dans le texte et puis quoi encore !) Je ne m'y attendais pas, mais en relisant (car oui je suis une timbrée, vous devriez le savoir à force) il y a des miettes de pain (ou des traces de mayonnaise) qui nous mettent sur le chemin pavé d'embûches.

     

    En conclusion, un récit court qui ne manque ni de suspense ni d'émotions. Le paranormal tient une place importante sans pour autant que cela surprenne, comme si tout était logique. Le chemin de l'ombre n'est pas un parcours de santé, mais plutôt une recherche d'identité dans un monde où l'absence est destructrice.

     

     


     

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  • Commentaires

    8
    Jeudi 20 Juin à 16:26

    Contente que tu aies aimé ! ça donne envie

    7
    Mercredi 19 Juin à 08:30

    Heureuse que tu aies aimé ta lecture

    6
    Vampilou
    Mardi 18 Juin à 19:27
    J'avais hâte de lire ton avis et je ne suis pas déçue, il me tente beaucoup !
      • Mercredi 19 Juin à 17:30

        Super, vivement que je saches ce que tu en penses toi aussi !

    5
    Sylvain Desvaux
    Mardi 18 Juin à 12:13

    Wow, voilà de la critique comme je les aime. C'est détaillé, précis, et ça fait plus de dix lignes ! Quand Céline (mon éditrice) m'é envoyé ce lien ce matin, ça m'a mis la patate !
    Je te remercie donc pour cet avis très bien écrit et très bien argumenté qui en plus me flatte dans le sens du poil !
    Au plaisir de te recroiser sur un salon j'espère !

      • Mardi 18 Juin à 14:05

        Merci, c'est très gentil et très heureuse que la patate te soit tombée dessus :p

        J'espère aussi pouvoir te revoir un de ces 4 ! Bises !

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