• La fille qui danse (Lisa Soto)

     

     Résumé 

     

    «Quand Asa part en quête de ses origines, le bleu à l’âme sur les sentiers irlandais, elle ne s’attendait pas à rencontrer un homme tel que Marec.
    Elle est une enfant du monde,
    Lui, des montagnes.
    Dans des contrées proches ou lointaines, entre deux pas de danse, Asa et Marec se croisent et s’éloignent, s’interrogent sur la vie, son sens et leur amour, seule constante dans cette valse des sentiments.
    La Fille qui Danse est une ode à l’autre et à la vie, un récit féministe et humaniste, voyage vers un ailleurs, mais surtout vers l’intérieur.
    »   
     

     Ma chronique 


    Je remercie la maison d'éditions Noir d'Absinthe pour l'envoi de ce livre par le biais de Babelio.
     
     
    Cette histoire bouleverse tout, même mes propres convictions sur la romance contemporaine. Je ne suis pas une adepte de ce thème, pourtant lorsque cette maison d'éditions a présenter ce livre, j'ai eu l'envie de le découvrir. Un récit qui garde une certaine mélancolie du début à la fin, apportant les doutes et les espoirs des personnages. La couverture est magnifique et j'en suis tombée amoureuse, comme des personnages. Il est certain que ce livre va rejoindre ma bibliothèque spéciale, car oui j'en ai tellement que j'en fais pour les récits qui ont su me toucher.
     
     
    En écrivant ses mots, j'en ai encore la gorge serrée, les larmes aux yeux. Par chance j'étais chez moi lorsque je suis arrivée au bout de cette histoire. Difficile de ne pas le dévorer et dans le même temps, difficile de ne pas allonger le délai de lecture. J'ai eu envie de garder ces personnages en moi pour tout un tas de raison, dont celle de cet apprentissage de la vie, d'une manière générale. Ce n'est pas une seule vie qui est en jeu, il s'agit de plusieurs, de différences, de secrets, de passé, de convictions. Ces dernières sont au cœur même des protagonistes qui leur tiennent à cœur. Rien n'est simple, pas même la joie de danser. Derrière chaque pas, chaque sourire il y a une âme qui vit, qui ne cherche qu'à s'épanouir sans avoir peur. Mais comment faire pour avancer dans une lumière lorsque l'on a déjà été échaudé ? La trahison a déjà fait du mal et lorsque cette dernière doublé d'un amour malsain vous force à ouvrir les yeux et à prendre des distances, c'est un long périple pour reprendre confiance en soi.
     
     
    Asa a besoin de se retrouver. Elle qui n'est pas d'ici, mais de partout, de parents travaillant pour une Ambassade l'aimant plus que tout, elle ne connaît pas ses racines. La France, L'Irlande, ces pays qui font partis d'elle de part ses ascendants, elle veut découvrir ce qu'elle est. Un voyage qui l'amène à Dublin, un festival, seule et sans peur, elle se faufile, danse, rencontre des personnes, devient cette femme qui pleure et qui en un instant découvre qu'elle n'est pas seule, pas totalement. Sa peine est toujours ancrée en elle, son envie d'appartenir à une famille l'étreint si violemment qu'elle ne prête pas forcément attention à toutes ces rencontres. Jusqu'à Marec. Cet homme qui voit au-delà de son sourire, qui cherche juste une nuit, devenant une seconde nuit. Une rencontre qui n'aurait pas pu être possible si Asa n'avait pas fui sa vie, si elle n'avait pas fait ce détour pour écouter cette musique qui la prend aux tripes, s'il ne travaillait pas dans ces festivals pour économiser pour ses études.
     
     
    Deux êtres souffrant de ces dernières années, ne sachant pas comment avancer. Chacun dans un sens, chacun dans une idée fixe qui n'est pas forcément la meilleure qui soit, mais qui les amène à ce point précis de rencontre. Les décisions nombreuses, les choix, le cœur a ses raisons et le voyage d'Asa qui n'est pas terminé. Cette jeune femme a besoin de découvrir ses origines et lorsqu'elle y parvient, ce n'est pas vraiment ce qu'elle pensait. Ce n'est pas une déception, juste une rencontre qu'elle ne pensait pas. Jusqu'à ce que ce voyage nous apporte bien plus que cette recherche d'identité. Asa nous montre sa vie, nous la suivons avec envie dans ces périples, sans chercher à savoir pourquoi cela serait dangereux pour une femme seule. Elle vient de pays où la femme n'a pas le droit à la parole, ou encore le droit d'user de son corps. La discrimination est forte, cette inégalité entre les femmes et les hommes la répugnent. La guerre, les pressions, les mentalités, les pages regorgent de ces instants de vie où malheureusement certains perdent la vie au nom de quoi ?
     
     
    Asa a cette rage en elle qui va l'amener à s'engager sur ses voies où certains peuples ont besoin d'hommes et de femmes comme elle : prêt à tout pour aider son prochain, pour apporter un peu de lumière dans la vie des enfants blessés, meurtris. Au-delà de ces sujets qui sont bien plus nombreux que ce que je n'ai fait qu'ébaucher, il y a également la vie de famille d'une manière générale. Seul(e), en couple, marié ou non, avec enfant ou non, la famille est celle que l'on créée, celle que l'on veut. Si Asa est fille unique, ce n'est pas le cas de Marec qui a des frères et sœurs, un meilleur ami Sam qui mérite qu'on s'y attarde pour toutes les qualités et ce qui est sa vie. La famille de Marec est une véritable joie de vivre qui accepte facilement la jeune femme. Il faut dire que Asa est étrange, différente, mais si sensible, vraie, enjouée, franche, s'exprimant avec beaucoup de sincérité et de joie. La danse est son domaine, son passé nous apporte le pourquoi, ce besoin de se rapprocher de la nature.
     
     
    Le coup de foudre ? Peut-être bien, peut-être pas, toujours est-il qu'il se passe quelque chose entre eux ce fameux soir au festival et que la suite ne sera pas de tout repos. Ce quelque chose qui les rend euphorique ensemble, avec juste ce besoin d'avoir l'autre à côté, sans avoir besoin de parler. La distance n'atténue en rien, bien au contraire, il agrandit le manque de l'autre. C'est surement cela qui va les décider à se revoir, à se côtoyer à tenter l'aventure. Le récit est ponctué des voyages d'Asa, de sa vie, de ces choix qu'elle a dû faire avant de partir, de ce qui lui fait encore du mal, de ce besoin de se confier à Marec sans trop savoir comment. Et Marec qui lui aussi est bloqué dans ses sentiments d'impuissance vis-à-vis de Sam, sa confusion, sa douloureuse culpabilité de ne pas avoir su faire le premier pas il y a des années. Cette rencontre se fait en douceur, sur des rythmes lents, suivant les pas menés par Asa. Sa liberté est ce qui lui plait le plus, être enchaînée : jamais !
     
     
    Comme je l'ai mis plus haut, je ressens cette mélancolie encore, elle ne me quitte pas malgré cette vie remplie tant en joie, qu'en dispute, qu'en espoir, qu'en vie, tout simplement. Le malheur frappe toujours, la vie trouve toujours son chemin, elle ne s'arrête pas à un destin tragique d'un accident. Comment savoir si sa vie est véritablement remplie ? Comment savoir si la vie que nous menons est la bonne ? Il suffit de regarder les photos sur un mur, de regarder en arrière pour se rendre compte si les choix que nous avons fait nous ont amené au bonheur. Le voyage n'est pas obligatoirement comme celui d'Asa et de Marec tout en pays comme ils ont pu vivre dans différents états, c'est ce voyage qui nous fait grandir, nous fait prendre conscience que les doutes et avoir peur oui, mais à un moment donné il faut réussir à surmonter pour justement s'approcher de ce bonheur. C'est ce que nos personnages font, ils vont devoir donner d'eux-même afin de tenter cette approche.
     
     
    Les mots sont doux, prenants, forts, vivants. Je crois bien que c'est la première vraie romance contemporaine que je qualifie ainsi. Elle est vibrante comme une musique qui s’imprègne en nous. Ce même type de musique qui nous emporte dans son monde, celui du partage, du sourire, de l'amitié, de l'amour. L'amitié apporte beaucoup à Asa, que ce soit des hommes ou des femmes, elle obtient toujours un sourire. Je pense à Anna qu'elle rencontre sur une plage, au destin qui l'a met en travers d'un autre, Stéphane plus tard. Les liens fragiles se resserrent, le destin est joueur parfois. Et si le passé est souvent un frein, lorsqu'enfin la confiance se met en place, les récits s'installent avec de la patience, de la peur de perdre l'autre, de ne pas savoir avancer comme il le faut. Les thèmes sont forts, récurrent, avec parfois des répétitions. La protection de la nature est aussi importante que l'être humain qui se plonge entre ses branches. Les messages sont nombreux, avec plus ou moins de forces dans les passages. Certains sont juste effleurés, d'autres plus poussés.
     
     
    J'ai adoré les tatouages, leurs significations, ce besoin de recouvrir une part de soi avec de l'encre, avec ce morceau de vie qui nous appartient. Les émotions sont toujours présentes, passant d'un sujet à l'autre avec une telle facilité que nous volons tels des papillons de fleurs en fleurs, s'attardant sur certaines pour mieux nous envoler et toucher la cime des arbres. Un récit où les relations sont importantes, les mots, les gestes le sont tout autant. Le silence fait du bien, les paysages donnent envie et connaissant certains coins de France, la mer de glace est un endroit magnifique. L'histoire d'amour n'est qu'un prétexte pour nous embarquer dans cette histoire, elle est le lien qui relie les personnages principaux, mais il est tellement plus qu'une simple romance ce livre.
     
     
    En conclusion, La fille qui danse est une très belle histoire qui s'ouvre sur de nombreux thèmes. C'est l'un des rares livre qui a su me faire pleurer jusqu'à me bloquer la respiration. Je ne suis pas une romantique, mais je dois admettre que c'est beau de suivre cette jeune femme aimant parler aux arbres dans son périple. Sa découverte d'elle-même et de son chez elle qui est là où son coeur l'emporte. Asa a su m'emmener dans son voyage de tolérance, de paix, de doute et de sérénité. Nul doute que ces deux-là ne vont pas me quitter de sitôt.
     
     

     Extrait choisi : 

     
     
    « Leurs rires résonnent dans la pièce, faisant se retourner à plusieurs reprises des clients mécontents d'être dérangés. Ils devraient les observer pour comprendre que cet instant est très important. Au lieu de râler, ils pourraient au contraire les remercier d'éclairer un petit moment de leur vie monotone. Mais les gens ne sont pas comme ça. Ils ne pensent qu'à leur confort, désireux que tout se déroule comme il le souhaitent, sans que rien ne vienne perturber cette illusion de vie agréable. Mais est-ce cela, vivre ? Ne faut-il pas sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant ? À se dévoiler petit à petit, Asa et Marec sont en train de le faire, même s'il y a encore trop de non-dits entre eux. Ils seront éclaircis, mais ni ici ni maintenant... »

     

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  • Commentaires

    12
    Kimysmile
    Vendredi 26 Mars à 09:01

    Oh tiens, pourquoi pas !

      • Vendredi 26 Mars à 20:52

        Super, je te souhaite une hypothétique bonne lecture :)

    11
    lheuredelire
    Jeudi 25 Mars à 22:07

    Je ne me serais pas forcément tournée dessus mais j'aime bien ce que tu en dis :)

      • Vendredi 26 Mars à 20:48

        Merci beaucoup, j'espère que tu te laisseras tenter :)

    10
    Jeudi 25 Mars à 19:57
    Pfiouuu une excellente découverte j’ai l’impression !
    9
    Jeudi 25 Mars à 19:04
    C'est rare qu'un livre provoque des émotions aussi fortes !
      • Vendredi 26 Mars à 20:46

        Je suis tout à fait d'accord avec toi :)

    8
    Jeudi 25 Mars à 19:04
    Satine's books

    Je ne peux qu'applaudir cette chronique. J'ai adoré ! Quelle plume ! Oh purée, j'en ai encore des frissons 

      • Vendredi 26 Mars à 20:45

        Waouh, merci beaucoup, il faut dire que le livre donne de la matière :)

    7
    Vampilou
    Jeudi 25 Mars à 18:48
    C'est clairement l'effet que fait ce roman, un pur coup de foudre pour moi...
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