• La cave aux poupées (Magali Collet)

     

     

    La cave aux poupées (Magali Collet)

    Disponible sur le site de l'éditeur

    La guilde des marchands de pluie, tome 2 : Avis de tempête (Robin Buisson)

    Auteur : Magali Collet

    224 pages papier

    Thème : Thriller

    *******

     

     

    Résumé :

    « Manon n'est pas une fille comme les autres, ça, elle le sait depuis son plus jeune âge.

    En effet, une fille normale ne passe pas ses journées à regarder la vraie vie à la télé.
    Une fille normale ne compte pas les jours qui la séparent de la prochaine raclée monumentale...
    Mais, par-dessus tout, une fille normale n'aide pas son père à garder une adolescente prisonnière dans la cave de la maison. »

     

    La bête du Bois de Boulogne (Christine Béchar)

    La cave aux poupées (Magali Collet)

     


    Eh bien, eh bien, que dire de plus que ce petit coeur au-dessus ? Merci à Joël ainsi que la maison d'éditions Taurnada
    ce nouveau livre. Une nouvelle pépite dans cette maison d'éditions qui est en train de détrôner un bon nombre d'autres ! Une couverture qui donne déjà le ton, avec juste ce qu'il faut de détails pour comprendre que le secret doit être gardé. Un résumé froid, quasi sans âme comme notre personnage principal nommée Manon.

     

    Manon est une jeune femme de 22 ans (si j'ai bien compté, 14 + 8 cela doit faire 22). Vivant en pleine forêt avec son père depuis sa naissance. Maman était présente jusqu'à ce qu'un jour elle en a marre. Le Père est toujours là, fort, robuste, un Homme qui aime les petites filles. Les femmes lui importe peu juste pour s'occuper d'une maison, nettoyer, faire à manger, s'occuper des invitées de la cave. Des mouches ? Non, ces dernières sont là pour manger quand il leur donne de quoi se nourrir allégrement. Il s'agit de jeunes filles, des pré-adolescentes. Nous savons pourquoi elles sont là, pourquoi Manon est là, pourquoi Le Père est là également. La santé mentale, tout ça, tout ça, oui mais voilà, il y a quelque chose de fort derrière ce récit, derrière Manon. Être considérée comme une merde, à force on en devient une. La réalité n'existe pas pour Manon, uniquement dans ce qu'elle voit à la télévision.

     

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    Elle ne se souvient plus de son prénom, 12 ans que sa mère ne l'a pas dit et pour cause, 12 ans qu'elle ne connaît plus que cette vie. Le Père violent, assouvissant le moindre de ses désirs. Il vieillit et pourtant il préfère violer les plus jeunes. Pas de logique, juste un "grand malade". Je n'ai pas de termes médicaux pour cela, ce n'est pas péjoratif, il a besoin de soins, peut-être jusqu'à la fin des temps, jusqu'à ce qu'il meurt, ou pas. Le Père est nominé de cette façon, pas de sentiments, pas d'âme, rien. Il est juste une présence pour Manon qui ne se pose pas de questions. Les filles passent, il en use jusqu'à ce qu'il faut s'en débarrasser pour la raison qu'il a décidé. Jusqu'à ce que l'une d'entre elle tente, ose une approche différente.

     

    Le caractère peut-être, le fait qu'elle soit un peu plus vieille que celles de d'habitude, peut-être. Une pièce, 3m sur 3, pas d'intimité, tout est dans le même emplacement. Malgré tout, à cause ou grâce aux traces de coups portés par Manon, Camille s'approche de l'un de ses bourreaux. Le Père et Manon ne fonctionnent pas de la même manière. Si elle les prépare et les brise mentalement sans rien dire, sans les frapper, lui, c'est une autre histoire. Le viol est déjà un acte de barbarie en soi, alors ce qu'il leur inflige est de les pousser jusqu'à la folie. Il ne les frappe pas, il n'y a pas besoin de cela : respect ! C'est le mot d'ordre. Il se fait respecter autrement. ATTENTION, l'auteur ne décrit pas les viols, ni les actes en tout genre, elle ne fait qu'indiquer qu'il y en a.

     

    Manon subit la violence. La tendresse est oubliée depuis longtemps. Par moment elle rêve d'un autre monde, celui où tout le monde est bon avec tout le monde, celui de la télévision qui lui montre de belles histoires d'amour, d'un chevalier servant. La réalité est bien triste pour ne pas dire pire. Elle a beau être l'enfant légitime de ce Père, elle n'a connu que la séquestration, viols, coups. C'est si facile de mettre une enfant au pas. Il suffit d'une raclée quotidienne pour que le repas soit servit à l'heure, que la maison soit propre, que tout soit nickel, que les invitées soient préparées.

     

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    Ces invitées sont choisies, triées sur le volet par Le Père. Pas besoin de donner plus de détails sur ce personnage, tout ce que vous pouvez penser sur lui est exact et même bien plus. Concernant sa fille, nous la voyons évoluer au fil du temps. Camille l'oblige à voir la réalité. Est-elle un monstre comme son père ? Lorsque l'on a connu que cela, oubliée l'affection de sa mère, comment peut-on continuer de vivre ? La psychologie de Manon est décryptée, étudiée, mise en morceau par l'invitée qui veut lui faire comprendre que même si cette dernière est derrière des barreau, Manon est aussi prisonnière. La cave aux poupées porte bien son titre. Le Père les aime d'une certaine manière et Manon fera tout pour qu'elles y ressemblent : les laver, les habiller, les coiffer, les nourrir.

     

    Cette relation, si on peut appeler cela ainsi, va peut-être apporter une lueur d'espoir, mais pour qui ? Le passé de Manon est dur, difficile. Est-ce de sa faute si elle est devenue ainsi ? Assurément non. Le Père est un sacré manipulateur, doué dans forger la crainte en l'autre. Le récit est vu, en grande partie par Manon, vers la fin nous avons un couple qui passe dans les environs. La vision de Manon est froide. Elle agit comme IL veut, elle fait ce qu'il lui demande pour éviter de se faire frapper. La psychologie de ce personnage est vraiment atteinte sans qu'on ne puisse lui en vouloir. La violence est un élément permanent dans cette maison. Les choix faits commencent à se dissiper. Et si faire quelque chose de bien serait possible ? Oui, mais comment ? La fin nous laisse avec un côté imaginatif pur les personnages. J'imagine très bien la suite des événements, ce qui va se produire, ce qui se passera.

     

    Les émotions sont vives pour le lecteur. La pression est tenace. On ne peut pas ressortir indemne de ce type de lecture. D'ailleurs, je l'ai commencé, je l'ai terminé dans la foulée. Difficile de le mettre de côté malgré la noirceur. Nous avons envie de savoir ce qui va se passer pour tous les personnages qui sont présents. Qui va rester en vie ? Qui va s'en sortir ? Est-ce que cette lueur d'espoir va devenir réalité ? Ce sombre récit s'allège au fur et à mesure des pages. Est-ce qu'une amitié est capable de naître dans un pareil environnement ? L'évolution des personnages met en avant leur ouverture d'esprit, leur cœur qui bat pour autre chose que leur propre survie. La noirceur de l'histoire a des touches de bonheur, d'espoir, de lueur dans une nuit noire. Est-ce que c'est suffisant ? L'écriture est fluide, ni vulgaire ni gore. J'aurai pensé que certains passages soient horribles à lire, il n'en est rien. Bien entendu, il ne s'agit pas de licorne, ou de bisounours, nous savons où nous mettons les pieds dans cette histoire, mais la plume de l'auteur n'est pas horrible. Elle est juste.

     

    En conclusion, un sujet toujours réel, la prédation sexuelle ne s'arrête pas en un claquement de doigts. Nous ne savons pas ce qui se passe de l'autre côté de la porte. C'est également ce que nous montre l'auteur : cela peut arriver à n'importe qui et même juste dans la maison d'à côté. Un huit clos à la fois terrifiant et passionnant. Je le recommande sans aucun problème !

     

    « Cette nuit j'ai fait un rêve. J'ai rêvé que toutes les portes et les grilles de la maison étaient ouverts, que tu en avais les clefs et que nous partions toutes les deux. On allait au bord de la mer, là où il y a du vent, comme en Bretagne, chez ma grand-mère. Tu n'as jamais senti l'iode, hein ? Ça ne ressemble à rien de ce que tu connais, ça te requinque en moins de deux et tu es pleine d'énergie pour le reste de la journée. Tu aimerais ça, je crois. On irait ramasser des coquillages à la marée basse, un seau plein et on rentrerait les cuire dans la maison de ma grand-mère. Ensuite on irait au jardin ramasser les légumes et on ferait une jardinière. J'ai jamais aimé manger les légumes mais je donnerais tout pour pouvoir manger à nouveau ceux de ma grand-mère. Elle doit avoir 76 ans maintenant. Elle te plairait, je crois. Pourquoi tu me regardes comme ça ? »  

     

    La cave aux poupées (Magali Collet)

     

     

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  • Commentaires

    14
    magali Collet
    Mercredi 8 Juillet à 12:18

    Bonjour et merci pour ce très beau retour. Je suis touchée et je n'ai pas beaucoup de mots pour exprimer à quel point votre chronique me fait plaisir.

    Je suis heureuse que vous ayez aimé ce moment passé en compagnie de Manon, Camille et du Père. :)

      • Mercredi 8 Juillet à 16:19

        Bonjour et merci à vous pour cette histoire.

        Cela fut un très bon moment de lecture !

        Bonne fin de journée :)

    13
    Dimanche 22 Mars à 10:27

    Rien que le résumé me fait froid dans le dos... Du coup je passe mon tour!

      • Dimanche 22 Mars à 11:06

        Ah flute je suis déçue... mdr pas du tout chacun son ressenti ;) merci d'être passée !

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    12
    Vendredi 20 Mars à 08:49

    Un avis dithyrambique !

    11
    Vampilou
    Jeudi 19 Mars à 18:06
    Ah, encore un beau retour sur ce roman, il me tente de plus en plus !
      • Jeudi 19 Mars à 18:40
        Chouette chouette chouette, une future lectrice ? XD
    10
    Jeudi 19 Mars à 17:45
    Kimysmile
    Ta chronique donne très très envie !!
    9
    Jeudi 19 Mars à 17:00

    ça m'a l'air bien sombre comme roman. Contente que tu ais aimé 

      • Jeudi 19 Mars à 17:16

        Pas si sombre que ça ;) mais oui c'était très bien !

    8
    Jeudi 19 Mars à 14:15
    Satine's books

    Tu m'étonnes! Ce roman vaut le coup d'oeil, j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman. Bravo pour cette sublime chronique :)

      • Jeudi 19 Mars à 14:32

        Merci beaucoup ce fût un moment intense ! Contente que tu l'aies apprécié 

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