• Anémis, tome 1 : La parole du coeur (Lucie Bernard)

     

    Anémis, tome 1 : La parole du coeur (Lucie Bernard)

     

    Disponible sur amazon

    Moitiés d'âme : Chroniques des Cinq-Trônes (Anthelme Hauchecorne)

    Auteur : Lucie Bernard

    365 pages numérique (epub)

    Thème : Dystopie

    *******

    fait partie de la dystopie

    Anemis

     

    Résumé :

    « Anemis, Unique grande ville rescapée des dernières guerres. Anemis, Vestige d'oppression, de perversion, de soif de pouvoir et de désillusions. Anemis, Symbole d'espoir, d'amour, mais aussi d'alliances improbables. Anemis, Deux visions d'un seul monde, deux univers que tout oppose.

    Une ville séparée en deux par une barricade infranchissable. À Anemis, la richesse a un prix, et les erreurs se payent cher. »
     

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    15/20

     

    Je remercie la maison d'édition "les mots en flots" pour la découverte de ce tome 1. Je ne pense pas que j'aurai choisi ce livre. Ce n'est pas le résumé qui ne me plait pas, mais la couverture. Je suis désolée, je ne la trouve pas attirante et pour ma part je ne trouve pas qu'elle soit adaptée à ce que recèle le livre. Après ce n'est que mon avis, bien entendu.

     

    Le monde est coupé en deux ou plutôt la ville est coupée en deux. Une immense muraille sépare les plus riches des plus pauvres. D'un côté comme de l'autre tout est à l'extrême. Les riches ont tout et n'importe quoi à profusion, ne s'encombrant pas de détails. Ils achètent, jettent quand ils ne veulent plus sans compter. De plus l'argent est LE mot qui se trouve dans toutes les bouches. Il n'y a que l'argent qui soit important, les sentiments importent peu. Seule la haine des autres, ceux qui sont de l'autre côté les maintient dans leur petit monde. Les pauvres n'ont rien et ce n'est pas un concept. Les maisons sont faites de bois récupérés lors des derniers bombardements de ce côté de la ville. Il n'y a pas de nourriture, seule celle qui est jetée par les soldats au-dessus de la muraille. L'hygiène est un mot dans le dictionnaire qu'ils n'ont pas. Seul un souffle de rébellion semble les porter vers de nouvelles contrées.

     

    Anemis est caricaturée certes, les deux extrêmes également mais cela fait réfléchir. Il est clair que dans le monde actuel nous tendons lentement , mais sûrement vers un monde qui y ressemble. Il suffit déjà de se souvenir de ce fameux mur de Berlin qui a coupé la ville en deux avec ce semblant d'histoire. L'Histoire, avec le grand H a déjà démontré que l'Homme d'une manière générale est capable du meilleur comme du pire. C'est exactement ce que fais l'auteur en insistant sur les faits des deux côtés de la ville d'Anemis. J'espère que l'avenir ne donnera pas raison à l'auteur, mais cela pourrait arriver.

     

    « Yaelle sourit avant de s’écarter. Je pus relâcher la tension de mes muscles.
    — Je pourrais t’obtenir une arme, tu sais.
    Je me figeai, imaginant mes mains tenir pareil instrument de mort. 
    — Tu ne seras pas obligé de t’en servir. Tu l’auras, juste au cas où.
    La scène qui s’était déroulée cette nuit me revint en mémoire. Les coups qui pleuvaient sur moi, les menaces, la douleur, l’envie d’en finir… J’avais besoin de cette arme. Elle avait raison.
    — Qu’est-ce que tu veux en échange ?
    — De quoi mieux me vêtir ?
    Esquissant un sourire, je tendis une main et Yaelle la saisit.
    — Marché conclu. »

     

    Les privilégiés s'amusent avec les indésirables. Une journée est offerte à l'un d'entre eux pour qu'il côtoie leur monde et peut-être même y rester pour y résider, mais il y a toujours une contrepartie : celle de n'être qu'un esclave à la solde d'un riche. Être méprisant reste de mise pour tous les habitants qui ne manquent de rien. Tous ? Non, car il existe des irréductibles gaulois qui sont prêts à se battre. La révolte n'est pas que d'un côté, elle est dans certains personnages qui soient pauvres ou non. La solidarité est difficile à obtenir. La méfiance est partout. Qu'il y aie de l'argent ou non, les problèmes sont les mêmes. Faire confiance, croire en un monde idéal, assouvir ses désirs, se protéger, faire attention à sa famille, apporter du soutien...

     

    2687, cela fait 50 ans que la barrière est en place, 50 ans de privations pour les uns et d'opulence pour les autres. Cela fait son petit bonhomme de chemin, mais les esprits commencent à s'échauffer. Brett est de la catégorie des pauvres. Il a perdu son père, vit avec sa mère et son petit frère et s'occupe d'eux comme il peut. La première scène est difficile à gérer : il nous explique comment fonctionne le fameux ravitaillement. Ce moment où tu dois attendre que les soldats daignent jeter les restes des plus riches. Ce moment où il repense à la façon dont son père n'est jamais revenu de l'un d'entre eux. Ce moment où il doit calculer le moment opportun pour obtenir de quoi donner à manger à sa famille sans se faire écraser ou tuer par un autre. c'est la loi du plus fort. Montrer sa faiblesse est signe de la mort proche. Brett est un personnage qui est à la fois fort et faible. L'auteur n'en a pas fait un super-héros, même s'il se voit embrigader sans vraiment le vouloir dans la résistance.

     

    Alicéa est une privilégiée qui se rebelle ouvertement. Son père est le haut dirigeant ce qui l'ennuie fortement de la voir ainsi. Elle ouvre sa bouche un peu trop devant n'importe qui ce qui pourrait lui créer des ennuis. Elle en a assez de sa vie trop belle trop fleuri. Une cage dorée ! Sans compter qu'elle entend les cris des "autres" et voudrait changer le monde. Un monde imparfait à ses yeux et aux nôtres en tant que lecteur. Même si elle a des moments assez énervants, elle touche du doigt l'engrenage qui risque de voir un très gros grain de sable le bloquer. La barricade la révolte et le peu qu'elle entend la rend malade. Elle va tenter des choses dangereuses qui ne resteront pas cachés longtemps.

     

    « Ce dernier me lança une œillade sans équivoque avant de reprendre la parole. Mes mains tremblaient, j’entrepris de les cacher sous la table pour ne pas que les politiciens se rendent compte de mon trouble. Lanton saisit l’une d’elles et effectua des cercles apaisants sur ma peau pour m’aider à me calmer. Personne ne sembla remarquer notre petit manège, toute l’attention s’était reportée sur l’orateur.
    Je tentai de capter l’attention de Lanton, mais il faisait mine de m’ignorer. Je me demandais pourquoi il avait accepté de m’amener ici alors qu’il savait que je représentais une épine dans le pied de mon père et de son gouvernement. Lanton ne pouvait s’empêcher de jouer avec le feu. J’étais certaine qu’il faisait tout cela dans le but de tester mes limites. Il voulait voir jusqu’où je pouvais aller pour trahir les miens. Dans ce cas, il ne serait pas déçu.
    Je prêtais une oreille attentive au discours sans parvenir à m’y accrocher bien longtemps. Toutefois, je restais alerte. À la première occasion, il me fallait tenter ma chance. Lorsque Lanton prit soudainement la parole, je sursautai malgré moi. »

     

    Autant j'ai adoré suivre le côté de Brett, il est authentique avec ses bons et ses mauvais côtés, autant pour Alicéa j'ai eu du mal avec elle. Elle veut bien faire sauf qu'elle se fait avoir trop facilement. Elle n'est pas douée pour camoufler ses émotions et va un peu vite en besogne. Il est clair qu'elle est attachiante en somme. J'ai apprécié le fait que l'auteur les fassent évoluer chacun de leur côté, puis les fait se rencontrer avec méfiance. D'autres personnages gravitent autour d'eux : Tina, Yaelle, Lanton, Josh, Henri... Chacun a sa place, son devoir, son espoir son passé et un potentiel avenir. La fin de ce tome 1 est à explosive dans tous les sens du terme. Certains faits étaient courus d'avance, d'autres non. L'auteur a su mettre des surprises tout au long du récit et en garde une belle de taille pour le final.

     

    En conclusion, un premier qui va plus loin que poser des bases. Des personnages qui ont leur force et faiblesse, tout n'est pas blanc ou noir. Un monde déchiré en deux. Un avenir qui peut être à la fois sombre comme lumineux. Qui sait de quoi sera fait le lendemain ? Je lirais la suite car j'ai vraiment envie de savoir comment tout cela va se terminer. Ô, j'allais oublier, à la fin du livre, vous trouverez un extrait d'un autre de leur livre : Il était une fois... une reine, de Marine Stengel.

     

     

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  • Commentaires

    12
    Lundi 13 Janvier à 07:43

    On a le même coussin :p Merci pour ton retour sur ce premier tome

      • Lundi 13 Janvier à 20:39

        Non ? C'est vrai ? Hum toi tu as été à Astérix xD

        PAs de quoi !

    11
    Vendredi 10 Janvier à 21:27

    Ah, celui-là il me tenterait bien :3 

      • Samedi 11 Janvier à 14:50

        C'est super ! Bonne future lecture dans ce cas !

    10
    Vendredi 10 Janvier à 18:34
    Satine's books

    Les couvertures sont superbes... 

    Je ne sais pas si cela pourrait me plaire. Je pense que si je tombe dessus je tenterai :D 

      • Samedi 11 Janvier à 14:45

        Je suis pliée de rire, je ne l'ai pas vu en commerce ou cultura, à voir s'il sera en librairie :)

    9
    claire chronique
    Vendredi 10 Janvier à 08:25

    Merci pour ton avis!

    8
    Jeudi 9 Janvier à 10:45
    Steph*

    Pourquoi pas? Cela fait longtemps que je n'ai pas lu de dystopie =)

      • Vendredi 10 Janvier à 17:52

        Tiens, moi aussi, avant celle-ci je ne me souviens pas quand j'en ai lu une mdr

    7
    Vampilou
    Mercredi 8 Janvier à 21:26
    L'univers me paraît hyper complet, ça me plaît beaucoup, alors je note absolument !
      • Vendredi 10 Janvier à 17:52

        Ahah, c'est super ! Bonne future lecture :)

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