• Le baiser de Pandore - L'intégrale (Patrick Ferrer)

     

    Le baiser de Pandore - L'intégrale (Patrick Ferrer)

    Partenariat

     Les Originels, tome 1 : La Naissance (Charlène Gros-Piron)

    Auteur :

    07 aout 2015 

    711 pages numérique

    Thème : Policier

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    Résumé :

     

    « Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim’. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort. Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer mais, pour une fois, mon instinct de flic est resté muet. Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me criaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ? C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon intention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirai pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l’avaient déjà annoncé. Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix… »

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    Du bleu à l'âme, épisode 1 (L.S. Ange)

     La guerrière d'Argalone, tome 1 : Des amours maudites (Frédérique Arnould)

    Je remercie Livraddict pour ce partenariat, ainsi que l'auteur, Patrick Ferrer pour l'envoi de son livre. J'aime la couverture, ce visage de femme vu au travers d'une vitre brisée. Je me suis posée la question de savoir ce que cela signifiait et j'ai compris – enfin je pense avoir compris – une fois ma lecture terminée.

     

    Nous débutons avec un orphelinat en URSS où deux jeunes sœurs, jumelles de surcroît nous montre ce qu'elle vive. L'une paraît normal, tandis que l'autre semblerait plus encline à la folie. Leur vie est froide, austère, sombre. Elles commencent à ressembler à de petites femmes... Et un meurtre se produit, amenant un homme Anatoly Brejinsky sur leurs routes. Le destin de ces deux enfants va changer et se découvre petit à petit.

     

    Paul Heyland est un flic particulier. Avec son coéquipier Ariel, ils forment une équipe du tonnerre à la criminelle, au fameux 36. Le meurtre de Julien Delatour dans un hôtel, le fait que sa mort dérange en haut lieux... Heyland doit trouver le meurtrier le plus rapidement possible, en moins de 24 heures. Comme par hasard, une jeune femme est retrouvée un peu plus loin, hagarde, ne se souvenant pas de ce qu'elle a fait les heures précédent son arrestation. Comble de l'ironie, sa robe est tachée de sang, celui de la victime. Tout porte à croire que cette femme, Délia est la coupable. Coupable idéale pour tous, sauf pour Paul, qui lui ne voit qu'une pauvre âme égarée. Et ce n'est que le tout début de l'intrigue.

     

    Le livre se décompose en trois parties, distinctes, mais qui se suivent sans aucun souci. La première se passe en France, puis nous partons en Russie et revenons en France. L'enquête est très rapide dans le premier tiers du livre. Les événements s'enchaînent à une vitesse folle : meurtre, suspect, commissariat, asile, course poursuite, jeu de cache-cache... Tout y passe ou presque. Beaucoup d'actions, de questions sans réponses amenant d'autres questions. Impossible de lâcher un engrenage pareil, j'avais envie de découvrir ce qui s'était réellement passé. J'ai eut plus de mal avec la seconde partie, plus lente dans le sens où c'est du travail de terrain en Russie. Mais le passé se dévoile, les faux-semblants commencent à s'évaporer pour laisser place à une vérité terrifiante. La dernière partie redevient plus sournoise, on sent qu'on approche du but, qu'on va enfin savoir qui est derrière tout cela, qui est qui.

     

    « Le yacht illuminé glissait lentement sur le fleuve noir comme le ciel. Debout sur le pont, Délia regardait défiler les rives obscures. Les arbres s’agitaient d’un air menaçant sur leur passage, comme si les remous du bateau avaient éveillé les Roussalki, les esprits des filles noyées qui hantent les cours d’eau. On raconte qu’elles se balancent aux branches de saules, guettant le promeneur imprudent se hasardant trop près des rives. Certaines nagent même le long des bateaux, dissimulées dans l’écume, pour attirer au fond de l’eau ceux qui, envoûtés par leur chant, se pencheraient pour les apercevoir.
    Un frisson la parcourut. La robe de satin noir lui donnait l’impression d’être nue. Elle s’éloigna de la rambarde, remit son masque en place et s’engagea sur l’échelle menant au pont supérieur où Igor Tourgueniev recevait ses invités. Des gens mortellement insipides. Les hommes, des parvenus arrogants, la regardaient comme un dangereux animal de compagnie et ne se hasardaient à lui adresser la parole que pour glisser des allusions sexuelles à peine voilées. Les femmes ne comptaient pas. »

     

    J'ai adoré suivre les péripéties de notre flic. Ce n'est pas un super héros, c'est juste un homme qui veut faire justice, qu'il soit flic ou qu'il soit dans l'obligation de changer de catégorie. L'enquête qu'il va mener ne s'arrêtera pas aux frontières françaises. Son voyage en Russie, je l'ai adoré. J'ai découvert les paysages sans y avoir mis les pieds, leurs gestes, leurs us et coutumes. Je ne sais pas si c'est la réalité, mais si c'est le cas, la vodka est un liquide très important. Elle sert à tout, à se réchauffer, à s'entraider, à créer des liens. La Russie est un pays – dans le livre – où les relations sont difficiles entre le peuple et les dirigeants. Les intrigues sont si emmêlées les unes dans les autres que je me suis demandée où l'une commençait et où l'autre terminait. Il ne s'agit pas que du meurtre d'un homme dans cette intégrale, il s'agit d'un complot bien plus grand qui engendre de nombreux tireurs de ficelles.

     

    Sur tout cela, Paul a comme qui dirait un don qui se pose bien là. Une forme de pouvoir discuter avec les morts. Ce n'est pas du fantastique, je pencherais pour le flair légendaire d'un flic qui trouve sa piste et qui ne la lâche plus. Une explication comme une autre, mais j'ai aimé suivre l'enquête et voir de ces yeux – oui, parce que le livre est écrit à la première personne la plupart du temps – ce qu'il voit. Comprendre ce qu'il entend et comment les rouages de son cerveau se met en marche avec un élément. Ce personnage est bien construit, travaillé, comme la plupart des autres protagonistes de l'histoire. Il y en a beaucoup, donc je risquerais d'écrire jusqu'à demain sur eux, mais ils apportent tous une pierre à l'édifice. Pas de pavé dans la mare pour laisser de simples remous, chacun donne une direction. Toutes ne sont pas bonnes à suivre et je dois dire que la fin me laisse un goût d'inachevé. Pas parce que c'est mal écrit, ou qu'il manque quelque chose, même si j'ai l'impression qu'il me manque des réponses. C'est plus un manque dans le sens où je me suis dit « mince, c'est déjà fini », pourtant il y avait ce qu'il fallait.

     

    « Les oiseaux tournaient en cercle au-dessus du parc, leur masse obscurcissant la pâle lueur du jour. Les ruines à moitié ensevelies sous la végétation étaient toujours là, sentinelles immuables défiant le passage du temps. Je me dirigeai vers la demeure familière et pénétrai dans le vestibule désert. La maison avait l’air abandonnée, seule une odeur de bois brûlé flottait encore dans l’air. Dans la pièce principale, le feu était en train de s’éteindre. Je jetai une bûche sur les tisons rougeoyants et les flammes jaillirent après quelques secondes. Il y avait quelqu’un dans le fauteuil, une ombre tassée sur elle-même. Les reflets du feu éclairèrent brièvement le visage blafard dont les yeux délavés me contemplaient.
    — C’est gentil à vous d’être venu, je n’ai guère de visites en ce moment, murmura la voix cassée d’Anatoly Brejinsky. »

     

    Un détail qui m'a plu également, disons sur les deux premiers tiers du livre, c'est cette façon dont Paul répond. Les dialogues sont particuliers. Comment expliquer... Les tirets des dialogues sont présents pour ces interlocuteurs, mais dès que c'est lui qui parle, cela passe par de la narration. J'ai apprécié le fait de ne pas avoir que des échanges verbaux en fait, mais une véritable ouverture.

     

    L'histoire est fluide, prenante, malgré quelques petites longueurs. Les mots sont bien choisis. En d'autres termes, il s'agit d'un très bon livre qui a vraiment beaucoup de qualités. A lire pour tous les amoureux de policier bien sombre comme il faut !

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vampilou
    Vendredi 27 Novembre 2015 à 15:53
    La couverture est absolument superbe ! Et je serai pas mal tentée de le lire :-D
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